Sabancaya (Pérou)

drapeau francaisDans son dernier rapport couvrant la période du 17 au 24 juillet 2014, L’Institut Géophysique du Pérou indique qu’un nouveau foyer sismique a été localisé à 8 km au nord du cratère du Sabancaya. On enregistre actuellement une moyenne de 57 événements de fracture ou volcano-tectoniques sur le volcan, avec une légère tendance à la baisse. L’activité fumerollienne se poursuit. Dans sa conclusion, le rapport indique que “l’activité volcanotectonique devrait se poursuivre dans les prochaines semaines en se déplaçant dans des directions différentes. Les émissions de fumerolles continueront pendant ce temps, sous forme de vapeur ou de gaz magmatiques, en atteignant des hauteurs allant de 500 m à 1000 m au-dessus du cratère. Ces observations montrent que l’activité du Sabancaya se dirige lentement vers un possible processus éruptif”.

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drapeau anglaisIn its latest report (July 17th to 24th, 2014), the Geophysical Institute of Peru indicates that a new seismic focus was located 8 km north of the Sabancaya crater. There is currently an average of 57 fracture or volcano-tectonic events on the volcano, with a slight downward trend. Fumarolic activity continues. In its conclusion, the report states that « volcanotectonic activity is expected to continue in the coming weeks while moving in different directions. Fumarolic emissions will continue with emissions of steam or magmatic gases, reaching heights from 500 m to 1000 m above the crater. These observations show that the activity of Sabancaya is slowly moving toward a possible eruptive process. »

Volcans d’Amérique du Sud // South American volcanoes

drapeau francaisIl semble que le Reventador et le Tungurahua (Equateur) se soient calmés et que l’activité soit actuellement relativement faible sur l’Ubinas (Pérou).
En ce qui concerne le Reventador, l’Institut Géophysique fait état d’une « sismicité modérée, avec des explosions, des séismes longue période, ainsi qu’un tremor harmonique. La couverture nuageuse a empêché de faire de bonnes observations du Reventador entre le16 et le 21 juillet ». Le 18 et le 22 juillet, des émissions de cendre sont montées jusqu’à 800 mètres au-dessus du cratère.

La sismicité montre actuellement un niveau faible sur le Tungurahua. L’Institut Géophysique indique que le 22 juillet une colonne de vapeur montait à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du cratère.

L’éruption de l’Ubinas continue avec des émissions de gaz et de cendre la plupart du temps. Des explosions peuvent se produire (voir mes notes précédentes sur ce volcan) et envoyer des colonnes de cendre jusqu’à 5 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs localités sous le vent dans les secteurs de Querapi, Ubinas, Tonohaya, San Miguel, Escacha, Yalahua, Lloque, et Sacuhaya. Les derniers rapports de l’IG indiquent que l’activité a été très faible au cours des derniers jours, sans importantes émissions gazeuses.

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drapeau anglaisIt seems both Reventador and Tungurahua (Ecuador) have calmed down and that activity is currently quite low at Ubinas (Peru).

As far as Reventador is concerned, the Geofisical Institute reports “moderate seismicity including explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor, though cloud cover mostly prevented observations of Reventador during 16-21 July”. On July 18th and 22nd ash emissions rose up to 800 metres above the crater.

Seismicity is currently at low levels on Tungurahua. The Geofisical Institute indicates that on July 22nd a steam column was rising tens of metres above the crater.

The eruption of Ubinas continues with gas-and-ash emissions on most days. Explosions may occur (see my previous notes about this volcano) and send ash columns up to 5 km above the summit. Ashfall was reported in various towns downwind of the plumes, in the areas of Querapi, Ubinas, Tonohaya, San Miguel, Escacha, Yalahua, Lloque, and Sacuhaya. IG’s latest reports indicate that activity has been quite low during the last few days, with no major exhalations.

Reventador-blog

Vue dégagée du Reventador (moment rare!) grâce à la webcam de l’Institut Géophysique

Ubinas (Pérou)

drapeau francaisOn vient de me faire parvenir une petite vidéo qui montre en accéléré les émissions de vapeur et de cendre de l’Ubinas le 15 juillet 2014. Le vent emporte les panaches vers le sud. On remarquera l’échelle qui permet de mesurer la hauteur des colonnes de cendre.

L’activité du volcan est stable et relativement réduite depuis quelques jours.

https://www.youtube.com/watch?v=P4L8dNAwHj4&feature=youtu.be

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drapeau anglaisI’ve just received a Quicktime movie which shows the steam and ash emissions of Ubinas on July 15th 2014. The wind sweeps away the plumes towards the south. Just have a look at the scale on the right-hand side of the document. It allows to measure the height of the ash columns.

Activity at Ubinas has been stable and quite low over the past few days.

https://www.youtube.com/watch?v=P4L8dNAwHj4&feature=youtu.be

Des UV record sur l’altiplano bolivien // Record UVs on Bolivian altiplano

drapeau francaisSelon un rapport publié par plusieurs revues scientifiques, des chercheurs ont mesuré dans les Andes boliviennes le plus haut niveau de rayonnement ultraviolet jamais enregistré à la surface de la Terre.

