Et si la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental venait à fondre ? // What if the West Antarctica Ice Sheet happened to melt ?

Faisant référence à la réduction de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental il y a 8 000 ans, une étude attire l’attention sur ce qui pourrait arriver aujourd’hui si une fonte semblable se produisait avec le réchauffement climatique actuel et l’énorme élévation du niveau de la mer qui en résulterait inévitablement. .
Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature Geoscience en février 2024, ont analysé une carotte de glace de 600 mètres de long et ont réalisé qu’une partie de la calotte glaciaire s’était amincie de 450 mètres sur une période de seulement 200 ans à la fin du dernier Âge glaciaire.
L’étude est la première à faire état d’une perte de glace aussi rapide quelque part en Antarctique. Même si les scientifiques savaient que la calotte était plus grande à la fin de la dernière période glaciaire qu’aujourd’hui, on ne savait pas exactement à quel moment elle avait rétréci. Il est clair que la calotte glaciaire a reculé et s’est amincie très rapidement dans le passé, avec le risque qu’un tel phénomène se reproduise. Les chercheurs affirment que « si cette calotte glaciaire commence à reculer, elle le fera vraiment très rapidement ».
La fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Elle contient suffisamment d’eau pour faire s’élever le niveau de la mer d’environ 5 mètres, ce qui provoquerait des inondations dévastatrices dans les villes côtières. Le message le plus important véhiculé par l’étude est que la quantité de glace stockée en Antarctique peut changer très rapidement, à un rythme qui serait difficile, voire impossible, à gérer pour de nombreuses villes côtières.
Les carottes de glace constituent des archives de l’atmosphère terrestre. Constituées de couches de glace formées par accumulation de neige et compactées au fil des millénaires, elles contiennent des bulles d’air anciennes ainsi que des contaminants qui témoignent des changements environnementaux au fil du temps. La carotte de glace analysée dans l’étude a été forée sur le Skytrain Ice Rise, situé en bordure de la calotte glaciaire, près du point où la glace commence à flotter et à former la plate-forme glaciaire de Ronne.

 

On peut voir sur cette carte le Skytrain Ice Rise – partie de la plate-forme glaciaire de Ronne – où la carotte de l’étude a été extraite (Source : Université de Cambridge / British Antarctic Survey)

Les scientifiques ont extrait la carotte en 2019. Ils ont ensuite découpé la partie centrale, logé ces échantillons dans des coffrets isothermes à une température de moins 20 degrés Celsius et les ont envoyés au Royaume-Uni par avion, puis par bateau. Une fois au Royaume-Uni, les scientifiques ont mesuré les isotopes d’eau à l’intérieur de la carotte de glace car ils fournissent des informations sur la température du passé. Ils ont également mesuré la pression subie par les bulles d’air emprisonnées dans la glace.
Les chercheurs ont été extrêmement surpris lorsque les données ont révélé la vitesse à laquelle la glace s’était amincie à la fin de la dernière période glaciaire. Ils ont dû vérifier qu’ils n’avaient pas commis d’erreur dans leurs analyses. La calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est particulièrement vulnérable aux changements climatiques car la partie située en dessous du niveau de la mer est en pente descendante. Lorsque aujourd’hui l’eau plus chaude de l’océan Austral pénètre sous le glace, cette dernière peut fondre très rapidement. Il peut se produire un processus incontrôlable, comme celui qui a eu lieu il y a 8 000 ans. Ce qui rend les résultats des observations des scientifiques si alarmants, c’est qu’une fois que cette fonte rapide se produit, rien ne peut l’arrêter.
Les nouvelles données fournies par l’étude contribueront à améliorer la précision des modèles utilisés par les scientifiques pour prévoir comment la calotte glaciaire réagira au réchauffement climatique.

Certains scientifiques font remarquer que l’étude porte sur une période située il y a 8 000 ans où les conditions climatiques étaient différentes ; par conséquent, les résultats ne constituent pas un exemple direct de ce qui pourrait se produire aujourd’hui. Cependant, ils ajoutent que l’étude pourrait donner un aperçu de la manière dont les calottes glaciaires peuvent disparaître.
L’Antarctique occidental est célèbre pour ses immenses glaciers retenus par des plates-formes glaciaires avant d’atteindre l’océan. Parmi eux, le glacier Thwaites fond rapidement (voir mes notes à ce sujet). Une étude de 2022 a indiqué que le glacier ne tient plus « qu’à un fil » avec le réchauffement de la planète.
Source : Université de Cambridge, via CNN.

