La fonte des Alpes // The melting of the Alps

En 1919, un pilote et photographe suisse a pris des photos emblématiques des glaciers du Mont Blanc. Un siècle plus tard, une équipe scientifique de l’Université de Dundee (Ecosse) a retravaillé ces images pour mettre en évidence leur fonte suite à la hausse des températures.
De nombreuses études ont été faites sur la disparition inéluctable des glaciers du Mont Blanc, la plus haute montagne d’Europe, mais les chercheurs de l’université de Dundee ont voulu démontrer par les images les dégâts causés par le réchauffement de la planète.
Ils ont publié trois séries de photos emblématiques de la Mer de glace, du Glacier des Bossons et d’Argentière prises il y a 100 ans par le pilote suisse. En utilisant les dernières techniques de géolocalisation et de visualisation 3D, ils ont pu déterminer avec précision l’endroit depuis lequel le pilote avait pris les photos.
Le résultat est très révélateur, avec un contraste saisissant entre les longs glaciers qui étalaient fièrement leur blancheur au début du 20ème siècle et les bandes de terre terne qui les remplacent de nos jours.
Les niveaux de fonte de la Mer de Glace sont particulièrement remarquables.
Entre 1970 et 2015, le Glacier d’Argentière, au nord-est de la Mer de Glace, a perdu 20% de sa surface, tandis que la Mer de Glace et le Glacier des Bossons en ont respectivement perdu 10% et 7%.
Il faut espérer que les photographies permettront de sensibiliser le public aux effets du réchauffement climatique. Il faudrait pour cela que le Président de la République montre l’exemple et, comme l’avait fait Barack Obama en Alaska, vienne constater la catastrophe glaciaire dans les Alpes !

L’équipe scientifique de l’Université de Dundee a prévu un projet similaire de visualisation des glaciers en Islande.
Source: Université de Dundee.

Malheureusement, je ne peux que confirmer la fonte des Alpes aux 20ème et 21ème siècles. Mon père a pris des photos du Glacier des Bossons et de la Mer de Glace depuis le sol en 1956. J’ai pris des photos aériennes en 2015 lors du survol des Alpes et d’autres clichés au sol pendant les années suivantes.

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In 1919 a Swiss pilot and photographer took iconic photos of the Mont Blanc glaciers. A century later, a team of the University of Dundee (Scotland) has recreated the images to highlight the drastic ice melt caused by rising temperatures.

Numerous studies have been made of the vanishing glaciers surrounding Mont Blanc, Europe’s tallest mountain, but the University of Dundee experts decided to go one better in an attempt to demonstrate in stark visual terms the damage wrought by global warming.

They painstakingly set about recreating three iconic set of images captured 100 years ago by the Swiss pilot of the Sea of Ice, Bossons and Argentiere glaciers.

Using the latest geolocation and 3D visualisation techniques, they were able to pinpoint the precise patch of sky from which the pilot snapped the photos for maximum impact.

The result is a startling contrast between the sprawling, glistening glaciers of the early 20th century and swathes of dull, dried earth today.

The levels of melt on the Sea of Ice glacier are particularly noticeable.

Between 1970 and 2015 the Argentiere glacier, northeast of the Sea of Ice, lost 20 percent of its surface, while the Sea of Ice and the Bossons glaciers lost 10 and seven percent respectively

The photographs should serve as a kind of public awareness tool. To begin with, the French President should set the example and come to see the glacial disaster in the Alps, like Barack Obama had done it in Alaska!

The team from the University of Dundee say they plan a similar visualisation project for glaciers in Iceland.

Source: University of Dundee.

Unfortunately, I can only confirm the melting of the Alps during the 20th and 21st centuries. My father took photos of the Bossons and the Sea of Ice from the ground in 1956. I took aerial photos in 2015 during an overflight of the Alps, and other snapshots from the ground during the flowing years.

