En Alaska, les ours n’hibernent toujours pas ! // In Alaska, bears are not yet hibernating !

Nous sommes presque à la mi-novembre et il semble que les ours – du moins les grizzlys – n’aient pas encore commencé à hiberner en Alaska. Le réchauffement climatique est probablement la principale cause de ce nouveau comportement. Cependant, il y a un autre facteur à prendre en compte: les déchets. Comme je l’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog, les déchets laissés à l’extérieur des maisons attirent les ours. Tant qu’ils sont capables de trouver quelque chose pour se nourrir, ils n’ont pas vraiment envie d’entrer en hibernation. Un habitant d’Eagle River, non loin d’Anchorage, a vu une ourse accompagnée de ses trois oursons en train de fouiller dans une poubelle à l’extérieur du lycée de cette petite ville. Un oursons avait grimpé sur la poubelle et, un peu plus tard, sa mère était debout sur ses pattes de derrière et poussait la poubelle sur le trottoir enneigé.
Mardi dernier, le lycée d’Eagle River a apposé une note mettant en garde sur la présence fréquente d’ours bruns qui sont en train de devenir une préoccupation pour la sécurité publique. Les autorités locales surveillent maintenant la situation de très près et envisagent éventuellement de tuer les ours.

Le Fish and Game Department réitère son message incitant les gens à sécuriser leurs déchets. Si un ours est attiré par des ordures non protégées, le propriétaire peut recevoir une amende de 310 dollars.
Les ours bruns peuvent être agressifs lorsqu’ils défendent leur nourriture, y compris les détritus, et les gens doivent éviter de s’approcher d’eux. Les habitants sont fortement encouragés à entreposer leurs poubelles à l’intérieur des maisons.
Adapté d’un article paru dans Alaska Dispatch News.

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We are nearly at mid November and it looks as if bears – at least brown ones – have not yet started hibernating in Alaska. Climate change and global warming are probably the main cause of this new behaviour. However, there is another factor that should be taken into account: garbage. As I put it in several posts, the garbage left outside the houses attracts the bears. As long as they are able to feed on something, they don’t really felli like going in hibernation. A resident of Eagle River, not far from Anchorage, could see a brown bear sow meddling with a trash can outside Eagle River High School. One of the three cubs had climbed on top of the can and later, the sow was standing up on its hind legs, dragging it down the snowy sidewalk.

Last Tuesday, Eagle River High School sent out an advisory about the lingering brown bears which are becoming a growing public safety concern. Local authorities are now monitoring the situation very closely with an eye toward possibly destroying the bears.

The Fish and Game Department is reiterating its message that people need to secure their trash. If a bear is attracted to unsecured trash, the resident can receive a $310 fine.

Brown bears can be aggressive when defending food sources, including trash, and people should avoid approaching them. Residents are strongly advised to store their garbage cans inside.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Exemple de poubelle anti-ours (Photo: C. Grandpey)

Les glaciers à Vendôme (Loir-et-Cher) !

J’aurai le plaisir de proposer une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique »  aujourd’hui  vendredi 20 octobre 2017 à 14h30 à la salle polyvalente du Centre de soins André Gibotteau – Boulevard Kennedy à Vendôme (Loir-et-Cher).

Mes propos seront suivis de la projection de « Glaciers d’Alaska, un monde en péril » illustrant la situation glaciaire dans cet Etat.

Livres et CD seront proposés au public à l’issue de la séance.

Glacier Sawyer (Alaska)  [Photo: C. Grandpey}

La fonte du permafrost ferme un aéroport en Alaska // Melting permafrost closes an airport in Alaska

