Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : une éruption qui se mérite…

On le sait : les Réunionnais adorent leur volcan et ils commençaient sérieusement à s’impatienter car le Piton de la Fournaise ne s’était pas manifesté depuis le 2 juillet 2023. L’éruption avait alors duré plus d’un mois, mais depuis cette époque le volcan était en phase de repos.

L’éruption du 18 janvier a été très brève – elle s’est terminée le 20 de ce mois à 5 heures du matin – mais elle a permis aux Réunionnais – du moins à un certain nombre – de combler un vide affectif pour le volcan. J’ai écrit « un certain nombre » car tous les candidats à l’observation de l’éruption n’ont pas pu atteindre le Pas de Bellecombe.

Les images publiées sur les réseaux sociaux ont montré l’importante cohue dans le secteur et les files ininterrompues de véhicules sur les routes autour du volcan. Plus de 3 500 voitures ont été comptabilisées dans la zone le lundi 19 janvier, alors que les capacités de stationnement sont inférieures à 700 places.

Source: réseaux sociaux

Ces embouteillages monstres posent forcément des problèmes, ne serait-ce que pour le passage des véhicules de secours en cas de problème. La circulation était totalement à l’arrêt durant plusieurs heures pour accéder au Pas de Bellecombe. Certains automobilistes sont restés bloqués pendant plus de 6 heures sans jamais pouvoir profiter du spectacle. .

Résultat des courses : plus de 50 véhicules ont fait l’objet de verbalisations pour stationnement gênant. 35 gendarmes étaient sur le terrain aux côtés de la police municipale du Tampon, d’agents de la sous-préfecture de Saint-Pierre pour assurer la viabilité des axes, la fluidité de la circulation et la prévention. Les autorités rappellent que tout stationnement en dehors des zones autorisées est strictement interdit. Comme je l’ai indiqué plus haut, ces stationnements illégaux perturbent fortement le trafic et peuvent retarder l’intervention des secours en cas d’urgence.

Source : Réunion la 1ère.

Le problème est le même à chaque éruption du Piton de la Fournaise et les autorités réunionnaises ne semblent pas avoir trouvé de solution pour éviter ces désagréments.

Un Etna bientôt ‘à l’islandaise’ ?

Tard dans la soirée de l’Épiphanie, des dizaines de randonneurs et de simples curieux ont tenté d’atteindre l’altitude de 1 360 mètres dans la Valle del Bove, là où la coulée de lave s’est pratiquement arrêtée En faisant cela, ils ne respectaient pas les ordonnances émises par les maires de Fornazzo et Milo. Ils ont été accueillis par la Guardia di Finanza. Vingt-et-une personnes ont été identifiées et déférées devant la justice pour violation des restrictions imposées par la préfecture de Catane et les arrêtés municipaux de plusieurs communes riveraines de l’Etna. Le parquet décidera s’il y a lieu d’engager des poursuites contre les contrevenants. Des pièces d’identité ont été demandées à certaines personnes surprises trop près de la coulée de lave au crépuscule, ainsi qu’à celles qui tentaient de rejoindre le front de lave en pleine nuit. Un groupe de sept personnes a notamment été interpellé alors qu’il arrivait de la haute Valle del Bove, probablement en provenance de Serracozzo, au-dessus du refuge de Citelli.

Suite aux protestations des guides – qui ont entamé un mouvement de grève – et et à la polémique qui est née suite à ces restrictions d’accès au volcan, les autorités ont réagi et la situation semble avoir évolué au cours des dernières heures. Une réunion a été organisée par le nouveau président du Parc de l’Etna et a rassemblé les différentes parties concernées. Il ressort de cette réunion une nouvelle approche du volcan ‘à l’islandaise’. Ainsi, la Préfecture sera invitée, dès les prochains événements liés au volcan, à identifier des « points d’observation facilement accessibles à tous et bien balisés d’où les visiteurs pourront avoir une « belle vue » sur le volcan en toute liberté. Sur ces points d’observation, les guides seront autorisés à accompagner des groupes de visiteurs plus près de la zone éruptive, à une distance qui variera en fonction de l’évolution de l’événement, mais que l’INGV, par exemple, a récemment estimée à 50 mètres.

Source : La Sicilia.

De telles mesures font sourire ceux qui, comme moi, ont connu l’époque où on pouvait naviguer librement sur l’Etna. Le tourisme de masse et l’appât du gain ont tout tué. Aujourd’hui, je reste à la maison et je regarde mes photos dans lesquelles la lave de l’Etna coule à quelques mètres de moi.

À noter que Boris Behncke (INGV Catane) a exprimé, à titre personnel, sa désapprobation devant les ordonnances promulguées par certaines communes de l’Etna. Il a été désapprouvé et lâché par l’Institut, y compris par le siège à Rome.

À titre personnel, je suis solidaire de Boris dont la compétence n’est plus à prouver et suscite probablement pas mal de jalousie. L’avalanche de restrictions sur l’Etna est une erreur et ne pourra que dissuader les visiteurs de se rendre sur le volcan sicilien en période éruptive. On parle de plateformes d’observation. J’ai des doutes sur  l’efficacité de cette solution. L’Etna n’est pas le Kilauea !

Vulcano (Iles Eoliennes) : Accès au cratère interdit ; gare aux carabiniers!

Comme je l’indiquais dans ma note à propos de l’activité volcanique dans le monde, l’accès au cratère de La Fossa et aux bains de boue sur l’île de Vulcano est actuellement interdit à cause de la hausse d’activité volcanique observée ces dernières semaines. Des touristes qui n’ont pas respecté l’interdiction d’accès au cratère ont été verbalisés par les carabiniers. Ils ont dû débourses 500 euros par personne.

Cette verbalisation est contestée par deux touristes italiens qui expliquent dans la vidéo ci-dessous que l’interdiction d’accès au cratère est fort mal signalée et donc non respectée par pas mal de touristes. Le recours qu’il ont intenté semble justifié. On peut voir un semblant de clôture matérialisé par un filet orange au sol (pris pour un déchet parles contrevenants) avec un avis apparemment rédigé en anglais sur une simple feuille de format A4. A côté de cela, d’autres panneaux indiquent toujours comment atteindre le sommet. L’interdiction d’accès est donc très mal matérialisée; il faudrait installer une barrière et un avis clairement lisible. Les carabiniers attendaient d’autres touristes qui n’avaient pas respecté l’interdiction. Pas très sympa tout ça.

Entre temps, le maire de Lipari – dont dépend l’île de Vulcano – a publié une nouvelle ordonnance prolongeant jusqu’au 9 mars 2022 les « Mesures de prévention et d’assistance à la population face au risque volcanique sur l’île de Vulcano ». Le premier magistrat confirme « la volonté de promulguer une nouvelle ordonnance, pour protéger la population, compte tenu de la cohérence des données recueillies avec l’activité de surveillance. » Selon lui, les restrictions d’accès concernant l’île de Vulcano s’appliqueront probablement pendant les mois d’été. La prolongation d’une semaine des mesures actuelles a été rendue nécessaire dans l’attente de la mise en place du comité de coordination présidé par le Président de la Région..

En conclusion, il est recommandé aux touristes qui se rendront à Vulcano de respecter l’interdiction d’accès au cratère de La Fossa, même si elle est mal indiquée. De toute évidence, la maréchaussée fait du zèle… .

Source: La Sicilia.