Il se passe toujours quelque chose en Alaska // There’s always something going on in Alaska

Un Boeing 737-700 d’Alaska Airlines est entré en collision avec un ours brun lors de son atterrissage à Yakutat, dans le sud-est de l’Alaska, le 14 novembre 2020. L’animal a été tué et l’avion a subi quelques dégâts. Aucun passager n’a été blessé. L’avion avait décollé de Cordova et devait ensuite faire escale à Juneau.

Le personnel de l’aéroport s’était assuré que la piste était dégagée une dizaine de minutes avant l’atterrissage du vol 66. Les employés n’ont pas repéré d’animaux sauvages lors de leur mission. Pourtant, quand l’avion a commencé à ralentir après l’atterrissage, les pilotes ont aperçu deux ours en train de traverser la piste.

Le pilote a ressenti un impact sur le côté gauche de l’appareil au moment où les ours passaient sous l’avion. Il s’agissait d’une mère accompagnée de son ourson. L’ourse a été tuée mais son petit, âgé probablement d’environ 2 ans, n’a pas été blessé. Le capot du moteur gauche de l’avion a été endommagé et l’aéronef a été contraint de rester à Yakutat le lendemain. Le personnel de l’aéroport de Yakutat a évacué la carcasse de l’ourse qui devait être récupérée par les responsables du Département de la Faune Sauvage en Alaska.

L’aéroport de Yakutat est partiellement fermé par une clôture. Le personnel suit une formation annuelle sur les dangers de la faune et utilise des pièces pyrotechniques ou des véhicules pour éloigner les animaux de la zone en cas de besoin. Dans le passé, des avions ont percuté des cervidés, des oies, et d’autres animaux communs en Alaska, mais c’est la première fois qu’un ours est concerné. En 1987, un avion d’Alaska Airlines a été retardé à Yakutat après qu’un pygargue à tête blanche a laissé échapper en plein vol un saumon qu’il tenait dans ses serres. Le poisson a heurté la vitre du cockpit peu après le décollage de l’aéroport de Juneau. Les techniciens ont repéré le point d’impact grâce à la graisse et quelques écailles, mais aucun dégât n’a été décelé.

Source: Anchorage Daily News.

Nous sommes à la mi novembre et on remarquera que ces grizzlys n’ont toujours pas commencé à hiberner. Avec le réchauffement climatique, l’entrée en hibernation est souvent retardée de plusieurs semaines et il en va de même de la sortie de la période d’hibernation. C’est un moment où la population doit se montrer prudente. En effet, les ours ont faim et ils sont beaucoup plus agressifs.

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An Alaska Airlines Boeing 737-700 struck a brown bear while landing on November 14th, 2020 in Yakutat, SE Alaska, killing the animal and causing some damage to the plane. No one in the plane was hurt. The plane had departed first from Cordova and was scheduled to stop in Juneau next.

Airport crew members had cleared the runway about 10 minutes before flight 66 was expected to land. They did not see any signs of wildlife during the check, but as the plane began to slow after landing, the pilots spotted two bears crossing the runway.

The pilot felt an impact on the left side after the bears passed under the plane. Tne bears xwere a sow with its cub. The sow was killed but its cub, thought to be roughly 2 years old, was uninjured. The left engine cowl of the plane was damaged and the plane remained in Yakutat the next day. Crew members at the Yakutat Airport cleared the bear carcass from the runway, and officials with the Alaska Department of Fish and Game are expected to collect the remains.

The Yakutat Airport is partially enclosed by a fence and employees undergo annual wildlife hazard training and use pyrotechnics or vehicles to herd animals away from the area when needed. In the past, planes have been reported hitting deer, geese, caribou and other animals in Alaska, but this is the first time a bear has been struck by a plane. In 1987, an Alaska Airlines jet was delayed in Yakutat after a bald eagle dropped a salmon from its talons in midair and the fish hit a cockpit window shortly after takeoff from the Juneau airport. Technicians found a greasy spot with some scales, but no damage.

Source: Anchorage Daily News.

