Réveil du Grand Geyser (Islande) // Eruption of Iceland’s Great Geysir

drapeau-francaisLe 20 février 2016, le Grand Geyser, la plus célèbre source d’eau chaude d’Islande, a repris goût à la vie. Cet événement rare a été filmé, avec une brève vidéo de 10 secondes à voir à cette adresse:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2016/02/21/rare_eruption_of_iceland_s_most_famous_hot_spring_g/
Une éruption du Grand Geyser est très inhabituelle, bien que certains témoins aient indiqué que le geyser s’était manifesté à deux reprises l’été dernier.
Les séismes peuvent déclencher l’activité du Grand Geyser, comme en 1630, année où il a jailli de manière spectaculaire à plusieurs reprises.
Le geyser est resté au repos jusqu’en 1896, quand un séisme a provoqué de nouvelles éruptions, plusieurs fois par jour.
En 1935, un chenal a été creusé dans la lèvre de son cratère, ce qui a provoqué une reprise de l’activité, mais peu à peu le canal a été obstrué par la geysérite et les éruptions sont devenues de plus en plus rares.
En 1981, le chenal a été comblé et les éruptions ont été provoquées par l’addition de savon lors d’occasions spéciales. J’ai assisté à l’une de ces éruptions artificielles dans les années 1990, le jour de la Fête des Commerçants de Reykjavik. Un homme vêtu d’habits traditionnels est arrivé avec une boîte pleine de morceaux de savon et il en a déversé une cinquantaine dans le geyser. Au bout d’une dizaine de minutes, le Grand Geyser est entré en éruption, avec un jet d’eau et de vapeur d’environ 50 mètres de hauteur qui ressemblait au Vieux Fidèle de Yellowstone. La différence est que le Vieux Fidèle se manifeste plusieurs fois par jour de façon naturelle!
Les éruptions artificielles du Grand Geyser ont été abandonnées pour des raisons environnementales.
En 2000, un séisme a réveillé le geyser et une éruption a eu lieu pendant deux jours d’affilée, avec un jet de 122 mètres de hauteur.
Au cours de la dernière décennie, les éruptions ont considérablement diminué et il est maintenant considéré comme quasiment inactif.
Vous verrez ci-dessous une éruption artificielle en juillet 1990.

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drapeau anglaisOn February 20th 2016, the Great Geysir, Iceland’s most famous hot spring, came back to life. This rare event was captured on camera with a 10-second video to be seen at this address:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2016/02/21/rare_eruption_of_iceland_s_most_famous_hot_spring_g/
This event is very unusual, although some witnesses said the geyser erupted twice last summer.
Earthquakes may revive the activity of the Great Geysir, like in 1630 when it erupted violently many times.
Until 1896, the geyser was almost dormant before an earthquake that year caused eruptions to begin again, several times a day.
In 1935, a channel was dug through the rim which caused a revival in activity, but gradually the channel became clogged with silica making eruptions once again rare.
In 1981 the channel was cleared and eruptions were simulated on special occasions by the addition of soap. I attended one of these man-made eruptions in the 1990s, on the day of the Reykjavik Shopkeepers Festival. A man dressed in traditional clothes came along with a box full of soap cakes and poured about fifty of them into the geyser. After ten minutes or so, the Great Geysir started erupting, with a jet of water and steam about 50 metres high, which looked like Old faithful in Yellowstone National park. A major difference is that Old Faithful does it several times a day in a natural way!
The artificial eruptions of the Great Geysir were later abandoned because of environmental concerns.
An earthquake in the year 2000 revived the geyser again and an eruption took place for two days in a row, reaching 122 metres in height.
In the last decade, eruptions have decreased considerably and it is now considered almost inactive.
Here is a view of an artificial eruption in July 1990:

Geyser 2

Eruption du Grand Geyser (Photo: C. Grandpey)