La Mer de Glace vue du ciel (Dundee University)

Glaciers des Bossons et du Taconnaz vus du ciel (Dundee University)

Le Glacier d’Argentière vu du ciel (Dundee University)

Le Glacier des Bossons vu du sol (G. & C. Grandpey)

La Mer de Glace vue du sol (G. & C. Grandpey)

Front du Glacier d’Argentière en 2019 (C. Grandpey)

Les Alpes fondent et les stations de ski sont inquiètes // The Alps are melting and ski resorts are worried

Les médias français en parlent peu pour ne pas effrayer les touristes, mais le changement climatique affecte profondément les stations de ski des Alpes. Un article publié dans le quotidien britannique The Telegraph nous explique que ces stations doivent dépenser des millions d’euros pour renforcer les supports de téléphériques et remontées mécaniques, ainsi que d’autres structures qui ont tendance à s’affaisser du fait du changement climatique qui entraîne la fonte du permafrost.
Par exemple, la ville de Chamonix a dépensé cette année1,6 million d’euros pour renforcer des supports de téléphériques. Les Deux Alpes et Val-Thorens ont également dû renforcer des structures menacées d’effondrement car elles sont construites sur du permafrost de roche qui se réduit à un rythme de plus en plus rapide.
L’industrie du ski en France suscite de plus en plus d’inquiétudes et les stations de ski confrontées au recul des glaciers et à la diminution de la couverture neigeuse luttent pour préserver leur fragile environnement des effets de la pollution.
Le changement climatique a fait fondre le permafrost ces dernières années, de sorte qu’il ne peut plus servir de ciment naturel à la roche. Les supports de téléphériques et les fondations des refuges de montagne ont commencé à bouger et les structures au-dessus du sol ont commencé à s’affaisser et à se fissurer.
Chamonix a été contrainte de consolider les supports la télécabine de Bochard aux Grands Montets en consolidant les ancrages par injection d’un produit de scellement. Le but était de compenser le dégel et de mettre en place des fondations plus solides. Les supports ont par ailleurs été équipés de détecteurs pour avertir tout affaissement ou mouvement de ces structures.
D’autres stations ont également été touchées depuis 2010. Les Deux Alpes a observé un affaissement sous un terminal de téléphérique et la station en haute altitude de Val-Thorens a été contrainte de consolider un pylône de remontée mécanique.Une étude récente portant sur 947 structures construites sur du permafrost a révélé que 45 remontées mécaniques, six refuges et un tunnel présentaient un risque élevé de déstabilisation.
Selon de nombreux scientifiques, l’avenir de l’industrie du ski est préoccupant. Ils expliquent que si on enregistre une augmentation moyenne de la température de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, cela se traduira par une augmentation de 8 degrés dans les Alpes, en raison de l’effet de réchauffement de la fonte des glaciers.
Chamonix fait maintenant pression sur les autorités pour limiter le nombre de véhicules autorisés à circuler dans la vallée de Chamonix afin de réduire la pollution.
Source: The Telegraph.

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Little is said about it by the French news media not to frighten the tourists, but climate change is deeply affecting ski resorts in the Alps. An article published in the British Telegraph informs us that these resorts are being forced to spend millions in order to reinforce cable car supports and other structures being weakened by subsidence as climate change causes ice to melt.

For instance, Chamonix has spent 1.6 million euros shoring up cable car supports this year. Les Deux Alpes and Val-Thorens have also had to reinforce structures in danger of collapse because they are built on rock permafrost which is shrinking at an increasingly rapid rate.

Concern is growing for the future of France’s lucrative ski industry and resorts facing shrinking glaciers and diminishing snow cover are struggling to preserve the fragile Alpine environment from the consequences of pollution.

Climate change has caused permafrost to thaw in recent years so that it can no longer serve as a natural cement. Cable car supports and foundations of mountain shelters have started moving and structures above the ground have begun to weaken and crack.

Chamonix has been forced to shore up its Bochard cable car supports by consolidating the ground to compensate for thawing and rebuilding stronger foundations. The supports have been fitted with detectors to warn of subsidence or movement.

