Ubehebe Crater – Vallée de la Mort (Californie) // Death Valley (California)

En Californie, la Vallée de la Mort est la région la plus basse, la plus sèche et la plus chaude d’Amérique du Nord. Son nom lui a été nommé en 1849 par des chercheurs d’or confrontés à cette contrée impitoyable. Ils étaient persuadés que la Vallée serait leur dernière demeure. Dans la partie septentrionale de ce parc national que j’ai parcouru une nouvelle fois le mois dernier, on rencontre une douzaine de petits cratères concentrés dans une zone de trois kilomètres carrés. Le plus spectaculaire de ces volcans est le Ubehebe Crater, maar volcanique de huit cents mètres de diamètre et de deux cent trente cinq mètres de profondeur.

Tout proche, le Little Ubehebe Crater est un petit cône de tuf d’une centaine de mètres de largeur recouvert de dépôts pyroclastiques.

Une route en parfait état atteint un petit parking d’où part un sentier qui permet de faire le tour de ces volcans. Le site se trouve à 750 mètres d’altitude. Une légère brise soufflait au moment de ma visite tandis que le thermomètre n’affichait que 25°C.

On pense que ce volcanisme de la Vallée de la Mort a été causé par une injection de magma qui, rencontrant  des poches d’eau souterraine, a généré des explosions et donné naissance à des maars. Jusqu’à présent, la datation de ce site géologique n’était pas très claire. On pensait que l’Ubehebe, avec ses 800 mètres de diamètre et ses 240 mètres de profondeur, était né environ 4000 ans avant notre ère, ce qui n’est pas si lointain à l’échelle géologique. C’est à peu près l’âge du lac Pavin en Auvergne. Cette hypothèse a été mise à mal en 2012 par des chercheurs du Lamont-Doherty Earth Observatory (Columbia University) qui pensent que l’éruption a été beaucoup plus récente et aurait secoué la Vallée de la Mort il y a seulement 800 ans. Il va de soi qu’à l’échelle géologique c’était hier. Dire que la région est encore active d’un point de vue volcanique serait toutefois aller un peu vite en besogne car il n’existe aucun indice pour le prouver.
Cette nouvelle datation de l’Ubehebe a été effectuée à partir de signatures chimiques qui étaient restée emprisonnées à l’intérieur de petits fragments de roches prélevés à proximité du cratère. Les analyses ont révélé que les roches en question provenaient d’éruptions qui avaient eu lieu environ une fois tous les 1000 ans et que la dernière d’entre elles s’était produite autour de l’année 1300.
Les chercheurs pensent que, si une éruption devait se produire de nos jours, elle serait précédée, plusieurs mois auparavant, par un accroissement de la sismicité et des émissions de vapeur.
Source : Live Science.com.

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In California, Death Valley is the lowest, dryest and warmest region in North America. It was named in 1849 by gold diggers faced with this pitiless land. They were convinced that the Valley would be their last home. In the northern part of this national park that I visited once again last month, there are a dozen small craters concentrated in an area of ​​three square kilometers. The most spectacular of these volcanoes is Ubehebe Crater, a volcanic maar eight hundred meters in diameter and two hundred and thirty five meters deep.
Nearby, Little Ubehebe Crater is a small tuff cone a hundred meters in width covered with pyroclastic deposits.
A road in perfect condition reaches a small parking lot from where a trail allows to make the tour of these volcanoes. The site is 750 meters above sea level. A slight breeze was blowing at the time of my visit while the temperature was only 25°C.
It is believed that this Death Valley volcanism was caused by an injection of magma that, meeting pockets of groundwater, generated explosions and gave rise to maars. Until now, the dating of this geological site was not very clear. It was thought that Ubehebe, with its 800 meters in diameter and its depth of 240 meters, was born about 4000 years before our era, which is not so far on a geological scale. This is about the age of Lake Pavin in Auvergne. This hypothesis was undermined in 2012 by researchers at the Lamont-Doherty Earth Observatory (Columbia University) who believe that the eruption was much more recent and would have shaken Death Valley only 800 years ago. It goes without saying that on a geological scale it was yesterday. To say that the region is still active from a volcanic point of view would however go a little fast in the work because there is no clue to prove it.
This new dating of Ubehebe was made from chemical signatures that had remained trapped inside small fragments of rocks collected near the crater. The analyses revealed that the rocks originated from eruptions that occurred approximately once every 1,000 years and that the latter occurred around the year 1300.
The researchers believe that if an eruption were to occur today, it would be preceded several months before by an increase in seismicity and steam emissions.
Source: Live Science.com.

