Nouvelles fouilles à Herculanum // New excavations at Herculaneum

En 79 après JC, Pompéi et Herculanum furent toutes deux détruites par l’éruption du Vésuve. Même si Pompéi est mieux connue qu’Herculanum avec ses maisons richement décorées, ce dernier site recèle de nombreux trésors encore enfouis sous les cendres vomies par le volcan.

Les archéologues vont entreprendre des fouilles sur une ancienne plage d’Herculanum. Il y a de fortes chances pour qu’elles s’accompagnent de découvertes importantes. Il y a 40 ans, les dernières fouilles avaient révélé les squelettes de dizaines de Romains qui avaient été tués alors qu’ils tentaient de fuir la catastrophe. Les archéologues avaient également fait apparaître des bâtiments effondrés avec des plafonds en bois bien conservés, ainsi que des sacs d’argent et de bijoux que les gens avaient précipitamment emportés avec eux alors qu’ils quittaient leurs maisons.

Il est prévu que les fouilles atteignent le niveau de la plage, là où elle se trouvait au moment de l’éruption. Ce sera l’occasion d’acquérir des informations utiles sur la vie à cette époque et sur le processus de destruction de la ville.

Les fouilles s’annoncent compliquées. En effet, en raison du déplacement du littoral suite à l’éruption, l’ancienne plage se trouve désormais à environ 5 mètres sous le niveau de la mer, ce qui signifie qu’il existe un risque d’infiltration d’eau. L’installation de  pompes et de tuyaux sera nécessaire pour empêcher que le site soit inondé.

Les fouilles seront effectuées grâce à un partenariat public-privé et dans le cadre du Projet de Conservation d’Herculanum qui a permis de protéger les vestiges de la ville romaine pendant près de 20 ans.

Des fouilles partielles ont déjà eu lieu sur la plage dans les années 1980. Les archéologues ont alors découvert les squelettes d’environ 300 hommes, femmes et enfants. Certains d’entre eux avaient tenté de s’abriter de l’éruption dans des hangars à bateaux le long de la plage mais ont été incinérés par la chaleur extrême générée par l’éruption. Leurs crânes ont carrément explosé et leur chair s’est vaporisée. La découverte la plus récente concerne une matière cérébrale qui a été vitrifiée par la chaleur de l’éruption. (Voir mes notes du 26 janvier et du 9 octobre 2020). La mort de ces habitants fut encore plus horrible que celle de nombreux autres habitants de Pompéi et d’Herculanum, morts étouffés par la cendre et les gaz nocifs.

Source: Yahoo News / The Telegraph.

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In AD 79, Pompeii and Herculaneum were both destroyed by the eruption of Mt Vesuvius. Even though Pompeii has got more popularity than Herculaneum with its richly decorated houses, the latter has many treasures still concealed under the ash vomited by the volcano.

Archaeologists are about to excavate an ancient beach at Herculaneum. Experts hope the dig will yield important discoveries, 40 years after the last excavation at the site revealed the skeletons of dozens of Romans who had were killed as they tried to flee the catastrophe.

Discoveries made in the past also include collapsed buildings complete with preserved wooden ceilings and bags of money and jewels, which desperate people grabbed as they fled their homes.

The excavation is expected to reach the level of the beach as it was at the moment of the eruption. It will provide an opportunity to acquire useful information about life in the city at the time of the eruption and the dynamics of the destruction.

The excavations will be challenging. Indeed, because of the shifting of the coastline following the cataclysmal eruption, the ancient beach now lies around 5 metres beneath sea level, meaning there is a risk of water seepage. Pumps and pipes will be required to stop the site from flooding.

The excavation will be a public-private partnership involving archaeologists and the Herculaneum Conservation Project, which has helped protect the remains of the Roman town for nearly 20 years.

The ancient beach was partially excavated in the 1980s, when archeologists came across the skeletons of around 300 men, women and children. Some of them had tried to shelter from the eruption in boat sheds along the beach but were incinerated by the extreme heat generated by the eruption, which made their skulls explode and their flesh vaporise. The latest discovery concerns ancient brain matter that was turned into glass as a result of the eruption. (See my posts of 26 January and 9 October, 2020). The fate of these residents was even more gruesome than that of many other inhabitants of Pompeii and Herculaneum, who died from suffocation by ash and noxious gases.

