Sakura-jima (Japon)

   L’activité du Sakura-jima reste relativement stable mais intense, surtout au niveau du Cratère Showa. De fortes explosions se produisent parfois, avec des nuages de cendre jusqu’à 3 km d’altitude et des projections de tephra jusqu’à 1,8 km du cratère, comme on peut s’en rendre compte sur les images des webcams enregistrées le 8 février 2013 (voir lien ci-dessous). On observe aussi de temps en temps de l’incandescence au niveau du cratère.

http://www.youtube.com/watch?v=NOf2GPl-8yM

 

   Activity at Sakura-jima is stable but still quite high, mainly at Showa Crater. Strong explosions are observed, ejecting tephra and ash up to 3 km a.s.l. and as far as 1.8 km from the crater, as can be seen on the webcam images recorded on February 8th 2013 (see link below). Crater incandescence is also occasionally detected.

Source: JMA, Tokyo VAAC.

http://www.youtube.com/watch?v=NOf2GPl-8yM

 

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

   L’activité du Kilauea reste stable et intéressante pour ceux qui ont la chance d’être à Hawaii en ce moment.

Au sommet, le lac de lave de l’Halema’uma’u est relativement stable et sa surface se maintient à une trentaine de mètres sous la lèvre du pit crater,  juste en dessous de la terrasse qui se trouve à l’intérieur. Il semble que l’alimentation actuelle ne soit pas assez puissante pour pousser le magma plus haut et qu’un débordement ne soit pas à l’ordre du jour, du moins à court terme.

S’agissant du Pu’uO’o, une lueur émane toujours des sources actives à l’intérieur du cratère qui est maintenant rempli à ras bord. A l’extérieur du cratère et sur le flanc NE du cône, plusieurs coulées de lave continuent à avancer et recouvrir d’anciens épanchements en se dirigeant vers le nord et vers l’est, entre le Pu’uO’o et le Pu’u Kahauale’a.

Des coulées actives sont visibles sur le pali. Un champ de lave d’environ 1 km de largeur est observé sur la plaine côtière avec plusieurs entrées dans l’océan, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du Parc National. A l’ouest de ce champ de lave actif, une coulée d’environ 350 mètres de largeur avance vers la côte en donnant naissance à quelques bouches éphémères.

Source : HVO.

 

   Activity at Kilauea is quite stable and interesting for those who are at Hawaii these days. .

At the summit, Halema’uma’u lava lake is fairly stable just below the inner ledge and about 30 metres below the pit crater’s rim. It seems the current feeding of the volcano is not able at the moment to push the magma upward more intensely and that an overflow will not happen, at least in the short term.

At Pu`u `O`o, glow is visible from the usual sources within the crater which is full to the rim. Outside the crater and across the northeast flank of the cone, multiple lava flow lobes continue to be actively spreading on older flows to the north and east, between Pu`u `O`o and Pu`u Kahauale`a

Lava flows remain active just above the pali. An approximately 1 km-wide lava field can be observed on the coastal plain and is entering the ocean at several locations, both inside and outside the National Park. To the west of this flow, a 350-metre-wide lava flow continues to advance toward the coast and remains active with scattered breakouts.

Source: HVO.

Entree-lava-hawaii

Entrée de la lave dans l’océan (Photo: C. Grandpey)

Image extraite du CD/DVD  « Kilauea, le Feu de la Terre (1996-2011) »

Un test nucléaire en Corée du Nord peut-il déclencher une éruption? // North Korea nuclear test likely to cause an eruption?

   On peut lire sur le site web Russia Today que le troisième test nucléaire prévu par la Corée du Nord pourrait déclencher une éruption du Mont Baekdu, volcan en sommeil situé à 110 km du site d’essais de Punggye-ri. La dernière éruption remonte à 1925 et un géologue sud-coréen estime que le prochain test pourrait avoir un impact direct ou indirect sur l’activité de ce volcan.

La menace d’une éruption se trouve renforcée par plusieurs facteurs comme l’élévation de près de 10 centimètres du sommet du Mont Baekdu depuis 2002 sous la poussée de la chambre magmatique qui sommeille sous l’édifice. De plus, en 2006 un satellite a détecté une augmentation de la température de surface quelques jours après un test nucléaire souterrain effectué par la Corée du Nord dans la partie nord du pays.

Le premier test nucléaire sur le site de Punggye-ri en 2006, avec une énergie dégagée d’environ 1 kilotonne, a généré un séisme de M 3,6. Le test suivant, en 2009, avec une puissance estimée à 2-6 kilotonnes, a produit un séisme de M 4,4 sur l’échelle de Richter. Les observateurs nord-coréens estiment que le troisième test pourrait avoir une énergie dégagée d’environ 20 kilotonnes, soit l’équivalent de la bombe de Nagasaki (21 kilotonnes) en 1945.

Les scientifiques japonais, quant à eux, établissent un lien entre les dernières éruptions du Mont Baekdu et des contraintes souterraines subies par la région. Par exemple, le volcan est entré au moins 6 fois en éruption entre le 14ème et le 20ème siècle et, chaque fois, l’événement faisait suite à un séisme au Japon. Les volcanologues nord-coréens ont observé une activité anormale dans le lac au sommet du volcan après le séisme de M 9 qui a secoué le Japon en mars 2011. A l’époque le Korean Times indiquait que l’eau du lac était très agitée et éclaboussait fortement, avec une augmentation de son niveau de 60 centimètres. Une éruption pourrait entraîner une inondation sur un rayon de 30 km, endommager des structures et mettre en danger la vie des habitants. De plus, la cendre volcanique pourrait causer de fortes perturbations au trafic aérien en Corée, en Chine, en Russie et au Japon, avec de sévères répercussions sur les activités commerciales.

