À la fin, c’est toujours l’océan qui gagne !

Sur la côte ouest du Cotentin, la tempête Pierrick du 9 avril 2024 et le coup de vent qui l’a accompagnée ont malmené le cordon dunaire le long du littoral normand. Le sable n’a pas résisté aux assauts des vagues et la dune a de nouveau reculé, de trois à quatre mètres par endroits.

Pourtant, au mois de janvier 2023, la municipalité de Gouville-sur-Mer (Manche) pensait avoir trouvé la solution pour stabiliser les dunes. Elle avait récupéré les sapins de Noël fraîchement jetés pour les déposer au pied des dunes, une expérience qui s’était avérée concluante l’hiver précédent.

Les sapins avaient constitué une armature permettant au sable de s’accumuler et de stabiliser l’ensemble. Le 9 avril, patatras! Les espoirs de consolidation de la dune ont été balayés en quelques heures. La mer a tout disloqué et les sapins flottaient dans une mer démontée.  Les enrochements qui protègent Gouville ont tenu le coup, mais on sait qu’à la longue les vagues parviennent à les déloger en les sapant par en dessous.

Selon le maire de Blainville-sur-Mer, il faudrait pouvoir effectuer des travaux et recharger en sable immédiatement, une mesure qui se heurte à des raisons environnementales, pour la protection des nids, de la faune et de la flore. Selon lui, avec les tempêtes de plus en plus tardives, le cadre réglementaire n’est pas adapté. J’ajouterai à titre personnel qu’il est fort à parier qu’il ne le sera jamais car les tempêtes sont certes tardives, mais aussi de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes.

À Agon-Coutainville, un symbole côtier risque fort de disparaître. La Poulette, une petite cabane posée sur la dune est un marqueur de l’érosion côtière. Il y a quelques décennies, la mer était encore loin.  Aujourd’hui, la Poulette est cernée.et menace culbuter au pied de la dune. Le 9 avril, des enrochements ont été posés à la hâte. Si l’eau venait à créer une brèche, la mer pourrait prendre la digue à revers et menacerait le nord d’Agon-Coutainville.

Les prochaines grandes marées sont prévues après l’été. Il devrait donc y avoir quelques mois de répit, mais les scientifiques ont prévenu que la dune aurait disparu d’ici une dizaine d’années. Je vous l’ai dit : à la fin, c’est toujours l’océan qui gagne !

Source : France 3 Régions / Normandie.

Enrochements pour protéger la cabane de la Poulette (Crédit photo : Ouest-France)

Un parfait exemple de ce qui nous attend // A perfect example of what awaits us

Afin de se protéger des grandes marées et de la hausse du niveau de l’océan que le phénomène occasionne, les habitants de Salisbury, une localité de villégiature pour gens aisés dans le Massachusetts, ont dépensé 500 000 dollars pour ériger une dune de sable censée protéger leurs maisons bâties le long du littoral. Malheureusement pour eux, l’Atlantique n’a pas été impressionné par cette dune et a balayé les 14 000 tonnes de sable en seulement trois jours. Aujourd’hui, la situation est jugée « catastrophique ».

La dune de Salisbury après le ‘balayage’ de la mer (Crédit photo: Business Insider)

Elle met en lumière les risques bien réels du réchauffement climatique qui entraîne non seulement une élévation du niveau de la mer, mais également des tempêtes plus fréquentes et plus violentes. La région a déjà été frappée par plusieurs violentes tempêtes, dont deux au cours du seul mois de janvier. À cette époque, Boston enregistrait certaines des marées les plus hautes jamais observées dans l’histoire de la ville.
Aujourd’hui, avec la hausse des températures et du niveau de la mer, les maisons côtières sont devenues une bombe à retardement. Si les riches ont les ressources nécessaires pour déménager, d’autres, disposant de moins de ressources, n’ont pas autant de chance.

Scène de désolation en Caroline du Sud (Source: EPA)

Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, des dizaines de millions de personnes vivant près des côtes sont exposées à un risque élevé d’inondations en raison de l’impact du réchauffement climatique à l’échelle mondiale. D’ici 2100, 73 millions de personnes pourraient vivre dans des zones présentant un fort risque d’inondation.
Selon l’Environmental Protection Agency, les comtés côtiers des États-Unis sont particulièrement vulnérables. Un ensemble de propriétés côtières estimé à 106 milliards de dollars est susceptible d’être anéanti par les grandes marées d’ici 2050 si les tendances climatiques actuelles se poursuivent.
Afin de faire face aux assauts des vagues, les communautés littorales construisent des barrières, surélèvent des bâtiments et restaurent les habitats côtiers dans le but de protéger les côtes du réchauffement climatique. Malheureusement pour les habitants de Salisbury, 14 000 tonnes de sable n’ont pas suffi à faire face à l’évolution rapide de notre climat.
Source  : Yahoo Actualités.

