Prévention sismique en Alaska: il reste beaucoup à faire // Insufficient seismic prevention in Alaska

drapeau-francaisLorsque la Maison Blanche a tenu un sommet sur la préparation aux séismes la semaine dernière, l’Alaska était aux abonnés absents. Le 49ème Etat n’a pas été convié, même si les 10 séismes les plus puissants aux États-Unis ont été enregistrés en Alaska, et même si les habitants d’Anchorage venaient de subir une secousse de M 7.1 la semaine précédente.
Cependant, il convient de noter que, même si l’Alaska n’a pas été invité à participer au sommet, le bureau du gouverneur a contacté la Maison Blanche et demandé à participer aux futures réunions traitant de la préparation aux séismes.
La raison la plus importante de cette absence à la Maison Blanche est que l’Etat d’Alaska n’est pas prêt. Son réseau sismique aurait besoin d’être modernisé pour pouvoir prétendre à un système d’alerte précoce.
Le Japon est la référence dans ce domaine. Dans le pays, les portes des casernes de pompiers sont connectées à des capteurs et s’ouvrent automatiquement. Les trains ralentissent automatiquement pour éviter les déraillements. Les usines peuvent arrêter de fonctionner ou désactiver les conduites de gaz. Pendant le séisme de M 9 qui a secoué le Japon en 2011, une alerte a été émise et les trains à grande vitesse qui roulent à plus de 320 km/heure ont ralenti, évitant tout déraillement.
L’Alaska ne possède pas le type d’infrastructure nécessaire qui permettrait de mettre en place un système d’alerte précoce efficace. Contrairement à la Californie et à l’Etat de Washington, les équipements de détection alaskiens ne répondent pas aux normes nationales.
Anchorage est certainement l’une des villes qui devraient déployer en priorité un système d’alerte. En outre, il devrait y avoir suffisamment de stations de détection à travers l’Alaska, ainsi que des sismomètres et des systèmes informatiques performants capables de diffuser un message dès que la terre commence à trembler.
Aucune estimation du coût de l’extension de la surveillance sismique n’a été formulée pour Anchorage, Las Vegas ou d’autres villes sujettes aux séismes, mais qui ne font pas partie des projets de systèmes d’alerte précoce à l’échelle nationale. Le respect des normes officielles coûterait probablement à l’Alaska quelque 7 millions de dollars par an. Il faudrait déjà que l’Etat réponde aux normes du système sismique national, ce qu’il ne fait pas. En ce moment, la National Science Foundation conduit un programme de 40 millions de dollars, avec l’installation de 260 capteurs à travers l’Alaska, à des fins de recherche. Le problème est que ces capteurs seront retirés dans cinq ans, sauf si l’Etat peut trouver de l’argent pour les acheter et les entretenir, au moins dans certaines régions.
Adapté d’un article du journal Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisWhen the White House held a summit on earthquake preparedness last week, Alaska was conspicuously absent. Nobody invited Alaska, even though the 10 largest earthquakes in the United States have been in Alaska and even though the residents of Anchorage had just felt an M 7.1 event the week before.
However, it should be noted that, even if the state of Alaska was not invited to participate in the White House meeting, the governor’s office has been in touch with the White House to express interest in participating in any future earthquake preparedness efforts.
The most important reason for this absence is that Alaska is simply not ready. Its seismic network would need considerable upgrading to be at a position where it could contemplate an early warning system.
Japan is the reference as far as warning systems are concerned: Firehouse doors connected to sensors open automatically. Trains automatically slow down to prevent derailments. Factories can halt operations or turn off gas lines. During Japan’s M 9 earthquake in 2011, the alert went out and bullet trains travelling more than 320 km per hour slowed, avoiding derailment.
Alaska doesn’t have the kind of infrastructure onto which it could build an efficient early warning system. Unlike California and Washington, the state’s detection equipment is not up to national standards.
Anchorage is certainly one of the cities that would need future deployment of an alert system. Besides, there should be enough sensor stations across the state, as well as seismometers and computer systems that operate without any delay, to get the message out when the earth starts moving.
No cost estimate is available yet for expanding earthquake monitoring to Anchorage, Las Vegas or other earthquake-prone cities that are not part of the current plans for early warning systems. Meeting national standards would probably cost Alaska about 7 million dollars annually. But that’s if the state already met the standards of the Advanced National Seismic System, which it doesn’t. Currently, the National Science Foundation is carrying out a $40 million program installing 260 sensors across Alaska for research purposes. The problem is that these sensors will be removed in five years unless the state can find the money to buy and maintain them, at least in part of the state.
Adapted from an article in Alaska Dispatch News.