L’article aborde plus ou moins directement le lien entre séismes et volcans. Cette relation n’a jamais été vraiment prouvée. C’est l’un des chevaux de bataille des Japonais qui redoutent que les séismes répétés dans leur pays réveille le vénérable et vénéré Mont Fuji. Jusqu’à présent, il ne s’est rien produit. D’un point de vue personnel, je ne pense pas qu’il existe un lien réel entre séismes tectoniques et éruptions volcaniques.  En revanche, un séisme tectonique puissant est susceptible de fragiliser, voire déstabiliser, un édifice volcanique et provoquer des glissements de terrain.

Dernière minute: La Corée du Nord a indiqué ce matin que le 3ème essai nucléaire venait d’avoir lieu. Il est effectivement plus puissant que les précédents.  Selon l’USGS, le test a provoqué un séisme de M 5.1 à l’ENE de Sungjibaegam, à 1 km de profondeur.

 

   We can read on the website Russia Today that the anticipated North Korean third nuclear test may trigger an eruption of Mt. Baekdu, a dormant volcano located 110 kilometres from the North Korean Punggye-ri nuclear site and whose last activity dates back to 1925. According to a South Korean geologist, the nuclear test will probably exert a direct or indirect impact on volcanic activity at the mountain.

Backing the scenario of the growing eruption threat is the changing height of Mt. Baekdu. It has risen nearly 10 centimeters since 2002 due to the expanding magma chamber beneath the edifice. Moreover, in 2006 a satellite detected an increase of the surfaces temperature just days after North Korea conducted an underground nuclear test in its northern territory.

The first nuclear test conducted in Punggye-ri in 2006, with an explosive yield of about 1 kiloton, resulted in a magnitude 3.6 tremor. The second test was carried out in 2009 and the yield was estimated at 2-6 kilotons, which led to a tremor with a magnitude of 4.4 on Richter magnitude scale. North Korea watchers speculate that the third test may lead to an explosive yield of about 20 kilotons which could be compared to the 1945 Nagasaki bomb estimated yield of 21 kilotons. .

Meanwhile, Japanese scientists connect previous eruptions of Mt. Baekdu with major subterranean stresses in the region. For instance, it erupted at least six times between the 14th and 20th centuries, and each time it followed an earthquake in Japan. North Korean volcanologists observed abnormal activity at a lake atop the mountain after the March 2011 9.0-magnitude earthquake in Japan. The Korea Times reported the lake’s water was shaking and splashing, causing a 60-centimetre rise. An eruption is likely to cause severe flooding of the neighboring area within a 30-kilometre radius, causing devastating damage of infrastructure and endangering people’s lives. The volcanic ash could affect air traffic in the Koreas, China, Russia and Japan, disrupting business activities.

The article tackles, directly or indirectly, the question of the link between earthquakes and volcanoes. This relationship has never been clearly proved. It is one of the Japanese’ favourite topics; indeed, they fear that the very frequent earthquakes that occur in the country might wake up Mount Fuji. Up to now, the old venerable volcano has been indifferent to such seismicity.  As far as I am concerned, I do not believe there exists a real link between tectonic earthquakes and volcanic eruptions. However, a tectonic event may weaken or even destabilize a volcanic edifice and trigger large-scale landslides.

Last minute: North Korea indicates this morning that it has just performed the third nuclear test. It was more powerful than the previous ones. According to USGS, it triggered a M 5.1 earthquake ENE of Sungjibaegam, at a depth of 1 km.

Baekdu-blog

Le Mont Baekdu vu depuis l’espace en avril 2003  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Three Sisters (Oregon / Etats Unis)

   Dans une note émise le 7 janvier 2012, j’attirais l’attention sur le soulèvement du sol dans la région des Three Sisters (Oregon) et plus particulièrement de South Sister. Le dernier rapport de l’USGS indique que la phase de gonflement est maintenant quasiment terminée.
L’inflation avait été repérée sur les images satellites il y a plus de 10 ans et les scientifiques se demandaient alors si elle n’annonçait pas une reprise de l’activité volcanique dans la région. Ils affirment aujourd’hui qu’une éruption est peu probable.
De tels épisodes de gonflement se produisent fréquemment dans les zones volcaniques et cessent au bout de quelques années. Le soulèvement de South Sister a probablement commencé fin 1997 sous la poussée de magma qui se trouve à 6 km de profondeur. Les capteurs installés à l’époque dans tout le secteur montrent que le sol s’est soulevé d’environ 23 cm, sur un diamètre de 16 km. Aujourd’hui, le soulèvement est si faible qu’il est pratiquement indétectable.
South Sister, qui culmine à 3157 mètres est considéré comme un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 2000 ans.

Source: The Oregonian.

 

   In a note edited on January 7th 2012, I drew attention to the uplifting of the ground in the Three Sisters area (Oregon), mainly South Sister. USGS scientists say the bulge has now nearly stopped
The uplift was spotted on satellite imagery more than a decade ago and led scientists to wonder if volcanic activity was ahead, but they now say an eruption is unlikely.
Such bulges are common around volcanoes, and most stop growing after a few years. The South Sister uplift probably started in late 1997, pushed by magma pooling 6 km below the surface. GPS sensors set up all over the area reveal that the ground has risen about 23 centimetres in all. The bulge is about 16 km in diameter. The rate of uplift now is so low that it is almost undetectable.
South Sister, which rises 3,157 m, is considered an active volcano. It last erupted 2,000 years ago.

Source: The Oregonian.

Three-Sisters

South-Sister

Les Three Sisters et South Sister  (Photos: C. Grandpey)