La ponce du volcan Havre (suite) // The pumice from Havre volcano (continued)

drapeau francaisUn grand nombre de volcans actifs restent cachés dans les profondeurs des océans. Soixante-quinze pour cent des volcans de la Terre se dressent sur le plancher océanique. Ils fournissent à l’océan la chaleur et les éléments chimiques qui influencent les grands cycles biogéochimiques de notre planète. Ces volcans entrent parfois en éruption. Les seuls signes de ces manifestations sont la décoloration de la mer ou la présence de matériaux flottant à la surface de l’eau. A moins de voir un banc de pierre ponce ou d’observer une hausse de la sismicité à proximité d’une station de surveillance, on ne sait absolument pas que ces éruptions ont lieu.
Entre 2012 et 2014, j’ai écrit plusieurs notes à propos d’une éruption qui s’est produite sur le volcan Havre dans le Pacifique sud-ouest, à environ 1000 km au nord de la Nouvelle-Zélande, avec un énorme banc de pierre ponce observé à la surface de l’océan.

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(Crédit photos:  NASA)

En 2015, une équipe de scientifiques de cinq pays différents va partir à la recherche de ce volcan sous-marin qui a émis les tonnes de ponce venues s’échouer sur les plages d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
Deux robots seront utilisés pour étudier les fonds marins. Selon l’une des scientifiques, « l’éruption du Havre est très intéressante car elle va à l’encontre des discours actuels sur le volcanisme sous-marin. Par exemple, une théorie affirme que les éruptions de ce type de magma ne devraient pas être explosives à un millier de mètres sous le niveau de la mer. En fait, cette éruption a sa source au niveau de plusieurs bouches qui se trouvent à des profondeurs allant de 900 à 1600 mètres. Cette éruption va donc à l’encontre de cette théorie. » L’équipe scientifique voudrait aussi en savoir plus sur le rôle de l’eau dans les éruptions du volcan Havre.
La dernière éruption connue a produit environ un kilomètre cube de pierre ponce, et on pense qu’un tiers de cette pierre s’est répandu autour de l’océan Pacifique. Il est probable que des milliers, voire des dizaines de milliers de tonnes de ponce ont voyagé jusqu’à la côte est de l’Australie.
Source: Médias australiens.

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drapeau anglaisA large number of active volcanoes remain hidden in the depths of the oceans. Seventy-five per cent of Earth’s volcanoes are actually on the sea floor and they provide heat and chemicals to the ocean that basically influence the bio-geo chemical cycles of the Earth. These volcanoes sometimes erupt and the only signs of the eruptions are the discoloration of the sea or materials floating at the surface of the water. Unless you get a pumice raft or significant seismicity next to a monitoring station, you have no idea that these eruptions are occurring.

Between 2012 and 2014, I wrote several notes about an eruption that occurred at Havre volcano in the SW Pacific, about 1,000 kilometres north of New Zealand, with a huge pumice raft that could be seen floating at the surface of the ocean.

In 2015, a team of scientists from five different countries are about to embark on a voyage to this underwater volcano that produced tonnes of pumice which has washed up on beaches in Australia and New Zealand.

Two robots will be used to study the sea floor. According to one of the scientists, “the Havre eruption is very interesting in that it challenges current controversies in submarine volcanism. For example, theory predicts eruptions of this magma type should not be explosive at about 1000 metres below sea level. Actually, this eruption was sourced from multiple vents that extend maybe as deep as 1600 metres but as shallow as 900 metres – so this eruption is contradicting that theory.” The team is also interested in the role of water in the volcano’s eruptions.

The Havre eruption produced about a cubic kilometre of pumice, and probably up to a third of that got dispersed around the Pacific Ocean. Probably thousands to tens of thousands of tonnes of pumice travelled across the Australian east coast.

Source : Australian news media.

Le feu de la Terre n’est pas toujours volcanique! // The Earth’s fire is not always volcanic!

drapeau francaisOn parle souvent de volcans comme le Stromboli ou le Kilauea qui sont en éruption depuis des lustres. Cependant, il existe d’autres endroits sur Terre qui ne sont pas volcaniques mais dont la chaleur ronge la surface de la planète. Ainsi, le 18 septembre 2013, j’ai écrit une note sur « un feu mystérieux dans l’Intérieur de l’Alaska ».
De la même façon, personne ne sait vraiment dans quelles circonstances une veine de charbon a commencé à se consumer en Australie, dans les Nouvelles Galles du Sud, sous la Burning Mountain, également connue sous le nom de Mont Wingen («feu» en langue autochtone). Toujours est-il que ce gisement, qui se trouve à une trentaine de mètres sous la surface, brûle depuis environ 5500 années, ce qui en fait le plus long feu continu sur Terre.
Comme d’habitude, une légende agrémente ce feu intérieur de la planète. Les aborigènes Wanaruah – qui sont les propriétaires de la Burning Mountain – expliquent qu’un jour un autre peuple aborigène du nord, les Gumaroi, a lancé une attaque pour voler les femmes Wanaruah et en faire leurs épouses. Ayant eu vent de cette attaque, les Wanaruah envoyèrent leurs guerriers affronter les Gumaroi. La femme d’un guerrier Wanaruah était assise au sommet de la paroi sud de la montagne et attendait le retour de son mari, mais il ne revint jamais. La femme fut si triste qu’elle demanda à Biamie, le grand dieu du ciel, de la tuer. Biamie eut pitié d’elle et, au lieu de la tuer, il la transforma en pierre. En se transformant en pierre, elle versa des larmes de feu qui embrasèrent la montagne.
On pense que le peuple Wanaruah a utilisé les bouches de la Burning Mountain pour profiter de leur chaleur, pour en tirer de l’ocre, pour la cuisine et la fabrication d’outils avec les roches rendues plus dures par la chaleur. Des fragments de roche travaillées et utilisées comme outils ont été trouvés dans les couches superficielles du sol.
Lorsqu’un colon australien a exploré la montagne en 1828, il a pensé qu’il avait découvert un volcan. Aujourd’hui, la Burning Mountain et son paysage étrange sont devenus une attraction touristique. Le feu a causé des dommages considérables à la végétation de la région. Comme on peut le lire dans un guide local, «le chemin emprunté par le feu a laissé une trace aride et rocheuse, sans aucun signe de vie. »
L’utilisation commerciale des gaz sulfureux émis par la montagne a commencé dans les années 1890 et s’est poursuivie jusqu’aux années 1960, avec la confection de crèmes et autres liquides riches en soufre et vendus sous le nom de Winjennia ‘ et ‘ Sulfazone ‘. Jusqu’aux années 1960, la Burning Mountain a été utilisée pour produire un liquide à usage médical. L’extraction a toutefois été abandonnée par la suite.
Source: Bureau australien de l’Environnement et du Patrimoine