Seisme anchorage

Sismogramme du séisme de mars 1964 à Anchorage (Source: IRIS)

Réchauffement climatique, encore et toujours! // Global warming, again and again!

drapeau-francaisA propos du changement et du réchauffement climatiques, les températures moyennes du mois de janvier à Anchorage (Alaska) étaient de 5 degrés Celsius au-dessus de la normale et celles de la première moitié de février étaient d’environ quatre degrés Celsius supérieures à la normale. En janvier, selon les statistiques du Service National de Météorologie, l’épaisseur de neige atteignait seulement 10 pour cent de la normale.
Selon ce même National Weather Service, El Nino qui a été très puissant, même s’il a perdu de sa force à son point d’origine dans les régions tropicales du Pacifique occidental, envoie encore la chaleur vers l’Amérique du Nord et du Sud.
Source : Alaska Dispatch News.
Il convient de noter que, comme d’habitude, les services météorologiques des Etats-Unis ne mentionnent pas le rôle joué par l’effet de serre provoqué par les activités industrielles et humaines. La plupart des Américains ont été conditionnés par leur gouvernement à l’idée que le changement climatique est provoqué par des cycles climatiques naturels, mais surtout pas par les activités humaines !

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drapeau anglaisStill about climate change and global warming, average temperatures for January in Anchorage (Alaska) were 5 degrees Celsius above normal and those for the first half of February were about four degrees Celsius above normal. January snow depth was only 10 percent of normal, according to National Weather Service statistics.
According to the national Weather Service, the powerful El Nino pattern, though losing its strength at its point of origin in the tropics of the western Pacific, is still funnelling heat to North and South America.
Source: Alaska Dispatch News.
It should be noted that, as usual, the U.S. Weather Service does not mention the role played by industrial or human-related greenhouse gases. Most Americans have been conditioned by their government that climate change is caused by natural climate cycles, NOT by human activities!

Les leçons du séisme de dimanche à Anchorage // The lessons of Sunday’s earthquake in Anchorage