Les bulles d’air emprisonnées dans la glace donnent de précieuses indications sur le climat du passé (Photo: C. Grandpey)

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Referring to the shrinkage of the West Antarctic Ice Sheet 8,000 yeras ago, a study draws attention to what could happen today if a similar melting occurred with the current global warming and the huge sea level rise that would inevitably follow. .

The authors of the study, published in the journal Nature Geoscience in February 2024, analysed a 600-meter-long ice core and realised that part of the ice sheet thinned by 450 meters over a period of just 200 years at the end of the last Ice Age.

The study is the first direct evidence that shows such a rapid loss of ice anywhere in Antarctica. While scientists knew the ice sheet was bigger at the end of the last Ice Age than today, much less was known about when exactly the shrinking happened. It is clear the ice sheet retreated and thinned very rapidly in the past ; the danger is that it could begin again. The researchers say that “if it does start to retreat, it really will do it very fast.”

The melting of the West Antarctica Ice Sheet could have catastrophic consequences for global sea level rise. It holds enough water to raise sea levels by about 5 meters, which would cause devastating flooding in coastal towns and cities around the world. The key message of the study is that the amount of ice stored in Antarctica can change very quickly, at a pace that would be hard to deal with for many coastal cities.

Ice cores are historical archives of the Earth’s atmosphere. Made up of layers of ice that formed as snow fell and compacted over thousands of years, they contain bubbles of ancient air as well as contaminants that provide a record of environmental changes over millennia. The ice core analyzed in the study was drilled from Skytrain Ice Rise located at the edge of the ice sheet, near the point where the ice starts to float and become part of the Ronne Ice Shelf. Scientists extracted it in 2019, They then cut the core into sections, packed them in insulated boxes kept at minus 20 degrees Celsius, and sent them to the UK via plane then ship. Once in the UK, the scientists measured the ice core’s water isotopes, which provide information on temperature in the past. They also measured the pressure of trapped air bubbles in the ice.

It was a surprise when the data revealed just how quickly the ice had thinned at the end of the last Ice Age, The scientists had to check check that they had not made a mistake with the analysis.The West Antarctic Ice Sheet is particularly vulnerable to climate change, because the land under it is below sea level and slopes downward. When warm water gets underneath, it can melt very fast. It can have a runaway process which happened 8,000 years ago. What makes the results of the scientists’ observations so alarming is that once that runaway happens, there’s really very little that can be done to stop it.

The new data will help improve the accuracy of the models scientists use to predict how the ice sheet will respond to future global warming.

Other scientists caution that the study looked at a period 8,000 years ago when climate conditions were different ; as a consequence, the results are not a direct example of what could happen today. However, they add that the study may offer an insight into the way that ice sheets can collapse.

West Antarctica is famous for its huge glaciersthat are buttressed by an ice shelf before ending up in the ocean. Among them, the Thwaites Glacier is melting rapidly. A 2022 study said the glacier was hanging on “by its fingernails” as the planet warms.

Source : University of Cambridge, via CNN.

Pas-de-Calais : alerte climatique

C’est toujours la même rengaine : « Du jamais vu ! «  avec des scènes de désolation devant les dégâts et des scènes de désespoir au sein de la population. Début janvier 2024, le Pas-de-Calais est à nouveau en état d’alerte face aux risques d’inondations et de crues. L’alerte rouge a de nouveau été déclenchée et des renforts ont été envoyés pour aider les équipes locales.

Crédit photo: AFP

Les médias attirent l’attention du public sur le plus spectaculaire, mais je n’ai guère entendu de reportages mettant le doigt sur la cause de ces inondations : le réchauffement climatique. La hausse globale des températures amènera de telles situation à se reproduire de plus en plus souvent.