Il ne faut pas se faire d’illusion, les protections édifiées pour tenter de faire face aux vagues ne sont que temporaires et, à la fin, c’est la mer qui gagne. On a souvent recours aux enrochements. Malheureusement, ces remparts ne peuvent résister aux assauts des vagues pendant les tempêtes de grandes marées. De manière sournoise, la mer pénètre les amas de rochers par en dessous, ce qui déstabilise l’ensemble et le fait s’écrouler. La seule solution est de recommencer à construire le rempart, en sachant qu’un jour ou l’autre il faudra s’avouer vaincu.

Enrochements mis à rude épreuve en sud Bretagne (Photo: C. Grandpey)

S’agissant des dunes, elles ont subi en France les assauts des dernières tempêtes, au point que le cordon littoral a reculé d’une dizaine de mètres sur la côte sableuse de l’Atlantique. Des arbres ont culbuté sur la plage et les oyats, censés retenir la dune, se sont retrouvés les racines à l’air. Il suffit de se promener le long de la côte du côté de La Palmyre ou de La Tranche-sur-Mer pour se rendre compte des dégâts occasionnés par les dernières tempêtes.

Photo: C. Grandpey

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In order to keep away the ocean tides and the rising sea level caused by the phenomenon, residents of Salisbury, an affluent vacation community in Massachusetts spent 500,000 dollars on a sand dune to protect their coastal homes. Unfortunately for them, the Atlantic wasn’t impressed, sweeping away the 14,000 tons of sand in a matter of just three days. Today, the situation is said to be « catastrophic. »

The incident highlights the very real risks of global warming, which has been shown to not only lead to rising sea levels, but more frequent and more ferocious storms as well. The area had already been battered by several fierce storms, including two in January alone. At the time, Boston recorded some of the highest tides ever recorded in the city’s history.

Meanwhile, coastal homes have become a ticking time bomb in light of rising temperatures and sea levels. While the wealthy have the resources to move away, others with fewer resources are not as lucky.

According to the United Nations Development Program, tens of millions of people who live near the coast are exposed to an increased flood risk due to the impact of global warming across the globe. By 2100, 73 million people could live in floodplains that have a high chance of flooding.

Coastal counties in the US are particularly vulnerable, with up to $106 billion worth of coastal property likely being wiped out by rising tides by 2050, according to the Environmental Protection Agency, if current climate trends continue.

In response, communities are constructing barriers, elevating buildings, and restoring coastal habitats with the goal of protecting coasts from global warming. But unfortunately for the inhabitants of Salisbury, 14,000 tons of sand are no match for our rapidly changing climate.

Source : Yahoo News.

We should not be under any illusion, the protections built to try to cope with the waves are only temporary and, in the end, it is the sea that wins the game. We often use riprap. Unfortunately, these ramparts cannot withstand the onslaught of waves during king tide storms. In a sneaky way, the sea penetrates the piles of rocks from below, which destabilizes them and causes them to collapse. The only solution is to start building the rampart again, knowing that one day or another we will have to admit defeat.
Concerning the dunes, in France they have suffered the attacks of the latest storms, to the point that the coastal barrier has retreated by around ten meters on the sandy coast of the Atlantic. Trees toppled onto the beach and the oyats, supposed to hold back the dunes, found themselves with their roots exposed. You just need to walk along the coast near La Palmyre or La Tranche-sur-Mer to see the damage caused by the latest storms.

Réchauffement climatique : L’érosion littorale en France

Par sa violence, l’ouragan Ian a remodelé la côte occidentale de la Floride. Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, c’est au moment des tempêtes, surtout lorsque celles-ci se produisent au moment des grandes marées que les côtes sont les plus menacées. On se rend alors compte de l’impact de la hausse du niveau des océans à cause du réchauffement climatique. La France est bien sûr concernée par cette menace littorale. Il suffit de voir les enrochements mis en place dans de nombreux secteurs de nos côtes pour s’en rendre compte, comme ici à Lacanau (Gironde).

Photo: C. Grandpey

Le nouvel atlas publié par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) montre le changement du littoral français et les effets de l’érosion qui ne cesse de s’accélérer. La mer gagne chaque année du terrain. En 50 ans, elle a grignoté 30 km2 de littoral. Vue du ciel, la France rétrécit, de la Manche à la Méditerranée, en passant par l’Atlantique.