Old-Faithful-blog

Eruption du Vieux Fidèle à Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

L’Islande en drone

La société française DRONEART – dont le but est de montrer « l’univers comme vous ne l’avez jamais vu » – a réalisé un survol de l’Islande en drone, ce qui donne une approche originale de l’île nordique. Le résultat est assez réussi, même si on note un certain désordre dans les images. Les prises de vue sont de bonne qualité. On pourra toutefois regretter un aspect global souvent terne, probablement dû aux conditions météorologiques qui n’étaient pas optimales la plupart du temps. Plusieurs sites sont facilement reconnaissables, comme la région du Krafla, le Jokulsarlon, ou encore la chute de Dettifoss. Personnellement, j’ai bien aimé le survol d’une partie de la fracture qui cisaille l’Islande su sud-ouest au nord-est.
Le lien pour voir la vidéo est : https://youtu.be/v0o8aS3OoXg
Elle mérite le plein écran. Vous pouvez également mettre le son qui vous fera pénétrer encore davantage dans le monde islandais.

Islande, terre des elfes // Iceland, land of the elves

drapeau-francaisL’Islande est souvent associée au monde des elfes, comme c’est le cas avec d’autres régions de Scandinavie. Cependant, en Islande, la croyance au huldufólk, ou «peuple caché », est beaucoup plus forte. On peut trouver de nombreux exemples à travers le pays
Dans la petite ville de Kopavogur, au sud de Reykjavik, on remarque une rue qui fait une boucle et se rétrécit brusquement pour éviter une petite colline parsemée de rochers. L’écart de trajectoire semble stupide, mais les gens qui habitent ici vous diront que c’est parce que les elfes ont élu domicile dans ces rochers. Dans les années 1970, une entreprise de travaux publics a voulu déplacer la colline pour faire place à la rue, mais les équipements sont constamment tombés en panne. Certains habitants ont fait remarquer aux ouvriers que des elfes vivaient dans les rochers et étaient la cause des problèmes. La situation a fait la une des médias de l’époque. Des équipes de télévision sont venues sur place, mais leurs caméras ont cessé de fonctionner! Le travail a finalement été abandonné et la rue fait aujourd’hui une boucle autour de la colline.
Il y a beaucoup de cas semblables en Islande – des maisons avec des murs déformés, des allées rétrécies ou des routes qui soudain se partagent en deux – à cause de la présence du huldufólk. Des scènes comme celle de Kopavogur ne sont pas exceptionnelles. L’année dernière, la Cour Suprême islandaise a bloqué un projet routier, en partie afin de déterminer son impact sur les elfes. A cause du huldufólk, des constructions d’usines, de barrages et de centres commerciaux ont été modifiées pour protéger les elfes, ou différées pour leur donner le temps de se déplacer.
La controverse la plus récente a eu lieu lorsque des défenseurs des elfes et des écologistes ont décidé de bloquer un projet de route qui devait traverser un champ de lave dans la péninsule d’Alftanes. Les défenseurs des elfes prétendaient que la construction perturberait un rocher de 30 tonnes qui était censé être une église elfe. Les écologistes affirmaient que la route détruirait un champ de lave qui était un repère culturel important. La Cour Suprême est intervenue et a finalement ordonné aux entrepreneurs de déplacer le rocher-église avant que le travail puisse reprendre.
D’autres exemples pourraient être cités. Ainsi, un hôpital de Selfossi a annulé une expansion du bâtiment lorsqu’il a fallu déplacer un rocher. La procédure a entraîné des problèmes de communication dans tout l’hôpital. Des ouvriers qui ont tenté d’aplanir un monticule de terre qui posait un problème de visibilité sur une route près de Sjagafjordi en 1978 ont finalement renoncé après que les équipes de voirie aient constaté qu’il se passait « des choses étranges » dans leur l’équipement. L’année dernière, sur l’île de Heimaey, un médecin a essayé d’ajouter une terrasse à sa maison, mais son outillage n’a cessé de tomber en passe et il a annulé le projet.
Un jour, lors d’un voyage en bus à travers l’Islande, je fus surpris de voir le chauffeur s’arrêter pour aller déposer une pierre sur un cairn près de la route. Il m’a expliqué qu’il le faisait chaque fois qu’il passait à cet endroit afin d’obtenir la protection des elfes qui y vivent.
En Islande, le huldufólk n’est pas composé de ces minuscules êtres verts aux oreilles pointues qui apparaissent dans certaines cultures. Ici, ils sont en général décrits comme des êtres magnifiques, de taille similaire à l’homme, vêtus de vêtements à la fois démodés et colorés. La seule différence, c’est qu’ils restent invisibles à la plupart des gens. Une enquête menée en 2007 a révélé que 3% des Islandais affirmaient avoir rencontré des elfes personnellement, 8% indiquaient qu’ils croyaient aux elfes, et 54% ne niaient pas leur existence.
Pour de nombreux Islandais, la question n’est pas de savoir si les elfes existent. Ils font partie d’une histoire culturelle commune, et donc ils existent, que l’on croit ou non en eux.
Adapté de plusieurs articles parus dans des revues islandaises.

