Expédition scientifique internationale autour de l’Antarctique // International scientific expedition around Antarctica

drapeau-francaisRécemment créé, le Swiss Polar Institute (SPI) sera dédié à l’étude des pôles et des environnements extrêmes. Son premier projet est d’envergure: une expédition scientifique internationale de circumnavigation autour du continent antarctique, réunissant 55 chercheurs issus de 30 pays et travaillant sur 22 projets de recherche. Voici la finalité du projet, telle qu’elle est définie par le SPI :

Entre le 20 décembre 2016 et le 18 mars 2017, les équipes scientifiques seront à bord du navire de recherche russe Akademik Treshnikov pour une expédition sans précédent autour de l’Antarctique. Au cours de l’Antarctic Circumnavigation Expedition (ACE), les chercheurs travailleront dans un certain nombre de domaines interdépendants, de la biologie à la climatologie et à l’océanographie, pour l’avenir de ce continent.
Une meilleure compréhension de l’Antarctique est essentielle, non seulement pour sa conservation, mais pour toute la planète. Les pôles sont touchés par le changement climatique plus que toute autre région sur Terre. De plus, ils jouent un rôle central car ils fournissent aux océans de puissants courants sous-marins qui régulent le climat de la planète depuis les pôles jusqu’à l’équateur.
Aujourd’hui, les progrès scientifiques dépendent plus que jamais de la communication entre les différents domaines scientifiques. Les études polaires ne font pas exception. Par exemple, la biologie marine dépend de modèles mathématiques complexes actuellement en cours d’élaboration par les océanographes. Dans le même temps, les micro-organismes qui jouent un rôle important dans la transformation de l’atmosphère, peuvent aider les climatologues à faire des prévisions plus précises.
Afin de favoriser une culture interdisciplinaire, l’ACE combinera les compétences et le savoir-faire d’un large éventail de disciplines scientifiques. C’est la seule façon de comprendre l’Antarctique et son rôle, à l’échelle de la planète, dans les questions climatiques d’aujourd’hui et de demain.
Un appel à projets a été lancé en novembre 2015, avec la réception de plus de 100 propositions. Vingt-deux projets comprenant 55 chercheurs de 30 pays ont finalement été sélectionnés après examen par un comité scientifique international. Vous trouverez la liste des projets sur le site du SPI :
http://polar.epfl.ch/page-131984-en.html

Cette expédition antarctique sera suivie d’une autre en 2018. Polar Pod sera une plateforme océanographique habitée spécialement conçue pour dériver autour de l’Antarctique dans les « cinquantièmes hurlants ».

http://www.jeanlouisetienne.com/polarpod/index.cfm

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drapeau-anglaisThe recently established Swiss Polar Institute (SPI) will be dedicated to the study of the poles and extreme environments. His first project is extensive: an international scientific expedition to circumnavigate the Antarctic continent, bringing together 55 researchers from 30 countries working on 22 research projects. Here is the purpose of the project, as defined by SPI:

From December 20th 2016 to March 18th 2017, scientific teams from all over the world will board the Russian research vessel Akademik Treshnikov for an unprecedented expedition around Antarctica. During the Antartic Circumnavigation Expedition (ACE), researchers will work on a number of interrelated fields,  from biology to climatology to oceanography, for the future of this continent.

A better understanding of Antarctica is critical, not just for its preservation, but for the whole planet. The poles are affected by climate change more than any other region on Earth. Moreover, they play a central role in providing oceans with strong underwater streams that regulate the world’s climate from the poles to the equator.

Today, scientific progress depends more than ever on communication between diverse scientific domains. Polar studies are no exception. For example, marine biology depends on complex mathematical models currently being developed by oceanographers. Meanwhile, microorganisms that play an important role in transforming the atmosphere, can help climatologists to make more accurate predictions.

In order to foster an interdisciplinary culture, ACE will combine competences and know-how from a broad range of scientific disciplines. We believe that this is the only way to understand Antarctica and its global role in today and tomorrow’s climate issues.

