Nouveau réchauffement stratosphérique soudain ? // New Sudden Stratospheric Warming ?

Souvenez-vous : une vague de froid extrême s’est abattue sur le nord des Etats-Unis au cours du mois de janvier 2019, avec des températures qui sont descendues jusqu’à -40°C dans certaines villes. On a expliqué le phénomène par l’air glacial qui s’était échappé du vortex polaire.

Le vortex polaire est un vaste courant d’air qui entoure les régions polaires de l’hémisphère nord. Le moteur de ce courant est constitué par des vents qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, d’est en ouest. Cette circulation rapide permet en temps normal de maintenir l’air froid à des latitudes élevées près du pôle.

Toutefois, il arrive que le vortex se disloque et laisse échapper des bulles d’air froid qui descendent alors à des latitudes plus basses. C’est ce qui s’est passé en janvier 2019. Toutefois,  cet air froid ne s’est pas propagé partout : alors qu’il faisait très froid dans certaines parties du Canada, dans le Midwest des Etats Unis et en Sibérie centrale, l’Alaska connaissait un hiver remarquablement doux avec des records de chaleur.

La dislocation du vortex polaire n’est pas un phénomène rare. Un processus similaire a été observé en 2014 et en 2018. Avec janvier 2019, on observe cependant une répétition anormale du phénomène. .

Ces perturbations subies par le vortex polaires sont liées à un réchauffement soudain au niveau de la stratosphère. C’est ce que l’on appelle le réchauffement stratosphérique soudain. Durant l’hiver, il arrive parfois qu’à cette altitude la température grimpe rapidement, jusqu’à gagner 50°C en quelques jours, et cette forte hausse a pour effet de modifier la circulation des vents autour du vortex polaire. En conséquence, ce dernier peut se fragmenter et laisser échapper de l’air froid vers des latitudes plus basses. Le phénomène va alors se propager de la stratosphère jusqu’à la  troposphère en dessous et affecter d’autres processus comme le jet-stream, courant d’air très rapide situé à 8-12 kilomètres d’altitude et qui délimite les masses d’air.

 Ces derniers jours, les prévisions météorologiques laissent entendre qu’un nouveau réchauffement stratosphérique soudain pourrait se produire dans les prochaines semaines, avec affaissement du vortex polaire et une vague de froid sévère dans certaines régions de l’hémisphère nord. Cette prévision devra être confirmée.

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Le célèbre aventurier sud-africain Mike Horn, accompagné par l’explorateur polaire norvégien Børge Ousland, connaissent actuellement les pires difficultés pour progresser sur la banquise arctique. Après avoir été déposés il y a deux mois par le voilier de Mike Horn, les deux baroudeurs ont entrepris de parcourir 1600 km de glace en skis de randonnée en franchissant le pôle Nord au passage, objectif qu’ils ont atteint le 17 octobre dernier.

Sous l’effet du réchauffement climatique particulièrement intense dans les hautes latitudes, la glace se brise et se déplace beaucoup plus vite qu’auparavant. Les hommes sont tombés à l’eau à plusieurs reprises. Mike Horn a déclaré : « C’est triste à admettre pour moi, mais de toutes mes années en tant qu’explorateur professionnel, je n’ai jamais été aussi affecté par les changements climatiques.»

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Remember: an extreme cold snap hit the northern United States during January 2019, with temperatures down to -40°C in some cities. The phenomenon was explained by icy air that had escaped from the polar vortex.
The polar vortex is a vast stream of air that surrounds the polar regions of the northern hemisphere. The engine of this current consists of winds that rotate anticlockwise, from east to west. This rapid circulation normally allows cold air to be maintained at high latitudes close to the Pole.
However, the vortex may break up and let out cold air bubbles that then descend to lower latitudes. This is what happened in January 2019. However, this cold air did not spread everywhere: while it was very cold in parts of Canada, in Midwestern United States and Central Siberia, Alaska had a remarkably mild winter with records of heat.
The dislocation of the polar vortex is not a rare phenomenon. A similar process was observed in 2014 and 2018. With January 2019, however, there is an abnormal repetition of the phenomenon. .
These disturbances to the polar vortex are related to a sudden warming in the stratosphere. This is called Sudden Stratospheric Warming (SSW). During the winter, temperatures may rise very rapidly at this altitude and increase by as much as 50 degrees Celsius in a few days. This strong increase alters the circulation of the winds around the polar vortex. As a result, it can fragment and let cold air escape to lower latitudes. The phenomenon will then spread from the stratosphere to the troposphere below and affect other processes such as the jet-stream, a very fast airflow located 8-12 kilometres above sea level and which delimits the masses of air.

The latest forecast models suggest a major stratospheric warming event might develop in the next weeks, possibly initiating a collapse sequence of the polar vortex and severe cold snaps in some regions of the northern hemisphere. This forecast will have to be confirmed.

