Montier-en-Der 2017: Le retour en force du noir et blanc

Cette année encore, je suis allé à Montier-en-Der (Haute Marne) ou se tenait du 16 au 19 novembre 2017 la 21ème édition du Festival International de la Photo Animalière et de Nature. A l’origine, n’avais pas prévu de m’y rendre, mais un autre événement avec présentation d’images volcaniques près de Mulhouse le samedi m’a décidé à aller jeter un coup d’oeil aux réalisations photographiques 2017 pendant la journée du vendredi, sans oublier les grues qui, dans les environs de Montier et du Lac du Der, s’affairaient à leurs derniers préparatifs avant d’entamer leur longue migration.

S’agissant de l’édition 2017 du Festival, j’ai surtout été frappé par l’abondance d’images en noir et blanc. Il s’agit probablement d’une mode, à moins que le noir traduise inconsciemment le pessimisme actuel dans lequel vit notre société. On aime ou on n’aime pas. De mon côté, j’ai été enthousiasmé par les éléphants de Kyriakos Kasiras dont j’avais déjà apprécié le talent quelques jours auparavant à l’occasion du Salon de la Photo à Paris. Un cliché grand format – intitulé « Le temps suspendu » – montrant un pachyderme qui semble sortir d’une masse nuageuse menaçante pour se diriger d’un pas lourd vers le photographe, est vraiment impressionnante. L’éléphant devient le maître du monde!

En revanche, j’ai très moyennement apprécié les « 50 Nuances de Lion » de Laurent Baheux, pas plus que son « Afrique Sauvage » présentée en plein air devant les haras. Les teintes noires sont trop prononcées à mon goût et ont tendance à « tuer » le rendu général des photos et l’ambiance de la savane. L’amoureux des somptueux paysages de l’Ouest Américains qui sommeille en moi n’a pas du tout (c’est un euphémisme) apprécié les photos exposées Salle Saint-Berchaire. J’ai en mémoire les couleurs incroyables du Grand Prismatic à Yellowstone ou encore les mille nuances que suscite un lever du jour sur les hoodoos de Bryce Canyon. A mes yeux, c’est un véritable sacrilège de rendre ces paysages sublimes en noir et blanc. C’est bien sûr une histoire de goût et beaucoup de personnes ne seront pas de mon avis.

Pour le reste, les expositions étaient, pour la plupart, comme les années précédentes, de très bonne facture, même si certains animaux ou paysages prennent des allures de « déjà vu ». J’ai beaucoup aimé l »exo-expo Another World » présentée à l’intérieur de la Halle au Blé et censée « défier les frontières du vivant ».

Rendez-vous à Montier 2018? Pourquoi pas!

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« Le temps suspendu » de Kyriakos Kasiras… Du grand art !

Avec les logiciels actuels, il est facile de convertir une photo couleur en noir et blanc. Je me suis amusé à effectuer cette opération sur l’une de mes photos du Grand Prismatic à Yellowstone. Voici l’original…

…et son équivalent en noir et blanc!

Personnellement, je ne peux imaginer Yellowstone autrement qu’en couleur…mais l’appréciation de la beauté est subjective. Des goûts et des couleurs on ne discute pas…

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5 réflexions au sujet de « Montier-en-Der 2017: Le retour en force du noir et blanc »

  1. Bonjour M. Grandpey,

    Habitant à proximité de Montier en Der, j’ai assisté samedi soir à une conférence très intéressante sur le volcan Dallol d’Olivier Grünewald, photographe qui exposait d’ailleurs de très belles images de ce volcan en grand format et que vous n’avez pas pu manquer (près des éléphants). Lors de cette conférence, il a relaté les travaux scientifiques d’une expédition franco-espagnole de janvier 2016 qui cherche a déterminer les conditions de présence et de développement de matériel vivant dans ce type de milieu extrême et hostile. Un film projeté de 50 mn était magnifique ( et m’a rappelé des émotions que j’avais eues lorsque je suis allé à Dallol ) et très instructif. La cheffe de l’expédition, une microbiologiste, présente à Montier, a répondu aux nombreuses questions. J’espère que vous aurez l’occasion de visionner ce film, qui ne manquera pas de vous intéresser, j’en suis sûr…

    Une dernière précision sur les grues : elles ne s’affairent pas à leurs derniers préparatifs avant d’entamer leur longue migration : elles séjournent tout l’hiver au Der depuis au moins une trentaine d’années maintenant.