Le nouvel An à peine fêté, voilà que ressurgissent les traumatismes de 2023. Le 2 janvier, neufs départements du quart nord-ouest de la France étaient placés en vigilance Orange « pluie et inondations ». Le Pas-de-Calais, quant à lui, est passé en vigilance Jaune pour les inondations et Rouge pour les crues. Météo France prévoyait un nouveau renforcement des pluies, parfois accompagné d’orages. Selon Vigicrues, plusieurs cours d’eau risquaient de sortir à nouveau de leur lit. Ces inondations avaient déjà touché plus de 260 communes en 2023, transformant les rues en torrents et affectant quelque 5 849 logements.

 

Il est intéressant de noter que ces inondations ont lieu avec de faibles coefficients de marée, autour de 40 actuellement. Des coefficients de plus de 100 sont annoncés pour les prochaines semaines, ce qui aura forcément un impact sur le comportement des fleuves côtiers et ralentira leur évacuation vers la mer.

La situation générée par les inondations se complique quand surviennent des restrictions d’eau, des coupures d’électricité et des fermetures d’écoles. La grande question est la suivante : que faut-il faire pour s’adapter ? Avec le réchauffement climatique, on sait que les précipitations vont devenir de plus en plus abondantes. Certains diront qu’il n’y a pas urgence à agir car ce ne sont que deux épisodes d’inondations ponctuels. C’est vrai, mais tous les climatologues de la planète s’accordent pour dire que les inondations des zones côtières sont amenées à se multiplier, et pas seulement dans le Pas-de-Calais. A l’échelle de la planète, on sait que des villes comme Miami, New York ou Hong Kong auront un jour les pieds dans l’eau.

 

Photo: C. Grandpey

L’un des principaux phénomènes physiques expliquant cette situation trouve son origine dans le réchauffement des océans : plus l’eau est chaude, plus l’évaporation est importante et plus l’atmosphère se charge en humidité. Puis toute cette vapeur d’eau passe à nouveau à l’état liquide et s’abat à la surface de la Terre. Le CNRS explique qu’en comparant les modèles d’événements similaires entre 1979 et 2000, on note une augmentation de 1 à 3 millimètres de pluie par jour, soit 15 à 30 % de précipitations supplémentaires. A cela s’ajoute la dilatation des océans dont le volume augmente avec les températures et provoque la hausse de leur niveau. Sans oublier, bien sûr, la fonte de la banquise et des glaciers.

 

D’après Météo-France, le Pas-de-Calais sera l’un des départements les plus touchés par la hausse des précipitations, avec entre 20 et 50 mm de cumuls supplémentaires par an.

Alors quoi faire ? Il est clair que les zones côtières du Pas-de-Calais sont en sursis. Si des inondations majeures devaient se reproduire plusieurs fois par an, il faudrait partir et relocaliser les villages les plus menacés à l’intérieur des terres, à l’abri des eaux.

Le Pas-de-Calais n’est pas le seul département dans ce cas. Les délocalisations de maisons qui se trouvent dans des zones à risque d’inondations sont appelées à augmenter, Même si cette option peut apparaître très dispendieuse, au final, elle pourrait être moins coûteuse pour les gouvernements, les villes, les assureurs et les ménages si l’on tient compte de toutes les répercussions directes et indirectes qu’entraînent les dommages occasionnés par les grandes crues sur les bâtiments, le portefeuille des familles et le moral des occupants.

Les enrochements de plus en plus visibles le long de nos côtes (métropole et outre-mer) montrent la fragilité de nos littoraux. Ainsi, face à l’inéluctable avancée de l’océan qui grignote le trait de côte, la commune de Lacanau (Gironde) repense son littoral et ses usages pour maintenir ses activités.

Lacanau, un site menacé par l’océan (photo: C. Grandpey)

Je suis conscient que ce texte ne plaira pas à tout le monde, en particulier aux négationnistes du réchauffement climatique qui rôdent en grand nombre sur les réseaux sociaux. Il ne fait guère de doute – j’espère, bien sûr, me tromper – que de nouvelles inondations à répétition se produiront dans le nord de la France. D’autres littoraux – en Normandie, par exemple – seront confrontés au recul du trait de côte. Si rien n’est fait pour mettre les populations sinistrées à l’abri de ces événements, la situation ne se limitera plus à des dégâts matériels. La santé mentale des populations sera durement affectée Alors, mieux vaut anticiper une catastrophe annoncée.

