Eruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

6h30 (Heure Réunion): Cela faisait plusieurs semaines que le volcan montrait des signes d’agitation, avec de petites crises sismiques et une inflation de l’édifice. Ce qui devait arriver est arrivé ce matin. Une nouvelle crise sismique a débuté à 6h03 (heure locale). Le tremor, synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface, est enregistré depuis 6h35. La source a été localisée près de la zone sommitale. Un de mes contacts réunionnais me précise que l’éruption se situe probablement dans la partie est de l’Enclos, comme lors de la denière éruption. Si c’est le cas, l’accès devrait être compliqué. Comme d’habitude au moment d’une éruption, l’accès à l’Enclos Fouqué est interdit, de même que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan.

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19 heures (heure Réunion): Comme indiqué précédemment, une nouvelle éruption a débuté ce matin vers 6h30 sur le Piton de la Fournaise. Il semblerait que quatre fissures se soient ouvertes au sud-est du cône sommitale, dans le même secteur que lors de l’éruption de février dernier. Les premiers survols ont permis d’observer des fontaines de lave ne dépassant pas une trentaine de mètres et des coulées qui semblaient bien alimentées. Toutefois, les deux fractures les plus en amont ont rapidement cessé de fonctionner. Le tremor décline très rapidement et il n’est pas certain que cette éruption dure très longtemps.
L’Enclos a bien sûr été fermé au public dès le début de l’éruption dont l’approche terrestre est très compliquée. Le Journal de l’Ile précise que c’est probablement depuis la RN2 que l’éruption pourra être aperçue, à condition que les conditions météo le permettent, ce qui n’est pas certain ce soir car le plafond est très bas sur ce secteur du volcan alors qu’il a fait un temps splendide aujourd’hui au Pas de Bellecombe. Depuis le Piton de Bert, on aperçoit la fumée qui s’échappe du site éruptif, mais on ne voit pas la lave.

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6:30 (Reunion time): It had been several weeks since the volcano showed signs of unrest, with small seismic crises and inflation of the edifice. What was to happen happened this morning. A new seismic crisis started at 6:03 am (local time). The tremor, synonymous with the arrival of magma close to the surface, has been recorded since 6:35. The source was located near the summit area. One of my Reunion contacts told me that the eruption is probably in the eastern part of the Enclos, as in the last eruption. If so, access should be complicated. As usual at the time of an eruption, access to the Enclos Fouqué is prohibited, as well as the landing of aircraft in the area of the volcano.

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19:00 (Reunion time): As mentioned above, a new eruption began this morning around 6.30 am on Piton de la Fournaise. It appears that four fissures opened to the south-east of the summit cone, in the same area as during the February eruption. The first overflights revealed lava fountains no more than 30 metres high and flows that seemed well fed. However, the two most upslope fractures rapidly stopped. The tremor is rapidly declining and this eruption might not last long.
The Enclos was of course closed to the public from the beginning of the eruption whose approach is very complicated. The Journal de l’Ile says the best view is probably from the RN2, provided weather conditions allow it, which is not certain this evening because the cloud cover is very low in this sector of the volcano while the weather was great today at Pas de Bellecombe. From Piton de Bert, one can see the smoke from the eruptive site, but not the lava.

Source: OVPF

Photo: C. Grandpey

Le Bolshaya Udina (Kamchatka) est-il vraiment éteint? // Is the Bolshaya Udina Volcano (Kamchatka) really extinct?