Other resorts have also been affected since 2010. Les Deux Alpes had subsidence under a cable car terminal and Val-Thorens had to consolidate a ski lift pylon. A recent survey of 947 resort structures built on permafrost found that 45 ski lifts, six shelters and one tunnel were at high risk of destabilisation.

Accordong to many experts, the future of the ski industry is worrying.  They explain that if we experience an average temperature rise of 4 degrees Celsius by the end of the century, that will mean an 8-degree rise in the Alps, because of the warming effect of melting glaciers.

Chamonix is now lobbying the authorities to restrict the number of vehicles allowed into the Chamonix Valley in an effort to cut pollution.

Source: The Telegraph.

A cause de la pollution, la neige du Mont Blanc est moins blanche qu’avant! (Photo: C. Grandpey)

Un aigle pour observer les glaciers

L’initiative est sympathique, même si je pense qu’elle n’apporte pas grand-chose d’un point de vue scientifique. Des fauconniers alpins ont eu l’idée d’utiliser un aigle pour survoler le massif et donner des indications sur la fonte des glaciers. Ils veulent ainsi alerter le public sur l’impact du réchauffement climatique dans les Alpes.

L’aigle s’appelle s’appelle Victor, c’est un pygargue à queue blanche, spécialiste du vol apprivoisé, qui a été entraîné pendant cinq ans par ses fauconniers. Avec ses deux mètres d’envergure, il atteint des vitesses allant de 30 à 90km/h. Comme indiqué dans le reportage, Victor vole au gré de son humeur et des vents. Il ne peut donc fournir que des images éphémères des lieux qu’il survole. Les vidéos fournies par la caméra fixée sur son dos n’ont donc pas la précision de celles fournies par un drone ou par celles réalisées pendant un survol du massif alpin.

Il n’empêche que les vues de la montagne sont très belles et je ne peux que saluer cette initiative dont le but est avant tout de sensibiliser le public à la catastrophe glaciaire que connaissent actuellement les Alpes. Comme moi, Jacques-Olivier Travers, fauconnier Eagle Wings Foundation, a vu le glacier des Bossons reculer sur le flanc du Mont Blanc. …

Vous trouverez le reportage sur le site de la radio France Info à cette adresse :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/climat-un-aigle-pour-alerter-sur-le-rechauffement-climatique_3656409.html

Le front du glacier des Bossons en septembre 2019 (Photo: C. Grandpey)

Glacier Blanc (Hautes Alpes) : Fonte record en 2019

A l’issue de 20 années de mesures, le bilan de fonte du Glacier Blanc est terrible. Pour la seule année 2019, on enregistre une perte en eau de 1,90 mètre, soit 2,10 mètres d’épaisseur de glace en moyenne pour la surface du glacier Cette fonte spectaculaire est due à un été très chaud et un enneigement hivernal en deçà de la moyenne.

En 20 ans, on enregistre 14,79 m de perte d’eau, soit 16,40 m d’épaisseur en moins: avec une moyenne annuelle de 82 cm. Les glaciologues font remarquer que la tendance est à l’accélération. Si l’on regarde les 5 dernières années, la moyenne est à 1,50 m de perte d’épaisseur par an, ce qui est considérable

Le recul du front du glacier est de 59 mètres en 2019. Il atteint presque 1 km depuis 1986, année qui a marqué la dernière petite avancée de la glace.

Vous trouverez une étude plus complète et bien illustrée à cette adresse :

http://www.ecrins-parcnational.fr/actualite/glacier-blanc-perte-record-2019-20-ans-mesures?fbclid=IwAR3_DWYiDnaTS2YVfm6skFWUwlrj84CYAxtpnDefFg8yOKfn5q3XdkE3_T4

Le Glacier Blanc vu depuis le Pré de Madame Carle en septembre 2018 (Photos: C. Grandpey)