L’Arctique a toujours chaud // It is still warm in the Arctic

drapeau-francaisAlors que la majeure partie du nord-est des États-Unis et une grande partie de l’Europe étaient confrontés à des conditions de neige ou de glace, l’Arctique connaissait le phénomène contraire: une période de temps exceptionnellement doux et des températures élevées, pour la troisième fois cet hiver.
Un puissant système de basses pressions dans l’Atlantique nord a contribué à transporter l’air chaud vers le Pôle Nord cette semaine, ce qui a fait monter en flèche les températures dans l’Arctique. Selon les données fournies par l’Institut météorologique danois, le jeudi 9 février, les températures dans la zone au-dessus de 80 degrés de latitude nord avaient dépassé de plus de 11 degrés Celsius la température moyenne pour cette période de l’année. C’est la troisième fois que cela se produit cet hiver dans l’Arctique. En effet, les températures avaient déjà grimpé en flèche à deux reprises en novembre et décembre 2016. Des anomalies similaires ont également eu lieu en décembre 2015 et 2014.
Il n’y a plus El Niño pour expliquer ces hautes températures et les scientifiques doivent avoir recours à d’autres explications! Ils pensent qu’un certain nombre d’autres facteurs sont responsables du réchauffement, comme le changement climatique et des interactions entre l’air ambiant et la glace de mer dans l’Arctique, que le réchauffement global de la planète fait fondre un peu plus chaque année. La présence de systèmes basse pression n’est pas inhabituelle; ce qui est rare, c’est leur déplacement vers le nord, phénomène auquel on a assisté ces derniers temps. Un article publié en décembre indiquait que ces épisodes de réchauffement anormaux sont enregistrés depuis les années 1950, mais ils ne se produisaient généralement qu’une ou deux fois par décennie et non deux ou trois fois par an comme aujourd’hui.
Les changements intervenus dans l’étendue de la banquise arctique constituent un problème majeur. En raison du réchauffement planétaire, les températures dans l’Arctique augmentent environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et l’une des conséquences est une réduction de la banquise arctique. Ces changements sont plus évidents pendant les mois chauds d’été quand la glace de mer est à son minimum. Dernièrement, les scientifiques ont observé des creux historiques pour les mois d’hiver, époque de l’année où la glace devrait être en expansion.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile much of the Northeast of the US and much of Europe were confronted with snowy or icy conditions, the Arctic experienced the opposite: a period of unseasonably mild weather and high temperatures, for the third time this winter.

A powerful low-pressure system in the northern Atlantic has helped carry warm air up to the north this week, sending temperatures in the Arctic soaring. Data from the Danish Meteorological Institute suggests that, as of Thursday, temperatures in the area above 80 degrees north latitude were already more than 11 degrees Celsius warmer than the average temperature for this time of year. It’s the third such extreme winter-warming event for the Arctic this season – temperatures skyrocketed on two occasions in November and December as well. Similar incidents also occurred in December of 2015 and 2014.

There is no longer El Niño to account for such high temperatures and scientists have to resort to other explanations! They believe that a number of different factors are feeding into these warming events, including the steady march of climate change and interactions between the air and Arctic sea ice, which global warming is melting a little more each year. The presence of low-pressure systems itself is not unusual; what is uncommon is just how far north some of them have been making it lately. A recent paper published in December indicated that these types of anomalous warming events have been recorded since the 1950s, but they usually only occur once or twice a decade instead of two or three times a year. .

Changes in Arctic sea ice extent are one major issue. As a result of global warming, temperatures in the Arctic are rising at about twice the global average rate, and one of the consequences is a reduction in Arctic sea ice. These changes are most obvious in the warm summer months, when sea ice is at a minimum; but lately, scientists have been observing record lows for the frozen winter months as well, a time of year when the ice is actually expanding.

Source: Alaska Dispatch News.

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Image très révélatrice du réchauffement de l’Arctique

(Source: Université de l’Etat du Maine)

L’Alaska a toujours chaud // Alaska is still warm

drapeau-francaisHabitués à des hivers particulièrement doux ces dernières années, les habitants de l’Alaska, ont eu l’impression que des conditions hivernales normales étaient revenues au cours du mois de janvier 2017. En fait, si le mois a été plus froid et plus neigeux qu’en janvier 2016, les températures sont restées au-dessus de la normale.

La NOAA indique que la température moyenne de janvier a été de -15°C, soit 1°C de plus que la moyenne pour la période 1925 – 200 et 0,2°C de plus que la moyenne pour la période 1981 – 2010.

