Volcan sous-marin Havre / Havre seamount (Iles Kermadec / Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgDes scientifiques néo-zélandais ont récemment embarqué à bord du navire de recherche Tangaroa pour une mission de 23 jours dans les Iles Kermadec, au nord de la Nouvelle Zélande, afin d’étudier cette chaîne volcanique qui s’étire sur un millier de kilomètres au nord de la Bay of Plenty. Ils ont pu cartographier le volcan Havre et ont eu la confirmation que c’est bien lui qui est entré en éruption le 19 juillet 2012 en donnant naissance à une impressionnante nappe de ponce. Un nouveau cône volcanique de 240 mètres de hauteur est apparu sur le bord de la caldeira.

L’éruption du volcan Havre a eu lieu à une profondeur de 1100 mètres et le nuage de cendre était visible sur les images satellites, tandis que la nappe de ponce couvrait une surface estimée à 22 000 kilomètres carrés.

Les scientifiques connaissaient la topographie du volcan qui avait été cartographié au cours d’une mission effectuée en 2002. Ils savaient que le volcan était, à cette époque, une montagne de 1000 mètres de hauteur pour un diamètre de 5 km et que le cratère se trouvait à 800 mètres de profondeur.

En utilisant un sonar multi-faisceaux, ils ont pu déterminer la forme actuelle du volcan et la comparer à ce qu’elle était avant l’éruption.

Source : Bay of Plenty Times.

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drapeau anglais.jpgNew Zealand scientists aboard the research vessel Tangaroa recently embarked on a 23-day voyage of discovery in the Kermadecs, north of New Zealand, to study the volcanic chain that stretches for 1000 kilometres north from Bay of Plenty. They have just mapped the Havre volcano and the confirmation that it erupted on July 19th 2012, producing a huge pumice raft. They found a new volcanic cone which has formed on the edge of the Havre caldeira, towering 240 metres above the crater rim.

The Havre volcano eruption was strong enough to breach the ocean surface from a depth of 1100 metres.  It produced clouds of ash visible by satellite, and a pumice raft that covered an area of 22,000 square kilometres.

The scientists knew the shape of the volcano from previous research. Using the multibeam echosounder, they made a before and after comparison of the volcano to determine the size of the eruption and the change it has made to the seafloor.

The Havre volcano had previously been mapped in 2002, showing a 1-kilometre-high undersea mountain with a 5-kilometre-wide, 800-metre-deep central crater.

Source: Bay of Plenty Times.

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                               Modélisation du Havre seamount (CREDIT: NIWA/GNS Science)


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La nappe de ponce vue par satellite le 19 juillet 2012 (CREDIT: NASA)

Le volcan mystère (suite)

Dans une note publiée le 16 juin dernier et intitulée « Le volcan mystère », je faisais référence à une éruption qui s’est produite en 1258 mais dont on ignore le lieu. Il semblerait que le scientifique français Franck Lavigne ait trouvé la réponse à la question que tout le monde se pose mais le résultat de ses recherches n’a pas encore été publié. On pense toutefois que le Rinjani est responsable des graves conséquences de ce cataclysme.

Dans un article récent, le très sérieux quotidien britannique The Guardian revient sur la découverte, par des archéologues, d’une fosse commune rassemblant quelque 10 500 cadavres dans le quartier de Spitalfields, à l’est de Londres. Au départ, les chercheurs ont pensé que les décès étaient imputables à la Peste Noire ou à la Grande Famine qui ont frappé l’Angleterre au 14ème siècle. En fait, la datation des ossements a montré que la mort remontait au 13ème siècle et on pense donc que c’est une éruption volcanique de grande envergure qui serait responsable de tous ces décès. Elle aurait entraîné de profonds bouleversements climatiques en refroidissant la température sur Terre. Les cultures auraient été anéanti, avec une période de famine et des dizaines, voire des centaines, de milliers de morts à travers l’Europe. Le quotidien rapporte les écrits d’un moine anglais en 1258: « Le vent a soufflé du nord pendant des mois…avec peu de chance d’avoir des récoltes… Les plus pauvres périrent en grand nombre…Ceux qui avaient des maisons n’osaient pas héberger les malades et les mourants, par crainte d’être infectés…La pestilence était immense, insoutenable, en particulier chez les pauvres. A Londres, 15 000 pauvres ont péri ; en Angleterre et ailleurs aussi, des milliers de personnes sont mortes ». Aucune explication n’a été fournie à l’époque. Comme souvent, le malheur a été reçu comme une punition divine. La population londonienne était alors de 50 000 habitants ; la perte de 15 000 a radicalement modifié l’apparence de la ville.

Cet article du Guardian vient donc confirmer et compléter nos connaissances à propos du cataclysme qui a frappé notre planète en 1258. Il sera certes intéressant de connaître le coupable mais il faudra aussi garder en mémoire que plusieurs éruptions de ce type ont ponctué l’histoire de l’humanité et qu’au 21ème siècle nous ne sommes pas à l’abri d’un tel désastre. Les progrès technologiques ont été considérables au cours des dernières décennies, mais il est fort à parier que nous serons fort démunis le jour où un super volcan décidera de reprendre de l’activité. Notre société basée sur l’Internet et des moyens de communication de plus en plus rapides sera forcément mise en difficulté.