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drapeau anglaisIceland is often associated with the world of elves, as this is the case with other countries in Scandinavia. However, in Iceland, the belief in the the huldufolk, or « hidden people, » is much stronger. One can find many examples throughout the country
In the small city of Kopavogur, just south of Reykjavik, one notices a street that abruptly loops and narrows to avoid a small hill dotted with rocks. The diversion seems stupid, but anyone here will tell you that it is because elves live in those rocks. In the 1970s, road builders wanted to move the hill to make way for the street, but they had permanent equipment breakdowns. Some local people told them elves lived in the rock and were responsible for the problems. The mishaps became big news in the media. Television crews came to the place but their cameras wouldn’t work! Finally, the work was abandoned and the street looped around the hill.
There are many such spots in Iceland – houses with distorted walls, narrowed driveways, and roads suddenly split in two – all to accommodate the huldufolk. Scenes like the one in Kopavogur are by no means exceptional. Last year, the Iceland Supreme Court blocked a major highway project, partly to determine its impact on elves. Because of the huldufolk, construction of factories, dams, and shopping malls has been modified to protect elves or delayed to give them time to move.
The most recent controversy occurred when elf believers and environmentalists decided to block a highway project through a picturesque lava field in the Alftanes peninsula. Elf advocates claimed the construction would disturb a 30-ton boulder that was an elf church. Environmentalists said the work would destroy a lava field that was a culturally significant landmark. The Supreme Court intervened and ordered contractors to move the boulder-church away from the road before work could continue.
More examples could be mentioned. Thus, a hospital in Selfossi canceled an expansion when attempts to move a rock caused communications problems throughout the hospital. Workers who tried to flatten hill that was a blind spot on a road near Sjagafjordi in 1978 gave up after road crews reported strange things happening to the equipment. Last year on the island of Heimaey, a doctor tried to add a patio to his house, but the equipment kept malfunctioning and he cancelled the project.
One day, while travelling by bus across Iceland, I was surprised to see the driver stop to go and lay a stone on a cairn close to the road. He explained me he did it each time he was driving along the road so as to get the protection of the elves that live in the place.
Iceland’s huldufolk are not the tiny, green and pointy-eared figures that most cultures associate with the word “elf”. Rather, they are usually described as beautiful beings, similar in size to humans, clad in colourful, old-fashioned clothes. The only difference is that they are invisible to most of us. A 2007 survey found that 3% of Icelanders claimed to have had personal encounters with elves, 8% said they believed in elves, and 54% would not deny elves existed.
For many Icelanders, the question is not to know whether elves exist. They are a part of a shared cultural history, and therefore they exist, whether or not anyone believes in them.
Adapted from several articles in Icelandic magazines.