Les mesures ont été effectuées dans l’hémisphère sud durant les étés 2003 et 2004 en utilisant des instruments conçus pour le réseau Eldonet (European Light Dosimeter Network).
Des dosimètres ont été déployés au sommet du volcan Licancabur (5917 mètres) et sur la Laguna Blanca (4340 mètres) toute proche. La combinaison du soleil de midi – près du zénith – ainsi que la haute altitude de ces sites produit des niveaux de rayonnement élevés car l’ozone est naturellement faible dans de tels endroits. Mais les intensités des rayons UV-B enregistrées (280-315 nm) sont sans précédent.

Un indice UV de 11 est considéré comme extrême et a atteint parfois jusqu’à 26 dans les localités de la région au cours des dernières années. Toutefois, le 29 décembre 2003, les scientifiques ont mesuré un indice de 43! A la plage, on peut rencontrer un indice de 8 ou 9 pendant l’été, ce qui est suffisant pour justifier la protection de la peau, mais mieux vaut ne pas être dehors si l’indice atteint 30 ou 40.

Le rayonnement intense a coïncidé avec d’autres circonstances qui ont pu contribuer à l’accroître, avec en particulier un amincissement de la couche d’ozone due probablement à l’augmentation des aérosols suite aux orages et incendies saisonniers dans la région. En outre, une grande éruption solaire a été observée deux semaines avant la mesure des UV les plus élevés. Des pointes ont continué à être enregistrées – mais à faible intensité – tout au long de la période d’instabilité solaire, et ont cessé par la suite. Si le lien entre la tempête solaire et le rayonnement  UV record n’est que circonstanciel, on sait que les particules émises lors d’un tel événement affectent la chimie atmosphérique et ont pu affecter la couche d’ozone.
Bien que ces événements ne soient pas directement liées au changement climatique, ce sont des sentinelles annonçant ce qui pourrait se produire si la couche d’ozone venait à s’amincir à l’échelle mondiale. Plus la couche d’ozone sera mince et instable, plus nous serons exposés à ce genre d’événement.

La forte exposition aux UV-B affecte négativement l’ensemble de la biosphère, et pas seulement les humains. Elle endommage l’ADN, affecte la photosynthèse, et diminue la viabilité des œufs et des larves. Pour ces raisons, il est important de surveiller de près les variations de niveaux des UV.
Même si ce record inquiétant est probablement le résultat d’une série d’événements, il pourrait se répéter car les facteurs qui l’ont causé ce ne sont pas rares. Cela signifie qu’un meilleur suivi de l’évolution de l’ozone dans cette région est nécessaire, d’autant plus que l’on se trouve dans une zone habitée

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drapeau anglaisAccording to a report published by several scientific magazines, researchers have measured in the Bolivian Andes the highest level of ultraviolet radiation ever recorded on the Earth’s surface.

The measurements were made in the southern hemisphere during the summer of 2003 and 2004, using instruments developed for the European Light Dosimeter Network (Eldonet).

Dosimeters were deployed on the summit of Licancabur volcano (5,917 metres) and at nearby Laguna Blanca (4,340 metres). The combination of a midday sun near the zenith, as well as the high elevation of these sites, produces higher irradiance levels because of naturally low ozone in such locations. But the recorded intensities of short-wavelength UV-B radiation (280 – 315 nm) are unprecedented.

A UV index of 11 is considered extreme, and has reached up to 26 in nearby locations in recent years. But on December 29th, 2003, the scientists measured an index of 43! If you’re at a beach, you might experience an index of 8 or 9 during the summer, intense enough to warrant protection. You simply do not want to be outside when the index reaches 30 or 40.

The intense radiation coincided with other circumstances that may have increased the UV flux, including ozone depletion by increased aerosols from both seasonal storms and fires in the area. In addition, a large solar flare occurred just two weeks before the highest UV fluxes were registered. Ultraviolet spikes continued to occur – albeit at lower intensity – throughout the period of solar instability, and stopped thereafter. While the evidence linking the solar event to the record-breaking radiation is only circumstantial, particles from such flares are known to affect atmospheric chemistry and may have increased ozone depletion.

While these events are not directly tied to climate change, they are sentinels of what could occur if ozone thins globally. The thinner and more unstable the ozone, the more prone we will be to this kind of event.

High UV-B exposure negatively affects the entire biosphere, not just humans. It damages DNA, affects photosynthesis, and decreases the viability of eggs and larvae. For these reasons, it is important to keep a close watch on UV flux levels.

While this unsettling record might be the result of a string of events, it could happen again because the factors that caused it are not rare. This means more monitoring of the ozone changes in these areas is necessary all the more as they are occurring in a populated area.

Licancabur-blog

Le volcan Licancabur et la Laguna Verde

Laguna-Blanca-blog

La Laguna Blanca

[Photos:  C.  Grandpey]