Le Mont Sidley, le plus haut volcan de l’Antarctique // Mount Sidley, Antarctica’s highest volcano

drapeau francaisLe long d’une portion de 900 km de la côte Pacifique de l’Antarctique, 18 volcans imposants émergent de la calotte glaciaire. Cette chaîne volcanique, d’une taille semblable à la Chaîne des Cascades en Amérique du Nord, héberge le plus haut volcan du continent antarctique, le  Mont Sidley (4285 m) qu’il ne faudrait pas confondre avec le Mont Vinson (4892 m)qui est la plus haute montagne de l’Antarctique.
Les images du Mont Sidley (voir ci-dessous, image du bas) mises en ligne par la NASA ont été acquises le 20 Novembre 2014, par le système d’imagerie OLI du satellite Landsat 8. Le volcan se dresse à  4285 mètres au dessus du niveau de la mer et 2200 mètres au dessus du niveau de la glace qui l’entoure. Les parois de la caldeira présentent une hauteur moyenne d’environ 1 200 mètres tandis que le plancher de la caldeira s’étend sur cinq kilomètres.
Le volcan a été découvert par le contre-amiral Richard E. Byrd lors d’un survol de la région le 18 novembre 1934. Il a plus tard donné à la montagne le nom de la fille d’un contributeur à l’expédition antarctique Byrd, Mabelle E. Sidley.
Le Mont Sidley est l’un des cinq volcans de la Chaîne du Comité Exécutif de l’Antarctique (image du haut), qui s’étend sur 80 km du nord au sud. La chaîne a été découverte lors d’un vol effectué par le Service de l’Antarctique des États-Unis le 15 décembre 1940 et elle a reçu le nom du Comité Exécutif de ce Service. Le Mont Sidley est la seule montagne de la chaîne à ne pas avoir reçu le nom d’un membre du comité.
Le Mont Sidley est le plus jeune volcan parmi ceux de la Chaîne du Comité exécutif qui se dressent au-dessus de la calotte de glace.  Selon un rapport publié en 2013, les sismologues ont détecté une activité volcanique récente sous la calotte glaciaire à environ 50 km de Sidley.
Source: NASA.

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drapeau anglaisAlong a 900-kilometre stretch of Antarctica’s Pacific Coast, 18 major volcanoes jut from the ice sheet. The chain, similar in size to the Cascades in North America, is home to the continent’s tallest volcano – Mount Sidley (4285 m), not to be confused with Vinson Massif – 4892 m – Antarctica’s tallest mountain.

These images released by NASA (see below, bottom image) of Mount Sidley were acquired on November 20th, 2014, by the Operational Land Imager (OLI) on the Landsat 8 satellite. The volcano stands about 4,200 metres above sea level and 2,200 metres above ice level. The caldera wall is about 1,200 metres high while the caldeira floor spans 5 kilometres.

The volcano was discovered by Rear Admiral Richard E. Byrd during a flight on November 18th, 1934. He later named the mountain after Mabelle E. Sidley, the daughter of a contributor to the Byrd Antarctic Expedition.

Sidley is one of five volcanoes in the Executive Committee Range (top image), which stretches about 80 kilometres from north to south. The range was discovered during a flight by the United States Antarctic Service on December 15th, 1940 and it was named for the Service’s Executive Committee. Mount Sidley is the only mountain in the range not named for a committee member.

Mount Sidley is the youngest volcano in the Executive Committee Range to rise above the ice sheet. According to a 2013 news report, seismologists have detected new volcanic activity below the ice sheet about 50 km from Sidley.

Source:  NASA.

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Crédit photos:  NASA.

Kilauea (Hawaii): L’importance du travail sur le terrain // The importance of field work