Dans la partie septentrionale de l’Alaska, le réchauffement du climat reste beaucoup plus sensible. Ainsi, à Utqiavik (anciennement Barrow), le mois de janvier a été le deuxième mois le plus chaud depuis 1920 et la période novembre-janvier a été la plus chaude de tous les temps avec une température moyenne de -15,3°C, soit 6 degrés de plus que la normale pour cette période.

En parallèle, l’étendue de la glace de mer a été la plus faible jamais observée en 38 années de relevés satellitaires.

A noter que le réchauffement s’est poursuivi en février puisque la température à Utqiavik dépassait d’une dizaine de degrés celles normalement enregistrées dans cette localité à cette époque de l’année. Une température de -3,3°C a même été enregistrée le 2 février 2017.

Sources : NOAA & National Weather Service.

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drapeau-anglaisAs they have been used to particularly mild winters in recent years, the people of Alaska got the impression that normal winter conditions had returned during January 2017. Actually, if the weather was colder and more snowy than in January 2016, temperatures remained above normal.
NOAA indicates that the average January temperature was -15°C, which is 1°C higher than the average for the period 1925-2002 and 0.2°C above the average for the period 1981-2010.
In the northern part of Alaska, climate warming remains much more obvious. For example, in Utqiavik (formerly Barrow), January was the second warmest month since 1920 and the November-January period was the warmest of all times with an average temperature of -15,3°C, or 6 degrees more than normal for this period.
At the same time, the sea ice extent was the lowest observed in 38 years of satellite records.
It should be noted that the warming continued in February as the temperatures in Utqiavik were more than ten degrees higher than those normally recorded in this munucipality at this time of the year. A temperature of -3.3°C was even recorded on 2 February 2017.
Sources: NOAA & National Weather Service.

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La glace de mer continue à souffrir du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)

Pas de hausse de la sismicité au Canada à cause du changement climatique // No increase in seismicity in Canada because of climate change

drapeau-francaisAvec le changement climatique, certains scientifiques pensent que l’on observera une intensification de l’activité sismique au Canada. Selon eux, la hausse des températures provoque la fonte de grosses masses de glace et des pluies plus abondantes, ce qui pourrait entraîner une activité sismique plus fréquente. Les séismes n’ont rien d’exceptionnel au Canada. Un séisme de M 5,8 a déjà secoué le Nunavut, un événement de M 5.1 a été enregistré au large de la Colombie-Britannique et un tremblement de terre de M 2,7 a secoué la Nouvelle-Écosse.
Toutefois, même si de nombreuses régions du Canada sont sujettes à une activité sismique, la plupart des scientifiques affirment que les Canadiens ne devraient pas trop s’inquiéter car la ville où ils habitent ne deviendra pas subitement un foyer sismique en raison de la hausse de la température. Des séismes sont enregistrés au Canada des milliers de fois chaque année. Grâce à Internet, aux réseaux sociaux et aux applications pour smartphones, les gens peuvent maintenant être tenus informés de l’activité sismique en temps réel. C’est pourquoi beaucoup pensent qu’il y a une augmentation de cette activité, mais ce n’est pas vrai.
En fait, le changement climatique ne devrait pas provoquer davantage de séismes. La plupart des schémas sismiques que nous connaissons appartiennent au 20ème siècle et ont donc été observés pendant une période de changement climatique. Il faut cependant remarquer que dans le nord, les transformations apportées au paysage glaciaire par la hausse des températures se sont accompagnées d’une certaine activité sismique. Le climat plus chaud a provoqué la fonte des glaciers et l’allègement de leur poids de sorte que le sol s’est soulevé lentement. Une  certaine sismicité est susceptible d’accompagner ce phénomène. Il y a quelques semaines, j’ai écrit un article sur l’Islande où une élévation du sol a été observée en suite à la fonte des glaciers, sans sismicité induite par ce phénomène.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

En raison de la présence d’une zone de subduction le long de la côte ouest du Canada  – et non en raison du changement climatique – la Colombie-Britannique peut être secouée par de puissants séismes. De tels événements se produisent avec des intervalles de quelques siècles. Le dernier à a eu lieu le 26 janvier 1700. Selon la Commission Géologique du Canada, il y a 30% de chances pour que le Colombie Britannique connaisse un séisme assez fort pour provoquer des dégâts importants dans les 50 prochaines années.

Source: Médias canadiens.

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drapeau-anglaisWith climate change, some scientists believe seismic activity will become more frequent. They think that warmer temperatures prompting heavy masses of ice to melt, and heavier rains to fall, could trigger that activity. An M 5.8 earthquake has already rattled Nunavut, an M 5.1 event was recorded off the coast of British Columbia, and an M 2.7 magnitude quake shook Nova Scotia.

