Réchauffement climatique et oiseaux de rivage en Alaska // Global warming and shorebirds in Alaska

drapeau-francaisSelon une étude conduite par des scientifiques de l’Université du Queensland en Australie, et co-écrite par des scientifiques d’Alaska, de Norvège, de Russie et du Danemark, de nombreuses espèces d’oiseaux de rivage qui migrent vers l’Arctique chaque année pour se reproduire vont perdre des étendues importantes de leur habitat estival à cause du changement climatique. Les plus grandes pertes de territoire seront observées en Alaska et dans les régions de la Russie situées de l’autre côté du Détroit de Béring.
En 2070, la hausse des températures provoquée par le changement climatique va faire disparaître une vaste zone de reproduction de l’Arctique pour au moins les deux tiers des 24 espèces d’oiseaux recensées dans une étude publiée dans la revue Global Change Biology. Certaines espèces, comme le pluvier doré Pacifique et le phalarope rouge, sont sur le point de voir disparaître les bonnes conditions de reproduction qu’ils rencontrent dans l’Arctique pendant la période estivale.
L’étude prévoit les conditions d’habitat des oiseaux en fonction de deux scénarios climatiques, l’un optimiste qui suppose que les émissions de gaz à effet de serre vont culminer en 2040 puis diminuer, et un autre scénario de réchauffement plus agressif qui suppose que les émissions de gaz à effet de serre continueront sur leur trajectoire actuelle. Même dans le scénario le moins pessimiste, la majorité des oiseaux étudiés va perdre de vastes territoires de reproduction dans l’Arctique. Dans le cadre du scénario d’émissions plus extrêmes, certains oiseaux comme le bécasseau à échasses et le bécasseau cocorli vont perdre tous leurs habitats propices à la reproduction, et d’autres espèces subiront des pertes de plus de 90 pour cent de territoire.
L’étude ne tient compte que des changements de température. Elle ne prend pas en compte d’autres facteurs liés au climat qui pourraient également avoir une incidence sur les limicoles, tels que le déplacement vers le nord des prédateurs comme les renards roux, et des arbustes que les carnivores utilisent pour se cacher quand ils traquent leurs proies.

La température à elle seule peut modifier les moeurs des oiseaux de rivage migrateurs. Un chercheur nous rappelle que les insectes, dont se nourrissent les oiseaux migrateurs, dépendent en à 100% de la température.
Les migrateurs au long cours, qui ne font pas étape pendant leurs longs voyages, sont plus vulnérables aux perturbations causées par le réchauffement. Parmi les espèces examinées dans l’étude, le bécasseau maubèche, un oiseau qui vole vers la toundra de l’Alaska après avoir hiverné jusqu’en Terre de Feu, est l’un des plus vulnérables.
Les espèces qui font de nombreuses haltes pendant la migration seront peut-être davantage en mesure de s’adapter aux nouveaux schémas de migration provoqués par le changement climatique.

Dans l’ensemble, la partie occidentale de l’Alaska et la partie de la Russie de l’autre côté du détroit de Béring seront probablement les plus sensibles à la perte de l’habitat, tout simplement parce que c’est dans ces régions que vit le plus grand nombre d’espèces. .
Si la perte d’habitat est une menace qui plane sur les oiseaux de rivage de l’Arctique, un autre problème doit également être pris en compte : le niveau élevé de mercure observé chez certaines espèces. Une étude des oiseaux qui nichent dans la région de North Slope et dans le delta du Yukon a révélé des concentrations de mercure potentiellement inquiétantes dans le sang de certaines espèces nichant près de Barrow. Selon cette étude, ces concentrations sont suffisamment élevées pour entraîner des problèmes de reproduction.

La dernière étude établit un parallèle avec les conclusions d’un rapport publié en 2014 par le Fish and Wildlife Service qui avait répertorié les concentrations de mercure chez les limicoles nicheurs au vu des sites allant de la région de Nome jusqu’à l’île Bylot dans le Nunavut, en Arctique canadien. Sur les 2478 échantillons prélevés en 2012 et 2013, ceux de la région de Barrow avaient les niveaux de mercure les plus élevés.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a study led by scientists at Australia’s University of Queensland and co-authored by scientists in Alaska, Norway, Russia and Denmark, many species of shorebirds that migrate to the Arctic each year to breed their young will lose substantial amounts of their summer habitat to climate change. The biggest losses will be in Alaska and neighbouring parts of Russia.

