Rituels volcaniques // Volcanic rituals

Les volcans sont souvent associés aux dieux et la population dépose souvent des offrandes à leur pied ou dans leur cratère afin de se protéger de leurs accès de colère. On observe de telles cérémonies sur le Kilauea (Hawaii) où le cratère de l’Halema’uma’u’u’uu est la demeure de Pele, la déesse du feu et les volcans hawaïens. On dit que Pele parcourt les îles de l’archipel, et apparaît parfois sous la forme d’une belle jeune femme ou d’une vieille femme accompagnée d’un chien blanc. On raconte qu’un jour un conducteur a pris à bord de son véhicule une vieille femme tout habillée de blanc. Quand il a regardé dans son rétroviseur, la banquette arrière était vide. D’autres personnes disent que le visage de Pele est mystérieusement apparu sur leurs photos du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u ou sur les coulées de lave qui avancent de temps à autre sur les flancs du volcan..

Sur l’île de Java (Indonésie), une cérémonie spectaculaire a lieu chaque année sur le volcan Bromo. La Yadnya Kasada est une cérémonie organisée chaque 14ème jour du mois Kasada dans le calendrier lunaire hindou traditionnel. Les foules de pèlerins qui ont gravi le flanc du Bromo jettent des offrandes dans le cratère. Il y a  des légumes, des fruits, du bétail, des fleurs et même de l’argent. Ils sont offerts dans l’espoir d’obtenir de bonnes récoltes  et du bétail en bonne santé Malgré le danger évident, certains habitants tentent de descendre dans le cratère pour récupérer les offrandes, persuadés qu’elles leur porteront chance.

Les habitants de Santiago Xalitzintla (Mexique) se lèvent bien avant l’aube pour préparer leurs offrandes à « La femme endormie », nom donné affectueusement à l’Iztaccíhuatl, un volcan au repos qui domine leur ville au centre du Mexique.
Les gens font frire des pommes de terre et préparent des monceaux d’oeillets rouges qu’ils déposeront sur un autel de pierre, à 3 800 mètres d’altitude. Deux fois par an, des centaines de villageois marchent pendant trois heures pour solliciter l’aide et la protection du volcan. Ils le supplient d’apporter de la pluie pour leurs récoltes, et de les protéger de la grêle. Ils lui demandent aussi de calmer les émissions de cendre du Popocatepetl qui se dresse à proximité et que la population locale appelle Don Goyo.
La cérémonie à Iztaccíhuatl est un mélange de traditions catholiques, de rituels et croyances préhispaniques. Les pèlerins chantent des cantiques catholiques et organisent une messe pour demander à la Vierge Marie de pardonner leurs péchés, debout devant des croix en bois drapées de chapelets, de fleurs et de châles.
Santiago Xalitzintla est la localité la plus proche de Popocatepetl, dont le cratère expulse régulièrement de la lave et vomit des nuages de cendre qui atteint parfois la ville de Mexico, à 90 kilomètres au nord-ouest. Santiago Xalitzintla a reçu une alerte d’évacuation et des sirènes retentiront pour indiquer aux habitants le moment où ils devront aller se réfugier à Cholula, la ville voisine.
Le pèlerinage destiné à rendre hommage à « La femme endormie » – la silhouette du volcan ressemble à une femme allongée – est une tradition qui remonte à plusieurs générations. Les habitants de Santiago Xalitzintla se rassemblent pendant deux journées au début du mois de mai. Ils tirent des feux d’artifice au-dessus de leur ville, boivent beaucoup de tequila et préparent des repas en commun sur un feu en plein air. Deux fois par an, ils effectuent un pèlerinage semblable sur le Popocatepetl.

Source: Bradenton Herald.

