Ma Transcanadienne de Vancouver à Toronto: 2) L’Alberta

Une fois la Colombie Britannique traversée, la route a commencé à s’élever en s’approchant des premiers contreforts des Montagnes Rocheuses. J’avais hâte de retrouver les paysages glaciaires que j’avais eu l’occasion d’admirer en 2005 lors d’un précédent voyage dans cette région. Le recul des glaciers sous l’effet du réchauffement climatique est aussi visible dans les Rocheuses qu’en Alaska. La comparaison des photos ne laisse aucun doute. Le recul est particulièrement visible sur le glacier d’Athabasca qui a perdu plusieurs centaines de mètres pendant les 9 années écoulées. En 2005, j’avais pu marcher sur la langue glaciaire, ce qui est tout à fait impossible maintenant. Une dépression s’est creusée devant le glacier et le cours d’eau qui l’emprunte interdit tout passage. Une zone de sécurité avec un cordon de protection a d’ailleurs été mise en place pour empêcher tout accident.

La neige a fait son apparition à Jasper et à Banff pendant que je séjournais dans ces deux localités, avec une belle couche de 20 centimètres à Banff et dans les environs. Sous le soleil et le ciel bleu qui ont fait suite à cette perturbation hivernale, les paysages présentaient une grande beauté, que ce soit les sommets ou les lacs Louise, Peyto ou Moraine. Je comptais rencontrer quelques ours, mais ils n’ont pas daigné sortir de la forêt pour me saluer. Par contre, les mouflons et surtout les wapitis étaient souvent visibles le long des routes. C’est actuellement l’époque du rut chez les elk et les mâles sont particulièrement agressifs comme j’ai pu m’en rendre compte en approchant d’un peu trop près une bête aux bois superbes…!

L’évolution du glacier Athabasca au fil des ans:

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Le glacier aujourd’hui:

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D’autres glaciers suivent la même voie:

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Lac Peyto:

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Lac Moraine:

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Lac Louise:

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Après la neige…:

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Rencontres le long de la route:

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Monsieur est de mauvaise humeur ! :

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(Photos:  C.  Grandpey)

Ma Transcanadienne de Vancouver à Toronto: 1) La Colombie Britannique

L’accès aux zones éruptives actives est devenu de plus en plus compliqué pour les volcanophiles. S’appuyant sur le sacro-saint principe de précaution, les autorités ont interdit de gravir la zone sommitale de l’Etna ou du Stromboli en Sicile. Il est impossible de s’approcher des coulées de lave à Hawaii et la fracture éruptive de l’Holuhraun en Islande ne peut être observée que depuis un avion ou un hélicoptère.
En tant qu’enseignant – et donc censé montrer l’exemple – je n’ai aucune envie d’enfreindre la loi et je ne visite les sites éruptifs que lorque j’ai pu obtenir les autorisations nécessaires.
J’ai donc décidé de quitter physiquement le monde des volcans ces derniers jours et j’ai dirigé mes pas vers le Canada que je viens de traverser d’ouest en est, tout en gardant un oeil sur l’activité volcanique, de sorte que mon blog est resté actif pendant les trois semaines de mon voyage. Ce dernier a débuté à Vancouver pour se terminer à Toronto. Comme j’avais visité le Québec il y a deux ans au moment de l’été indien, j’avais jugé inutile de rouler à nouveau vers les villes de Montréal et Québec.

L’avion a atterri à Vancouver et dès l’approche de l’aéroport, le survol de la Fraser Rivernous rappelle que le flottage du bois tient encorre une place importante dans l’industrie forestière canadienne. Vancouver et les gratte-ciel de son centre d’affaires ne présentent à mes yeux guère d’intérêt, même si j’aime bien louer un vélo et parcourir les larges allées du Parc Stanley. Je préfère tout de même quitter la ville et pénétrer la partie la plus septentrionale de la Chaïne des Cascades où les monts Atwell et Garibaldi rappelllent que le volcanisme a secoué la région il y a plusieurs millénaires. Les nombreux restes de coulées que l’on rencontre le long des routes ne laissent aucun doute sur cette activité passée.Par temps clair, on distingue parfaitement le Mont Baker qui se dresse à quelques kilomètres au-delà de la frontière avec les Etats Unis. En empruntant les vallées qui entaillent les montagnes de la Colombie Britannique, on longe des cours d’eau où les saumons gravissent allègrement les cascades au moment de la migration.

Vancouver bois

Trains de bois sur la rivière Fraser

Vancouver centre

Down town Vancouver

Vancouver totems

Les totems du Parc Stanley

Vancouver Garibaldi

Le Mont Garibaldi et le Pic Atwell vus depuis Squamish, au nord de Vancouver.

Vancouver baker

Le Mont Baker dresse sa masse enneigée au sud de Vancouver, au-delà de la frontière.

Vancouver saumon

Un saumon remonte la Slearwater River au NE de Vancouver.

(Photos: C.  Grandpey)

Un petit tour à Lanzarote (Iles Canaries / Espagne)

Avant que la chaleur envahisse l’archipel, j’ai fait une nouvelle escapade vers les Iles Canaries en cette fin de mois de mai. Après Tenerife l’an dernier, c’est Lanzarote qui était dans mon collimateur cette année. J’avais envie de voir les vestiges des deux éruptions qui ont secoué l’île en 1730 et en 1824.