Source : Yahoo News / The Telegraph.

Vue des hangars à bateaux le long de la plage où de nombreux Romains ont été incinérés par la chaleur extrême générée par l’éruption (Crédit photo : Wikipedia)

Le beau thermopolium de Pompéi // Pompeii’s nice thermopolium

Pompéi n’en finit pas de révéler ses secrets. L’éruption du Vésuve en 79 a permis de préserver la richesse du monde romain pendant des milliers d’années. Pompéi et sa voisine, Herculanum, ont révélé des fresques, des corps humains et même les restes d’un cheval.

Dans une note publiée le 31 mars 2019, j’expliquais que des archéologues avaient découvert un thermopolium, établissement de restauration rapide, dans les ruines de Pompéi. Il se trouve à l’angle du Vicolo delle Nozze d’Argento et du Vicolo dei Balconi. Quelque quatre-vingts édifices du même genre ont déjà été découverts à Pompéi dans le passé.

Dans le thermopolium, les fresques colorées du comptoir ont survécu près de 2000 ans sous les cendres volcaniques et la pierre ponce. Le comptoir est orné de deux très belles peintures bien conservées. L’une représente une néréide assise sur un cheval, tandis que l’autre représente un ouvrier dans l’environnement d’un thermopolium. D’autres fresques aux couleurs vives représentent des animaux qui faisaient partie des ingrédients de la nourriture vendue, comme un poulet et deux canards suspendus par les pattes.

Plusieurs amphores découvertes près du comptoir ressemblent à celles représentées dans la fresque. Il y avait aussi un bol en bronze décoré, connu sous le nom de patera, des pots en céramique utilisés pour la cuisson des ragoûts et des soupes, et des flacons de vin.

J’ai illustré ma note du mois de mars avec plusieurs photos proposées par le Parc archéologique de Pompéi. Lors de sa découverte, les archéologues pensaient que l’établissement avait pu servir de la nourriture chaude.

Depuis la découverte en mars 2019, les archéologues ont mis au jour des objets très intéressants. En particulier, ils ont trouvé des traces d’aliments vieux de près de 2000 ans dans certaines amphores que le commerçant avait placées sous le comptoir percé d’orifices circulaires. Des traces de porc, de poisson, d’escargots et de bœuf ont été retrouvées dans les récipients. Ils témoignent de la grande variété d’ingrédients utilisés pour préparer les plats.

Les archéologues ont également fait apparaître une inscription : “NICIA CINAEDE CACATOR”. Il se peut qu’elle ait un caractère homophobe, mais cela reste à prouver.

Source: Parco Archaeologico di Pompei.

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Pompeii keeps revealing its secrets.The eruption of Mount Vesuvius in 79 helped to preserve the wealth of the Roman world for thousands of years. Pompeii and its neighbour, Herculaneum, have revealed frescoes, human bodies and even the remains of a horse.

In a post released on March 31st, 2019, I explained that archaeologists had discovered a thermopolium, an ancient snack bar, in the ruins of Pompeii. The bar is located at the intersection of Vicolo delle Nozze d’Argento and Vicolo dei Balconi. Some eighty thermopolia have already been discovered at Pompeii in the past.

In the thermopolium, the counter’s colourful frescoes have survived nearly 2,000 years under volcanic ash and pumice.  The counter is adorned with two very nice and well preserved paintings. One features a nereid seated on a horse, while the other depicts a worker in a snack bar–type environment. Other brightly coloured frescoes depict animals that were part of the ingredients in the food sold, such as a chicken and two ducks hanging upside down.

Several amphorae discovered close to the counter are very similar to those depicted in the fresco.  There was also a decorated bronze drinking bowl known as a patera, ceramic jars used for cooking stews and soups, and wine flasks.

I illustrated my March post with several images provided by the Archaeological Park of Pompeii. When it was first discovered,archaeologists thought the commercial space might once have served hot food.

Since the discovery in March 2019, archaeologists have made more researched and unearthed very interesting items. In particular, they have found traces of nearly 2,000-year-old food in some of the deep terra cotta jars  which the shop keeper lowered into the counter with circular holes. Traces of pork, fish, snails and beef were found in the containers. They are a testimony to the great variety of animal products used to prepare dishes.