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Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, en visite à Thérouanne (Pas-de-Calais), a déclaré : « On ne pourra pas partout se dire que c’est en rehaussant chaque année les digues de quelques centimètres, que ça suffira à lutter contre les épisodes climatiques. Regarder la réalité en face, ça peut consister à dire qu’il y a des endroits où il faut qu’il n’y ait (…) plus d’habitations. Ça s’est fait ailleurs en France ». Le ministre aurait-il compris l’urgence de la situation climatique? Même si ce sera une nécessité, force est de reconnaître que vider toute une zone de ses habitations ne sera pas chose facile, pour des tas de raisons. (Source: France Info)

La mort des coraux (suite) // The death of corals (continued)

On le sait depuis plusieurs années : les récifs coralliens sont directement menacés par le réchauffement climatique. La température de l’eau de surface des océans a augmenté en moyenne de 0,5 °C depuis 1860 jusqu’à aujourd’hui. Les prévisions du GIEC annoncent une augmentation de la température moyenne de l’air de 1,5 °C d’ici 2100. Or, on sait que ces prévisions sont souvent en retard par rapport à la réalité sur le terrain.

Les récifs coralliens sont très sensibles aux changements de températures du fait de leur faible capacité d’adaptation. Une augmentation de un à deux degrés Celsius des eaux de surface au-delà des maxima habituels sur une durée de deux semaines est suffisant pour provoquer un blanchissement massif, affectant la croissance, l’alimentation et d’autres processus écologiques des récifs.

La limite entre les eaux de surface chauffée par le soleil et les eaux froides des profondeurs est modifiée, ce qui va avoir un impact sur le corail. Normalement, elle est à 40-50 mètres de profondeur. Des plongeurs ont observé que dans les eaux de l’archipel des Chagos, au sud de l’Inde, la limite est passée à 100-120 mètres ce qui fait que les coraux se sont retrouvés dans des eaux avec des températures quasiment de surface. Une différence de température d’un seul degré peut les condamner. La plupart sont déjà à la limite haute de température. Les scientifiques estiment que si on arrive à l’objectif de +1,5°C de hausse des températures, on aura une disparition d’entre 70 et 90 % des coraux.

Parallèlement à la hausse des températures, les coraux sont affectés par la baisse du pH de l’eau des océans. Cette baisse est causée par l’absorption de dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère. L’augmentation du CO2 atmosphérique entraîne l’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone dissout dans l’eau des océans. La résultante est l’acidification de ces eaux.Elle réduit la faculté des coraux à fabriquer leurs squelettes calcaires, ce qui les rend donc beaucoup plus vulnérables à l’érosion.

En quarante ans, 40 % des récifs ont déjà disparu et les scientifiques s’accordent à dire que si rien n’est fait d’ici 2050, la totalité aura disparu. Cette mort annoncée concerne l’ensemble des récifs coralliens de la planète. Un fidèle visiteur de mon blog m’a fait part d’un « carnage » sur les coraux, de Martinique et de Guadeloupe. Dans ces régions, « le fond de la mer ressemble aux montagnes d’hiver, avec du blanc, encore du blanc, toujours du blanc. » D’après les décomptes officiels, 90% des colonies seraient décimées dans ces deux départements d’outre-mer.
Selon un plongeur, « la cause principale, c’est l’eau qui est à 30° ou plus depuis plus de 2 mois en continu. Les coraux tolèrent quelques jours d’échauffement, mais pas une période de stress aussi longue … » Il ajoute que « d’ici quelques semaines, tous les cadavres vont se couvrir d’algues et le vert/brun va devenir la tonalité dominante dans nos eaux … »

Source : presse française et source personnelle.