An open call for projects was launched in November 2015 with over 100 world-class applications. Twenty-two projects comprising 55 researchers from 30 countries were finally selected following peer-review by an international scientific committee. You will find the list of the projects on the SPI website:

http://polar.epfl.ch/page-131984-en.html

This Antarctic expedition will be followed by another one in 2018. Polar Pod will be a manned oceanographic platform designed to drift around Antarctica in the “furious fifties.”

http://www.jeanlouisetienne.com/polarpod/EN/index.cfm

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L’itinéraire de l’expédition circumantarctique (Source: Swiss Polar Institute)

Phot’Aubrac 2016: Rencontre avec Jean-Louis Etienne

Le week-end dernier, j’étais dans l’Aubrac, dans le cadre du festival Phot’Aubrac, une manifestation très sympa au cours de laquelle les photos sont exposées dans les villages autour de Nasbinals (Lozère), bien connu des pèlerins qui se rendent à Saint Jacques de Compostelle. Les vastes étables se trouvent transformées en galeries d’expositions !

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Invité du festival, Jean-Louis Etienne a présenté samedi soir une conférence autour du projet Polar Pod que vous pourrez découvrir à cette adresse :

http://www.jeanlouisetienne.com/polarpod/

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Le projet Polar Pod débutera en 2018. Il permettra en particulier de mieux étudier la capacité des eaux froides de l’Océan Arctique a absorber le CO2 contenu dans l’atmosphère. D’autres applications concerneront le comportement des animaux marins qui fréquentent la région.

A l’issue de la conférence, j’ai pu avoir un moment privilégié avec le médecin-explorateur. Je tenais à lui demander de me dédicacer son ouvrage  consacré à l’Expédition Erebus en 1994 car plusieurs participants étaient des amis personnels. Nous avons ensuite abordé le thème du réchauffement climatique. A l’inverse de Nicolas Sarkozy – dont les compétences scientifiques restent à prouver – Jean-Louis Etienne est persuadé que l’Homme est responsable de la hausse actuelle des températures sur la planète. Comme moi, il a pu constater en Alaska le recul spectaculaire et inquiétant des glaciers. Selon lui, à supposer qu’une politique de réduction des gaz à effet de serre soit mise en place – ce qui est loin d’être gagné – il faudra au moins un siècle pour que la terre retrouve son équilibre climatique. Il reconnaît par ailleurs qu’il est très difficile de convaincre le grand public de ce phénomène. Au cours de cette conversation à bâtons rompus, j’ai abordé le thème de la COP 21 et j’ai rappelé à Jean-Louis Etienne que l’Inde avait décidé d’augmenter sa production de charbon quelques jours après la fin de la conférence de Paris. Il m’a alors déclaré: » Connaissez-vous un pays producteur de charbon ou de pétrole qui décide spontanément, sans raison majeure, de baisser sa production? » La messe est dite!

Cette soirée à Nasbinals restera pour moi un excellent souvenir qui s’ajoutera à mes rencontres avec d’autres personnages hors du commun tels que Haroun Tazieff et Maurice Krafft.

J’ai également retrouvé au cours de cette soirée le biologiste marin de renommée mondiale Laurent Ballesta, souvent intervenu dans l’émission de Nicolas Hulot Ushuaia Nature. Il sera probablement l’invité de la prochaine édition de Phot’Aubrac en 2017.