Les visiteurs qui aiment les volcans ne sont pas déçus à Lanzarote car on voyage en permanence au milieu de cônes stromboliens – égueulés pour la plupart – et de coulées de lave dont beaucoup n’ont pas encore été colonisées par les lichens et la végétation. On a vraiment l’impression que la lave – très riche en olivine – a été vomie il y a seulement quelques années.

Le Parc National de Timanfaya est bien sûr le clou du spectacle. Pour en profiter, il faut se plier à de sévères restrictions d’accès que je trouve parfois exagérées. Pour ne citer que l’une d’entre elles, il est interdit de quitter sa voiture lorsque l’on parcourt les routes qui traversent le Parc. Pourquoi ne pas avoir aménagé quelques aires de stationnement aux endroits les plus photogéniques ? Le parcours effectué en car est fort intéressant. Je recommande de le faire deux fois : un premier trajet assis à gauche et un autre assis à droite du car, afin de profiter de l’ensemble des paysages. Le point de ralliement est le rendez-vous de nombreux cars et voitures avec leurs déversements de touristes. C’est là aussi que l’on aura une démonstration de jets de vapeur et d’enflammement d’herbes sèches, histoire de démontrer que la chaleur résiduelle du magma est toujours présente à Lanzarote. Mon thermomètre montrait une température d’environ 600°C là où la chaleur est suffisante pour faire brûler des herbes sèches. Elle avoisinait 250°C dans les orifices utilisés par le restaurant panoramique pour faire cuire les cuisses de poulets et les pommes de terre.

En dehors du circuit touristique, il faut noter la Ruta de Termesana, petit circuit à pied à l’intérieur du Parc sous la houlette d’un guide. Il est nécessaire de réserver un mois à l’avance (groupe de 8 personnes maxi chaque vendredi matin. Connaissance de l’espagnol ou de l’anglais obligatoire).

Pour ceux qui, comme moi, fuient les zones hyper touristiques, des balades sont possibles dans le Parque Natural de Los Volcanes (à ne pas confondre avec Timanfaya), sans oublier les routes et chemins côtiers qui offrent de superbes opportunités géologiques.

Voici quelques images de ce périple pendant lequel je me suis vraiment régalé.

Le Parc National de Timanfaya…

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De superbes couleurs…

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Une profusion de cratères…

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Des fractures éruptives…

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Des coulées de lave impressionnantes.

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Une lave riche en olivine

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L’îlot de La Graciosa est lui aussi volcanique

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(Photos: C.  Grandpey)

La belle légende de Devils Tower (Wyoming / Etats Unis) // The nice legend around Devils Tower

J’ai vu, parmi les voyages organisés prévus en 2014, que l’un d’eux avait à son programme une étape à Devils Tower dans le Wyoming. C’est vrai que le lieu est assez surprenant et on ne s’attend guère à voir surgir ce monolithe dans le paysage.

Personnellement, plus que l’intérêt géologique, je préfère la belle légende indienne qui entoure Devils Tower. Elle raconte qu’un groupe de sept jeunes filles jouaient dans la forêt quand arriva brusquement un ours géant. Elles s’enfuirent mais l’ours les poursuivit. La situation semblait perdue car l’ours gagnait du terrain. Les filles se précipitèrent vers un rocher quelles essayèrent d’escalader en priant le Grand Esprit de leur venir en aide. A ce moment-là, le rocher se mit à grandir, soulevant les enfants dans les airs. L’ours sauta sur le rocher mais ne réussit pas à atteindre les jeunes filles car ses griffes glissaient sur la pierre. On peut voir aujourd’hui la marque de ses griffes sur le rocher qui continua à croître, poussant les filles vers le ciel, où elles devinrent les sept étoiles de la Pléiade.

D’un point de vue géologique, Devils Tower a vu s’opposer différentes théories pour expliquer sa présence au sein d’une région pas spécialement volcanique, composée essentiellement de roches sédimentaires. Le monolithe est très probablement le résultat d’une intrusion magmatique – culot volcanique, diront certains – qui a été déchaussée par l’érosion. La roche qui le constitue est une phonolithe découpée en colonnes de longs prismes hexagonaux pendant le refroidissement. Mais tout cela fait beaucoup moins rêver qu’une légende…

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I have seen that Devils Tower, Wyoming, was one of the journeys planned in 2014. It is true that the place is quite surprising and we do not expect to see this monolith emerge from the landscape.
Personally, more than the geological interest, I prefer the beautiful Indian legend that surrounds Devils Tower. It tells that a group of seven girls were playing in the forest when a giant bear abruptly arrived. They fled but the bear chased them. The situation seemed lost because the bear was gaining ground. The girls rushed to a rock that they tried to climb, begging the Great Spirit to help them. At that moment, the rock began to grow, raising the children in the air. The bear jumped on the rock but failed to reach the girls because his claws slipped on the stone. We can see today the mark of his claws on the rock that continued to grow, pushing the girls to the sky, where they became the seven stars of the Pleiades.
From a geological point of view, Devils Tower has been opposed to different theories to explain its presence in a region not specifically volcanic, composed mainly of sedimentary rocks. The monolith is very likely the result of a magmatic intrusion that has been the victim of erosion. The rock is phonolite cut into columns of long hexagonal prisms during the cooling process. But all this is much less dream than a legend …

 

Un monolithe étrange au sein d’un paysage sédimentaire…

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…. des colonnes de phonolithe aux longs prismes hexagonaux …

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… et, au final, une belle légende !

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(Photos:  C.  Grandpey)