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We have known it for several years: coral reefs are directly threatened by global warming. Ocean surface temperatures have increased by an average of 0.5°C since 1860. IPCC forecasts predict an increase in average air temperature of 1.5°C by 2100. However, we know that these predictions often lag behind the reality on the firld.
Coral reefs are very sensitive to temperature changes due to their low capacity for adaptation. An increase of one to two degrees Celsius in surface waters beyond typical maxima over a two-week period is enough to cause mass bleaching, affecting reef growth, feeding and other ecological processes.
The boundary between the surface waters heated by the sun and the cold waters of the depths is modified, which will have an impact on the coral. Normally, this boundaey is 40-50 meters deep. Divers observed that in the waters of the Chagos Archipelago, in southern India, the limit increased to 100-120 meters, which meant that corals found themselves in waters with almost surface temperatures. A temperature difference of just one degree can kill them. Most are already at the upper temperature limit. Scientists estimate that if we achieve the objective of +1.5°C increase in temperatures, we will see between 70 and 90% of corals disappear.

Along with rising temperatures, corals are affected by the decreasing pH of ocean water. This drop is caused by the absorption of carbon dioxide (CO2) present in the atmosphere. Increased atmospheric CO2 leads to increased concentrations of dissolved carbon dioxide in ocean water. The result is the acidification of these waters. It reduces the ability of corals to produce their limestone skeletons, which therefore makes them much more vulnerable to erosion.

In forty years, 40% of reefs have already disappeared and scientists agree that if nothing is done by 2050, all of them will have disappeared. This predicted death concerns all of the planet’s coral reefs. A loyal visitor to my blog informed me of a “carnage” on the corals of Martinique and Guadeloupe. In these regions, “the bottom of the sea resembles the winter mountains, with a white environment.» According to official counts, 90% of the colonies are decimated in these two overseas departments.
According to a diver, “the main cause is water that has been at 30° or more for more than 2 months continuously. The corals tolerate a few days of warming, but not such a long period of stress… » He adds that « within a few weeks, all the dead corals will be covered in algae and green/brown will become the dominant tone in our waters… »
Source: French news media and personal source.

Coraux sur l’île de la Réunion (Photo: C. Grandpey)

2023, l’année des records et des inquiétudes // 2023, the year of records and concerns

L’année 2023 n’est pas encore terminée, mais nous savons déjà qu’elle sera remarquable en termes de réchauffement climatique. En plus d’être probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire moderne, elle a été marquée par plusieurs événements inquiétants décrits ci-dessous. Des records ont été battus ; ils ne sont qu’un début si l’humanité ne change pas de cap et ne prend pas les mesures nécessaires pour faire face au réchauffement de la planète.

2023 a enregistré le mois le plus chaud.
Juillet 2023 a été déclaré le mois le plus chaud jamais enregistré par le Copernicus Climate Change Service. La température moyenne de ce mois a battu tous les records. Avec +0,892°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, elle est supérieure au précédent record établi en 2019.
Ces records ont des conséquences désastreuses à la fois sur les populations et sur la planète qui est exposée à des événements extrêmes de plus en plus fréquents et intenses. Selon Copernicus, les températures élevées sont une combinaison du réchauffement climatique anthropique et du phénomène météorologique El Niño. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est plus urgente que jamais. L’action climatique n’est pas un luxe mais une nécessité ».

Températures océaniques record.
Le réchauffement climatique a également provoqué un réchauffement sans précédent des océans. Parallèlement à la température de l’air, la température de l’eau a également atteint un niveau record, avec près de 37 degrés Celsius dans certaines régions. Dans les Keys de Floride, la température de l’eau a atteint 38,3°C, ce qui est probablement un nouveau record du monde. Les scientifiques s’attendent à ce que ce record soit à nouveau battu.
La chaleur de l’eau fait des ravages sur les écosystèmes marins, notamment sur les récifs coralliens. On constate un blanchissement à grande échelle des coraux sur les récifs peu profonds de Floride, et de nombreux coraux sont déjà morts.

Couverture de glace la plus faible en Antarctique.
L’hiver dans l’hémisphère sud correspond à la période où la glace de l’Antarctique est censée se former. Cependant, en 2023, la surface de glace de mer a été la plus faible jamais enregistrée. Elle est sans précédent dans les archives satellitaires. Le précédent record datait de 2022, mais en 2023, la superficie de la glace antarctique est inférieure d’environ 1,6 million de kilomètres carrés à celle de 2022. Le système glaciaire antarctique a toujours été très variable, mais le niveau de variation actuel est si extrême que l’on se rend compte qu’un bouleversement s’est produit au cours des deux dernières années, surtout en 2023, par rapport à aux années précédentes remontant à au moins 45 ans de relevés.
Les températures océaniques plus chaudes affectent probablement les eaux de l’Antarctique, empêchant la formation de glace. La fonte de la glace est un facteur clé de l’élévation du niveau de la mer. Cette même glace sert également à réfléchir la lumière du soleil, contribuant ainsi à réguler les températures globales.