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Mike Horn, the famous South African adventurer, accompanied by the Norwegian polar explorer Børge Ousland, is currently experiencing the worst difficulties to progress on the Arctic sea ice. After having been dropped two months ago by Mike Horn’s sailboat, the two men set out to cover 1600 km of ice on cross-country skis while sliding past the North Pole, which they reached on October 17th.
Due to the fact that global warming is particularly intense in high latitudes, the ice breaks up and moves much faster than before. The men fell in the water several times. Mike Horn said, “It’s sad to admit for me, but in all my years as a professional explorer, I’ve never been so affected by climate change.”

A titre d’exemple, cette carte météo de janvier 2019 montre la position des masses d’air. On note une nappe de  réchauffement au-dessus de la Russie où la température est passée de – 70°C à – 10°C.  Une telle situation peut affecter le vortex se polaire et le faire se disloquer, avec des vagues de froid dans les basses latitudes. (Source: Météo France)

Venise (suite): Les doutes sur la capacité du projet MOSE à protéger la ville

Au fil des siècles, Venise s’est toujours adaptée aux phénomènes naturels auxquels elle a été exposée, en commençant par l’élévation du niveau de la lagune sur laquelle elle a été construite il y a plus de mille ans, mais aujourd’hui son adaptabilité est mise à rude épreuve et il n’est pas du tout certain que le projet MOSE suffira pour faire face au changement climatique actuel. C’est le point de vue d’un professeur vénitien d’économie de l’environnement et spécialiste en science et gestion du changement climatique. Il rappelle que « les événements extrêmes sont de plus en plus fréquents. La situation de ces derniers jours à Venise est semblable à celle provoquée en 2018 par la tempête Vaia qui a frappé l’Italie fin octobre, avec de graves dégâts en Vénétie. Venise a subi de fortes précipitations associées à un fort sirocco. Sur une période de mille ans, un phénomène comme celui-ci s’est produit plusieurs fois, mais le fait qu’il survienne deux années de suite est significatif « .
Au cours des dernières décennies, le niveau de l’eau a augmenté en moyenne de 5,6 millimètres par an. Au phénomène mondial d’élévation du niveau de la mer s’ajoutent à Venise les phénomènes naturels qui ne concernent que son lagon et d’autres facteurs provoqués par l’action humaine, tels que l’encrassement des canaux et l’exploitation de la nappe phréatique. La ville s’est toujours adaptée à ces changements, mais son adaptabilité a une limite ; elle ne peut plus désormais suivre l’accélération des phénomènes ».
Les travaux pour la réalisation du MOSE, Module électromécanique expérimental ont débuté en 2003 sous le gouvernement Berlusconi. Il s’agit d’un système de cloisons qui sépare la lagune de Venise de la Mer Adriatique et qui est censé empêcher les hautes eaux d’atteindre la ville. Il s’agit d’un ouvrage dont le coût atteint quelque 7 milliards d’euros. Il n’est pas encore terminé et beaucoup de spécialistes pensent qu’il sera inadapté à la gestion des grandes marées. En particulier, il ne tient pas suffisamment compte du facteur vent, celui qui a récemment accru l’effet du phénomène. De plus, les travaux effectués pour la construction du MOSE ont à leur tour provoqué un changement sur les marées affectant le Lido: elles sont maintenant plus rapides, l’eau monte plus vite et les courants sont plus forts.

De plus, beaucoup de Vénitiens ont une dent contre le projet MOSE parce qu’il a drainé la plupart des fonds qui servent normalement à nettoyer les canaux et à faire tout ce qui est nécessaire pour que la ville soit prête à affronter l’acqua alta. Depuis une vingtaine d’années, on ne procède plus à l’entretien des canaux qui était financé par les fonds octroyés par la loi spéciale promulguée juste après la crue de novembre 1966.

Source : Presse italienne.

Vue du système MOSE à Bad-Ems en Allemagne (Source: Wikipedia)

L’ « acqua alta » à Venise: Une punition pour le Conseil Régional de Vénétie ? // « Acqua alta » in Venice: A punishment for the Veneto Regional Council ?

Les locaux du Conseil Régional de Vénétie situés à Venise ont été inondés pour la première fois de leur histoire par l' »acqua alta » qui a affecté la Cité des Doges. Il semblerait que la montée soudaine des eaux se soit produite juste après que le Conseil Régional ait rejeté les amendements proposés par l’opposition et qui visaient à lutter contre le changement climatique. Le bâtiment a été inondé deux minutes après que deux partis de droite – la Liga et les Fratelli d’Italia- et le parti de centre-droit Forza Italia aient rejeté les amendements proposés par leurs opposants. Ces amendements incluaient des demandes de financement en faveur de davantage de sources d’énergie renouvelables, le remplacement des bus roulant au diesel et des mesures visant à réduire l’impact du plastique. L’opposition imputait également l' »acqua alta » – qui est montée à plus de 1,80 mètre au-dessus du niveau habituel et a causé au moins un décès – à une combinaison de facteurs, notamment la hausse du niveau de la mer due à la fonte des glaciers. L’opposition a été accusée par la majorité de faire de la propagande. La majorité a fait remarquer que le Conseil Régional a dépensé 965 millions d’euros au cours des trois dernières années dans le cadre de la lutte contre la pollution de l’air. Le maire de Venise avait tweeté plus tôt dans la semaine que les inondations avaient mis Venise à genoux, qualifiant d ‘ »apocalyptiques les conditions vécues.