Jusqu’à aujourd’hui, on pensait que le volcan Bolchaya Udina (Kamchatka) était éteint, mais les scientifiques viennent de réaliser qu’il pourrait se réveiller et qu’une éruption meurtrière pourrait se produire à tout moment. On a cru que le volcan était éteint jusqu’en 2017, année pendant laquelle une activité sismique intense a été détectée sous l’édifice. Entre 1999 et septembre 2017, une centaine d’événements sismiques ont été enregistrés par les instruments. Ce nombre est monté en flèche entre octobre 2017 et février 2018, avec près de 2 400 événements. En février, un séisme de M 4.3 a frappé la région.
Les dernières données ont incité des chercheurs en provenance de Russie, d’Égypte et d’Arabie Saoudite à installer quatre stations de surveillance sismique entre mai et juin 2018. Ils ont constaté qu’un « groupe elliptique » d’activité sismique était apparu à environ 5 kilomètres sous la surface. Les scientifiques pensent que la sismicité pourrait révéler la présence d’ »intrusions magmatiques à haute teneur en fluides », ce qui pourrait justifier le passage du volcan de l’état actuel « éteint » de ce volcan à un état « actif ».
Un scientifique a déclaré que ce qui se passait sur le Bolshaya Udina ressemblait aux événements survenus sur le Bezymianny qui a connu une éruption très spectaculaire en 1956. Il est toutefois difficile de déterminer le niveau de menace du Bolshaya Udina en raison de la longue distance qui le sépare des stations sismiques permanentes. Il faudra installer de nouvelles stations pour comprendre si le volcan est vraiment dangereux. Il se pourrait que l’énergie accumulée sous l’édifice se libère au cours des prochains mois, ou qu’elle disparaisse sans que l’on assiste à une éruption. Si le volcan devait entrer en éruption, il pourrait constituer une menace importante pour les petits villages voisins, même si la densité de population est faible dans la région.
Source: Fox News.

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The Bolshaya Udina volcano in Kamchatka, previously classified as extinct, could be waking up, leading scientists to suggest a deadly eruption could occur at any time. The volcano was believed to be extinct until 2017, when increased seismic activity was detected beneath the edifice. Between 1999 and September 2017, roughly 100 seismic events were recorded by the instruments. That number increased 25-fold between October 2017 and February 2018, when nearly 2,400 events were detected. In February, an M 4.3 earthquake hit the area.
The latest data have incited researchers from Russia, Egypt and Saudi Arabia to instal four seismic monitoring stations under the volcano between May and June 2018, where they determined an « elliptical cluster » of seismic activity had formed about 5 kilometres below the surface. The scientists think the seismicityse may indicate the presence of « magma intrusions with a high content of fluids », which may justify changing the current status of this volcano from ‘extinct’ to ‘active.
One scientist said what is happening at Bolshaya Udina is similar to events at the Bezymianny volcano in Russia, which erupted dramatically in 1956. However, it is hard to determine the threat level of the volcano because of the long distance from permanent seismic stations. More stations will be needed to understand if it is dangerous or not. The energy could be released from the volcano over the next few months, or it could even disappear without any eruption. If the volcano does erupt, it could pose a significant threat to the small villages nearby, although there are not many people around.
Source: Fox News.

 

Le Bolshaya Udina est-il une bombe à retardement (Crédit photo: KVERT)

Approche LIDAR de la dernière éruption du Kilauea (Hawaii) // LIDAR approach of Kilauea’s last eruption (Hawaii)