Le gouvernement a dressé une liste de 126 communes particulièrement exposées à l’érosion côtière. On a beaucoup parlé de Soulac-sur-Mer (Gironde) où l’océan a gagné 250 mètres en moins d’un siècle, soit quasiment quatre mètres par an. La montée des eaux a entraîné l’évacuation de la résidence « Le Signal » qui est en passe d’être démolie.

Photo: C. Grandpey

La Tranche-sur-Mer (Vendée) est l’une des communes les plus exposées de France. Les habitants, impuissants, voient la plage disparaître peu à peu. Les digues en bois, autrefois efficaces, ne suffisent plus. C’est pourquoi la municipalité a investi plus de 100 000 euros dans des barrages plus robustes, pour repousser les vagues, mais on sait d’avance qu’ils ne résisteront pas aux tempêtes les plus puissantes. Il suffit de voir la position inconfortable des blockhaus, vestiges de la Seconde Guerre mondiale, pour se rendre compte de la puissance de l’océan.

 

Photo: C. Grandpey

Les médias montrent souvent les falaises d’Étretat pour attirer l’attention sur l’érosion littorale. Elles reculent en moyenne de 20 centimètres par an. Il s’agit d’un phénomène inquiétant et aggravé par le réchauffement climatique. Le 1er janvier 2022, un témoin a filmé un nouvel éboulement spectaculaire Un phénomène impressionnant mais naturel. La côte normande, longue d’environ 150 kilomètres, est victime de l’érosion. De plus en plus visible, elle ronge la terre inexorablement. Les falaises d’Étretat, hautes de 100 mètres en moyenne, sont composées de calcaire. Elles reculent de 20 centimètres, en moyenne, par an. Aujourd’hui, elles sont étudiées de près par les scientifiques, qui analysent les phénomènes liés à l’érosion. Nombre de maisons et de jardins sont désormais trop proches du précipice. Certains logements devront être détruits dans les mois à venir.

Falaises d’ Étretat : Aiguille et Porte d´Aval (Crédit photo: Wikipedia)

Source: IGN, France Info.

Bella et l’érosion de la côte atlantique

La tempête Bella a soufflé sur les départements de la Gironde et des Landes le 28 décembre 2020. Le département des Landes avait été placé en vigilance orange pour vagues et submersion. Quand la mer se déchaîne, le spectacle est impressionnant et attire de nombreux curieux. Si la plupart se tiennent en sécurité sans des lieux élevés, des imbéciles n’hésitent pas à s’approcher des déferlantes, parfois au péril de leur vie, avec mise en danger des sauveteurs qui viendront leur porter secours en aide en cas de problème.

La tempête Bella fait partie de ces tempêtes hivernales qui font reculer le trait de côte. Heureusement, les coefficients de marée étaient relativement faibles (65 – 69) au plus fort de l’événement météo. Ils seront plus élevés, autour de 80 pour le Jour de l’An.

Les autorités et les habitants de la côte redoutent ces tempêtes car les assauts des vagues causent de graves dégâts au littoral et menacent de plus en plus souvent certaines zones habitées.

On connaît l’histoire de l’immeuble « Le Signal » qui a dû être évacué et va être détruit à Soulac-sur-Mar en Gironde. A Lacanau (Gironde), des enrochements sont censés freiner l’ardeur des vagues, mais quand on voit leur violence avec un faible coefficient de marée, on se dit que ces gros blocs ne pèseront pas lourd en cas de tempêtes avec un fort coefficient. L’océan gagne environ deux mètres sur la terre chaque année. La ville balnéaire réfléchit à déplacer 1 200 logements et 120 commerces du front de mer à l’intérieur des terres après 2050.

La situation ne vaut guère mieux à Biscarosse (Landes) où la maire a pris trois arrêtés municipaux « portant injonction d’évacuation en raison d’un péril grave présenté par un risque naturel » le 28 décembre 2020. Ces trois arrêtés concernaient le Grand Hôtel de la Plage et les célèbres « maisons jumelles », des emblèmes de Biscarrosse-Plage, situés en front de mer. La première magistrate de Biscarrosse a expliqué qu’il s’agissait de l’application du principe de précaution avec des »arrêtés municipaux préventifs » pour éviter de faire courir des risques aux occupants des bâtiments concernés. La décision a été prise en raison de l’amplification du phénomène d’érosion engendré par la tempête Bella. La police municipale s’est rendue dans les bâtiments concernés par ces arrêtés portant injonction d’évacuation pour informer les propriétaires ou/et occupants. A noter que Le Grand Hôtel de la Plage n’accueille pas de clients en ce moment en raison de la crise sanitaire.

Voici une petite vidéo montrant la tempête Bella à Lacanau :

https://youtu.be/WRCvJP7uXuY

Enrochements à Lacanau (Photo : C. Grandpey)