drapeau francaisLe dernier article hebdomadaire de Volcano Watch, écrit par des scientifiques de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), est dédié à Mike Poland, un scientifique qui a travaillé au HVO pendant les dix dernières années et est sur le point de retourner à l’Observatoire des Cascades, géré par l’USGS à Vancouver (Etat de Washington).
Mike Poland est l’un de ces scientifiques que je apprécie beaucoup parce qu’il ne passe pas son temps assis dans un laboratoire en face d’un ordinateur à faire des simulations. Il est l’un de ceux qui vont sur le terrain faire des observations quotidiennes sur le comportement du Kilauea.
Mike a accompli un énorme travail de recherche, mais il a aussi formé un grand nombre d’étudiants et de jeunes chercheurs, dont la plupart ont poursuivi des carrières dans le domaine des sciences de la Terre. Au HVO, il a concentré son travail sur les déformations d’un édifice volcanique provoquées par les mouvements du magma et les séismes. Il a aussi essayé de voir dans quelle mesure ces changements de morphologie peuvent être mesurés par interférométrie radar (InSAR). Il s’est alors vite rendu compte que la surveillance volcanique nécessite un travail d’équipe interdisciplinaire et de l’innovation.
Dans le cadre d’un travail d’équipe, Mike Poland a participé avec des collègues du HVO à une étude qui associe des mesures de déformation, les émissions de gaz, les quantités de lave émise, la chimie de la lave et la sismicité, des paramètres qui ont révélé une augmentation spectaculaire de l’alimentation magmatique du Kilauea. Cette étude – la première du genre – a montré comment des informations sur les variations d’alimentation sur une courte période de temps peuvent aider à prévoir le comportement éruptif d’un volcan. L’augmentation d’alimentation du Kilauea a commencé fin 2003 et a abouti à l’ouverture d’une nouvelle bouche sur l’East Rift Zone en 2007. Elle a probablement contribué également à l’ouverture de la bouche dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2008.
Grâce au travail de Mike, nous savons que l’ouverture de la bouche dans l’Halema’uma’u est en fait l’aboutissement d’un processus qui a commencé il y a plusieurs décennies. En analysant des mesures de microgravité sur le Kilauea, le scientifique a pu identifier une accumulation de magma dans la zone située sous la bouche et qui n’avait pas été détectée par d’autres techniques. Suite à ces observations, Mike a créé des instruments pour enregistrer en continu les moindres variations du champ de gravité sur le Kilauea. Il a alors constaté que la densité de la partie supérieure du lac de lave de l’Halema’uma’u est beaucoup plus faible que prévu. Elle est inférieure à la densité de l’eau, ce qui signifie que la lave est extrêmement riche en gaz, un peu comme la mousse à la surface de la bière.
Dans le cadre de la célébration du centenaire du HVO en 2012, Mike Poland a proposé de réunir des chercheurs du monde entier afin de faire le point sur ce que l’on sait du volcanisme basaltique, et de présenter les questions importantes qui restent sans réponse. Il a contribué à la rédaction de « Volcans d’Hawaï: De la source à la surface, » une publication qui a fait suite à cet événement.

Source: Hawaii 24/7.

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drapeau anglaisThe latest weekly article of Volcano Watch, written by scientists at the Hawaiian Volcano Observatory, is dedicated to Mike Poland, a scientist who has worked at HVO for the past ten years and is about to return to the USGS Cascades Volcano Observatory in Vancouver, Washington.

Mike Poland is one of those scientists I very much appreciate because he does not spend all his time sitting in a lab in front of a computer. He is one of those who go on the field, making daily observations on the behaviour of Kilauea volcano. 

Mike Poland has accomplished a tremendous amount of research, but also mentored a vast number of students and young researchers, most of whom have pursued geoscience careers. At HVO, he focussed his work on deformation changes in the shape of a volcano resulting from magma movement and earthquakes, particularly in how those changes can be measured with satellite radar (InSAR). He quickly realized, however, that volcano monitoring requires cross-disciplinary teamwork and innovation.

As an example of teamwork, Mike Poland collaborated with HVO colleagues on a study that combined deformation measurements with gas emissions, lava eruption rates, lava chemistry and seismicity to reveal a dramatic increase in magma supply rate to Kilauea. This study – the first of its kind – showed how information about supply rate changes on a short timescale can help forecast the eruptive behaviour of the volcano. The surge in supply started in late 2003 and led to the start of a new, long-lived volcanic vent on the East Rift Zone in 2007, and probably contributed to the opening of Kilauea’s summit vent in 2008.

Through Mike’s work, we also know that the opening of the summit vent was actually the result of a process that began decades ago. Analyzing data from microgravity measurements on Kilauea, he helped identify an accumulation of magma in the area beneath the current summit vent that had not been detected by any other means. As a result of these observations, he established instruments to continuously record subtle changes in the gravity field on Kilauea. He then realised that the density of the upper part of the summit lava lake is much lower than expected – less than the density of water – implying that the lava is extremely gas-rich, similar to the foam on beer.