However, even though many parts of Canada are prone to seismic activity, most experts say Canadians should not worry about their town suddenly becoming a earthquake hot spot due to a warmer atmosphere. Earthquakes rattle Canada thousands of times every year. Thanks to the Internet, social media and applications, people are now more aware of the activity that has always commonly occurred. A lot of people think there is suddenly an increase but it is not the case; it is just because they are getting a lot more coverage than they used to.

Climate change should not cause more earthquakes to happen. All the earthquake patterns that we know of are basically from the last century. So the patterns that we know of are already happening in the climate changing world. However, in the North, adjustments to the changing landscape have prompted some seismic activity. With higher temperatures causing the melting of the glaciers, the weight of those receding glaciers has been lifted so that the ground is slowly moving up, and earthquakes may occur because of that phenomenon. I wrote an article about Iceland where ground uplifting has been observed due to glacier melting but no seismicity was induced by this phenomenon.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

Because of a subduction zone along the coast – and no because of  climate change – British Columbia is prone to large earthquakes. Those massive earthquakes happen every few hundred years. The last one to strike along the British Columbia coast was on January 26th, 1700. According to the Geological Survey of Canada, there is a 30% chance that B.C. will see an earthquake strong enough to cause significant damage in the next 50 years.

Source: Canadian news media.

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Athabasca: glacier canadien à la fonte et au recul impressionnants.

(Photo: C. Grandpey)

Les Alaskiens et le changement climatique // Alaskans and climate change

drapeau-francaisL’Institut de Statistiques de l’Alaska a interviewé en décembre 2016 750 habitants âgés de 18 ans et plus, sélectionnés au hasard, au sujet du changement climatique. 500 entretiens ont été effectués sur des téléphones cellulaires, 250 sur des téléphones fixes. Ils ont été réalisés en fonction des différentes régions de l’Etat, ainsi que des différentes tranches d’âge, et des différentes ethnies
L’enquête a révélé qu’une grande partie des habitants de l’Alaska s’inquiètent du réchauffement ou du changement climatique, même si leurs inquiétudes diffèrent considérablement
Globalement, le sondage a révélé que près de 72 % des Alaskiens s’inquiètent au moins «un peu» du changement climatique, alors que 26,7 % ont dit qu’ils n’ont jamais partagé cette inquiétude.
Au niveau des régions, le sud de l’Alaska, à l’exception d’Anchorage, est le moins inquiet du changement climatique, avec 34,3 % de personnes qui affirment qu’elles n’ont jamais été inquiètes. Très logiquement, 5 % des Démocrates ne sont pas inquiets, tandis que parmi les Républicains, ce nombre est de 45,7 %.
En examinant l’enquête dans le détail, on s’aperçoit que 24% des habitants de l’Alaska s’inquiètent «beaucoup», 24,4% «moyennement», 23,9% «un peu», 26,7% «pas du tout» et 1% n’ont pas vraiment d’opinion sur le sujet.
Comme je l’ai écrit précédemment, j’ai été personnellement surpris des réactions des Américains que j’ai rencontrés dans différentes parties des États-Unis. Bien que la plupart d’entre eux soient conscients du changement climatique, ils ont nié toute responsabilité humaine et attribué le phénomène à un cycle naturel.

Pendant de temps, les glaciers et la banquise continuent de fondre…

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisThe Alaska Survey interviewed in December 2016 750 randomly selected Alaskans aged 18+, randomly selected, about climate change. 500 interviews were conducted on cellphones, 250 on landlines.

The survey revealed that a strikingly large portion of Alaskans worry about global warming or climate change, though they differ significantly in how much they worry.

The poll showed nearly 72 percent of Alaskans worried at least « a little » about climate change, while 26.7 percent said they never did.

Regionally, Southcentral Alaska, not including Anchorage, had the fewest worries about climate change, with 34.3 percent saying they never worried about it. Only 5 percent of Democrats said they never worried about climate change, while among Republicans, that number was 45.7 percent.

Looking at the details of the survey, it appears that statewide 24% worry “a great deal”, 24.4% “a fair amount”, 23.9% “a little”, 26.7% “not at all” and 1% are “not sure”.

As I put it before, I was personally surprised at the reactions of The American people I met in different parts of the U.S. Although most of them were aware of climate change, they denied any human responsibility and attributed the phenomenon to a natural cycle.

Meantime, the glaciers and the icefield keep melting away…

Source: Alaska Dispatch News.

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Résultats du sondage pour l’ensemble de l’Etat d’Alaska

(Source: Alaska Survey Research)