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Volcanoes are often associated with gods and local inhabitants are used to making offerings in the hope to be protected from the volcanoes’ wrath. Ceremonies are observed on Kilauea Volcano (Hawaii) where Halema’uma’u Crater is said to be the home of Pele, the goddess of fire and Hawaiian volcanoes. It is said that Pele travels throughout the islands, appearing to mankind as a beautiful young woman, or as an old woman, sometimes accompanied by a white dog. Tales of encounters with Pele include drivers who picked up an old woman dressed all in white on roads in Kilauea National Park, only to look in the mirror to find the back seat empty. Others say Pele’s face has mysteriously appeared in their photos of the lava lake within the crater or molten lava flows.

On the island of Java (Indonesia), a spectacular ceremony is held every year on Bromo Volcano. The Yadnya Kasada is a festival held every 14th day of the Kasada Month in the traditional Hindu lunar calendar. The crowds that have travelled up the mountain, throw offerings into the crater of the volcano. These sacrifices include vegetables, fruit, livestock, flowers and even money, and are offered in gratitude for agricultural and livestock abundance. Despite the evident danger, some locals risk climbing down into the crater to retrieve the sacrificed goods, believing that they will bring good luck.

The inhabitants of Santiago Xalitzintla (Mexico) rise well before dawn to prepare their offerings to The Sleeping Woman, as they affectionately call the dormant Iztaccíhuatl volcano that hovers above their town in central Mexico.

People fry potatoes and heap bunches of red carnations to be laid at the stone altar 3,800 metres above sea level. Hundreds of villagers make the biannual three-hour trek to ask for the volcano’s aid and protection. They beseech her to bring rain for their crops, shield their harvests from hail and calm the ashy exhalations of neighbouring Popocatepetl, nichamed Don Goyo by local residents.

The ceremony at Iztaccíhuatl also mixes Catholic traditions with pre-Hispanic rituals and beliefs. The pilgrims sing Catholic hymns and hold Mass to ask the Virgin Mary to forgive their sins, standing before wooden crosses draped with rosaries, flowers and shawls

Santiago Xalitzintla is the community closest to Popocatepetl, whose crater has increasingly been belching lava and spewing ash that sometimes reaches Mexico City, 90 kilometres to the northwest. The community is now on evacuation alert, with alarms sounding to tell residents when they should escape to the nearby city of Cholula.

The hike to pay homage to The Sleeping Woman – the volcano’s silhouette resembles a reclining female – is a tradition that goes back generations. The residents of Santiago Xalitzintla celebrate over two days in early May, shooting fireworks into the sky above their town, drinking copious amounts of tequila and cooking communal meals over open fires. Twice a year, they embark on a similar climb up Popocatepetl.

Source: Bradenton Herald.

Offrande à Pele, au bord de l’Halema’uma’u (Photo: C. Grandpey)

Cérémonie d’offrandes sur la lèvre du Bromo (Photo: C. Grandpey)

Le Popocatepetl reçoit aussi des offrandes censées protéger la population des fureurs du volcan (Photo: Wikipedia)

Madame Pele règne sur les Leilani Estates // Madame Pele is the Queen of the Leilani Estates

Alors que des fractures éruptives s’ouvrent dans le secteur de Lower Puna, avec des coulées de lave destructrices et des émissions de gaz nocifs, de nombreux habitants se tournent vers la déesse Pele pour essayer de trouver une protection.
Dans le folklore hawaïen, Pele – ou Pelehonuamea – est la déesse du feu. Elle vit dans le cratère de l’Halema’uma’u et est vénérée car elle est la créatrice des paysages hawaiiens. Elle est également connue sous le nom de Ka wahine ‘ai honua, la femme qui dévore la Terre, ce qui montre son pouvoir destructeur.
Beaucoup d’Hawaïens ide souche sont persuadés que la lave est le kinolau, ou l’incarnation physique, de Pele. Selon le National Park Service et de nombreux Hawaiiens, enfoncer des piques, des bâtons et d’autres objets dans la lave est irrespectueux. Je me souviens d’un jeune habitant de Kalapana qui m’avait accompagné vers le site de l’éruption sur la plaine côtière, près de son village, il y a quelques années. Il a chanté des poèmes en hommage à Pele lorsque nous sommes arrivés près des coulées de lave. Il a ensuite essayé de me dissuader de collecter des échantillons de lave, car cela pouvait déplaire à la déesse.
Certaines personnes dans les Leilani Estates ont prétendu avoir vu Pelé dans une coulée de lave, mais Pele est connue pour être imprévisible. C’est pourquoi les Hawaïens lui ont toujours laissé des cadeaux ou fait des offrandes pour lui faire plaisir. Il y a quelques années, on pouvait voir de telles offrandes sur la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u avant que son accès ne soit interdit après le début de l’éruption sommitale. Cette tradition se perpétue aujourd’hui dans les Leilani Estates et on peut lire dans les journaux locaux que certains habitants ont déposé des feuilles de Ti devant leurs maisons et inséré des fleurs dans les fissures pour être épargnés par la lave.
L’activité a diminué à Lower Puna, mais les volcanologues disent que ce ne pourrait être que temporaire. Pour certains habitants, cette imprévisibilité est un rappel que c’est bien Pele qui gère l’éruption, pas les scientifiques.