By 2070, higher temperatures brought on by climate change will eliminate important Arctic breeding habitat for at least two-thirds of the 24 bird species evaluated in a study published in the journal Global Change Biology. Some species, like the Pacific golden plover and the red phalarope, are on track to lose nearly all of the suitable Arctic conditions they use in the summer.

The study projects habitat conditions based on two different climate scenarios, an optimistic one that assumes greenhouse gas emissions will peak in 2040 and then decline, and a more aggressive warming scenario that assumes that greenhouse gas emissions will continue on their current trajectory. Even under the more modest emissions scenario, the majority of the birds studied will lose large amounts of suitable Arctic breeding habitat. Under the more extreme emissions scenario, some birds like the stilt sandpiper and the curlew sandpiper will lose all of their suitable breeding habitats, and other species will suffer losses in excess of 90 percent.

The study considers only temperature changes. It does not consider other climate-related factors that could also affect the shorebirds, such as northward expansion of predators like red foxes and shrubs that carnivores use for hiding when they stalk their prey. Temperature alone can make big differences for migrating shorebirds. A researcher reminds us that insects, which the migratory birds eat, are « totally driven by temperature. »

Long-range migrators are more vulnerable to warming-related mismatches. Among the species evaluated in the study, the red knot, a bird that flies to the Alaska tundra from wintering grounds as far away as Tierra del Fuego at the southern tip of South America, is among the most vulnerable.

Species that make lots of stops along the way might be able to better adjust their migration schedules in response to changing conditions.

Overall, the Beringia area – Alaska and neighbouring parts of Russia – is most susceptible to loss of breeding habitat simply because it has got most of the species now.

If habitat loss looms over Arctic-breeding shorebirds in the future, another problem has emerged in the present: elevated levels of mercury in some species. A separate study of birds nesting on the North Slope and the Yukon River Delta found potentially troubling levels of mercury in the blood of some species nesting near Barrow. According to the results of that study, mean mercury concentrations were high enough to signal possible reproductive problems.

The new study parallels findings in a 2014 report to the Fish and Wildlife Service that catalogued mercury concentrations in breeding shorebirds using sites from the Nome area to Bylot Island in the Arctic Canada territory of Nunavut. Of the 2,478 samples collected in 2012 and 2013, those from the Barrow area had the higher mercury levels.

Source : Alaska Dispatch News.

Migration

 Carte montrant les trajectoires de migration de certains oiseauxau départ de l’Alaska (Source : Northern Alaska Environmental Center)

La pénurie de brise-glaces américains // The shortage of U.S. icebreakers

drapeau-francaisAvec le réchauffement climatique et la banquise qui se réduit comme peau de chagrin, les eaux navigables en Arctique deviennent plus en plus étendues, donc plus difficiles à contrôler. De plus en plus de navires seront nécessaires pour accomplir cette tâche en été, mais aussi en hiver quand les brise-glaces sont nécessaires pour se frayer un chemin à travers la glace de mer.
La présence permanente de la Garde côtière en Alaska correspond à l’esprit entreprenant et aventureux de cet Etat. Alors que l’Alaska célèbre le 226ème anniversaire de sa Garde côtière, il faut garder à l’esprit que cette dernière existe depuis le début de la Nouvelle Frontière. En 1867, lorsque les Etats-Unis ont acheté le territoire, c’est le garde-côte Lincoln qui a transporté la délégation américaine à Sitka pour la cérémonie de transfert de pouvoirs.
Malgré cela, le nombre de gros brise-glaces aux Etats-Unis est actuellement réduit à une seule unité, le Polar Star, qui vient d’avoir 40 ans. C’est le seul navire en service capable de fendre la glace pour assurer un accès permanent en Arctique ou en Antarctique.
Par comparaison, en 1977, la Garde côtière américaine avait sept brise-glaces polaires. Aujourd’hui, la Russie exploite 41 brise-glaces polaires, avec au moins 11 autres prévus ou en construction. Le pays a également lancé ce qui va devenir le plus grand brise-glace nucléaire au monde. La Chine, qui ne possède pas de côtes arctiques, vient d’annoncer qu’elle va commencer la construction d’un brise-glace polaire d’ici la fin de l’année.
Le besoin de brise-glaces se fait de plus en plus pressant avec le recul de la glace de mer qui rend l’Arctique plus accessible au trafic maritime. Le navire de croisière Crystal Serenity va entamer un voyage historique vers le Grand Nord et est en passe de devenir le plus grand navire de croisière à avoir emprunté le Passage du Nord-Ouest. Il est prévu que le navire effectue deux nouveaux voyages l’an prochain. Par ailleurs, les changements subis par l’environnement maritime ont attisé l’exploration des ressources dans des zones auparavant inaccessibles. Cette évolution suppose une amélioration de la sécurité et une meilleure prise de conscience du domaine maritime.
La Garde côtière américaine exécute des missions en Arctique depuis plus de 150 ans. Son rôle est d’assurer la sécurité et la bonne gestion des régions polaires. L’acquisition de nouveaux brise-glaces dignes de ce nom est primordiale pour la poursuite de cette mission.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith global warming and the dwindling icefield, open sea in the Artic is getting larger and larger, thus more difficult to control. More and more ships will be necessary to perform this task in summer, and in winter as well. In winter, icebreakers are necessary to move forward across the sea ice.