Cairn

Cairn signalant un lieu habité par les elfes le long de la piste F 35

(Photo: C. Grandpey)

Fonte et érosion glaciaires influencent l’activité volcanique // Glacial melting and erosion influence volcanic activity

drapeau-francaisSelon une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Cambridge et publiée dans la revue Geophysical Research Letters, la combinaison de l’érosion et de la fonte des calottes glaciaires a entraîné une augmentation importante de l’activité volcanique à la fin de la dernière ère glaciaire.
Tandis que le climat se réchauffait, les calottes glaciaires fondaient, en diminuant la pression exercée sur le manteau terrestre, ce qui a entraîné une augmentation de la production de magma et du nombre d’éruptions volcaniques. Les chercheurs ont constaté que l’érosion a également joué un rôle majeur dans le processus et pourrait avoir contribué à une augmentation des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Les études précédentes visant à modéliser l’augmentation considérable de CO2 atmosphérique à la fin de la dernière ère glaciaire n’ont pas pris en compte le rôle de l’érosion, ce qui signifie que le niveau de CO2 a probablement été largement sous-estimé. En utilisant des simulations numériques capables de modéliser des paramètres tels que la vitesse d’érosion des glaciers et des calottes glaciaires, les chercheurs ont constaté que l’érosion joue un rôle aussi important que la fonte des glaces dans l’augmentation de la production de magma et l’activité volcanique qui s’ensuit.
Au cours des millions d’années écoulées, la Terre a alterné les périodes glaciaires et interglaciaires, avec une durée d’environ 100 000 ans pour chaque période. Pendant les périodes interglaciaires, comme celle que nous vivons aujourd’hui, l’activité volcanique est beaucoup plus élevée, car la pression moindre exercée par les calottes glaciaires permet aux volcans d’entrer plus facilement en éruption. Toutefois, au cours de la période de transition entre une période glaciaire et une période interglaciaire, la vitesse d’érosion augmente également, en particulier dans les zones de montagnes où de dressent des volcans.
Quand les glaciers fondent, le sol qu’ils rabotent perd jusqu’à dix centimètres d’épaisseur par an, ce qui diminue encore davantage la pression exercée sur le volcan et augmente donc la probabilité d’une éruption. Une diminution de la pression augmente la production de magma en profondeur car les roches soumises à des pressions moindres ont tendance à fondre à des températures plus basses.
Cette étude confirme les observations faites précédemment (voir ma note du 3 Mars 2015) lorsque des chercheurs ont découvert que la croûte terrestre sous l’Islande se soulève au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les vastes calottes glaciaires de l’île, avec une correspondance entre ce soulèvement et l’activité volcanique.
Source: Université de Cambridge.

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drapeau anglaisAccording to a study by University of Cambridge rearchers and published in the journal Geophysical Research Letters, the combination of erosion and melting ice caps led to a massive increase in volcanic activity at the end of the last ice age.
As the climate warmed, the ice caps melted, decreasing the pressure on the Earth’s mantle, leading to an increase in both magma production and volcanic eruptions. The researchers have found that erosion also played a major role in the process, and may have contributed to an increase in atmospheric carbon dioxide levels.
Previous attempts to model the huge increase in atmospheric CO2 at the end of the last ice age failed to account for the role of erosion, meaning that CO2 levels may have been seriously underestimated. Using numerical simulations, which modelled various different features such as ice caps and glacial erosion rates, the researchers found that erosion is just as important as melting ice in driving the increase in magma production and subsequent volcanic activity.
Over the past million years, the Earth has gone back and forth between ice ages, or glacial periods, and interglacial periods, with each period lasting for roughly 100,000 years. During the interglacial periods, such as the one we live in today, volcanic activity is much higher, as the lack of pressure provided by the ice caps means that volcanoes are freer to erupt. But in the transition from an ice age to an interglacial period, the rates of erosion also increase, especially in mountain areas where volcanoes tend to cluster.
As glaciers melt, the ground beneath is eroded by as much as ten centimetres per year, further decreasing the pressure on the volcano and increasing the likelihood of an eruption. A decrease in pressure enhances the production of magma at depth, since rocks held at lower pressure tend to melt at lower temperatures.
This study confirms observations made previously (see my note of March 3rd 2015) when researchers discovered that the crust under Iceland is rebounding as global warming melts the island’s great ice caps, with a direct correspondence between this motion upward and volcanic activity.
Source : University of Cambridge.

Vatnajökull espace

Calotte glaciaire du Vatnajökull (Islande) vue depuis l’espace

(Crédit photo: NASA)