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As eruptive fissures open in Lower Puna, emitting destructive lava and noxious gases, many residents are looking to goddess Pele for protection.

In Hawaiian folklore, Pele – or Pelehonuamea – is the fire goddess. She lives in Halema’uma’u Crater and is revered as the creator of Hawaii’s landscape. She is also known as Ka wahine ‘ai honua, the woman who devours the Earth, which shows her destructive power.

Many native Hawaiians believe that lava is the kinolau, or physical embodiment, of Pele. According to the National Park Service and many residents in Hawaii, poking lava with sticks and other objects is disrespectful. I can remember a young Kalapana resident who had accompanied me to the eruption site on the coastal flat near his village a few years ago. He chanted poems as a tribute to Pele when we arrived near the lava flows. He then tried to dissuade me from collecting samples of lava as it might displease the goddess.

Some people in the Leilani Estates have said they could see Pele in a lava flow, but Pele is known to be unpredictable, so Hawaiians have traditionally left gifts and offerings to keep her happy. Some years ago, such offerings could often be seen along the rim of Halema’uma’u Crater before its access became prohibited after the start of the summit eruption. That tradition continues today in the Leilani Estates and we can read in the local newspapers that some residents left ti leaves in front of their homes and flowers in cracks for good luck.

Activity has decreased in Lower Puna , but volcanologists say that could just be a temporary reprieve. For some residents, that unpredictability is a reminder that Pele is in charge, not the scientists.

Les doigts de Pele? // Pele’s fingers?  (Photo: C. Grandpey)

Poli’ahu, Reine du Mauna Kea (Hawaii) // Poli’ahu, Queen of Mauna Kea (Hawaii)