Tununak (320 habitants) est un petit village isolé sur la côte ouest de l’Alaska. Le seul lien avec le monde extérieur est l’avion. Il y a environ un an, Tununak a ouvert un aéroport ultramoderne qui a coûté 19 millions de dollars. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, les compagnies aériennes refusent de l’utiliser. La fonte du permafrost a endommagé la piste et les pilotes ne peuvent pas atterrir en toute sécurité. Le tiers inférieur de la piste est criblé de nids de poule, et maintenant elle commence à s’affaisser. En fait, en raison du changement climatique, c’est tout le site qui s’affaisse sous le poids de l’aéroport.
L’aéroport est fermé depuis le 5 octobre mais on n’a jamais vraiment donné d’explications aux habitants.
Comme la plupart des communautés de l’Alaska qui ne sont pas reliées au réseau routier, Tununak dépend du transport aérien pour son approvisionnement en biens et pour ses services. La fermeture de l’aéroport signifie que l’épicerie ne reçoit plus de marchandise et les gens n’ont pas reçu de courrier depuis plus d’une semaine. Plusieurs personnes âgées s’inquiètent de ne pas recevoir leurs médicaments.
Pour l’instant, les habitants de Tununak traversent la toundra en 4×4 pour aller faire leurs courses et chercher leur courrier à Toksook Bay, à quelques dizaines de kilomètres au sud.
Le Ministère des Transports a décidé d’envoyer un technicien de génie civil à Tununak pour évaluer la situation, mais son vol a été retardé par le mauvais temps. Comme cette visite d’évaluation des dégâts a été retardée, le Ministère des Transports est dans l’incapacité de dire quand la piste de Tununak sera réparée.
Source: Alaska Dispatch News.

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Tununak (pop. 320) is a small and remote village on the western coast of Alaska. The only link with the outside world is the plane. About a year ago, Tununak opened a $19 million, state-of-the-art airport. But now, local airlines are refusing to fly there. The village’s shifting permafrost is buckling the runway, and it is too dangerous for pilots to land on it safely. The lower third of the runway is riddled with potholes, and now it is starting to sink. Beecause of climate change, the melting permafrost is moving under the airport’s weight.

The airport has been effectively shut down since October 5th but residents were not really told what was happening.

Like most Alaska communities off the road system, Tununak relies on air travel for goods and services. The closure of the airport means that groceries are no longer arriving in the local shop and êople have not received mail in over a week or so. Several elderly residents are concerned about receiving their medications.

For now, Tununak residents are driving across the tundra on four-wheelers to pick up groceries and mail in Toksook Bay, a few tens of kilometres to the south.

The Department of Transportation is sending a grader operator to Tununak to assess the situation, but their flights have been delayed by storms. Because their assessment has been delayed, the Department of Transportation does not have a timetable yet for when Tununak’s runway will be fixed.

Source: Alaska Dispatch News.

 

Le réchauffement climatique fait s’effondrer les flancs des montagnes // Mountain slopes collapse because of global warming

Dans une note mise en ligne le 11 septembre, j’indiquais que sous l’effet du réchauffement climatique dans les Alpes, la langue terminale du glacier suisse de Trift, dans le Valais s’était effondrée, sans faire de victimes ni de dégâts.

En juin 2016, tout un pan de montagne de 1 200 mètres de hauteur s’est effondré dans le Parc National de Glacier Bay en Alaska, répandant des matériaux sur environ 20 kilomètres carrés sur le Glacier Lamplugh, et en générant un signal sismique aussi puissant qu’un séisme de magnitude M 5,2.
En 2015, la paroi d’une autre montagne du Parc s’est effondrée elle aussi, avec quelque 220 millions de tonnes de roches qui sont allées d’écraser sur un autre glacier et dans le fjord en dessous. Ce fut le plus grand glissement de terrain non volcanique jamais observé en Amérique du Nord. Il a déclenché un tsunami avec une vague de 180 mètres de hauteur qui a dépouillé de leurs feuilles tous les arbres des montagnes autour. Les scientifiques disent que ces glissements de terrain majeurs doivent être pris au sérieux car ils pourraient devenir une menace pour les navires de croisière et les kayaks qui fréquentent parfois ces fjords.
Une étude des avalanches de roches dans la partie occidentale du Parc National de Glacier Bay a révélé que la probabilité de glissements de roches couvrant environ 5 kilomètres carrés a doublé au cours des cinq dernières années. Au fur et à mesure que le climat s’est réchauffé, les caractéristiques des avalanches de roches dans la région ont changé. Elles sont de plus grande  ampleur et parcourent de plus longues distances. L’étude a examiné les 24 avalanches de roches qui se sont produites de 1984 à 2016 dans la partie ouest du Parc National de Glacier Bay en utilisant des images satellitaires pour la cohérence des mesures au cours des 30 années écoulées.
Selon l’étude, la cause de ces avalanches de roches est le dégel de la glace qui remplit les fissures, les crevasses et les fractures des roches des montagnes. C’est ce qu’on appelle le «permafrost de roche». Ce permafrost aide à maintenir les pentes escarpées dans leur état, de sorte que la fonte, ou seulement l’amollissement, de cette glace déstabilise la roche.
La perte d’épaisseur des glaciers est probablement un autre facteur de déstabilisation. En effet, les glaciers moins épais soutiennent moins bien les pentes des montagnes.
L’étude met en parallèle la taille croissante des avalanches de roches à Glacier Bay et la tendance au réchauffement climatique sur le long terme. Les grandes avalanches ont commencé environ deux ans après que la température maximale annuelle de la zone se soit élevée au-dessus du point de congélation.
La tendance ne se limite pas aux limites du Parc National de Glacier Bay. On observe de tels événements dans toute la région montagneuse du sud-est de l’Alaska et les régions voisines du Canada. Ils sont suivis de près par un système sismique créé par des scientifiques  du Lamont-Doherty Earth Observatory.de l’Université de Columbie Britannique.
Au Groenland en juin 2017, quatre personnes ont été tuées par un tsunami qui a été déclenché par une avalanche de roches dans un fjord. L’événement a généré un signal sismique semblable à celui d’un tremblement de terre de magnitude M 4.1, et une vague de plus de 90 mètres de hauteur a frappé un village de pêcheurs.
Source: Alaska Dispatch News.

