En attendant la prochaine éruption à Auckland (Nouvelle Zélande) // Waiting for the next eruption in Auckland (New Zealand)

drapeau-francaisNous ne savons pas prévoir les éruptions à court terme, mais les Néo-Zélandais sont en mesure de dire que la prochaine grande éruption à Auckland est susceptible d’être causée par un volcan qui n’existe pas encore!
Une étude publiée dans le Journal of Volcanology and Geothermal Research s’appuie sur une hypothétique éruption d’une durée de deux mois près du pont de Mangere, dans le sud d’Auckland. Les scientifiques de GNS Science, de l’Université de Canterbury et de l’Université Massey ont examiné les dangers immédiats d’une telle éruption et l’impact qu’elle pourrait avoir sur les infrastructures essentielles de la ville d’Auckland. L’auteur principal de l’étude pense que même si les scientifiques ne savent pas où aura lieu la prochaine éruption, l’imaginer leur permettra de mieux y faire face. L’étude a mis l’accent sur le ravitaillement en carburant, les voies de communications routières et ferroviaires, les ports, les aéroports, l’approvisionnement en eau et les télécommunications afin d’obtenir une image dynamique de la ville d’Auckland dans une telle circonstance.
La topographie de la ville d’Auckland montre qu’il n’y a que trois lignes électriques principales qui alimentent Auckland et le Northland. Cela signifie que, par exemple, un problème sur la ligne Mangere pourrait affecter toute la région. Si les approvisionnements en électricité de la ville étaient affectés par une éruption, les habitants d’Auckland et du Northland pourraient connaître des pannes d’une durée comprise entre un mois et un an, voire plus.
Le champ volcanique d’Auckland a une très forte densité de population, la plus élevée au monde pour un site de ce type. Il est vieux de 250 000 ans et a connu 55 éruptions. La plus récente est celle de Rangitoto il y a environ 600 ans.
La plupart des volcans d’Auckland sont monogéniques, ce qui signifie qu’ils n’entrent en éruption qu’une seule fois. Il est donc très probable que le prochain volcan à Auckland entrera en éruption dans un tout nouveau secteur impossible à prévoir. Toutefois, même s’ils ne peuvent pas dire où la prochaine éruption aura lieu, les scientifiques du GNS sont certains qu’elle aura lieu un jour ou l’autre.
L’étude est le premier document à présenter le scénario détaillé d’une éruption à Auckland depuis les années 1990. En novembre 2007 et mars 2008, la Protection Civile avait mis sur pied l’«Exercice Ruaumoko», destiné à voir comment réagirait le pays lors de la période précédant une éruption, mais aucun bilan de cet exercice n’a jamais été communiqué.
L’activité volcanique prise en compte dans l’étude s’étend sur 10 semaines: deux semaines de non activité, quatre semaines d’activité faible à élevée et quatre semaines d’activité éruptive totale. Le scénario éruptif imagine l’apparition d’un cône de 800 mètres de diamètre qui s’accroît au cours de l’éruption pour atteindre  environ 1200 mètres. Une première coulée pyroclastique représente le «pire scénario», avec une destruction totale dans un rayon de 2,5 km de la bouche éruptive et d’importants dégâts à la plupart des édifices, et la destruction de structures plus fragiles jusqu’à 6 km de distance. La coulée de lave est censée avoir 10 mètres d’épaisseur et des vagues de tsunami de 2 mètres de haut sont prévues sur le littoral
Source: Organes de presse néo-zélandais..

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drapeau-anglaisWe are not able to predict eruptions in the short term, but in New Zealand, they are able to say that Auckland’s next big eruption is likely to come from a volcano that doesn’t yet exist!

A research paper, released in the Journal of Volcanology and Geothermal Research, is based on a hypothetical two-month-long period of unrest and eruption near Mangere Bridge, in south Auckland. Geoscientists from GNS Science, the University of Canterbury and Massey University looked at the immediate hazards of an eruption and the impact it could have on Auckland’s critical infrastructure. The lead author of the study said that while scientists had no idea where the next eruption will take place, they could be better prepared by looking at how to respond. The study looked at fuel, roads, rail, ports, aviation, water supply and telecommunications to get a dynamic picture of how Auckland would hold up.

