Volcanisme actif très probable sur Vénus // Very likely active volcanism on Venus

drapeau francaisDans une note publiée le 22 mars 2014 et intitulée «Des volcans actifs sur Vénus? », j’écrivais que les images fournies par la sonde Venus Express lancée par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) montraient que les éruptions volcaniques ne faisaient peut-être pas uniquement partie du passé sur cette planète qui est la plus proche de la Terre. En effet, des scientifiques avaient découvert quatre points lumineux éphémères dans une zone de rift relativement jeune connue sous le nom de Ganiki Chasma.
Aujourd’hui, une équipe internationale de scientifiques (deux Allemands et trois Russes) a trouvé des preuves quasi certaines que Vénus est volcaniquement active. Leurs recherches sont publiées en ligne dans les Geophysical Research Letters.
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2015GL064088/full

Comme je l’ai écrit plus haut, en examinant les données fournies par la mission Venus Express, les scientifiques avaient détecté des pics de température éphémères en plusieurs endroits de la surface de la planète. Ces points chauds, qui donnaient l’impression de s’allumer et s’éteindre sur un laps de temps de quelques jours, semblent aujourd’hui être générés par des coulées de lave actives.
Les points chauds qui apparaissent dans l’imagerie thermique de Venus Express montrent des pics de température de plusieurs centaines de degrés dans des secteurs allant d’un kilomètre carré à plus de 200. Les points chauds sont concentrés dans la grande zone de rift de Ganiki Chasma.

Les chercheurs russes avaient déjà cartographié la région lorsqu’ils avaient réalisé une carte globale de Vénus suite aux missions soviétiques Venera dans les années 1980 et la mission américaine Magellan dans les années 1990. Le travail de cartographie avait alors montré que Ganiki Chasma était très jeune, géologiquement parlant, mais les scientifiques ne savaient pas si la région s’était formée hier ou il y a un milliard d’années. Les récentes anomalies thermiques détectées par Venus Express correspondent exactement aux endroits où ils avaient cartographié ces dépôts relativement jeunes et en avaient déduit une possible activité en cours.
Les dernières conclusions de l’étude correspondent à d’autres données qui avaient révélé la probabilité d’une activité volcanique très récente. En 2010, l’imagerie infrarouge de plusieurs volcans semblait montrer des coulées de lave vieilles de quelques milliers ou quelques millions d’années. Quelques années plus tard, les scientifiques ont signalé des pics de SO2 éphémères dans la haute atmosphère de Vénus, autre signal potentiel de volcanisme actif.
L’observation des points chauds par Venus Express, qui s’ajoute à la cartographie géologique des missions Venera et Magellan, confirme la très forte probabilité d’un volcanisme actif sur Vénus. Cette découverte souligne l’importance de la collaboration internationale dans l’exploration de notre système solaire et la compréhension de son évolution.
Source : ESA

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drapeau anglaisIn a note published on Mars 22nd 2014 and entitled “Active volcanoes on Venus?”, I wrote that images provided by ESA’s Venus Express orbiter were showing that volcanic eruptions may not just be a thing from the past on the Earth’s nearest neighbour. Scientists had discovered four transient bright spots in a relatively young rift zone known as Ganiki Chasma.

Today, an international team of scientists (two Germans and three Russians) has found some of the best evidence yet that Venus is volcanically active. Their research is published online in Geophysical Research Letters.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2015GL064088/full

As I put it above, in scrutinizing data provided by ESA’s Venus Express mission, the scientists had found transient spikes in temperature at several spots on the planet’s surface. The hotspots, which were found to flash and fade over the course of just a few days, appear to be generated by active flows of lava on the surface.

The hotspots turned up in thermal imaging taken by Venus Express. The data showed spikes in temperature of several hundred degrees in spots ranging in size from one square kilometre to over 200 kilometres. The spots were clustered in a large rift zone called Ganiki Chasma. The Russian researchers had previously mapped the region as part of a global geologic map of Venus generated from the Soviet Venera missions in the 1980s and U.S. Magellan mission in the 1990s. The mapping work had shown that Ganiki Chasma was quite young, geologically speaking, but the scientists didn’t know if it formed yesterday or was a billion years old. The recent active anomalies detected by Venus Express fall exactly where they had mapped these relatively young deposits and suggest ongoing activity.

The latest finding is consistent with other data that had revealed probable very recent volcanic activity. In 2010, infrared imaging from several volcanoes seemed to indicate lava flows from thousands to a few million years old. A few years later, scientists reported transient spikes in SO2 in Venus’ upper atmosphere, another potential signal of active volcanism.

The observation of hotspots by Venus Express, combined with the geologic mapping from Venera and Magellan, make a strong case for a volcanically active Venus. This discovery   underscores the importance of international collaboration in exploring our solar system and understanding how it evolves. »

Source: ESA.

Venus

drapeau francaisCette carte de la surface de Vénus a été créée à partir de l’observation de plus de dix années d’images radar de la planète. Les données fournies par la sonde Magellan de la NASA entre 1990 et 1994 forment la base de l’image, avec des lacunes compensées par l’Observatoire d’Arecibo du Porto Rico. L’image a été colorisée pour montrer le relief en utilisant les informations recueillies par l’altimètre radar de la sonde Magellan, avec des données supplémentaires fournies par la sonde soviétique Venera et les missions Pioneer Venus de la NASA.

drapeau anglaisThis map of the surface of Venus was created from observations accumulated during more than a decade of radar imaging of the planet. Observations made by NASA’s Magellan spacecraft between 1990 and 1994 form the base of the image, with gaps in the data filled in by the Arecibo Observatory in Puerto Rico. The image is colour-coded to show elevation, using information gathered by the Magellan radar altimeter, with additional data provided by the Soviet Venera spacecraft and NASA’s Pioneer Venus missions.

Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francaisVoici une photo des coulées de lave du Stromboli vues depuis la mer le jeudi 7 août au soir. Je remercie Laurent Perso de m’avoir adressé plusieurs images du spectacle.

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drapeau anglaisHere is a photo of the lava flows of Stromboli seen from the sea on Thursday, August 7th in the evening. I’d like to thank Laurent Perso for sending me several images of the show.

Strombo-8-aout-02

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Quelques explications sur les derniers événements // A few more explanations about the latest events

drapeau francaisDans un article récent, le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explique comment la coulée de lave Kahauale’a 2 est devenue inactive et comment un nouveau champ de lave a commencé à se mettre en place le 27 juin dernier sur le flanc nord-est du Pu’uO’o.
Avant le 27 juin, le HVO avait observé pendant plusieurs semaines un épisode d’inflation au niveau du Pu’uO’o. Plusieurs petites coulées de lave étaient émises par des spatter cones sur le plancher du cratère, signe évident d’un excès de pression et d’un niveau élevé du magma à l’intérieur de l’édifice.
Le lent dégonflement du cône a commencé vers 5h30 le 27 juin, parallèlement à l’apparition d’une petite séquence sismique. Ce dégonflement et cette sismicité indiquaient probablement que le magma essayait de se frayer un chemin à l’intérieur du cône.
Le point de rupture a finalement été atteint juste avant 7 heures
Les webcams du HVO ont alors montré qu’une partie du flanc nord-est du Pu’uO’o se soulevait légèrement (de plusieurs mètres). Le magma a finalement atteint la surface quelques instants plus tard avec l’ouverture de fractures sur le flanc nord-est et l’apparition d’une coulée de lave qui traduisait la libération de la pression accumulée.
Des épisodes de tremor, une profonde déflation et l’affaissement du plancher du cratère du Pu’uO’o ont accompagné l’ouverture des nouvelles bouches par lesquelles s’évacuait le magma stocké sous le cône.
Le HVO ajoute que les phases initiales de cette nouvelle activité ont été impressionnantes. Quatre fissures se sont ouvertes le premier jour. La plus active était celle située en aval. La lave s’est écoulée dans un chenal qui a atteint une longueur d’environ 1,5 km, mais l’éruption a rapidement baissé d’intensité avec la baisse de pression à l’intérieur du Pu’uO’o.
Le deuxième jour, l’activité s’est concentrée sur la fissure la plus basse, avec des coulées qui avançaient sur de courtes distances. Ces coulées se sont ensuite superposées en construisant un vaste champ de lave (voir la photo qui illustrait ma note précédente consacrée à cet événement). Cette activité se poursuit aujourd’hui.
L’émission de lave du 27 juin a suivi un processus déjà observé à plusieurs reprises, comme en 2011, année où de nouvelles bouches se sont ouvertes sur, ou à proximité, du Pu’uO’o en jouant en quelque sorte le rôle de soupapes permettant la libération de la pression.
Par rapport à d’autres événements, celui du 27 juin a été relativement modeste, mais il a eu un effet important sur l’éruption de l’East Rift Zone Est. Il a coupé l’alimentation de la coulée de lave Kahauale’a 2, sans toutefois éliminer le danger que représentait cette coulée. En effet, la lave du 27 juin s’écoule, comme la coulée Kahauale’a 2, en direction du nord-est et elle pourrait constituer, à long terme, une menace semblable pour les zones habitées. Toutefois, les nouvelles coulées avancent très lentement et ne représentent pas une menace dans l’immédiat.

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drapeau anglaisIn a recent article, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains how the Kahauale’a 2 lava flow died and how a new lava shield started developing on the northern flank of Pu’uO’o on June 27th; .

Prior to June 27th, HVO had observed for several weeks an inflation episode at Pu’uO’o. Several small lava flows erupted from spatter cones on the crater floor, an obvious sign of pressurization and high lava levels within the edifice.

Slow deflation of the cone began around 5:30 a.m. on June 27th, around the time that a handful of small earthquakes appeared. Both the deflation and the earthquakes probably indicated that magma was trying to intrude through the cone.

The breaking point was finally reached just before 7 a.m.

HVO webcams showed a portion of the northeast flank of Pu’uO’o pushed up slightly (several metres) as magma forced its way through the side of the cone. Magma reached the surface moments later, tearing open new fissures on the northeast flank and sending out a lava flow as the built-up pressure was released.

Bursts of seismic tremor, sharp deflation, and sagging of Pu’uO’o’s crater floor accompanied the opening of the new vents as magma stored beneath the cone drained out to feed the new flows.

HVO writes that the initial phases of this new activity were impressive. Four fissures opened on the first day, with the most vigorous being the lowest in elevation. This fissure sent out a channelized flow reaching about 1.5 km in length, but the vigour of the eruption soon abated as the excess pressure in Pu’uO’o was relieved.

By the second day, activity had focused on the lowest fissure, and flows were extending only a short distance from this vent. These short flows have been stacking up on one another, building a broad lava shield on the flank of Pu’O’o. This lava shield activity continues today.

The June 27th breakout followed a pattern that was observed before, like in 2011 when new vents opened on, or near, Pu’uO’o, acting as a kind of pressure release “valve.”

Compared to previous events, the June 27th breakout was relatively small, but it had an important effect on the East Rift Zone eruption. It shut off the supply to the Kahauale’a 2 lava flow but may have simply replaced it with a new long-term hazard concern. Indeed, the lava from the June 27th breakout is, like the Kahauale’a 2 flow, heading in a northeastern direction and could eventually pose a similar threat to downslope communities. However, the new lava is moving very slowly and poses no imminent threat.

Kilauea-juin-2014