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In a note released on September 11th, I indicated that because of global warming in the Alps, the front of the Trift Glacier, in the Swiss province of Valais, had collapsed without killing anybody, nor causing major damage.

In June 2016, a 1,200 metre mountain slope in Glacier Bay National Park collapsed in Alaska, spreading rock over about 20 square kilometres over the Lamplugh Glacier and creating a seismic signal as powerful as a magnitude-5.2 earthquake.

The year before, the face of another park mountain peeled off and sent about 220 million tons of rock and debris crashing onto another glacier and into the fjord below. The biggest non-volcanic North American landslide on record, it triggered a local tsunami that rose to 180 metres and stripped alders off high hillsides. Scientists say these massive rock slides should be taken seriously as they may become a threat to cruise ships and kayakers that sometimes head into wilderness bays.

A study of rock avalanches in the western part of Glacier Bay National Park found that the likelihood of large slides covering about 5 square kilometres has at least doubled in the last five years. As the climate has warmed, characteristics of the region’s rock avalanches have changed. They are bigger, and travelling farther. The study examined the 24 rock avalanches that happened from 1984 to 2016 in western Glacier Bay National Park, and used satellite imagery for consistency in measurements over the three decades.

The likely reason of the rock avalanches, says the study, is thaw of the ice that fills the mountains’ rock cracks, crevices and fractures, referred to as « rock-permafrost. » The rock-permafrost helps hold steep slopes intact, so thaw or even softening of that ice destabilizes the rock.

Glacial thinning is likely a secondary factor. Thinned glaciers are less effective at propping up mountain faces.

The study correlates the increasing size of Glacier Bay rock avalanches to a long-term warming trend. The large avalanches began about two years after the area’s annual maximum temperature shifted above freezing.

The trend extends beyond park boundaries. The whole mountainous region of Southeast Alaska and neighbouring parts of Canada has emerged as a hot spot for such events – now closely tracked by a seismic system created by scientists at Columbia University’s Lamont-Doherty Earth Observatory.

In Greenland in June 2017, four people were killed by a tsunami that was triggered when a rockslide dropped from a mountain slope into a fjord. There, the rockslide creating a seismic signal similar to that of a magnitude-4.1 earthquake, and a wave rising more than 90 metres struck a fishing village.

Source: Alaska Dispatch News.

Vue de l’avalanche de roches dans le Parc national de Glacier Bay le 28 juin 2016, avec la masse de matériaux qui est venue s’échouer à la surface du Lamplugh Glacier.

La photo a été prise par Paul Swanstrom, propriétaire de l’agence Mountain Flying Service, que je salue ici. C’est un pilote hors pair avec lequel j’ai effectué plusieurs survols de la région.