A Coast Guard presence in Alaska is a natural complement to the enterprising and adventurous spirit of Alaskans. As the State celebrates the Coast Guard’s 226th anniversary, one should bear in mind that the Coast Guard has been present in Alaska from its start.  In 1867, when the U.S. purchased the territory, it was the cutter Lincoln that carried the U.S. delegation to Sitka for the transfer-of-power ceremony.

However, the Coast Guard’s heavy icebreaker inventory is left to just one single operational vessel, the Polar Star which is 40 years old. It is the only ship in service with the power and icebreaking capability required for assured year-round access to both the Arctic and Antarctic regions.

For comparative measure, in 1977 the Coast Guard had seven polar icebreakers. Today, Russia operates 41 polar icebreakers, with at least 11 more planned or under construction. The country has also launched what will become the world’s largest nuclear icebreaker. China, a non-Arctic nation, just announced they will begin construction of a polar icebreaker by the end of the year.

The need for icebreakers is becoming more and more important as seasonally receding sea ice has made the Arctic increasingly accessible to shipping and traffic. The cruise ship Crystal Serenity is scheduled for a historic voyage to the high North, becoming the largest cruise ship ever to transit the Northwest Passage. Initial planning has begun for two more voyages next year. Additionally, the changing maritime environment is attracting resource exploration in areas previously inaccessible. These new trends means advancing safety and improved maritime domain awareness.

America’s Coast Guard has executed Arctic missions for more than 150 years. Its mission is to ensure the safety, security and stewardship of the polar regions. Acquiring new heavy icebreakers is paramount in continuing this mission.

Source : Alaska Dispatch News.

Cutter Lincoln

Le « Cutter Lincoln » au 19ème siècle…

PolarStar

…et le « Polar Star », seul gros brise-glace aux Etats Unis au début du 21ème siècle!.

(Crédit photo: U.S. Coast Guard)