The geography of Auckland means there are only three main electricity lines supplying Auckland and Northland with power. This means that, for instance, a power disruption to the Mangere line could affect the entire region. If electricity supplies to the city were comprised during an eruption, residents in Auckland and Northland could experience rolling outages from anywhere between a month to a year or more.

The Auckland volcanic field is the most densely populated field of its type in the world. The field is 250,000 years old and there have been 55 recorded eruptions, the most recent being Rangitoto around 600 years ago.

Most Auckland volcanoes are monogenic, meaning they only erupt once, so it is very likely that the next volcanic vent in Auckland will erupt in an entirely new location which cannot be predicted. While they can’t say where the next eruption will be, GNS scientists say they are certain that there will be a future eruption.

The paper presents the first complete eruption scenario developed for Auckland since the 1990s. In November 2007 and March 2008, Civil Defence carried out ‘Exercise Ruaumoko’, which tested nationwide preparedness during the ‘unrest’ period leading up to an eruption, but didn’t assess the aftermath.

The volcanic activity in the study spans 10 weeks: two weeks of non activity, four weeks of low to heightened activity and four weeks of eruptive activity. The eruptive scenario imagines that an 800 metre-diameter volcanic vent emerges, expanding over course of the eruption to around 1200metres. The first pyroclastic surge represents the « worst case scenario », resulting in complete destruction within 2.5km of the vent, severe damage to most structures and destruction of weaker structures as far as 6km away. The lava flow is assumed to be 10metres thick, and 2 metre-high tsunami waves are predicted for the shoreline.

Source: New Zealand news media.

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Vue de la ville d’Auckland (Photo: C. Grandpey)

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Rangitoto, site de la dernière éruption dans la région d’Auckland.

(Crédit photo: Wikipedia)

Taranaki (Nouvelle Zélande)

drapeau-francaisL’astronaute français Thomas Pesquet a photographié le volcan Taranaki (Nouvelle-Zélande) depuis la Station Spatiale Internationale. Vu depuis l’espace, le volcan, qui se dresse au-dessus du parc national d’Egmont, semble appartenir à un autre monde.
Quelques heures après avoir partagé la photo sur les réseaux sociaux, Tgomas Pesquet a écrit sur Twitter que le Taranaki lui rappelait la chanson Imagine du groupe de rock américain A Perfect Circle (https://youtu.be/dunKAwRN3P8).
Culminant à 2518 mètres, le Taranaki un stratovolcan andésitique situé dans la partie sud-ouest de l’Ile du Nord. Il est entré en éruption en 1854 avec une activité explosive accompagnée d’émissions de cendre. Cette éruption faisait suite à plusieurs autres événements au cours des siècles précédents. La plus importante éruption des temps historiques a eu lieu vers 1655, avec des retombées de téphras sur la partie centrale de l’Ile du Nord. Plusieurs épisodes d’effondrement du volcan ont eu lieu au cours des 50 000 dernières années. Une activité explosive, parfois accompagnée de coulées pyroclastiques et de croissance d’un dôme de lave, s’est produite fréquemment au cours de l’Holocène.
Le Taranaki est lié par la légende aux montagnes qui occupent le centre de l’Ile du Nord. Le Taranaki cohabitait autrefois avec les autres volcans du plateau central: le Tongariro, le Ruapehu et le Ngauruhoe. Quand il fit des avances à une jolie colline répondant au doux nom de Pihanga, le Tongariro piqua une crise de jalousie et entra en éruption. Le Taranaki s’enfuit alors vers l’ouest, creusant au passage le lit de la rivière Whanganui. Aujourd’hui, le Taranaki est toujours vénéré et son sommet est sacré pour les Maoris de la région.