As part of HVO’s centennial celebration in 2012, Mike Poland spearheaded an initiative to convene researchers from around the world to explore what is known about basaltic volcanism and the important questions still to be answered. He contributed to and edited “Hawaiian Volcanoes: From Source to Surface,” a publication resulting from that conference.

Source: Hawaii 24/7.

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Vue de la bouche dans l’Halema’uma’u  (Photo:  C.  Grandpey)

Conférences

Je présenterai une conférence ayant pour thème « Volcans et risques volcaniques » le mardi 3 mars 2015 à 14h30 au Centre de soins André Gibotteau 107 Bd Kennedy – VENDOME (Loir-et-Cher). Cette conférence est parallèle à mon livre Killer Volcanoes – Eruptions des temps modernes (la version papier est épuisée; je le propose sur un CD).

Elle sera suivie de deux projections de diaporamas en fondu-enchaîné sonorisé illustrant deux types volcaniques très différents : « Hawaii, le Feu de la Terre » et « La Java des Volcans ».

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Une autre conférence aura lieu le vendredi 13 mars à 20h30 à la salle des Fêtes de Puymoyen (Charente). Elle aura pour titre « Tour du monde des volcans actifs ».

En tant que gestionnaire du service INFOLAVE de L’Association Volcanologique Européenne, je suis en contact permanent avec les observatoires et autres organismes susceptibles de me fournir des informations sur l’activité volcanique dans le monde. En m’appuyant sur toutes ces données, je suis en mesure de décrire le comportement des volcans en éruption ou censés se manifester à court terme.

A l’issue de ma présentation, deux vidéos feront voyager le public vers le Parc de Yellowstone et l’Alaska, terre des ours.

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A l’occasion de ces deux conférences, les spectateurs pourront acheter mon livre « Terres de Feu, voyages dans le monde des volcans » ainsi qu’un nouvel ouvrage – « Dans les pas de l’ours » – écrit conjointement avec Jacques Drouin.

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(Photos:  C.  Grandpey)

Ages de glace et volcans // Ice ages and volcanoes

drapeau francaisSelon deux nouvelles études effectuées le long de dorsales océaniques, la hausse et la baisse du niveau des océans provoquées par les variations climatiques pendant les millions d’années écoulés sont en relation avec les vallées et les chaînes de montagnes sur le plancher océanique, ce qui laisse supposer que les âges glaciaires exercent une influence sur les éruptions volcaniques sous-marines. De plus, ces éruptions pourraient libérer suffisamment de dioxyde de carbone pour faire varier les températures planétaires. Les études ont concentré leur approche sur les zones d’accrétion, là où le magma monte et vient combler le vide entre les plaques tectoniques qui s’éloignent l’une de l’autre.
La première étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Geophysical Research Letters, a été réalisée sur la dorsale Est-Pacifique, au large des côtes occidentales de l’Amérique du Sud. Les chercheurs ont découvert des liens entre les âges glaciaires et ces dorsales qui remontent jusqu’à il y a 800 000 ans. Les zones de croûte plus épaisse et plus mince correspondent à des cycles glaciaires de 100 000 ans. Lorsque les glaciers se sont étendus et que le niveau de la mer a baissé, une plus grande quantité de lave a été émise par les volcans de ces dorsales. La croûte la plus mince, qui s’est formée lorsque les éruptions ont ralenti, correspond à des époques d’élévation du niveau marin.
Une deuxième étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, a été effectuée à la jonction entre les plaques tectoniques australienne et antarctique. Elle a livré les mêmes conclusions que l’autre étude. Au cours des derniers millions d’années, lorsque le niveau de la mer s’est élevé, les éruptions sous-marines ont ralenti le long de la dorsale. Ensuite, lorsque la couverture de glace s’est étendue et que le niveau de la mer a baissé, la pression plus faible exercée par l’océan a stimulé l’activité volcanique. Le modèle informatique suggère que le poids de l’eau peut modifier la vitesse d’ascension du magma au niveau des dorsales.
Des études antérieures ont montré que les volcans sur terre ont eux aussi connu une hausse d’activité il y a entre 12 000 et 7000 ans, lorsque la couverture glaciaire a rétréci, à la fin du dernier âge glaciaire.