drapeau-francaisLes sismologues en poste à Anchorage ont remarqué que le séisme de M 7.1 enregistré dimanche matin a secoué les quartiers de la ville de manière très inégale. Cette observation a pu être faite grâce à un vaste réseau de sismographes installés dans toute la ville. Il a été conçu il y a près de 20 ans, installé il y a une décennie et vraiment testé pour la première fois dimanche dernier.
Les instruments montrent que certains quartiers d’Anchorage ont ressenti le séisme de dimanche aussi fortement qu’en 1964. Toutefois, le tremblement de terre de1964 a causé beaucoup plus de dégâts, avec des mouvements du sol beaucoup plus importants et une durée beaucoup plus longue. La secousse de 1964 a duré 4 minutes, un laps de temps suffisant pour liquéfier le sol dans certaines parties de la ville. En revanche, le séisme de dimanche matin a duré seulement 10 à 15 secondes.
Les sismologues savent depuis longtemps que la partie E d’Anchorage a des sols plus résistants et donc plus susceptibles de faire face à des séismes. Par contre, le secteur O de la ville repose sur une couche d’argile très sensible aux séismes et qui peut se liquéfier en cas de secousses très fortes.
Après le séisme de 1964, les ingénieurs et les géologues ont déconseillé la reconstruction de certaines zones de la ville où les sols argileux s’étaient effondrés au cours des glissements de terrain qui avaient emporté des bâtiments. Ils ont réussi à limiter le développement urbain dans des zones à risque de glissement de terrain où le gouvernement fédéral a financé un important projet de stabilisation. Mais les autorités locales n’ont pas toujours écouté les scientifiques et elles ont autorisé la reconstruction dans d’autres secteurs. Ainsi, dans le quartier de Turnagain, où des dizaines de maisons se sont effondrées dans des fractures, ou ont terminé leur course dans l’océan en 1964, de nouvelles maisons, des routes et des services publics ont été construits sur leurs ruines. Plusieurs sismologues ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas de vivre dans ces maisons et qu’ils éviteraient de fréquenter certains bâtiments du centre-ville.
Dans les années 1990, il y a eu un projet visant à installer un réseau d’instruments à Anchorage afin de montrer comment le sol peut avoir un comportement différent selon les endroits. Il était prévu qu’un réseau de 40 sismographes fonctionnerait en continu dans les services d’incendie, dans le sous-sol, dans les zones élevées et dans les parcs, etc. Le financement et l’installation de ce réseau ont pris de nombreuses années. Il a fallu ensuite attendre l’événement sismique qui permettrait d’activer les capteurs de mouvements du sol et de fournir des données détaillées. Cet événement s’est produit dimanche !
L’information donnée par les capteurs permettra de valider les modèles que les ingénieurs utilisent pour concevoir des bâtiments dans un pays exposé aux séismes. Les données pourraient également permettre aux scientifiques de répartir les sols en différentes catégories à travers Anchorage en fonction de leur capacité à accélérer les secousses sismiques. Ces informations pourraient définir des normes de construction dans des zones étroitement définies.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisSeismologists in Anchorage noticed that Sunday morning’s M 7.1 earthquake shook the town neighbourhoods with vastly different force.
This observation could be made thanks to the best urban seismograph network in Alaska, conceived almost 20 years ago, installed a decade ago and receiving its definitive test Sunday.
The instruments show that Sunday some parts of Anchorage experienced a shaking probably as high as during the massive 1964 earthquake that transformed the region. But the 1964 did vastly more damage with massively greater motion and much longer duration. The rupture in 1964 lasted 4 minutes, long enough to liquefy ground in Anchorage. The latest quake lasted only 10 to 15 seconds.
Experts have long known that the east side of Anchorage generally has stiffer soils and bedrock that resist shaking. The west side of town rests on a layer of clay that shakes readily and can turn to liquid with enough shaking.
After the 1964 earthquake, engineers and geologists tried to prevent rebuilding of some areas of the city where clay soils collapsed into slides that took down buildings. The experts succeeded in limiting development on some of the slides where the federal government paid for a massive stabilization project. But the city overruled the experts to allow rebuilding in other areas. In Turnagain, where scores of houses fell into cracks or sank into the ocean, new houses, roads and utilities were built over their ruins. Earthquake experts declared they would not live in those homes and they avoid some buildings downtown.
In the 1990s, there was a project to set up a system of instruments in Anchorage that would show how the ground moves differently over our varied soils. A thick network of 40 seismographs would operate continuously in fire houses, underground in drill holes, in high rises and parks, and elsewhere. The network took many years to fund and build. Then came the long wait for the kind of large earthquake that could activate the strong-motion sensors and give detailed data.
That moment came Sunday.
The information will help validate models that engineers use to design buildings in earthquake country. With extensive study, the data could also allow scientists to designate soils in different areas around town according to how they accelerate seismic shaking. That information could determine building design standards in closely defined zones.
Source : Alaska Dispatch News.

