Arctique, la guerre du pôle

Il y a quelques jours, j’attirais l’attention sur l’excellent documentaire présenté par la chaîne de télévision France 5 à propos d’Herculanum, l’une des cités romaines détruites par l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère.

Cette fois-ci, c’est un sujet d’actualité que France 5 aborde dans le cadre de son programme « Le monde en face ». Le documentaire – que vous pourrez regarder sur le site de la chaîne jusqu’au 31 décembre 2020 (voir le lien ci-dessous – nous présente « Arctique, la guerre du pôle. »  On retrouve les différents aspects de la lutte pour cette région du monde, tels que je les ai présentés sur ce blog : la hausse incroyable des températures et la fonte irrémédiable de la banquise ; l’accessibilité aux ressources du sous-sol (pétrole, gaz, terres rares) ; l’ouverture du passage maritime du nord-est, sans oublier les intérêts stratégiques et l’approche militaire qui y est liée …

Les grandes puissances ont bien compris l’intérêt à établir une présence dans l’Arctique qui est en train de devenir l’enjeu du siècle, entre stratégie militaire, économie et climat. Le pôle Nord est le champ de bataille d’une nouvelle guerre froide entre la Russie, les États-Unis et la Chine.

Le documentaire pose la bonne question : Qui deviendra le maître de l’Océan Arctique ?

https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/2095283-arctique-la-guerre-du-pole.html

Photo : C. Grandpey

Les Etats-Unis font le forcing dans l’Arctique et se retirent de l’Accord de Paris // The U.S. puts pressure on the Arctic and withdraws from the Paris Agreement

Après le Groenland, c’est au tour de l’Islande d’être convoitée par les Etats-Unis. Katrín Jakobsdóttir, la Première Ministre islandaise, a déclaré qu’il n’était pas question pour l’armée américaine d’établir une présence permanente en Islande ou de construire une nouvelle base militaire dans les fjords de l’Est. C’était une idée émise par l’amiral Robert Burke de la Marine américaine lors d’une conférence de presse à l’ambassade américaine de Reykjavik. Il a suggéré la possibilité pour les avions anti-sous-marins et les forces de soutien d’avoir une présence permanente à l’aéroport de Keflavík. Il a également proposé d’établir des installations portuaires pour la marine américaine dans l’est de l’Islande.

En réponse à ces déclarations, la Première Ministre islandaise a rappelé que l’accord de défense avec les États-Unis et l’adhésion à l’OTAN faisaient partie de la politique de sécurité nationale islandaise. Sur cette base, l’armée américaine dispose de certaines installations à l’aéroport de Keflavík, notamment pour accueillir des avions anti-sous-marins. C’est également sur cette base que des exercices aériens sont régulièrement menés par l’OTAN dans l’espace aérien islandais. Mais tout changement majeur à l’intérieur de cet accord de défense est hors de question.

Source: Iceland Review.

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Le 4 novembre 2020, les Etats-Unis sont officiellement sortis de l’Accord de Paris de 2015 sur le climat. De son côté, Joe Biden a promis de revenir sur cette décision s’il est élu à la tête du pays.

Ratifié par Barack Obama, l’accord avait été rapidement rejeté par Donald Trump, dès 2017. Le président américain avait été contraint d’attendre novembre 2019 pour signifier le retrait américain, puis encore un an pour l’officialisation de cette décision.

Source : Presse internationale.

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After Greenland, it is up to Iceland to be coveted by the U.S. Iceland’s Prime Minister Katrín Jakobsdóttir has stated she considers it out of the question for the US Army to have a permanent presence in Iceland or build a new army base in the East Fjords. I twas a suggestion made by Admiral Robert Burke of the US Navy at a press conference at the US Embassy in Reykjavík. He suggested the possibility of anti-submarine aircraft and support forces having a permanent presence at Keflavík Airport. He also suggested port facilities for the US Navy in East Iceland.

Responding to his statements, Iceland’s Prime Minister said that the defence agreement with the US and membership in NATO are part of Iceland’s national security policy. On that basis, the US military has certain facilities at Keflavík Airport, including to accommodate anti-submarine aircraft. It is also on that basis that exercises in air patrol are carried out by NATO in Icelandic air space on a regular basis. But any substantial change is out of the question.

Source : Iceland Review.

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On November 4th, 2020, the United States officially withdrew from the 2015 Paris Climate Agreement. Joe Biden has promised to reverse this decision if he is elected.

Ratified by Barack Obama, the agreement was quickly rejected by Donald Trump in 2017. The American president was forced to wait until November 2019 to signify the American withdrawal, then another year for the formalization of this decision.

Source: International press.

Aéroport de Keflavk (Source: OTAN)

Climat toujours trop chaud…et on ne fait rien !

Les archives des principales agences climatiques sont maintenant disponibles et on peut donc dresser un bilan des températures globales pour le mois de juin 2020.

Selon la NASA, le mois de juin écoulé a atteint un record de  chaleur avec +0,53°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, à égalité avec 2019. Cela représente +0,93°C au-dessus de 1951-1980 ou +1,21°C au-dessus de 1880-1920.

Pour la NOAA, juin 2020 se situe à la 3ème place avec +0,482°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010.

Copernicus place juin 2020 à la 2ème place avec +0,534°C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, quasiment à égalité avec le record de 2019.

La moyenne des différentes agences montre que juin 2020 se classe en deuxième position avec +0,5°C derrière 2019 (+0,54°C).

Du côté des Etats-Unis, alors que l’épidémie de Covid-19 atteint des sommets et que le sud-est du pays a subi le nuage de sable et autres particules en provenance du Sahara, le National Weather Service Climate Prediction Center s’attend à des températures caniculaires pour l’été 2020 sur la plus grande partie du pays, avec une vague de chaleur digne des années 2011 et 2012.