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drapeau-anglaisFrench astronaut Thomas Pesquet has captured New Zealand’s Taranaki volcano from aboard the International Space Station. The volcano, which looms large over Egmont National Park, appears small and otherworldly from the lofty heights.

A few hours after sharing the photo, Pesquet posted on Twitter that Mt Taranaki reminded him of the song Imagine by the American rock band A Perfect Circle (https://youtu.be/dunKAwRN3P8).

2518-metre-tall Taranaki volcano is an andesitic stratovolcano located in the SW part of the North Island of New Zealand. It last erupted in 1854 with a minor explosive ash activity. It was the culmination of several eruptions in the preceding few hundred years. The largest recent eruption occurred in about 1655 with widespread tephra falling across the central North Island. Multiple episodes of edifice collapse occurred in the past 50,000 years. Explosive activity, sometimes accompanied by pyroclastic flows and lava dome growth, occurred frequently throughout the Holocene.

Taranaki is linked by legend to the mountains of the central North Island. Taranaki once lived with the other volcanoes of the central plateau: Tongariro, Ruapehu and Ngauruhoe. When he made flirtatious advances towards a pretty hill named Pihanga, Tongariro erupted in a jealous fury. Taranaki fled to the west, gouging out the Whanganui River on his way. Today Taranaki is still venerated and its summit is sacred to the Maori people of the area.

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Crédit photo: Thomas Pesquet (ESA)

Les drones ont un avenir scientifique // Drones have a scientific future

drapeau-francaisLes volcanologues néo-zélandais ont utilisé un drone de loisir pour observer le volcan de White Island. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une très bonne vidéo de l’île tournée en décembre 2016. N’hésitez pas à passer en mode plein écran, car la qualité de la vidéo est excellente.
Http://www.nzherald.co.nz/national/news/video.cfm?c_id=1503075&gal_cid=1503075&gallery_id=171257

On remarque que le lac acide a disparu et l’activité principale se situe au niveau d’une bouche qui vomit de volumineux panaches de vapeur au fond du cratère.
Le drone, équipé d’une caméra [NDLR : Je pense qu’il s’agit d’une GoPro, au vu de la qualité], a également été utilisé ces derniers temps pour examiner les berges des rivières et les sources géothermales de l’Ile du Nord.
GNS Science a maintenant l’intention de se procurer un drone plus performant pour de futures observations, comme l’approche des cratères à l’aide de caméras infrarouges. Les drones pourraient également être utilisés dans des situations à haut risque. Par exemple, peu de temps après une éruption, quand il est encore trop dangereux de pénétrer dans une zone, on pourrait faire voler les drones pour obtenir des photos ou relever des températures. Avec un système d’échantillonnage, les drones pourraient être en mesure de prélever des cendres volcaniques et des roches sans impliquer des risques humains.
Le drone utilisé par GNS Science n’a pas subi de dégâts lors du survol des points chauds, alors qu’une équipe de tournage cinématographique a récemment perdu un appareil pendant qu’il se déplaçait à travers un panache de vapeur sur White Island.
Les chercheurs de l’Université de Canterbury travaillent avec des collègues japonais pour permettre à des patrouilles de plusieurs drones de localiser des personnes prisonnières des décombres suite à des catastrophes naturelles. Les chercheurs ont également étudié comment ces patrouilles pourraient être contrôlées par un ou deux opérateurs, tandis que les drones communiqueraient entre eux.
Les drones sont de plus en plus utilisés au cours des missions scientifiques. Une équipe de l’Institut Universitaire de Technologie d’Auckland a réussi à utiliser des drones en Antarctique – où des enveloppes thermiques étaient nécessaires pour garder les appareils au chaud – et dans le désert du Namib où les températures de 68°C posaient le problème inverse. À la fin de l’année dernière, les techniciens de GNS Science ont utilisé des drones pour effectuer des observations et obtenir des images incroyables de la faille de Kekerengu, qui a subi un décrochement spectaculaire lors de sa rupture pendant le séisme de Kaikoura.
Source: New Zealand Herald.