Un réchauffement de plus de 2 degrés.
Les Nations Unies ont mis en garde contre les dangers qu’entraînerait une augmentation de la température de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Nous venons d’avoir un véritable avant-goût de cette température. Le 17 novembre 2023, la planète a brièvement dépassé les deux degrés Celsius de réchauffement, le maximum préconisé par les scientifiques. Le dépassement de cette température pendant une seule journée ne signifie pas que tout est perdu, mais cela rappelle que le climat s’aventurerait en terrain inconnu si un tel événement devait se répéter.
La hausse de la température teste les limites des écosystèmes et des infrastructures. Elle exerce une pression sur les réseaux électriques et peut entraîner la mort dans certaines régions ne disposant pas d’accès aux climatiseurs. Des records de chaleur sont battus avec une régularité alarmante. On remarque qu’ils vont de pair avec les émissions de gaz à effet de serre – CO2 en particulier – qui continuent d’augmenter chaque année et conduisent la Terre vers un point de non-retour.
Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.

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2023 is not over yet, but we already know it will be remarkable as far as global is warming. Beside being probably the hottest year ever recorded in modern history, it was marked by several alarming events which are described here below. Records have been broken ; they are just a beginning if humanity doesn’t change course and doesn’t take the necessary measures to face the warming of our planet. .

2023 has recorded the hottest month ever.

July 2023 was declared the hottest month on record, according to the Copernicus Climate Change Service. The month’s average temperature smashed all records. With +0.892°C above the 1981-2010 average, it was higher than the previous record set in 2019.

These records have dire consequences for both people and the planet exposed to ever more frequent and intense extreme events. According to Copernicus, the high temperatures are a combination of anthropogenic global warming as well as the El Niño weather phenomenon. The World Meteorological Organization insists that « the need to reduce greenhouse gas emissions is more urgent than ever before, Climate action is not a luxury but a must. »

Hottest ocean temperatures.

Climate change has also caused unprecedented ocean warming. Along with global air temperatures, water temperatures also hit a record high, almost reaching 37 degrees Celsius in some locations. In the Florida Keys, the water temperature hit 38.3°C, which could potentially be a new world record. However, scientists expect that the record will likely be broken again.

The water heat is wreaking havoc on marine ecosystems, including coral reefs. There is widespread coral bleaching at shallow reefs in Florida, and many corals have already died.

Lowest Antarctic ice cover.

Winter in the Southern Hemisphere is when Antarctic ice is supposed to form. However, in 2023 the amount of sea ice in the region is hitting a record low by a wide margin. And the Antarctic sea ice extent low is unprecedented in the satellite record. The previous record low was from 2022, but in 2023 the ice level is approximately 1.6 million square kilometers below last year. The Antarctic system has always been highly variable, but the current] level of variation is so extreme that something radical has changed in the past two years, but especially in 2023, relative to all previous years going back at least 45 years.

The warmer ocean temperatures are likely mixing into Antarctic waters, preventing ice from forming. Melting ice is a key factor in sea level rise. Ice also serves to reflect back sunlight, helping to regulate global temperatures.

Passing 2-degree warming.

The United Nations has warned of the dangers of temperatures rising 1.5 degrees Celsius above pre-industrial levels. However, we finally saw a real taste of this temperature. On November 17th, 2023, the planet briefly exceeded two degrees Celsius of warming, the upper maximum of warming cautioned by experts. While exceeding these temperatures by just one day doesn’t mean that all is lost, but it is a reminder that the climate is moving into uncharted territory.

The temperature is testing the limits of ecosystems and infrastructure alike, putting pressure on power grids and making some regions deadly without access to air conditioners. Global temperature records are being broken with alarming regularity, in parallel with greenhouse gas emissions which continue to rise every year and further warming is pushing the planet to several tipping points.

Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.