Le Mauna Kea domine la Grande Ile d’Hawaii de ses 4207 mètres. En raison de son isolement et de son altitude, ce volcan considéré comme éteint un lieu idéal pour l’astronomie. Toutefois, les traditions ont la peau dure. Beaucoup d’Hawaiiens considèrent que la montagne est sacrée et ils luttent pour la conserver dans son état naturel. Quand la NASA a voulu construire un télescope au sommet du Mauna Kea, son étude d’impact environnemental a été contestée par les défenseurs du site qui ont finalement gagné la partie. La NASA a retiré sa proposition et tous les autres projets de construction de télescopes ont été abandonnés. Les Hawaiiens restent vigilants et tiennent à protéger cette terre sacrée et ses divinités, comme Poli’ahu qui a élu domicile sur le Mauna Kea.
Quatre jeunes filles revêtues de capes blanches appartiennent à la mythologie hawaiienne. Elles sont toutes d’une grande beauté, pleines d’esprit et de sagesse ; elles adorent l’aventure et détestent Pele, la déesse des volcans. Elles incarnent les idées mythiques de la guerre éternelle entre la chaleur et le froid, le feu et la glace. Ce sont elles qui règnent sur les montagnes au nord et hantent les sommets enneigés. Pour lutter contre le froid glacial, elles revêtent des manteaux de kapa, blancs comme la neige. Les quatre jeunes filles ont toutes le pouvoir d’abandonner cette cape blanche et de la remplacer par des vêtements sur lesquels étincelle la lumière dorée du soleil. Parfois, elles blanchissent les sommets et les pentes des montagnes qui reprennent leurs couleurs naturelles à mesure que les jeunes filles descendent vers la mer en traversant des terres rendues fertiles parcourues par les ruisseaux et inondées de soleil …
Poli’ahu, la plus connue de ces jeunes filles des montagnes, aimait les falaises sur la côte orientale de la Grande Ile Hawaï où elle allait se promener parmi les mortels et rivaliser avec leurs chefs dans leurs nombreux jeux de hasard et d’adresse. Parfois, elle revêtait son manteau blanc fait du kapa le plus pur et venait se reposer sur le rebord de la falaise surplombant les torrents qui tombaient en cascades dans la mer.
C’est au cours de cette période que Poli’ahu a rencontré Pele, la jeune femme détentrice du feu des volcans. Pele aimait pratiquer le « holua« , une course sur des planches longues et étroites filant sur les pentes des montagnes. Le plus souvent, elle apparaissait sous la forme d’une femme merveilleusement belle, bien différente des autres femmes qui pratiquaient ce sport.

Les chefs des différentes îles hawaiiennes avaient leurs propres lieux de rencontre pour chacun des sports auquel ils se livraient. C’étaient des lieux abrités où se pratiquaient les jeux d’argent, des clairières ouvertes où ils s’adonnaient à la boxe et au jet de lances, ou encore des côtes où la splendeur des fortes vagues provoquait des sensations enivrantes.

Soudain apparut une étrangère d’une beauté incomparable. Poli’ahu l’accueillit et les courses continuèrent. Certaines légendes racontent que Pele n’a pas accepté la supériorité de Poli’ahu dans la pratique du holua. Elle se débarrassa alors de tout déguisement et fit jaillir le feu des profondeurs du Mauna Kea. Elle pourchassa Poli’ahu de ses fontaines de lave et la fit s’enfuir vers le sommet de la montagne. La cape de neige faite de kapa fut vite atteinte par la lave et commença à brûler. Mais Poli’ahu reprit des forces. Elle se saisit de sa cape, la traîna et l’emporta avec elle. Elle la jeta d’un geste ample au-dessus de la montagne, tandis que toute la Grande Ile étaient secouée de tremblements de terre. Obéissant à l’appel de la déesse des neiges, les nuages ​​recouvrirent le sommet de la montagne et se déployèrent sur les pentes, jusqu’à atteindre les fontaines de feu. La lave commença à refroidir et durcir, si bien que les coulées furent repoussées dans les profondeurs du Mauna Loa et du Kilauea.
Poli’ahu a affronté Pele d’autres fois dans des batailles légendaires. Elle a réussi à maintenir la partie supérieure du Mauna Kea sous son manteau de neige et de glace. En descendant vers la mer, les vallées fertiles témoignent des dons de la déesse à la beauté de la terre et au bien-être des hommes.
Sortie du Mauna Loa, Pele a continué à provoquer de puissantes éruptions pour essayer de vaincre la jeune fille au blanc manteau de neige, mais les Hawaiiens disent que Pele a toujours été vaincue et sera toujours défaite dans ce genre d’affrontement. Le royaume de Pele se limite à la moitié sud de l’île Hawaï, tandis que les jeunes filles des neiges règnent sur les terres du nord.

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Because of its isolation and height (4,207 m), Mauna Kea is ideal territory for astronomy, but those who consider the mountain sacred have struggled to keep it in its natural state. When NASA wanted to build a telescope at the very top of the mountain, its environmental impact study was challenged by Mauna Kea’s defenders who eventually won when NASA ultimately withdrew its proposal and all other plans to build telescopes atop the mountains were abandoned. Those who follow the old ways will continue their vigilance in order to protect this sacred land and divine beings, like Poli’ahu, who call Mauna Kea home.