L’Antarctique se casse // Antarctica is breaking

drapeau-francaisDepuis quelque temps, les scientifiques qui étudient l’Antarctique observent attentivement l’évolution d’une longue fracture dans Larsen C, l’une des plus grandes plateformes glaciaires au monde. Larsen C est la plus septentrionale du continent antarctique et la quatrième par la taille. A titre de comparaison, elle est à peine plus petite que l’Ecosse.
La fracture qui tranche Larsen C s’est allongée d’environ 30 kilomètres entre 2011 et 2015. Elle s’est également élargie; en 2015, elle présentait une largeur d’environ 200 mètres qui a encore augmenté depuis cette époque. L’équipe de chercheurs qui observe Larsen C explique qu’avec la fin de la nuit polaire sur l’Antarctique, ils ont pu avoir un aperçu de l’évolution de la fracture, ce qui était impossible par satellite au cours des derniers mois. Ils ont constaté que la fracture s’était allongée de 22 kilomètres depuis la dernière observation de mars 2016 et qu’elle s’était élargie d’environ 350 mètres. La longueur totale de la fracture est actuellement 130 km.
On va donc peut-être assister bientôt au détachement d’un énorme bloc de Larsen C. Ce serait un événement historique qui rappellerait la perte de glace de la plateforme Larsen A en 1995 et la rupture soudaine de Larsen B en 2002. Lorsque ce dernier événement s’est produit, le National Snow and Ice Data Center a fait remarquer que la Terre venait de perdre un élément majeur qui avait «probablement existé depuis la fin de la dernière grande glaciation il y a 12000 ans. »
La surface de glace que pourrait perdre Larsen C serait d’environ 6000 kilomètres carrés, à peu près la taille de l’Etat du Delaware. Il est toutefois impossible de prédire quand cela se produira. Comme l’a dit un chercheur: « Probablement pas demain, mais pas plus que quelques années »
Les chercheurs qui étudient la fracture sur Larsen C ont écrit dans un article en 2015 que, après la perte de cette glace, le reste de la plateforme glaciaire pourrait devenir instable et continuer à perdre davantage de masse. Une fois que le bloc se sera détaché complètement, le front de glace pourrait avoir tendance à s’écrouler et à reculer. Le phénomène pourrait s’accélérer si la température de l’air ambiant augmentait en provoquant la formation d’un grand nombre de lacs d’eau de fonte à la surface de la plateforme.
La crainte est que la plateforme glaciaire Larsen C connaisse une perte de glace semblable à la plus petite plateforme Larsen B. Dans les années 1980, cette dernière a subi un intense épisode de vêlage jusqu’à finalement disparaître complètement. C’est probablement le même sort qui attend Larsen C.
Lorsque les plateformes glaciaires perdent de gros blocs, cela ne fait pas forcément s’élever le niveau de la mer. En revanche, le détachement d’une partie de la plateforme peut accélérer l’écoulement vers la mer de la glace qui ne flotte pas à l’arrière de la plateforme, et cette glace peut contribuer à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs ont estimé que la perte de toute la glace retenue par Larsen C actuellement ferait monter le niveau des mers de 10 centimètres.
Une étude publiée au début de cette année dans Nature Climate Change a indiqué que Larsen C possède une grande quantité de « glace passive » que la plateforme  pourrait perdre sans conséquences majeures pour les océans. Cependant, l’équipe de chercheurs qui étudie en ce moment Larsen C pense que les conséquences pourraient être beaucoup plus graves Si la fracture continue à évoluer à son rythme actuel, on verra bientôt qui a raison.

Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisFor some time, scientists who study Antarctica have been watching the progression of a large crack in one of the world’s great ice shelves – Larsen C, the most northern major ice shelf of the Antarctic peninsula, and the fourth largest Antarctic ice shelf overall. By comparison, I t is slightly smaller than Scotland.

The crack in Larsen C grew around 30 kilometers in length between 2011 and 2015. As it grew, it also became wider; by 2015, it was some 200 meters wide and growth has continued since that time. Now, a team of researchers monitoring Larsen C say that with the intense winter polar night over Antarctica coming to an end, they’ve been able to catch of glimpse of what happened to the crack during the time when it could not be observed by satellite. They could see that the rift had grown another 22 kilometers since it was last observed in March 2016, and has widened to about 350 meters. The full length of the rift is now 130 km.

What this means is that it may be only a matter of time before we see the loss of an enormous chunk of Larsen C, an historic event that would bring to mind the losses of the Larsen A ice shelf in 1995 and the sudden breakup of Larsen B in 2002. When that last event happened, the National Snow and Ice Data Center remarked that the Earth had lost a major feature that had « likely existed since the end of the last major glaciation 12,000 years ago. »

 The amount of ice that could be lost would be around 6,000 square kilometers, nearly the size of Delaware. However, it is impossible to predict when this will happen. Said one researcher: “Probably not tomorrow, probably not more than a few years”

Researchers studying the widening crack in a 2015 paper predict that after the loss of this ice, the remaining shelf could be unstable and continue to lose more mass. Once the iceberg has calved off completely, there might be a tendency for the ice front to crumble backwards. That could be further enhanced if warmer air temperatures cause the formation of large numbers of meltwater lakes atop the shelf.

The fear is that something could then happen with Larsen C analogous to the loss of the smaller Larsen B ice shelf. In the 1980s, the Larsen B ice shelf underwent a large iceberg calving event much like what is expected in the coming years at Larsen C, setting off a series of similar episodes until eventually the whole shelf disappeared.