    Enfin, j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire : encore merci pour la qualité de vos articles que je consulte chaque jour.

    Gérard AUDINOT

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    1. Bonjour Monsieur Audinot,
      Merci pour cette dernière remarque concernant les grues. Je savais qu’un certain nombre étaient sédentaires et avaient élu domicile au Der, mais je ne pensais pas que c’était en aussi grand nombre. Mon domicile limousin se trouve sur un couloir de migration. Un grand nombre de grues sont déjà passées et, en général, nous voyons les derniers vols quelques jours après le festival de Montier.
      Je connais l’ami Olivier Grünewald ainsi que sa compagne Bernadette Gilbertas, depuis de nombreuses années. Ses très belles images de Dallol sont devenues un classique. J’ai salué Oliier à son stand dans le COSEC mais je n’ai pas pu assister à sa conférence samedi soir car j’avais déjà quitté Montier; j’étais invité à un festival volcano à côté de Mulhouse. Je n’ai jamais mis les pieds en Ethiopie car j’estime que la sécurité n’est pas suffisante. Peut-être Olivier vous a-t-il parlé des risques qui pèsent sur Dallol avec un projet d’exploitation de la potasse, de la même façon que certains veulent exploiter le lithium qui se cache sous les salars de la Cordillère des Andes.
      Merci pour votre confiance et votre fidélité à mon blog.
      Très cordialement,
      Claude Grandpey

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  2. Effectivement, le sujet des risques qui pèsent sur Dallol avec un projet d’exploitation de la potasse, et autres métaux rares a été abordé….

    Bien amicalement.

    Gérard AUDINOT

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  3. Bonsoir Claude,
    Deux poids, deux mesures !?
    Le Pays de Der, avant même la construction du lac de Der, lac totalement artificiel et destiné à « éponger » les crues de la Marne et de préserver Paris des inondations de la Seine, était un endroit charment jalonné de vignes, de bocage et de marais, ou le chêne ombrageait gaiement la vaste plaine argileuse, et où cinq villages, aujourd’hui engloutis, menaient une vie paisible et en plein équilibre avec l’entourage naturel. Des années de travaux et de féroce terrassement « pétroleurs » ont fait naître cet ouvrage qui semble aujourd’hui inspirer l’émerveillement des visiteurs. Mais voila, ce fut une nécessité absolue de préserver les quai de Seine, et tant pis pour le Der.
    Pour le Dallol, qui signifie en Afar « Désintégré », la potasse effectivement sent à plein nez lorsque qu’on le parcourt, ce qui d’ailleurs avait bien alléché nos amis Italien, a l’époque plutôt Mussolinienne, et les avait amenés déjà à « taper dans le tas ». Bientôt, toutes ces jolies et merveilleuses (En couleur) mais fragiles concrétions salines et sulfureuse pourraient bien laisser la place à une envolée de gloutonnerie sauvage potassique. Il faut bien dire que cet ingrédient est une réelle alternative aux engrais chimique, ce qui par ailleurs rend son utilisation beaucoup plus « saine » en agriculture.
    J’ai malheureusement l’impression qu’entre Der et Dallol, le même massacre est en cause, mais il suffirait peut-être d’organiser le prochain Festival International de la Photo Animalière et de Nature en pleine mines de sel du Danakil pour essayer d’endiguer ce regrettable appétit potassique. Ne pensez-vous pas ?
    Bonne soirée
    Amitiés
    Pierre Chabat

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    1. Bonsoir Pierre,
      Comme disait Coluche, voilà une idée qu’elle est bonne! Le Festival de Montier-en-der transformé en Festival du Danakil. Je suis partant, mais à deux conditions: 1) vous retirez les kalachnikovs aux accompagnateurs de groupes de touristes. J’ai connu ce genre de compagnie armée en visitant le Pacaya il y a quelques années et je ne l’ai pas vraiment apprécié! 2) Merci de baisser le thermostat et me permettre de déambuler avec des températures n’excédant pas les 25-30°C! Je sais, avec l’âge, je deviens difficile!
      Bonne soirée.
      Claude Grandpey

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