Les glaciers islandais et le réchauffement climatique // Iceland’s glaciers and global warming

drapeau francaisOn peut lire sur le site Iceland Review un article très intéressant sur la fonte des glaciers dans lequel Tómas Jóhannesson, responsable du groupe de recherche glaciologique au Met Office islandais, donne son opinion sur le phénomène.
Tómas Jóhannesson confirme que les glaciers jouent un rôle de «thermomètre précis » et le réchauffement climatique les affecte de façon évidente. Entre 2009 et 2014 les glaciers du Groenland ont fondu deux fois plus vite qu’entre 2003 et 2009, et trois fois plus vite en Antarctique. Les scientifiques pensent que la fonte des glaciers continuera tant que l’Arctique continuera à se réchauffer. Il ajoute que cette fonte semble être plus rapide là où les glaciers viennent vêler dans la mer, comme c’est le cas avec le Columbia Glacier en Alaska.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente à propos de l’Islande, un effet de la fonte des glaciers est une hausse du niveau des terres car la pression glaciaire diminue. Ce phénomène peut modifier le littoral et avoir un effet sur l’érosion de la mer. Jóhannesson donne l’exemple du port de Höfn, dans le sud de l’Islande, qui devient de moins en moins profond suite au recul du glacier Vatnajökull. On s’attend à ce que la terre se soulève de plus d’un mètre pendant ce siècle, ce qui rendra très problématique l’entrée dans le port. Toutefois, dans les autres régions côtières de l’Islande où la terre n’est pas affectée par les variations de pression glaciaire, le niveau de la mer a tendance à monter, comme cela se produit ailleurs dans le monde.
En ce qui concerne la couverture glaciaire du Groenland, Jóhannesson explique qu’elle se rétrécit et exerce donc moins d’attraction gravitationnelle qu’auparavant sur la mer en direction du Groenland. Il faut probablement s’attendre à ce que la mer se retire dans une certaine mesure du Groenland, ce qui signifie que dans un certain nombre d’endroits le niveau de la mer va baisser ou, du moins, ne montera pas comme ailleurs dans le monde. Ce n’est toutefois pas un réel problème dans la mesure où, au Groenland, la terre descend à pic dans la mer. Il ne devrait donc pas y avoir de conséquences sérieuses pour les ports.
Selon Jóhannesson, la glace fond trente fois plus vite au Groenland qu’en Islande. La calotte glaciaire du Groenland se réduit de 350 m2 par an, soit un dixième de la taille du Vatnajökull. En conséquence, si le Vatnajökull fondait à la même vitesse que la calotte glaciaire du Groenland, il disparaîtrait en dix ans!
Selon Jóhannesson, des recherches approfondies ont été menées sur les effets du changement climatique sur les glaciers islandais. Une étude prédit que le Langjökull, le Hofsjökull et la partie sud du Vatnajökull auront tous disparu d’ici 200 ans. Jóhannesson ajoute que les organismes tels que l’Icelandic Road and Coastal Administration (qui gère les routes et les côtes en Islande) prennent déjà en compte ces prévisions lors de la conception des ports et des infrastructures. De même, la Société Nationale d’Electricité d’Islande conçoit et gère ses centrales hydroélectriques en prenant en compte les variations futures du débit des cours d’eau en provenance des glaciers. Enfin, la fonte des glaciers aura aussi un effet sur les paysages, le tourisme, et de nombreux autres domaines. Comme le dit Jóhannesson, « ces changements nécessiteront un gros effort de planification ».
Vous pouvez lire l’article complet à cette adresse:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2015/10/17/arctic_2015_arctic_warming_twice_as_much_as_elsewhe/

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drapeau-anglaisOn the Iceland Review website, we can read a very interesting article about glacier melting in which Tómas Jóhannesson, glaciological research group leader at the Icelandic Met Office,gives his opinion about the phenomenon.
Tómas Jóhannesson confirms that glaciers act as an accurate ‘thermometer’ and global warming obviously affects them. The years 2009-14 saw twice as much ice melt in Greenland as in 2003-09, and three times as much in Antarctica. Scientists expect this trend to continue as long as the Arctic region continues to warm up. He adds that changes appear to be quickest where glaciers break off into the sea, as is the case with Columbia Glacier in Alaska.
As I put it in a previous note about Iceland, an effect of glacier melting is that land rises when glacial pressure decreases. This can alter the coastline and have an effect on sea erosion. Jóhannesson gives the example of the harbour in Höfn, South Iceland, which is quickly getting shallower as the Vatnajökull glacier recedes. Land is expected to rise by more than one metre this century, which will make entering the harbour considerably problematic. However, in most places in Iceland sea levels are actually rising, since world sea levels are rising and the land is not being altered by changes in glacial pressure.
As far as the Greenland ice sheet is concerned, Jóhannesson explains that the glacier is shrinking and is therefore exerting less of a gravitational pull on the sea towards Greenland than before. It is reasonable to expect the sea to retreat to some extent from Greenland, meaning sea levels will in many places drop or at least not rise as much as they otherwise would. This is not, however, a particular problem since in Greenland the land descends steeply into the sea. These changes will therefore not cause problems for harbours.
According to Jóhannesson, ice is melting in Greenland at thirty times the rate in Iceland. The Greenland ice sheet is shrinking by 350 m2 per year – that is one-tenth of the size of Vatnajökull. This means that if Vatnajökull were melting at the same speed as the Greenland ice sheet, it would be gone in ten years!
According to Jóhannesson, extensive research has been carried out into the effect of climate change on glaciers in Iceland. One study predicts that Langjökull, Hofsjökull and the southern part of Vatnajökull will all have disappeared in 200 years’ time. Jóhannesson explains that the concerned organisations such as the Icelandic Road and Coastal Administration are already taking such factors into account when designing ports and infrastructure. Similarly, the National Power Company of Iceland bases the design and management of its hydropower plants on considerations of changes in glacial run-off. Last but not least, shrinking glaciers also have an effect on the appearance of the land, tourism, and many other factors. Says Jóhannesson: “These changes will require a lot of planning”.
You can read the full article at this address:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2015/10/17/arctic_2015_arctic_warming_twice_as_much_as_elsewhe/