The archaeologists also revealed an inscription: “NICIA CINAEDE CACATOR”. It may be homophobic in nature, but that remains to be proved.

Source: Parco Archaeologico di Pompei.

Source : Parc archéologique de Pompéi

Les secrets d’Herculanum (Italie)

Détruite en octobre 79 par l’éruption du Vésuve, la ville romaine d’Herculanum est moins connue et moins visitée que Pompéi. Située à 6 km du volcan, elle ne couvrait qu’une douzaine d’hectares et hébergeait 4000 habitants. Le site a été découvert par hasard au 18ème siècle par un paysan qui creusait un puits. C’est à cette époque que les fouilles ont débuté.

Herculanum et ses nombreuses fresques très élaborées est mieux conservée que Pompéi, comme le montre fort bien le documentaire intitulé « Les secrets enfouis d’Herculanum », récemment diffusé par la chaîne de télévision France 5.

Lors de l’éruption, le Vésuve a émis une colonne de cendre d’environ 34 km de hauteur que les vents ont d’abord dirigée vers Pompéi. L’effondrement de la colonne éruptive a ensuite déclenché des nuées ardentes d’une température estimée à 500°C qui ont envahi Herculanum. Ce phénomène éruptif est confirmé par le bois carbonisé retrouvé dans les habitations qui sont en meilleur état qu’à Pompéi. Ainsi, plusieurs maisons ont conservé leurs étages. On a découvert des meubles comme des lits et même un berceau avec le bébé à l’intérieur. Des figues, l’une des spécialités agricoles d’Herculanum, ont également été recueillies par les archéologues. .

Une couche de cendre a recouvert les dépôts pyroclastiques. Les strates visibles dans la couche de matériaux volcaniques d’une vingtaine de mètres d’épaisseur montrent que la ville d’Herculanum a été enfouie au cours de plusieurs phases éruptives.

Le documentaire est particulièrement intéressant car il nous montre la structure sociale de la ville qui était beaucoup plus riche et puissante que Pompéi. C’est à Herculanum que vivait l’élite de la société romaine, avec ses nobles et ses personnes fortunées, comme le montre l’architecture des maisons. La plus fascinante est sans aucun doute la Villa dei Papiri où les archéologues ont découvert, comme son nom l’indique, une extraordinaire collection de papyrus.

La maison de très grande taille appartenait au beau-père de Jules César. Elle était particulièrement luxueuse. La présence d’un collection de quelque 1500 papyrus – tous n’ont peut-être pas été découverts – révèle un haut niveau d’éducation à une époque où peu de gens savaient lire. Ecrits en grec, ce sont des extraits de philosophie épicurienne. C’est en utilisant l’imagerie multispectrale mise au point par la NASA, avec plusieurs longueurs d’onde infrarouge, que le contenu des papyrus a pu être déchiffré. La tâche est particulièrement difficile car les lettres à l’encre noire ressortent à peine sur leur support carbonisé.

NB : voir ma note du 30 mars 2016 consacrée à la Villa dei Papiri : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/30/les-papyrus-dherculanum-livrent-leurs-secrets-suite-scrolls-of-herculaneum-are-telling-their-secrets-continued/

La partie du documentaire consacrée aux 300 squelettes découverts à Herculanum est passionnante. Les scientifiques expliquent pourquoi autant d’habitants se sont regroupés dans 79 hangars à bateaux. Il ne faut pas oublier que la ville ne se trouvait pas à 500 mètres à l’intérieur des terres comme aujourd’hui.

Juste avant l’éruption du Vésuve, la terre a tremblé fortement à Herculanum, comme cela s’était déjà produit en l’an 62. Les gens s’étaient réfugiés sous les arcades des hangars pour se mettre à l’abri des effondrements. Ils ne s’attendaient pas à l’éruption du Vésuve qui, pour eux, n’était pas autre chose qu’une montagne.

L’analyse des boîtes crâniennes montre que la mort de ces personnes a été immédiate. Leur crâne a carrément explosé par ébullition du cerveau. Ils ont été tués par la chaleur extrême de la nuée ardente.

La position des corps à Herculanum est très différente de celle révélée par les moulages de Pompéi. Selon les scientifiques, la position des corps à Pompéi s’explique par un « réflexe post mortem », avec une contraction des muscles après la mort.