Voici quelques images de cet ensemble volcanique:

Photos: C. Grandpey

 

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska)

Une nouvelle éruption de type explosif s’est produite à 14h16 (heure locale) le 28 mai sur le Bogoslof. Elle a duré environ 50 minutes et est maintenant terminée. Les images satellites et les rapports de pilotes indiquent que le nuage éruptif a atteint au moins 10000-13 000 mètres d’altitude. Un observateur sur l’île d’Unalaska a déclaré avoir vu un grand nuage en forme de champignons au-dessus du Bogoslof, avec des retombées de cendres à l’ouest de l’île.
Après avoir fait passer le niveau d’alerte au Rouge au moment de l’éruption, l’AVO l’a abaissé à Orange. Cependant, le Bogoslof reste actif et la situation est imprévisible. De nouvelles explosions produisant des nuages de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment.
Source: AVO.

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A new explosive eruption occurred at 14:16 (local time) on May 28th at Bogoslof Volcano. It lasted about 50 minutes and has now ended. Satellite images and pilot reports indicate that the eruptive cloud reached at least 10,000 -13,000 metres a.s.l. An observer on Unalaska Island reported seeing a large white-gray mushroom cloud form over Bogoslof, with ash fallout to the west.

After raising the alert level to Red at the moment of the eruption, AVO has now lowered it to Orange. However, Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time.

Source: AVO.

Eruption du Sakurajima (Japon) // Eruption of Sakurajima Volcano (Japan)

Selon l’Agence Météorologique du Japon, une puissante éruption explosive a secoué le cratère Showa du Sakurajima à 11h01 (heure locale) le 28 avril 2017. Elle a été suivie par plusieurs autres explosions de moindre intensité. C’est le premier événement d’une telle intensité depuis juillet 2016.
Selon le VAAC de Tokyo, le nuage de cendre généré par l’éruption a atteint une altitude de 4,3 km et s’est ensuite étiré vers le sud-est. D’autres explosions ne sont pas exclues dans les prochains jours.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3, ce qui signifie que le volcan est actif et ne doit pas être approché.
Voici une vidéo de l’éruption:
https://youtu.be/EZhMPsaCtF0

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According to the Japan Meteorological Agency (JMA), a powerful explosive eruption occurred at the Showa crater of Sakurajima volcano at 11:01 (local time) on April 28th 2017. It was followed by several smaller eruptions. It is the first event of such strength since July 2016.

According to the Tokyo VAAC, the ash cloud produced by the eruption reached an altitude of 4.3 km and drifted southeast. More explosive eruptions might occur in the future.

The alert level is kept at 3, meaning the volcano is active and should not be approached.

Here is a video of the eruption:

https://youtu.be/EZhMPsaCtF0

Crédit photo: Wikipedia.

 

L’explosion sur l’Etna : Recherche des responsables // The explosion on Mt Etna: Who is to blame?

En Italie, c’est comme en France : une fois survenu un problème, il faut trouver des responsables ! Le problème en question, c’est l’explosion phréatique (ou phtréato-magmatique) qui a blessé une douzaine de personnes sur l’Etna le 16 mars dernier à 2700 mètres d’altitude (voir la description de l’événement dans mes notes précédentes).

Le procureur de Catane a ouvert une enquête sur une éventuelle responsabilité liée à des niveaux de sécurité. Pour le moment, aucun responsable n’est nommément désigné. Selon la presse sicilienne, l’enquête concernerait la définition de la « zone rouge » qui aurait dû être abaissée à une altitude plus basse avant l’accident, ainsi que le rôle des guides de l’Etna pour assurer la sécurité des touristes qu’ils accompagnaient. .

Comme je l’ai indiqué sur les réseaux sociaux, on peut aussi constater que les victimes de l’explosion ne portaient pas de casques au moment où elle s’est produite.

Au final, c’est la Nature et le volcan qui sont responsables, mais personne n’osera jamais les mettre en examen !

Source : ANSA.it. (Merci à Santo Scalia de m’avoir communiqué l’article)

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In Italy, like in France, once a problem occurs, the authorities look for the people to blame! The mostrecent problem is the phreatic (or phreatic-magmatic) explosion that injured a dozen people on Mount Etna on March 16th at an altitude of 2,700 meters (see the description of the event in my previous notes).
The prosecutor of Catania has opened an investigation into possible liability linked to security levels. At the moment, nobody has been namely accused. According to the Sicilian press, the investigation would concern the definition of the « red zone » which should have been lowered to a lower altitude before the accident, as well as the role of the guides of Mount Etna who were supposed to ensure the safety of the tourists they accompanied. .
As I put it on social networks, the victims of the explosion were not wearing helmets at the time it occurred.
In the end, Nature and the volcano are the real culprits, but no one will ever dare to put them under examination!
Source: ANSA.it. (Thanks to Santo Scalia for sending me the article)