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drapeau anglaisWe often speak of volcanoes like Stromboli or Kilauea that have been erupting for a very long time. However, there are other places on Earth which are not volcanic but which keep the surface of the planet burning. On September 18th 2013, I wrote a note about “a mysterious fire in Interior Alaska”.

In the same way, nobody is sure how the coal seam beneath Burning Mountain, also known as Mount Wingen (“fire” in an aboriginal language), originally ignited in Australia’s New South Wales. But a coal seam 30 metres below the surface has been burning for an estimated 5,500 years, making it the longest continuous fire on the planet.

As usual, there is a legend about this internal fire of the Earth. The Wanaruah Aboriginal people – who are the traditional owners of Burning Mountain – explain that one day the Gumaroi Aboriginal people in the north sent a raiding party to steal Wanaruah women for wives. Having heard of the plan, the Wanaruah people sent their warriors to do battle with the raiding party. A Wanaruah warrior’s wife sat at the top of the southern rock face to wait for her husband’s return. When he did not come back from the battle, the woman was so sad that she asked the great sky god, Biamie, to kill her. Biamie felt so sorry for her that he turned her into stone, and as she turned to stone she cried tears of fire that set the mountain alight.

The Wanaruah people may have used the vent of Burning Mountain for warmth, ochre, cooking and making tools with the hardened, baked rocks. Worked rock fragments used as tools have been found in the uppermost soil layers.

When an Australian settler found the mountain in 1828, he assumed that he had discovered a volcano. Today, Burning Mountain and its weird landscape have become a tourist attraction.  The fire has caused massive ecological damage to the area’s vegetation. As a local guidebook puts it, “the path of the fire has left a barren and rocky trail, with no traces of life.”

Commercial use of the sulphurous gases emitted by the mountain occurred from the 1890s until the 1960s, with sulphur-rich creams and liquids sold under the names ‘Winjennia’ and ‘Sulfazone’. Until the 1960s, Burning Mountain was used for the production of a liquid that was thought to be of medicinal use. The extraction was later abandoned.

Source: Australian Office of Environment and Heritage.

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Vue du sommet de la Burning Mountain  (Source:  Wikipedia)

Le Sangeang Api (Indonésie) perturbe le trafic aérien en Australie // Sangeang Api (Indonesia) disrupts air traffic in Australia

drapeau francaisSelon les agences de presse australiennes, le volcan Sangeang Api est entré en éruption à trois reprises depuis vendredi après-midi. Bien que le volcan soit situé à environ 1200 km à l’ouest-nord-ouest de Darwin, les vols vers et depuis l’aéroport international ont été annulés samedi.
Le directeur du VAAC de Darwin a indiqué que le nuage de cendre se dispersait en se dirigeant vers le sud, mais la situation pourrait changer à tout moment. Si une violente éruption se produisait dans les prochaines six à 12 heures, les conséquences seraient plus importantes à travers l’Australie. Pour le moment, des villes comme Brisbane ou Sydney ne sont pas susceptibles d’être affectées par le nuage de cendre. Cette dernière affectera Darwin au cours des prochaines 18 heures et sera probablement présente pendant un jour ou deux.
Elle se trouve dans une bande comprise entre 10 km et 15 km d’altitude, celle empruntée par les vols commerciaux.

Je me pose une question: Où sont les avions magiques et leur célèbre système AVOID censé pouvoir détecter les cendres volcaniques et informer les compagnies aériennes en conséquence?

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drapeau anglaisAccording to Australian press agencies, Sangeang Api has erupted three times since Friday afternoon. Although the volcano is located about 1200km west-northwest of Darwin, flights to and from Darwin International Airport were cancelled on Saturday.

The manager of the Volcanic Ash Advisory Centre (VAAC) said the cloud was dispersing as it spread south but the situation could change at any time. Should a big eruption occur in the next six to 12 hours, longer effect is more likely across Australia. For the moment, places like Brisbane or Sydney are not likely to be affected by the ash cloud. The ash will affect Darwin for the next 18 hours and will probably hang around for a day or so.

The ash near Darwin is in a band between 10km and 15km in the air, which is the cruising altitude for commercial jet aircraft.

My question is : Where are the magic planes and their famous AVOID system supposed to be able to detect volcanic ash and inform air companies about the situation ?