When ice shelves lose large chunks, it does not raise sea level because these bodies are already afloat. However, the loss of an ice shelf can speed up the seaward flow of the non-floating glacial ice behind it, and this ice can in turn contribute to sea-level rise. Researchers have estimated that the loss of all the ice that the Larsen C ice shelf currently holds back would raise global sea levels by 10 centimeters.

A study earlier this year in Nature Climate Change revealed that Larsen C actually has a lot of « passive » ice that it can lose without major consequences. The current team of researchers monitoring Larsen C, though, think the consequences could be considerably more severe. If the crack continues on its current pace, we may soon learn who is correct.

Source : The Washington Post.

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Progression (en jaune) de la fracture sur Larsen C entre mars et août 2016.

(Source : MIDAS : Managing Impacts of Deep-seA reSource )

 

Le volcan et les manchots // The volcano and the penguins

drapeau francaisTrès peu de gens ont entendu parler de l’Ile Zavodovski. Elle a 8 km de large et est inhabitée par les hommes. C’est l’un des lieux les plus reculés sur Terre. C’est la plus septentrionale de la chaîne des îles Sandwich du Sud. Elle est dominée par un volcan, le Mont Curry qui culmine à 551 mètres. Les seuls êtres vivants sur l’île sont 1.2 millions de manchots à jugulaire (la plus grande colonie du monde) et près de 200.000 gorfous dorés qui sont sous la menace du volcan actuellement en éruption. On craint pour les manchots en raison des colonnes de cendre émises par le volcan et que l’on aperçoit sur les images satellites.

Zavodovski Island 13 June 2016

Panache du Mt Curry le 13 juin 2016 (Source: NASA)

L’île est si isolée que les scientifiques du British Antarctic Survey indiquent qu’il ne sera pas possible d’évaluer l’impact de l’éruption avant une expédition prévue en Décembre 2016 – Janvier 2017. Au pire, les manchots – hauts de 55 cm à l’âge adulte – pourraient être enterrés vivants sous la cendre, être brûlés ou souffrir de difficultés respiratoires. Le danger vient surtout du fait que l’éruption a commencé au cours de leur mue. Au cours de cette période, qui peut durer six semaines, les manchots ne sont pas revêtus d’un plumage étanche et ils ne peuvent donc pas aller dans l’eau. Le volcan se trouve à quelques centaines de mètres des colonies de manchots à l’est, au sud et au nord de l’île, et la cendre est poussée vers l’est par les vents dominants.
Les manchots à jugulaire sont une espèce sub-antarctique qui vit à proximité, mais pas sur le continent. Ils sont environ 7,5 millions dans le monde avec une espérance de vie d’une vingtaine d’années. Ils pondent deux œufs chaque année et les poussins mettent trois à quatre ans pour devenir adultes. Ils nichent sur la surface du sol et se nourrissent de krill et de poissons.
Source: The Guardian.

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drapeau anglaisVery few people have heard about Zavodovski Island. It is 8 km wide, uninhabited by humans, and about as remote a place as you can find on Earth. It is the northernmost in the chain of the volcanic South Sandwich Islands, and its dominant feature is Mount Curry volcano. The only living beings on the island are1.2 million chinstrap penguins (the world’s largest colony) and nearly 200,000 macaroni penguins that are at risk from the volcano that is currently erupting. There are fears over the penguins’ fate due to the columns of ash and smoke drifting from the volcano and that have been captured by satellite images (see above).

The island is so remote that experts at the British Antarctic Survey (BAS) say it will be impossible to assess what impact the eruption has had until an expedition visits in December 2016 or January 2017, but the risk to the penguins is that at worst they could be buried alive in ash, burned or suffer breathing difficulties. The danger to the 55-centimetre-tall chinstraps comes from the fact the eruption began during their moulting season. During this time, which can last six weeks, the penguins are not waterproof and cannot go into the water. The volcano is hundreds of metres from the penguin colonies to the east, south and north of the island, and the ash is being blown eastwards by prevailing winds.

Chinstrap penguins are a sub-Antarctic species that live close to, but not on, the continent. There are around 7.5 million globally, and they live for about 20 years, breeding two eggs each year, with chicks taking around three to four years to mature to adults. They nest on the surface of the ground, and feed on krill and fish.

Source : The Guardian.

Manchot jugulaire

Manchot à jugulaire.

Gorfou

Gorfou doré

(Crédit photo: Wikipedia)