Le Président Obama bientôt en Alaska // President Obama soon in Alaska

drapeau francaisDeux semaines avant une visite à Anchorage où il fera un discours à l’occasion de la Conférence sur l’Arctique le 31 Août, le Président Obama s’est exprimé dans une vidéo dans laquelle il a déclaré que son voyage en Alaska servirait de toile de fond à un message destiné au monde entier au sujet du changement climatique.
Le Président a déclaré dans la vidéo : « En Alaska, les glaciers fondent. La chasse et la pêche dont ont dépendu des générations pour leur mode de vie et leurs emplois sont menacées. […] Avec la fonte du permafrost en Alaska, des maisons s’enfoncent dans le sol. Les trésors naturels donnés par Dieu à cet État sont en danger.»
La Conférence sur l’Arctique à Anchorage réunira des dirigeants du monde entier – des ministres des Affaires Etrangères, des scientifiques et des conseillers politiques de 20 pays – pour aborder le sujet du changement climatique dans l’Arctique. La Maison Blanche n’a pas encore confirmé les détails exacts du voyage d’Obama en Alaska, mais il a l’intention de ne pas limiter sa visite à la seule ville d’Anchorage. Il se rendra probablement dans des endroits qui connaissent les impacts côtiers du changement climatique.
Le Président a également déclaré dans la vidéo diffusée jeudi : « Ce qui se passe en Alaska n’est pas seulement un aperçu de ce qui va nous arriver si nous ne prenons pas des mesures. C’est un appel à réagir. Les sonnettes d’alarme sont en train de retentir. Tant que je serai Président, l’Amérique sera à la tête du monde pour répondre à cette menace, avant qu’il soit trop tard.»

Source: Alaska Dispatch News.
Espérons que le Président Obama est sincère dans ses propos. Il y a quelques jours (le 5 août), j’écrivais une note indiquant que la compagnie pétrolière Shell avait reçu le feu vert de l’administration Obama pour commencer un forage en mer dans le nord-ouest de l’Alaska.
Avec la Conférence de l’Arctique qui se tiendra à la fin du mois d’août – quelques semaines avant la Conférence de Paris – il semble clair que les Etats-Unis veulent prendre l’initiative dans la lutte contre le changement climatique et sont réticents à laisser l’Europe seule à la manoeuvre dans ce domaine. La dernière phrase du discours d’Obama ne laisse aucun doute là-dessus !

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drapeau anglaisTwo weeks before a visit to Anchorage where he will address the Arctic Conference to be held on August 31st, President Obama made a video address in which he declared that he would use his trip to Alaska as the backdrop of a message to the world about climate change.

“In Alaska, glaciers are melting. The hunting and fishing upon which generations have depended – for their way of life, and for their jobs – are threatened. […] As Alaskan permafrost melts, some homes are even sinking into the ground. The state’s God-given natural treasures are at risk,” Obama said in the video address.

The Arctic conference will bring world leaders – including foreign ministers, scientists and policy advisors from 20 countries – to Anchorage to discuss climate change in the Arctic. The White House has not yet confirmed the exact details of Obama’s trip to Alaska, but he does plan to travel outside of Anchorage, likely to places experiencing coastal impacts of climate change.

“Because what’s happening in Alaska isn’t just a preview of what will happen to the rest of us if we don’t take action. It’s our wake-up call. The alarm bells are ringing. And as long as I’m President, America will lead the world to meet this threat, before it’s too late,” Obama said in the video released Thursday.

Source: Alaska Dispatch News.
Let’s hope President Obama is sincere in his declarations. A few days ago (August 5th), I wrote a note indicating that the Shell oil company received a permit from the Obama administration to begin drilling in the sea in Northwest Alaska.

With the Arctic Conference to be held at the end of August – a few weeks before the Paris Conference – it seems clear the U.S. wants to take the initiative in the fight against climate change and is reluctant to let Europe be the leader in that domain. The last sentence of Obama’s speech does not leave any doubt about this!

Source: Alaska Dispatch News.

« En Alaska, les glaciers fondent » (Photo: C. Grandpey)