Les tourbières et le réchauffement climatique // Peat bogs and global warming

drapeau-francaisLes forêts sont réputées pour leur capacité à réguler le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mais les tourbières jouent un rôle important, elles aussi. Elles couvrent environ 3 pour cent de la surface terrestre de la planète, surtout dans les latitudes nordiques, au Canada, en Alaska, en Europe et en Russie.
La tourbe est essentiellement composée de sphaigne et d’autres mousses qui retiennent une grande quantité d’eau et contiennent des éléments qui inhibent la décomposition. La tourbe se forme lentement au fil des siècles parce que la croissance annuelle dépasse la décroissance. Une quantité relativement faible de tourbe est extraite pour un usage domestique, mais la majeure partie reste là où elle est, et comme elle accumule le carbone sur une très longue période, elle contient plus de carbone que tous les arbres et les autres plantes de la planète, et presque autant que l’atmosphère est capable d’en absorber.
Comme les forêts, les tourbières sont menacées par le changement climatique. La hausse des températures peut assécher les tourbières, les rendant plus vulnérables aux incendies, et à une combustion en profondeur. Un feu de tourbe peut se consumer pendant des mois et libérer beaucoup de carbone.
Le monde a déjà subi d’importantes émissions de carbone à cause de la tourbe. Ainsi, en Indonésie l’année dernière, les tourbières ont été asséchées pour satisfaire l’agriculture. Elles sont devenues encore plus sèches à cause du phénomène El Niño et ont brûlé pendant des mois en générant une brume visible depuis l’espace et en provoquant des problèmes de santé à grande échelle. A leur maximum, en septembre et octobre, les feux dégageaient plus de carbone en une seule journée que l’ensemble de l’Union Européenne.
Un souci majeur aujourd’hui est que suite au changement climatique et à d’autres perturbations qui affectent les tourbières, l’ampleur des incendies augmentera, libérant de plus en plus de carbone dans l’atmosphère. Le gigantesque incendie qui a détruit au printemps une grande partie de Fort McMurray au Canada a brûlé des tourbières ainsi que des arbres. En juin, les arbres ne brûlaient plus en dehors de la ville, mais les hommes retournaient la tourbe avec des pelleteuses sur les points chauds où le feu continuait de couver. Dans le grand feu de forêt de mai 2011 qui a ravagé tout un secteur de la ville de Slave Lake dans l’Alberta, la tourbe a continué à brûler pendant l’hiver, et ce sont les pluies de printemps et la fonte de la neige qui sont venues à bout de l’incendie.
La tourbe résiste en général assez bien à la combustion, car la sphaigne, qui est majoritaire dans une tourbière, contient beaucoup d’eau. Malgré tout, le réchauffement, climatique perturbe ce système végétal et génère un cycle vicieux. Quand la tourbe est plus sèche, davantage d’oxygène est fourni aux racines des arbres et d’autres végétaux. Cela favorise leur croissance, ce qui signifie qu’ils utilisent plus d’eau et assèchent encore plus la tourbe. En grandissant, les arbres apportent également plus d’ombre, ce qui favorise la croissance d’autres mousses qui, parce qu’elles retiennent moins l’humidité que la sphaigne, résistent moins bien au feu. Lorsque la tourbière s’enflamme, l’incendie peut prendre de grandes proportions car la combustion se propage plus profondément dans la tourbière.
D’autres activités, comme l’assèchement artificiel des tourbières au profit des arbres ou pour l’exploitation du pétrole et du gaz, peuvent également favoriser les incendies. Normalement, une tourbière se remet lentement d’un incendie, avec l’apparition par étapes de certaines mousses et autres végétaux jusqu’à ce que les sphaignes deviennent majoritaires. Mais un violent incendie peut retarder ou même stopper la convalescence de la tourbière.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisForests are known for their ability to regulate carbon dioxide in the atmosphere, but peatlands play an important role, too. Peatlands cover about 3 percent of the Earth’s land surface, mostly in northern latitudes in Canada, Alaska, Europe and Russia.

Peat is made up of sphagnum and other mosses, which hold a large amount of water and contain compounds that inhibit decomposition. The peat slowly builds up over centuries because the annual growth exceeds the decay. A relatively small amount of peat is mined for domestic use, but most of it stays where it is, and because it accumulates carbon over such a long time, it contains more carbon than is in all the world’s trees and plants, and nearly as much as the atmosphere does.

Like forests, peatlands are threatened by climate change. Warming temperatures can dry out bogs, making them more susceptible to fires, and to deeper, more intense burning. A peat fire, which can smolder like a cigarette for months, can release a lot of carbon.

The world has already had vast releases of carbon from peat, in Indonesia. Last year, bogs that had been drained for agriculture, and were drier because of El Niño-related warmth, burned for months, creating a haze visible from space and causing widespread health problems. At their peak in September and October, the fires released more carbon per day than was emitted by the European Union.

A major worry today is that as climate change and other disturbances affect peatlands, the intensity of fires will increase, releasing more carbon into the atmosphere. The enormous spring wildfire that destroyed much of Fort McMurray in Canada burned bogs as well as trees. In June, the trees were no longer on fire outside the town, but crews were overturning peat with backhoes in an effort to extinguish smoldering hot spots. In a large wildfire in May 2011 that burned in and around the town of Slave Lake in Alberta (Canada), some peat continued to burn through the winter, until spring rains and melting snow finally extinguished it.

Peat is generally resistant to burning, because sphagnum moss, which is dominant in a healthy bog, holds a lot of water. Warming, however, alters the system. Drier peat allows more oxygen to get to the roots of trees and other vegetation. This causes them to grow bigger, which means they use more water, further drying the peat. As trees grow, they also provide more shade, which favors the growth of other mosses that, because they hold less moisture than sphagnum, are less fire resistant. When the bog does catch fire, it may be more severe, with the combustion spreading deeper into the peat.