Source: Huffington Post et journaux italiens.

Le premier magistrat de Venise a raison d’être inquiet car l' »acqua alta » n’est pas terminée. On prévoit une hauteur d’eau d’au moins 1,60 mètre aujourd’hui 17 novembre 2019. La situation actuelle à Venise ne fait que préfigurer ce qui va se passer dans les grandes villes côtières de la planète dans les prochaines années.  Les médias n’évoquent que du bout des lèvres le réchauffement climatique et la fonte des glaces pour expliquer la situation catastrophique à Venise. C’est pourtant là que se trouve la cause du problème. Il faudrait que nos dirigeants cessent de pratiquer la politique de l’autruche et prennent les vraies mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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The premises of the Veneto Regional Council in Venice were flooded for the first time in known history during the acqua alta that affected the city. It was apparently right after the members of the Regional Council rejected amendments to tackle climate change. The building was flooded two minutes after two Italian right-wing parties – the League and Brothers of Italy –  and the center-right Forza Italia party rejected their opponents’ amendments. The rejected amendments included requests for funding for more renewable energy sources, the replacement of diesel buses and measures to reduce the impact of plastic. They also blamed Venice’s high tide, which peaked at more than1.80 metres above the usual level and caused at least one death, on a combination of factors including rising sea levels due to glacial melt. The opposition was accused by the majority of spreading propaganda. The majority pretends the Regional Council spent € 965 million over the past three years in the fight against air pollution,  The mayor of Venice had tweeted earlier this week that flooding had brought Venice to its knees, describing the conditions as “apocalyptic.

Source: Huffington Post and Italian newspapers.

The mayor of Venice is right to be worried because the « acqua alta » is not over. A water level of at least 1.60 metres is expected today, November 17th, 2019. The current situation in Venice only foreshadows what will happen in the major coastal cities of the planet in the coming years. The media only give lip service to global warming and melting ice to explain the catastrophic situation in Venice. This is where the problem lies. Our leaders should stop burying themselves in the sand and take real action to reduce greenhouse gas emissions.

L’inondation du Conseil Régional de Vénétie (Crédit photo: Presse italienne)

2019: Deuxième mois d’octobre le plus chaud !

La NASA vient d’indiquer qu’octobre 2019 a été le 2ème mois d’octobre le plus chaud de l’histoire. Le classement publié par l’agence américaine confirme celui des autres agences climatiques dans le monde. Octobre 2019 frôle ainsi le record établi lors de l’avènement du phénomène El Niño extrême de 2015. Avec +1,04°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en octobre 2019 est la deuxième plus élevée des annales. Les anomalies sont surtout importantes dans l’hémisphère nord qui n’a jamais été aussi chaud en octobre.
Une fois de plus, le haut du classement est dominé par la période récente. Depuis 1880, les 5 mois d’octobre les plus chauds ont été observés ces 5 dernières années.
Pour le mois d’octobre, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,093°C par décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération de +0,29°C par décennie.
Au vu des chiffres actuels, 2019 terminera probablement à la 2ème place (La Poulidor de l’histoire, avec un clin d’oeil à notre champion limousin qui vient de nous quitter). Pour l’année en cours (janvier-octobre), 2019 se situe à +0,97°C, à mi-chemin entre le record de 2016 (+1,02°C) et 2017 (+0,92°C).
Source: NASA, global-climat.

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NASA has just indicated that October 2019 was the second hottest October in history. The ranking published by the US agency confirms the results of other climate agencies in the world. October 2019 is close to the record set by the advent of the extreme El Niño phenomenon of 2015. With + 1.04°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in October 2019 is the second highest in the archives. The anomalies are especiallysignificant in the northern hemisphere, which has never been so hot in October.
Once again, the top of the ranking is dominated by the recent period. Since 1880, the warmest 5 months of October have been observed in the last 5 years.
For the month of October, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.093°C per decade. Over the last 20 years (since 1999), there has been an acceleration of + 0.29°C per decade.
In view of the current figures, 2019 will probably finish in 2nd place. For the current year (January-October), 2019 is at + 0.97°C, halfway between the record of 2016 (+ 1.02°C) and 2017 (+ 0.92°C) .
Source: NASA, global-climat.

Source: global-climat