Tragédie de White Island (Nouvelle Zélande): Qui est responsable ?// White Island tragedy (New Zealand) : Who should be held responsible ?

Pour commencer, il faut savoir qu’en Nouvelle-Zélande, WorkSafe est le principal organisme de réglementation de la santé et de la sécurité au travail. L’agence contrôle les incidents ou accidents liés au lieu de travail et veille à ce que «chaque Néo-Zélandais qui se rend au travail puisse rentrer à la maison sain et sauf». Pour atteindre cet objectif, WorkSafe demande aux personnes de se conformer aux articles définis par la loi de 2015 sur la santé et la sécurité au travail et aux directives concernant la santé et la sécurité. Concrètement, WorkSafe demande aux personnes qui ont le devoir de protéger leur propre santé et sécurité ainsi que celles des autres de prendre les mesures appropriées pour éliminer ou minimiser les risques sur le lieu de travail.

En tant que tel, WorkSafe a engagé des poursuites contre 13 organismes et personnes suite à l’enquête déclenchée par l’éruption de White Island en 2019 avec 22 morts et des dizaines de blessés. La plupart des victimes étaient des touristes en provenance de pays comme l’Australie, les États-Unis et la Malaisie, et qui voyageaient à bord d’un bateau de croisière. Il y avait 47 personnes sur l’île lorsque le volcan est entré en éruption. Au moment de l’événement, on a cherché à savoir pourquoi ces personnes avaient été autorisées à pénétrer sur l’île, étant donné qu’il y aurait un risque significatif d’éruption.

Au cours d’une conférence de presse, Worksafe a déclaré que les enquêtes avaient révélé que 13 parties n’avaient pas respecté leurs obligations en matière de santé et de sécurité en conduisant les touristes sur White Island. Selon le directeur de WorkSafe, « c’était un événement inattendu, mais cela ne veut pas dire qu’il était imprévisible et les organisateurs ont le devoir de protéger les personnes dont ils ont la charge. »

Worksafe a mis en accusation 10 organismes en vertu de la loi sur la santé et la sécurité au travail. Chaque accusation peut déboucher sur une amende maximale de 1,5 million de dollars néo-zélandais (1,06 million de dollars US).

Trois personnes ont été inculpées en tant qu’administrateurs ou personnes individuelles censées s’assurer que leur société respecte ses obligations en matière de santé et de sécurité. Elles sont passibles d’une amende maximale de 300 000 $.

WorkSafe a déclaré ne pas avoir enquêté sur les opérations de secours après l’éruption, car cela fait l’objet d’une enquête de justice qui est en cours.

Le New Zealand Herald donne des détails supplémentaires et indique que deux agences gouvernementales font partie des organismes mis en accusation suite à l’éruption de White Island :

White Island Tours, une entreprise privée, a confirmé qu’elle faisait face à des accusations en vertu de la loi sur la santé et la sécurité au travail.

La Première Ministre Jacinda Ardern a déclaré que GNS Science et l’Agence nationale de gestion des catastrophes (NEMA) faisaient partie des organismes et personnes mises en accusation.

GNS Science surveille l’activité volcanique en Nouvelle Zélande, y compris à White Island, et les scientifiques attribuent un niveau d’alerte à chaque volcan.

NEMA joue un rôle de premier plan dans la réduction des risques et la gestion des catastrophes.

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Il va être intéressant d’observer la suite des événements. Dire que l’éruption de White Island était «un événement inattendu, mais cela ne veut pas dire qu’elle était imprévisible» est tout à fait discutable.

GNS Science avait fait son travail et le niveau d’alerte au moment de la tragédie était conforme à l’activité volcanique sur l’île. Affirmer que l’éruption aurait pu être prévue est une absurdité. Cela me rappelle les accusations dirigées contre des scientifiques italiens à qui on a reproché de ne pas avoir prédit le séisme de L’Aquila. Les séismes et les éruptions volcaniques sont des événements naturels que nous ne savons pas prévoir à l’heure actuelle.

Au final, je crains fort que l’éruption de White Island se solde par une sombre histoire de fric. En 2019, au moment de la catastrophe, alors que toutes les victimes n’avaient pas encore été dénombrées, leurs familles – les Américains en tête – parlaient déjà de poursuivre en justice pour négligence la compagnie maritime propriétaire du navire de croisière, l’agence de voyage qui avait organisé la visite de l’île, ainsi que des prestataires locaux. Selon elles, les participants à l’excursion sur l’île n’avaient pas été suffisamment prévenus des risques encourus.