There are four maidens with white mantles in the mythology of the Hawaiians. They are all queens of beauty, full of wit and wisdom, lovers of adventure, and enemies of Pele, the goddess of volcanoes. They embody the mythical ideas of eternal warfare between heat and cold, fire and frost. They rule the mountains north of Kilauea and dwell in the cloud-capped summits. They clothe themselves against the bitter cold with snow-mantles. They all have the power of laying aside the white garment and taking in its place clothes made from the golden sunshine. Sometimes the 4 maidens clothe the mountain tops and upper slopes with white, which melts as the maidens come down closer to the sea through lands made fertile by streams and sunshine…

Poli’ahu, the best-known among the maidens of the mountains, loved the eastern cliffs of the great island Hawaii. Here she sported among mortals, meeting the chiefs in their many and curious games of chance and skill. Sometimes she wore a mantle of pure white kapa and rested on the ledge of rock overhanging the torrents of water which in various places fell into the sea.

It was in those days that Poli’ahu met Pele, the maiden of volcanic fires. Pele loved the “holua”, the race of sleds, long and narrow, coasting down sloping, grassy hillsides. She usually appeared as a woman of wonderfully beautiful countenance and form, a stranger unknown to any of the different companies engaging in the sport.

The chiefs of the different districts of the various islands had their favorite meeting-places for any sport in which they desired to engage. These were sheltered places where gambling reigned, open glades where boxing and spear throwing could best be practiced, coasts where the splendid surf made riding the waves on surfboards a scene of intoxicating delight. Suddenly in their midst appeared a stranger of surpassing beauty. Poli’ahu welcomed her and the races were continued. Some of the legend-tellers think that Pele was angered by the superiority of Poliahu. The ground began to grow warm and Poli’ahu knew her enemy. Pele threw off all disguise and called for the forces of fire to burst open the doors of the subterranean caverns of Mauna Kea. Up toward the mountain she marshaled her fire fountains. Poli’ahu fled toward the summit. The snow-mantle was seized by the outbursting lava and began to burn up. Poliahu grasped the robe, dragging it away and carrying it with her. Soon she regained strength and threw the mantle over the mountain. There were earthquakes upon earthquakes, shaking the great island from sea to sea.. Clouds gathered over the mountain summit at the call of the snow goddess. Farther and farther down the sides the snow mantle unfolded until it dropped on the very fountains of fire. The lava chilled and hardened and choked the flowing burning rivers. Pele’s servants became her enemies. The lava, becoming stone, filled up the holes out of which the red melted mass was trying to force itself. Checked and chilled the lava streams were beaten back into the depths of Mauna Loa and Kilauea.

Poli’ahu in legendary battles has met Pele many times. She has kept the upper part of the mountain desolate under her mantle of snow and ice; but down toward the sea most fertile and luxuriant valleys and hillside slopes attest the gifts of the goddess to the beauty of the land and the welfare of men.

Out of Mauna Loa, Pele has stepped forth again and again, and has hurled eruptions of mighty force and great extent against the maiden of the snow mantle, but the natives say that in this battle Pele has been and always will be defeated. Pele’s kingdom has been limited to the southern half of the island Hawaii, while the snow maidens rule the territory to the north.

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Poli’ahu règne sur le Mauna Kea…