Other disturbances, like draining bogs to grow trees or to produce oil and gas, can also make a fire more severe. Normally a bog recovers slowly after a wildfire, with certain mosses and other vegetation taking over in stages until sphagnum mosses dominate. But an intense fire can delay or even halt recovery.

Source: Alaska Dispatch News.

Tourbiere

En Irlande et en Ecosse, on utilise encore la tourbe pour se chauffer, et l’eau des tourbières donne une saveur particulière au whisky… (Photo: C. Grandpey)

La population de Shishmaref (Alaska) vote pour la relocalisation du village // The population of Shishmaref (Alaska) votes for the relocation of the village

drapeau-francaisShishmaref est un village de la circonscription de Nome, dans la nord de l’Alaska. Il est situé sur l’Ile Sarichef dans la Mer de Tchouktches, juste au nord du Détroit de Béring. L’Ile Sarichef fait partie d’un ruban insulaire de 100 km de long dont l’histoire humaine et environnementale s’étend sur quelque 2000 ans. La population de Shishmaref s’élevait à 563 personnes au dernier recensement de 2010.

Shishmaref est l’exemple même des effets du réchauffement climatique sur les zones côtières. La hausse des températures a entraîné la fonte de la glace de mer qui, autrefois, protégeait le village des assauts de l’océan pendant les tempêtes. De plus, le permafrost sur lequel le village est bâti fond lui aussi, rendant le rivage beaucoup plus vulnérable à l’érosion. Ces dernières années, le rivage a reculé en moyenne de 3 mètres par an, malgré les remparts de roches mis en place par la population locale. Par le passé, certaines maisons ont chuté dans l’eau et d’autres ont dû être déplacées.

Il faudrait déplacer Shishmaref plus au sud, mais Tin Creek, le site initialement prévu ne convient plus, à cause de la fonte du permafrost. On estime à 180 millions de dollars le coût du déplacement du village et l’Administration Obama a déclaré qu’elle n’était pas en mesure de fournir cet argent.

Le 16 août 2016, Shishmaref a demandé par un vote l’avis de ses 169 électeurs sur le déplacement du village. 89 participants ont dit oui (94, selon la radio locale) et 78 ont dit non. Le vote a été serré car cette décision est un crève-cœur pour ce village de pêcheurs et de chasseurs. En fait, le vote est surtout symbolique, car aucun déplacement n’est prévu dans l’immédiat. Les villageois ont simplement décidé qu’ils devraient partir en cas de danger imminent.

Les habitants de Shishmaref ne sont pas les seuls à être confrontés à ce problème. Au total, 31 communes d’Alaska sont menacées par le réchauffement climatique. Alors qu’une douzaine d’entre elles étudient la possibilité d’un déménagement, la plupart ne pourront pas prétendre, à l’image de Shishmaref, à un financement fédéral.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisShishmaref is a village of the Nome census area, in northern Alaska. It is located on Sarichef Island in the Chukchi Sea, just north of the Bering Strait. Sarichef Island is part of an island strip 100 km long where the human and environmental history spans 2,000 years. The population of Shishmaref was 563 in the last 2010 census.
Shishmaref is a perfect example of the effects of global warming on coastal areas. Rising temperatures caused the melting of sea ice that once protected the village from the assaults of the ocean during storms. In addition, the permafrost on which the village is built is melting too, making it much more vulnerable to shoreline erosion. In recent years, the shoreline has receded by an average of 3 metres per year, despite the rock walls set up by the local population. In the past, some homes fell in the water and others were displaced.
Shishmaref should be moved further south to safer land. However, Tin Creek, the initially planned site is no longer appropriate because of melting permafrost. The cost of moving the village has been estimated at $180 million and the Obama administration said it was not able to provide this money.
On 16 August 2016, Shishmaref asked by a vote the opinion of its 169 voters about displacing the village. 89 participants said yes (94, according to a local radio) and 78 said no. The vote was close as this decision is heart-breaking for this village of fishermen and hunters. In fact, the vote is largely symbolic, since no displacement is expected in the immediate future. Villagers have simply decided that they should go in case of imminent danger.
The people of Shishmaref are not the only ones facing this problem. A total of 31 towns in Alaska are threatened by global warming. While a dozen of them are studying the possibility of a move, most will not be eligible, just like Shishmaref, for federal funding.
Source: International news media.

Shishmaref

Shishmaref, village menacé par le réchauffement climatique (Photo: Wikimedia)