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drapeau-anglaisNew Zealand volcanologists have used a hobby drone to observe White Island Volcano. By clicking on this link, you will see a great video of the island shot in December 2016. Don’t hesitate to switch to full screen because the quality of the video is excellent.

http://www.nzherald.co.nz/national/news/video.cfm?c_id=1503075&gal_cid=1503075&gallery_id=171257

You can notice that the acid lake has disappeared and the main activity is located in a vent that spews voluminous steam plumes at the far end of the crater.

The drone, fitted with camera technology, has also been used over recent months to survey river terraces and geothermal systems around the North Island.

GNS Science is now moving to get a larger, professional drone for future work that could involve taking infra-red surveys of volcanic craters. The drones could also be used in high-risk situations. For instance, shortly after an eruption, when it is still too dangerous to go into an area, drones could be flown in to get imagery or take temperatures. With sampling gear, they might be able to collect volcanic ash and rock samples without involving human risks.

The GNS drone has not yet sustained any damage from some of the hot spots it has been sent into, although a film company crew recently lost one while flying it through a steam plume on White Island.

Meanwhile, University of Canterbury researchers are working with Japanese colleagues to enable swarms of drones that could locate and potentially triage people buried in wreckage and debris following natural disasters. The researchers were further investigating how entire swarms could be controlled by one or two operators, with the drones also communicating between themselves.

Drones are likely to be used more and more often during scientific missions. An Auckland University of Technology team has succeeded in using drones in Antarctica – where thermal underwear was needed to keep it warm – and in the Namib Desert, where 68°C temperatures posed the opposite problem. Late last year, GNS Science technicians used drones to make field observations and capture incredible footage of the Kekerengu Fault, which created a dramatic wall when it ruptured during the Kaikoura Earthquake.

Source : New Zealand Herald.

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Exemple de drone de loisir (X series -MJX RC)

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White Island en janvier 2009. Un lac d’acide occupait le cratère.

(Photos: C. Grandpey)

Des caméras thermiques à White Island (Nouvelle Zélande) // New thermal cameras for White Island (New Zealand)

drapeau-francaisEn lisant le blog de Brad Scott, volcanologue néo-zélandais bien connu, on apprend que GNS Science installe de nouvelles caméras thermiques sur White Island, le volcan actif à quelques dizaines de kilomètres de l’Ile du Nord. Les nouvelles caméras thermiques infrarouges (TIR) seront utilisées parallèlement aux caméras traditionnelles.
Une caméra thermique infrarouge mesure l’énergie émise par la surface vers laquelle elle est dirigée, en sachant qu’une plus grande quantité d’énergie est émise par les surfaces chaudes que par les surfaces froides. La caméra recueille les données numériquement, puis leur applique une «fausse couleur» pour reconstituer une image. L’un des avantages des TIR est que les images peuvent être recueillies la nuit, alors que les webcams traditionnelles sont peu efficaces de nuit, sauf quand la lune éclaire le paysage. Le module à capteur thermique devrait fournir des données de meilleure qualité concernant les zones autour des bouches actives et devrait aussi permettre de faire des économies car il n’y aura plus besoin de se déplacer pour effectuer ces mesures.

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drapeau-anglaisWhen reading Brad Scott’s blog, we are informed that GNS Science is installing new thermal cameras on White Island, the active volcano a few tens of kilometres to the north of New Zealand. The new Thermal Infra Red (TIR) cameras will be used together with the conventional webcams.

A TIR camera measures the emitted energy from the surface it is looking at, with more energy coming from hot surfaces than cold ones. The camera collects the data digitally and then applies a ‘false colour’ to make an image. One of the advantages is images can be collected at night, while the traditional webcams see little at night unless the moon is out. The thermal sensor module will potentially give higher quality data with spatial coverage of areas around the vents as well and appears to be cost effective as i twill no longer necessary to go on the field to perform such measurements.

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Bouche active à White Island (Photo: C. Grandpey)