Deux glaciers en sursis:

Vatna-blog

Le Vatnajökull en Islande

Columbia 01

Le Columbia en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

Le réchauffement climatique de l’Islande à la Sibérie // Global warming from Iceland to Siberia

drapeau francais Certes, les glaciers islandais fondent (voir ma dernière note à ce sujet), mais ce qui se passe en Islande peut être relié à ce qui a été observé récemment en Sibérie avec la découverte de sept trous géants dans le sol, d’un diamètre moyen de 75 mètres pour une profondeur de plus de 45 mètres (voir photo ci-dessous). L’un de ces orifices avait plus de 800 mètres de diamètre. Il en existe probablement beaucoup d’autres dans toute l’immensité de la Sibérie.
Différentes théories ont attribué l’existence de ces mystérieux cratères à des impacts de météorites, à des frappes de missiles ou bien à des explosions de gisements de gaz à proximité. Cependant, l’explication la plus probable de ce phénomène semble être le changement climatique. Les températures du sous-sol dans certaines parties de la Sibérie ont augmenté de près de quatre degrés au cours des quinze dernières années. Au fur et à mesure que le pergélisol se réchauffe, il libère du méthane. Le méthane s’accumule puis explose, laissant derrière lui un trou béant.
Ces libérations de poches de méthane sont inquiétantes, qu’elles se soldent ou non par des explosions. Le méthane est un gaz à effet de serre, et sur une base moléculaire, c’est un agent de réchauffement beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone, même s’il ne reste pas très longtemps dans l’atmosphère. Si le pergélisol libère le méthane en raison de la hausse des températures, il pourrait entraîner un effet domino: plus de méthane conduit à plus de réchauffement qui, à son tour, conduit à plus de fonte du sol, et ainsi de suite.
Les trous observés en Sibérie doivent attirer notre attention sur un autre phénomène dans lequel le réchauffement climatique et la géologie peuvent se retrouver liés l’un à l’autre de manière fortuite: Il s’agit des séismes. Ils se produisent généralement le long des limites entre les plaques tectoniques. Toutefois, on a récemment enregistré un nombre anormal de séismes au Groenland. Une théorie largement débattue a attribué ce phénomène à la diminution de la calotte glaciaire du Groenland. Tandis que la calotte glaciaire fond, son poids diminue, permettant le soulèvement du sol qui se trouve en dessous. Le processus, connu sous le nom de soulèvement (ou rebond) isostatique, pourrait bien être responsable de  cette augmentation de l’activité sismique.
Cela nous ramène au début de l’article avec ce qui a été observé en Islande. La boucle est bouclée !

Adapté d’un article paru dans The New Yorker.

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drapeau anglais Icelandic volcanoes are melting (see my latest note about this topic) but what is happening in Iceland can be connected to what has recently been observed in Siberia with seven giant holes in the ground, about 75 metres across and more than 45 metres deep (see photo below), including one that is more than 800 metres across. There are probably plenty more in all Siberia.

Theories about the mystery craters have variously attributed them to meteorite impacts, missile strikes or explosions from nearby gas fields. However, the most likely explanation for the phenomenon seems to be climate change. Underground temperatures in parts of Siberia have risen by nearly four degrees in the past fifteen years. As the permafrost warms, it releases methane. The methane builds up until there’s an explosion, which leaves behind a hole.

Whether or not they end in explosions, these methane releases are a serious concern. Methane is a greenhouse gas, and on a molecule-by-molecule basis it is a far more potent warming agent than carbon dioxide, although it doesn’t last as long in the atmosphere. If the permafrost is leaking methane because of rising temperatures, a positive-feedback loop could be taking effect: more methane leads to further warming, which leads to further thawing, and so on.

But the holes in Siberia also point to another, stranger phenomenon. Global warming and geology turn out to be connected in unexpected ways. Concerning earthquakes, they usually occur along tectonic plate boundaries. But recently Greenland has been experiencing an unusually large number of earthquakes. One widely discussed theory attributes this to the shrinking of the Greenland ice sheet. As the ice sheet melts, its weight declines, allowing the land underneath it to rise. The process, which is known as isostatic rebound, may well be responsible for the increase in seismic activity.

This leads us to the beginning of the article with what has been observed in Iceland. We’ve come full circle!

Adapted from an article in The New Yorker.

Siberian-hole

Crédit photo : Service de presse du gouverneur YaNAO / Marya Zulinova