Lusi (Indonésie): L’éruption de boue pourrait finir plus tôt que prévu // The mud eruption might be over sooner than expected

drapeau francaisVoici de bonnes nouvelles pour l’Indonésie : Au cours de la réunion de l’American Geophysical Union cet automne à San Francisco, des scientifiques ont déclaré que l’éruption du volcan de boue Lusi devrait être pratiquement terminée d’ici la fin de la décennie, donc beaucoup plus tôt que le prétendaient les estimations précédentes qui avançaient un laps de temps de 25 ans. Cette prévision est basée sur des données satellitaires qui indiquent la vitesse à laquelle le sol réagit au fur et à mesure que la boue se répand à ​​la surface du sol. Les chercheurs disent que le système est en train de connaître une rapide chute de pression.
L’éruption, qui a commencé à Sidoarjo dans l’est de Java en 2006, est la plus importante du genre. Elle a déplacé des dizaines de milliers de personnes avec des coûts économiques qui dépassent 4 milliards de dollars à ce jour.
Au départ, plus de 100 000 tonnes de boue remontaient à la surface chaque jour. Cette quantité a diminué de dix fois, et une analyse de l’affaissement du sol basée sur des observations japonaises par satellite entrevoit une diminution supplémentaire de dix fois dans les prochaines années. Selon des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley, l’éruption de boue devrait être plus ou moins terminée en 2017. Cependant, les scientifiques préviennent qu’il y aura toujours une certaine incertitude sur l’évolution future de l’éruption, et toutes les prévisions actuelles sont faites sur l’hypothèse que le système continue à se comporter de la même manière que dans le passé .
Source : BBC News.

drapeau anglaisHere is good news for Indonesia : Scientists at the American Geophysical Union Fall Meeting said the eruption of the Lusi mud volcano should be all but over by the end of the decade, much sooner than previous estimates which said it would last 25 years. The assessment is based on satellite data that records the rate at which the ground is changing in response to the material spewing up on to the surface. Researchers say the system is losing pressure rapidly.

The eruption, which began at Sidoarjo in East Java in 2006, is the largest of its kind. It has displaced tens of thousands of people with economic costs that exceed 4 billion dollars to date.

Initially, more than 100,000 tonnes a day was oozing to the surface. This has decreased tenfold, and an analysis based on Japanese satellite observations of ground subsidence suggests a further tenfold decrease can be expected in the next few years. According to researchers from the University of California at Berkeley, by 2017, it should be more or less over. However, scientists caution that there will always be some uncertainty about the future course of the eruption, and any forecast is made on the assumption that the system continues to behave in the same way it has in the past.

Previous estimates had indicated Lusi could go on erupting for 25 years or more.

Source : BBC News.

Lusi-blog

Lusi: une catastrophe humaine, écologique et économique  (Crédit photo:  Wikipedia)

Séismes et volcans de boue // Earthquakes and mud volcanoes

drapeau francaisUne nouvelle île a émergé au large de la ville de Gwadar, au Pakistan, après un fort séisme de magnitude 7,7 qui a secoué le pays le 24 septembre 2013. L’édifice semble avoir une hauteur de 6 à 12 mètres et un diamètre d’une trentaine de mètres. Il se trouve à environ 100 mètres de la côte.
Les scientifiques sont encore loin d’un consensus. Les deux possibilités les plus probables sont un glissement de terrain ou un volcan de boue.
Le volcan de boue est une  hypothèse plausible car la côte de Gwadar en possède déjà plusieurs, à la fois sur terre et en mer. L’un d’eux a soudain surgi en formant une île à un endroit où le fond de la mer était de 30 à 60 mètres de profondeur le 26 novembre 2010. Par ailleurs, en 1945, le séisme de M 8.1 à Makran a provoqué la formation de volcans de boue au large de Gwadar. Une étude récente dans la revue Nature Geoscience révèle par ailleurs que ce séisme a provoqué la libération de tonnes de méthane du fond marin.

Cet événement fait évidemment penser à Lusi, le volcan de boue indonésien qui, selon certains scientifiques, aurait été provoqué par un séisme à 250 km de distance.

Source : Live Science.

 

drapeau anglaisA new island emerged from the ocean offshore of the city of Gwadar, Pakistan, after a strong magnitude-7.7 earthquake shook the country on September 24th 2013. The mound appears to be 6 to 12 metres high and 30 metres wide. It rose out of the sea about 100 metres from the coast.

Scientists are still far from consensus. The two most likely possibilities are a landslide or a mud volcano.

A mud volcano is a likely possibility because Gwadar’s coastline already has several of these, both onshore and at sea. One suddenly popped up where sea level was 30 to 60 metres deep on November 26th, 2010, creating an island. Besides, in 1945, the M 8.1 Makran earthquake triggered the formation of mud volcanoes offshore of Gwadar. A recent study in the journal Nature Geoscience also suggests the 1945 earthquake released tons of methane from the seafloor.

This event reminds us of Lusi, the Indonesian mud volcano which, according to some scientists, might have benne caused by an earthquake 250 km away.

Source: Live Science.

Maccalube

A plus petite échelle, les Maccalube di Aragona en Sicile sont de superbes volcans de boue. (Photo:  C.  Grandpey)

Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

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(Avec l’aimable autorisation de la NASA)