De plus, contrairement à Pompéi, les os des squelettes d’Herculanum ont permis une identification par l’ADN. Les chercheurs ont pu se rendre compte qu’il y avait des regroupements familiaux. Les gens ont voulu se regrouper pour fuir, mais ils ont été littéralement incinérés.

Autre point important : l’analyse des squelettes révèle la structure de la société romaine à Herculanum, en particulier la présence d’esclaves dont certains étaient affranchis. Ils appartenaient à des maîtres très riches pouvant en posséder parfois une vingtaine. Beaucoup de ces esclaves étaient originaires du Moyen Orient, suite aux conquêtes de l’Empire Romain.

Il se pourrait que les 300 squelettes découverts à Herculanum soient les restes des seules victimes de l’éruption du Vésuve. Les scientifiques pensent que la grande majorité de la population a réussi à s’enfuir. Beaucoup d’habitants auraient élu domicile à Naples et surtout à Cumes, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Herculanum.

Cette hypothèse devra toutefois être confirmée avec la suite des fouilles car seulement le quart de la ville romaine a été extrait de la cendre du Vésuve.

Le documentaire (accessible en rediffusion jusqu’au 26 décembre 2020) donne vraiment envie d’aller visiter Herculanum, Stabies et Pompéi, sans oublier le Musée archéologique de Naples qui est un complément indispensable à ces visites.

 Vue de la Villa dei Papiri (Crédit photo : Wikipedia)

Pompéi continue de révéler ses secrets // Pompeii keeps revealing its secrets

Pompéi continue de révéler ses secrets. Les archéologues viennent de découvrir les restes carbonisés mais exceptionnellement bien conservés de deux hommes qui ont péri lors de l’éruption du Vésuve en octobre 79 après JC.

L’un était probablement un homme de la haute société, âgé entre 30 et 40 ans, qui portait encore les restes d’un manteau de laine sous le cou.

Le second, probablement âgé de 18 à 23 ans, était vêtu d’une tunique et avait un certain nombre de vertèbres écrasées, signe qu’il était un esclave qui transportait de lourds fardeaux. Leurs cadavres ont été découverts à Civita Giuliana, à 700 mètres au nord-ouest du centre de Pompéi. Ils se trouvaient dans un couloir de 2,20 mètres de large qui donnait accès à l’étage supérieur d’une grande villa,  là où les archéologues avaient détecté des cavités dans les couches de cendre durcie.

Les dents et les os de ces hommes ont été préservés et les vides laissés par les tissus mous ont été remplis de plâtre que les archéologues ont laissé durcir pour effectuer des moulages des corps, selon la célèbre technique inventée par Giuseppe Fiorelli en 1867.

Selon le directeur du site archéologique, les deux malheureux cherchaient probablement refuge lorsqu’ils ont été atteints par la coulée pyroclastique vers 9 heures du matin. Leurs pieds et leurs mains crispés montrent que c’est le choc thermique qui a provoqué leur mort.

Cette nouvelle découverte confirme que Pompéi est un merveilleux lieu de recherche et d’étude.

Source: Yahoo News.

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Pompeii is still revealing its secrets. Archaeologists have discovered the exceptionally well-preserved remains of two men scalded to death by the eruption of Mt Vesuvius in October 79 AD.

One was probably a man of high status, aged between 30 and 40, who still bore traces of a woollen cloak under his neck.

The second, probably aged 18 to 23, was dressed in a tunic and had a number of crushed vertebrae, indicating that he had been a slave who did heavy labour.

The remains were found in Civita Giuliana, 700 metres northwest of the centre of Pompeii, in a 2.20-metre-wide passage leading to the upper floor of a large villa that was being being excavated.

The men’s teeth and bones were preserved, and the voids left by their soft tissues were filled with plaster that was left to harden and then excavated to show the outline of their bodies according to the techni<ue invented by Giuseppe Fiorelli in 1867.

According to the director of the archeological site, these two victims were perhaps seeking refuge when they were swept away by the pyroclastic flow at about 9 o’ clock in the morning. Their clenched feet and hands show it was a death by thermal shock.

The new discovery confirms that Pompeii is a fantastic place for research and study.

Source : Yahoo News.

Source : MIBACT / Parco Archeologico di Pompei