…pendant que Pele surfe sur les vagues de feu du Mauna Loa…

Photos: C. Grandpey

La malédiction de Pélé à Hawaii // Pele’s curse in Hawaii

Il y a quelques décennies, après avoir visité le volcan Kilauea à Hawaii, une amie a rencontré de très sérieux problèmes à son retour à la maison: décès de parents et d’amis proches, tracasseries financières, etc. Elle a attribué ces soucis aux morceaux de lave qu’elle avait recueillis sur le volcan et à «la malédiction de Pélé», une croyance selon laquelle la déesse des volcans de la Grande Île d’Hawaï, jette un sort sur ceux qui osent prélever de la lave sur les îles de l’archipel. Mon amie a décidé d’envoyer ses échantillons de roche à l’adresse qu’elle avait trouvée sur le site du Parc des Volcans, afin qu’ils soient restitués à la déesse. Elle m’a affirmé que sa vie était redevenue normale à partir de ce moment-là.
Chaque année, des centaines de personnes envoient de tels morceaux de lave par la poste ou reviennent à Hawaii afin de rendre la lave à la Grande Île. Ils espèrent ainsi échapper à la malédiction de Pélé en apaisant le courroux de la déesse. Les rangers reçoivent la lave en provenance, entre autres, de France, d’Allemagne, du Japon et d’Australie. Certains ‘voleurs’ de lave reviennent à Hawaii afin de déposer la lave aussi près que possible de l’endroit où ils l’ont trouvée.
Comme beaucoup de mythes, les origines de la malédiction de Pélé sont obscures. Les universitaires hawaïens estiment qu’il n’y a pas vraiment de lien avec la religion locale. Une théorie populaire affirme que dans les années 1940, les rangers qui ne supportaient plus que les touristes prélèvent des morceaux de lave, ont inventé la malédiction pour mettre fin à ce comportement. Les retours de lave ne cessent depuis cette époque et deviennent un casse-tête pour les rangers qui reçoivent des colis presque quotidiennement. Aujourd’hui, les morceaux de lave viennent s’entasser dans un lieu du Parc des Volcans où le public n’a pas accès. Il y en a des milliers, rouges et noirs, déchiquetés et lisses ; certains sont minuscules tandis que d’autres ont presque un mètre de long. Les rangers essayent de convaincre les visiteurs que la malédiction de Pélé n’existe pas et leur rappellent que prélever la lave, ou tout autre élément qui n’est pas vendu dans la boutique du Parc, est illégal.
En ce qui me concerne, je possède quelques échantillons de lave et de sable d’olivine à la belle couleur verte. Je n’ai remarqué aucune malédiction dans ma vie. Lors de ma dernière visite au Kilauea, je pense avoir rencontré Pélé et elle m’a tendu la main, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous…
Source: The Wall Street Journal.

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A few decades ago, after a trip to Kilauea Volcano in Hawaii, a friend of mine encountered a lot of very serious problems once back home: deaths of close friends or relatives, financial problems and so on. She attributed the problems to chunks of lava she had collected on the volcano and thought they were the results of “Pele’s curse”, a widespread belief that Pele, the volcano goddess of Hawaii’s Big Island, will bring bad luck to those who take lava off the islands. She decided to send the rock back. Her fortunes, she said, improved right away.

Each year, hundreds of people mail, fly or hike pieces of lava back to the Big Island, hoping that by returning rocks they snatched, they will break the curse, appease the goddess and end their bad luck. Lava is shipped back from France, Germany, Japan and Australia. Some lava thieves return to Hawaii so they can place the lava as close as possible to where they found it.

Like many myths, the origins of Pele’s curse are murky. Hawaiian scholars agree it has little basis in native Hawaiian religion. One popular theory holds that park rangers in the 1940s, frustrated by tourists who kept making off with pieces of lava, invented the curse. Lava has been flowing back toward the Big Island ever since, becoming a headache for rangers who have to deal with almost daily shipments. Lava is added to a massive pile in a part of the park off-limits to the public. There are thousands of pieces, red and black, jagged and smooth, some tiny and others almost one metre long. Rangers have tried to convince visitors the curse isn’t real and remind them that taking lava, or anything not sold in the gift shop, from the park is illegal.

As far as I am concerned, I brought some small pieces of lava and olivine-coloured sand from Hawaii Big Island. I did not notice any curse in my life. During my last visit to Kilauea Volcano, I think I met Pele and nearly shook her hand, as can be seen in this photo…

Source: The Wall Street Journal.

Photo: C. Grandpey