Je suis désolé, mais à partir du moment où on met le pied sur un volcan actif il y a un risque ! En cas de doute, on s’adresse aux autorités compétentes. Avant de me faire déposer sur White Island en février 2009, j’avais vérifié le niveau d’alerte volcanique auprès de GNS Science ; il était alors de 1, ce qui ne signifie pas pour autant que tout danger est écarté. Les bouillonnements des mares de boues et à la surface du lac acide étaient là pour le confirmer.

Malgré tout, il ne me serait pas venu à l’idée d’attaquer en justice le propriétaire de l’hélicoptère qui m’avait déposé dans le cratère. De la même façon, je n’aurais jamais poursuivi les autorités américaines et italiennes qui m’ont obligeamment accordé un permis de travail sur les volcans actifs de ces pays. Mais peut-être suis-je trop honnête…

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To begin with, one needs to know that in New Zealand WorkSafe is the country’s primary work health and safety regulator. The agency controls workplace related incidents and ensures that “every Kiwi who goes to work comes home healthy and safe.” To achieve this aim, WorkSafe asks people to comply with the requirements outlined in the Health and Safety at Work Act 2015 and in health and safety regulations. In practical terms, it asks people who have a duty to protect the health and safety of themselves and others, to take appropriate steps to eliminate or minimise workplace risks.

As such, WorkSafe has filed charges against 13 parties following an investigation into a volcanic eruption on White Island in 2019 which killed 22 people and injured dozens. Majority of them were tourists from countries like Australia, the United States and Malaysia who were part of a cruise ship. There were 47 people on the island when the volcano erupted. At the time of the eruption questions were raised why people were allowed on the island,   given there was reportedly a heightened risk of an eruption.

Worksafe said in a news conference its investigations found 13 parties had not met their health and safety obligations in taking the tourists to the White island. According to WorkSafe’s Chief Executive, « this was an unexpected event, but that does not mean it was unforeseeable and there is a duty on operators to protect those in their care.”

Worksafe has charged 10 organisations under the Health and Safety at Work Act with each charge carrying a maximum fine of NZ$1.5 million ($1.06 million).

Three individuals were charged as directors or individuals who were required to exercise due diligence to ensure the company meets its health and safety obligations. These charges each carry a maximum fine of $300,000.

WorkSafe said it had not investigated the rescue and recovery following the eruption, as that is the subject of a coronial inquest which is underway.

The New Zealand Herald gives more details and indicates that two government agencies are among the organisations facing charges over the White Island eruption tragedy.

White Island Tours, a private company, has confirmed it is facing charges under the Health and Safety at Work Act.

Prime Minister Jacinda Ardern said both GNS Science and the National Emergency Management Agency (NEMA) had acknowledged they were among those charged over the tragedy.

GNS Science monitors volcanic activity in this country, including White Island, and scientists assign an alert level for each volcano.

NEMA provides leadership in reducing risk, being ready for and responding to and recovering from emergencies.

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Let’s see what happens next, but saying that White Island’s eruption was “an unexpected event, but that does not mean it was unforeseeable” is quite questionable. GNS Science had done its job and the alert level at the time of the tragedy was in accordance with volcanic activity on the island. Affirming that the eruption could have been foreseen is sheer stupidity. It reminds me of the accusations directed at Italian scientists who were reproached for not having predicted the L’Aquila earthquake. Both earthquakes and volcanic eruptions are natural events that we are not able to predict today.

In the end, I’m afraid the White Island eruption will turn out to be a grim business of money. In 2019, at the time of the disaster, when all the victims had not yet been counted, their families – the Americans in the lead – were already talking about suing for negligence the shipping company that owns the cruise ship, the agency that organized the visit to the island, as well as local providers. According to them, participants in the excursion to the island had not been sufficiently warned of the risks involved.

I’m sorry, but from the moment you set foot on an active volcano there is a risk! If in doubt, yiu need contact the competent authorities. Prior to being dropped off on White Island in February 2009, I had checked the volcanic alert level with GNS Science; it was then 1, which does not mean that there was no danger. The bubbling of the mud pools and the surface of the acidic lake were there to confirm it. Still, I wouldn’t have thought of suing the owner of the helicopter who dropped me off in the crater. Likewise, I would never have sued the American and Italian authorities who obligingly granted me a work permit on the active volcanoes of these countries. But maybe I’m too honest …

Photo : C. Grandpey

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