Depuis la fin de l’activité éruptive en 2018, les scientifiques du HVO ont déployé de gros efferts pour analyser la surface du sol sur le Kilauea, afin de mieux comprendre les changements provoqués par l’éruption dans le District de Puna ainsi que l’effondrement de la zone sommitale du volcan. Cela permettra d’apporter des réponses plus précises aux volumes de lave émis et au volume d’affaissement du sommet. Les nouvelles études permettront également d’effectuer des comparaisons avec les ensembles de données altimétriques numériques précédemment acquises par le LIDAR (light detection and ranging) depuis l’hélicoptère et à l’aide de drones
Les nouvelles données seront acquises par un hélicoptère qui survolera une grande partie du sommet du Kīlauea et de l’East Rift Zone à 390 mètres au-dessus du sol. L’appareil volera un peu comme une tondeuse à gazon, en avant et en arrière, dans une direction nord-est-sud-ouest. Certaines zones plus petites du Kilauea, notamment sur l’East Rift Zone et sur la zone de rift sud-ouest, ainsi que sur la caldeira sommitale, seront survolées à moins de 150 mètres de hauteur. Ces vols en hélicoptère seront effectués entre le 13 et le 30 juin 2019, si la météo le permet. L’ hélicoptère est préféré à l’avion pour procéder aux relevés car il peut voler plus lentement et acquérir des images LIDAR haute résolution. L’hélicoptère peut également voler même s’il y a une couverture nuageuse en haute altitude.
La technologie LIDAR utilisée est capable d’envoyer des centaines d’impulsions laser par seconde. Cela devrait permettre au moins 30 impulsions laser par mètre carré. Les vols à basse altitude permettront une couverture d’au moins 100 impulsions par mètre carré. La collecte d’images LIDAR haute résolution permettra de détecter et de cartographier les parties verticales du relief comme les fractures dans le sol en tout lieu, ou les fissures dans la Lower East Rift Zone et dans les parois de la caldeira sommitale du Kilauea.
La nouvelle analyse de surface obtenue grâce au LIDAR pourra être utilisée pour modéliser les secteurs où de nouvelles coulées de lave sont susceptibles de se déplacer en cas de nouvelle éruption dans la Lower East Rift Zone. Du point de vue de la gestion des risquess, il fut important de disposer de ces modèles lors des prises de décisions pendant l’éruption du Kīlauea en 2014-15 et 2018. Le modèle altimétrique sur terre nue (avec suppression numérique de toute végétation) constitue un véritable intérêt pour les géologues car il révèle des caractéristiques géologiques telles que des failles.et des fissures qui ne sont pas encore cartographiées. Malgré tout, les données LIDAR contiennent également d’autres paramètres, telles que le type de végétation et sa densité. Cela pourrait être une mine d’or pour les biologistes qui cartographient la flore du Kilauea. Outre les données LIDAR, l’hélicoptère peut collecter simultanément des images numériques à quatre bandes (rouge-vert-bleu, ou RVB, plus le proche infrarouge). Ces images multispectrales sont également utiles pour détecter les caractéristiques géologiques et classifier la végétation.
Les résultats de cette étude – un modèle altimétrique numérique accompagné d’images détaillées couvrant les zones analysées – seront rendus publics et devraient être disponibles d’ici la fin de l’année 2019.
Source: HVO.

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Since the end of 2018’s volcanic activity, HVO scientists have wanted to resurvey Kilauea Volcano’s ground surface to document changes brought about by the Puna eruption and summit collapse. Doing so will allow more accurate answers to questions about the total volumes of erupted lava and summit subsidence that occurred in the summer 2018. A new survey will also allow comparison to earlier digital elevation data sets acquired by both helicopter LIDAR (light detection and ranging) and by UAS (unmanned aerial systems) imagery.
The new data will be acquired by a helicopter flying over much of Kīlauea’s summit and East Rift Zone at an altitude of 390 metres above ground level. The aircraft will fly in a lawn-mowing pattern, back and forth in a northeast-southwest direction. A few smaller areas on Kīlauea, namely parts of the East Rift Zone and the upper Southwest Rift Zone, and the summit caldera, will be flown at a lower altitude of 150 metres. These helicopter flights are planned for the period of June 13th to 30th, 2019, weather permitting. A helicopter, rather than a fixed-wing aircraft, will be used for the survey because it can fly slower and acquire high-resolution LIDAR. The helicopter can also work even if there is high-altitude cloud cover.
The survey will use LIDAR technology capable of sending out hundreds of laser pulses per second. This should allow coverage of at least 30 laser pulses per square metre. The lower elevation flights will allow coverage of at least 100 pulses per square metre. Collecting the LIDAR with such high-resolution will allow to detect and map vertical features, from ground cracks everywhere, to fissures in the lower East Rift Zone (LERZ) and caldera walls at Kilauea’s summit.
The new LIDAR surface from this survey can be used to model where new lava flows may travel if renewed volcanic activity occurs in the LERZ. From an emergency management perspective, having these models was important during Kīlauea eruption responses in 2014-15 and 2018. The bare-earth elevation model (digitally stripped of all vegetation) is the main interest of geologists because it will reveal geological features such as faults and cracks that are not yet mapped. However, the LIDAR data will also contain other data, such as vegetation type and density. This could be a goldmine for biologists mapping flora on Kilauea. Along with LIDAR data, the helicopter will simultaneously collect four-band digital imagery (red-green-blue, or RGB, plus near-infrared). These multispectral images will also be useful to help detect geological features and classify vegetation.
The final products of this survey, a digital elevation model and detailed imagery covering surveyed areas, will be made public and should be available by late 2019.
Source: HVO.