Les mois passent et les chiffres sont toujours aussi inquiétants. Météo France nous apprend que le premier semestre de l’année 2020 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne nationale de 12,5°C. Il devance très légèrement le premier semestre de l’année 2007 (12,4°C) et le premier semestre 2014 (12,1°C). L’anomalie de température pour le premier semestre 2020 est de +1,8°C » par rapport à la moyenne de référence constatée entre 1981 et 2010. Les mois de janvier, février et avril ont connu les anomalies de températures mensuelles les plus fortes. Le mois de février a été particulièrement doux avec une anomalie de +3,6°C.

Les décisions prises à l’issue de la Convention citoyenne sur le climat sont beaucoup trop vagues et font partie d’une politique générale dont on sait d’avance qu’elle ne mènera à rien de concret. Tant que les lobbies pétroliers, de constructeurs automobiles, de transport routier et maritime, et autres, domineront le monde, rien ne sera fait. On a vu la quasi inutilité des Conferences of the Parties – les célèbres COP – avec à leur tête la COP 21 de Paris dont les promesses ne seront jamais tenues.

L’avenir s’annonce décidément très sombre pour les prochaines générations.

 Prévision des températures et des précipitations aux Etats-Unis pour le mois de juillet (Source : NOAA)

Réchauffement climatique : les côtes américaines ont les pieds dans l’eau // Climate change : Coastal flooding more and more frequent in the U.S.

Avec la fonte des calottes glaciaires et des glaciers, les inondations à marée haute deviennent de plus en plus fréquentes aux États-Unis, et un rapport fédéral publié par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) prévient que la situation va empirer dans les décennies à venir car le niveau des océans va continuer de monter.
Alors que la hausse du niveau de la mer se poursuit, les inondations accompagnées de dégâts qui se produisaient il y a quelques décennies uniquement au moment des tempêtes se produisent désormais plus régulièrement, lors d’une marée de pleine lune ou à l’occasion d’un changement des vents ou des courants.
Bien que le rapport de la NOAA n’en fasse pas état, le niveau des océans augmente principalement en raison du changement climatique. Selon l’Administration américaine, les deux principales causes de l’élévation du niveau des océans dans le monde sont la dilatation thermique causée par le réchauffement de l’océan – à cause des températures de plus en plus élevées – et l’accélération de la fonte des glaciers et les calottes glaciaires.
Rien qu’en 2019 aux Etats Unis, 19 sites le long de la côte est et de la côte du Golfe du Mexique ont établi ou égalé des records d’inondations à marée haute. Les preuves que l’augmentation rapide du nombre d’inondations est liée à l’élévation du niveau de la mer ont commencé à apparaître il y a une vingtaine d’années et sont maintenant évidentes. Le National Weather Service de la NOAA émet de plus en plus de bulletins d’alerte concernant les inondations côtières. Le Service indique que ces inondations deviendront la nouvelle norme si des stratégies innovantes pour leur faire face ne sont pas mises en œuvre et si celles existant déjà ne sont pas améliorées.
En 2019, le sud-est des États-Unis a vu le nombre de jours d’inondation multiplié par trois par rapport à l’an 2000. Par exemple, Charleston, en Caroline du Sud, a connu 13 jours où les inondations ont causé des dégâts, contre deux jours en l’an 2000.
Le long de la côte ouest du Golfe du Mexique, il y a eu cinq fois plus de jours d’inondation. Au Texas, Sabine Pass et Corpus Christi ont connu respectivement 21 et 18 jours d’inondation en 2019, contre un et trois jours en 2000.
D’ici 2030, les projections à long terme prévoient 7 à 15 jours d’inondations à marée haute pour les localités côtières à l’échelle nationale. D’ici 2050, l’eau les envahira pendant 25 à 75 jours. Cela signifie que les niveaux provoqués par les inondations à marée haute deviendront la norme le reste du temps.
Source: USA Today.

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With the melting of the ice sheets and the glaciers, high-tide flooding is becoming more commonplace in the U.S. A federal report released by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) warns that such flooding will worsen in the decades to come as seas continue to rise.

As sea-level rise continues, damaging floods that decades ago happened only during a storm now happen more regularly, such as during a full-moon tide or with a change in prevailing winds or currents.

Although not mentioned in the NOAA report, seas are rising largely because of climate change: According to NOAA, the two major causes of global sea level rise are thermal expansion caused by warming of the ocean – caused by higher and higher temperatures – and increased melting of land-based ice, such as glaciers and ice sheets.

In 2019 alone, 19 locations along the east coast and Gulf coast set or tied records where increasing trends in high-tide flooding have emerged. Evidence of a rapid increase in sea-level rise related flooding started to emerge about two decades ago, and now is very clear. NOAA’s National Weather Service is issuing record numbers of warnings for coastal flooding. The Service indicates that this will become the new normal unless coastal flood mitigation strategies are implemented or enhanced.

In 2019, Southeast U.S. saw a threefold increase in flooding days compared to 2000. For example, Charleston, South Carolina., had 13 days where flooding reached damaging levels, compared to the two days that were typical in 2000.

Along the western Gulf coast, percentage increases were greater than fivefold. In Texas, Sabine Pass and Corpus Christi had 21 and 18 flooding days in 2019, and in 2000 those locations only experienced about one and three days, respectively.

By 2030, long-term projections show seven to 15 days of high-tide flooding for coastal communities nationally. By 2050, it is expected to rise to 25 to 75 days, suggesting high-tide flood levels may become the new high tide.

Source: USA Today.

Impact de la hausse du niveau des océans sur les côtes américaines (Source : USGS)

Miami (Floride) cherche des solutions pour se protéger contre la montée des eaux (Photo : C. Grandpey)