Les périodes glaciaires sont conditionnées par des variations régulières de l’orbite de la Terre. Ces variations créent des cycles climatiques qui ont duré 23 000 années, 41 000 années et 100 000 années, au moins au cours des derniers millions d’années. Le niveau de la mer peut monter et descendre d’une centaine de mètres au cours de ces fluctuations climatiques.
Bien que les éruptions le long de la dorsale Australie-Antarctique et la dorsale Est-Pacifique aient continué quel que soit le niveau de la mer, on a observé une intensification de l’activité volcanique correspondant à chacun des trois cycles glaciaires. Le cycle glaciaire de100 000 ans est celui qui a créé les changements les plus significatifs dans la croûte au fond de l’océan.

Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les volcans des fonds marins émettaient de la lave d’une manière relativement stable dans le temps. Cependant, les deux dernières études suggèrent qu’il pourrait y avoir une interconnexion complexe entre les âges de glace, les changements de niveau de la mer et des périodes d’activité volcanique. Par exemple, si les volcans connaissent une hausse d’activité pendant une période glaciaire, il se pourrait que le CO2 émis réchauffe la Terre et entraîne un rétrécissement des calottes glaciaires. Cependant, on ne sait pas quelle quantité de gaz en provenance des océans s’échappe dans l’atmosphère.
Les études renforcent l’idée d’un lien étroit entre le système climatique et le globe terrestre qui, en fait, pourraient être considérés comme faisant partie d’un système unique. Non seulement les âges de glace affecteraient le volcanisme, mais le volcanisme pourrait avoir un effet rétroactif sur le climat proprement dit. Cela n’a pas encore été prouvé, mais c’est une réelle possibilité.

Source : Live Science.

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drapeau anglaisAccording to two new studies, the climate-driven rise and fall of sea level during the past million years matches up with valleys and ridges on the seafloor, suggesting ice ages influence underwater volcanic eruptions. These eruptions could pump out enough carbon dioxide to shift planetary temperatures.

The studies concentrated their approach on spreading ridges, where magma rises to fill the gap between moving tectonic plates.

The first study, whose results were published in the journal Geophysical Research Letters, was performed at the East Pacific Rise spreading ridge, offshore western South America. The researchers found connections between ice age cycles and these spreading ridges that extend back 800,000 years. The bands of thicker and thinner crust correspond to 100,000-year ice age cycles. When glaciers expanded and sea level dropped, more lava oozed from the ridge volcanoes. The thinnest crust, formed when eruptions slowed, matches up with eras of higher sea level.

A second study, whose results were published in the journal Science, was conducted at the junction between the Australia and Antarctic tectonic plates. It comes up with the same conclusions as the former study. For the past million years, when sea level rose, underwater eruptions slowed along the ridge. And when ice sheets expanded and sea level dropped, the lowered ocean pressure boosted volcanic activity. The computer model suggests that water weight can change how quickly magma, wells up at spreading ridges.

Earlier studies have found that volcanoes on land also surged in activity between 12,000 and 7,000 years ago, when ice sheets shrunk after the most recent cold climate swing ended.

Ice ages are driven by regular variations in Earth’s orbit. These changes create climate cycles that lasted 23,000 years; 41,000 years; and 100,000 years, at least for the previous million years. Sea level may rise and fall by some 100 metres during these climate swings.

Although eruptions along the Australia-Antarctica spreading ridge and the East Pacific Rise spreading ridge continued whether sea level was high or low, there were pulses of volcanic activity that corresponded to each of these three ice age cycles. The 100,000-year ice age cycle created the most prominent changes in the seafloor crust.

Until now, scientists had assumed that seafloor volcanoes ooze lava at relatively steady rates through time. However, both studies suggest that there could be a complex feedback loop among ice ages, sea level changes and bursts of volcanic activity. For instance, if volcanoes pick up their pace during an ice age, then CO2 could warm the Earth and shrink the ice sheets. However, no one knows how much gas would escape into the atmosphere from the oceans.

The studies reinforce the idea that the climate system and the solid Earth are connected and, in fact, may be thought of as a single system. Not only do ice ages affect volcanism, but volcanism has a feedback effect on climate itself. This has not been proved yet, but it’s a possibility.

Source: Live Science.

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Vue de la dorsale Est-Pacifique  (Source:  Wikipedia)