Source: USGS / HVO

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Vers une nouvelle éruption? // Will a new eruption soon occur?

Dans son dernier bulletin, l’OVPF indique qu’après une première journée de forte sismicité (33 séismes volcano-tectoniques superficiels, à moins de 2km de profondeur) le 27 mai 2019 sous le sommet du Piton de la Fournaise à l’aplomb du réservoir magmatique superficiel, un nouvel épisode de forte sismicité a été enregistré le 30 mai et en début de 31 mai, avec notamment deux petites crises sismiques de courte durée le 31 mai de 02h43 à 03h (heure locale) et de 04h29 à 04h37 (heure locale).
A cela s’ajoute pour la journée du 30 mai, une détection d’émissions de H2S et en moindre mesure de SO2 en fin d’après midi sur la station multigaz de l’OVPF localisée au sommet du volcan.
Cette activité sismique fait suite à la reprise de l’inflation du volcan enregistrée depuis début mai et accompagnée d’une augmentation des concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres) et proche (Gite du Volcan).
Cette activité sismique montre que le milieu se fragilise et que cette fragilisation s’accélère suite à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel réalimenté par du magma plus profond.
A noter que ce processus de mise en pression du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompt, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface, mais peut également s’arrêter sans donner lieu à une éruption.
Source: OVPF;
J’étais sur le volcan hier en compagnie d’un ami. Nous avons effectué un parcours jusqu’au sommet du Dolomiau-Bory; On ne ressentait aucune sismicité. Il n’y a pas eu d’éboulements dans le cratère pendant notre séjour au sommet.

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In its last bulletin, OVPF indicates that after a first day of strong seismicity (33 shallow volcano-tectonic earthquakes, less than 2 km deep) on May 27th, 2019 under the summit of Piton de la Fournaise in line with the shallow magma reservoir, a new episode of high seismicity was recorded on May 30th and early May 31st, including two small seismic short-lived seismic crises on May 31st from 2:43 to 03h (local time) and from 4:29 to 04:37 (time local).
Added to this for the day of May 30th, the detection of H2S emissions and to a lesser extent SO2 emissions late in the afternoon on the OVPF multi-gas station located at the summit of the volcano.
This seismic activity follows the resumption of the inflation recorded since early May and accompanied by an increase in CO2 concentrations in the far-field (Plaine des Cafres) and nearby (Gite du Volcan).l.
This seismic activity shows that the volcano is weakened and that this fragility is accelerating following a pressurization of the shallow magma reservoir fed by deeper magma.
One should note that this process of pressurizion of the shalow reservoir can last several days before the roof of the reservoir becomes too fragile and breaks, thus giving rise to an injection of magma towards the surface, but can also stop without triggering an eruption.
Source: OVPF;
I was on the volcano yesterday with a friend. We climbed the Dolomiau-Bory cone; We felt no seismicity. There was no lrockfall in the crater during our stay at the summit.

Vue du cratère du Dolomieu (Photo: C. Grandpey