It is mid November and one can notice that these grizzly bears still have not started to hibernate. With global warming, the onset of hibernation is often delayed by several weeks, and so is the exit from the hibernation period. This is a time when people need to be careful. Indeed, bears are hungry and they are much more aggressive.

Scène de vie en Alaska… (Photo : C. Grandpey)

Rencontre mortelle avec un ours // Deadly encounter with a bear

Une jeune mère et sa fille de 10 mois ont été tuées par un grizzli à quelques mètres de leur cabane dans le Territoire du Yukon au Canada, à 400 km de Whitehorse, la capitale du Territoire. La femme était professeure de français à l’école primaire de Whitehorse; elle était en congé de maternité avec son enfant. Elle et son partenaire avaient prévu de passer une partie de l’année sur leur ligne de piégeage, une grande parcelle de terre louée par le gouvernement pour piéger des animaux afin de récupérer leur fourrure.
L’homme était sorti pour vérifier les pièges. Sur le chemin du retour, il a été attaqué par l’ours, à une centaine de mètres de la cabine occupée par le couple. Il a tué l’ours, mais lorsqu’il est arrivé à la cabane, il a découvert que l’animal avait déjà tué sa partenaire et leur fille.
Le site web du couple explique que l’homme est guide naturaliste et consultant en cartographie, tandis que la femme s’adonne à l’artisanat et conçoit des produits en fourrure. Leur fille est présentée sur le site, enveloppée dans une fourrure de renard.
Environ 7 000 grizzlis vivent au Yukon, mais les accidents sont rares. La dernière attaque mortelle impliquant un ours dans le Territoire remonte à 2006.
Les grizzlis hibernent généralement d’octobre à avril, mais avec le climat plus doux qui règne dans la région, on a encore observé en novembre de nombreux ours au cours des dernières semaines.
Source: Journaux canadiens.

J’aimerais ajouter deux remarques à cet article:
1) Il est vrai que les attaques d’ours sont très rares au Canada et aux États-Unis. Elles sont généralement dues à l’imprudence des touristes qui se sont aventurée entre une ourse et ses petits. Des attaques peuvent également se produire si les gens passent trop près d’une tanière

Comme on peut le lire dans l’article, il convient également de noter que le réchauffement de la planète modifie l’hibernation des ours. Ils ont tendance à hiberner plus tard dans l’année et à sortir de l’hibernation plus tôt au printemps.
2) L’article précise que l’homme vérifiait des pièges et que le bébé portait une fourrure de renard. Je suis certain que cela choquera beaucoup d’amoureux des animaux. Cependant, ces personnes doivent savoir que le piégeage fait partie de la culture arctique et constitue un moyen de subsistance pour les populations qui vivent loin de tout. Le piégeage et la chasse sont sévèrement contrôlés, notamment en Alaska. On peut voir des magasins de fourrure le long des rues d’Anchorage. Malgré cette tradition, les animaux sauvages sont encore nombreux dans l’Arctique. Les ours, les loups, les orignaux et les renards ne sont pas des espèces en voie de disparition.

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A young mother and her 10-month-old daughter have been killed by a grizzly bear metres from their cabin in Canada’s Yukon Territory, 400km from Whitehorse, the Territory’s capital. The woman was a French immersion teacher at Whitehorse elementary school; she was on maternity leave with her child. She and her partner had planned to spend some of those months on their trap line, a large parcel of land leased from the government to trap animals for fur.

The man had gone out to check the couple’s traps, but on his way back, he was charged by the bear, 100 metres from the couple’s cabin. He shot and killed the bear, but when he reached the cabin he found that it had already killed his partner and their daughter.

The couple’s website describes the man as an outdoor guide and mapping consultant, and the woman as a designer of artisanal fur products. Their newborn daughter is also featured on the site, wrapped in orange fox fur.

About 7,000 grizzly bears live in the Yukon, but such deadly encounters are rare: the last fatal bear attack in the Territory was in 2006.

Grizzly bears typically hibernate between October and April, but warmer weather in the Territory has led to a number of sightings of bears in recent weeks.

Source : Canadian newspapers.

I would like to add two remarks to this article :

1) It is true that bear attacks are very rare in Canada and the U.S. They are usually caused by tourists’ carelessness, especially if they had walked between a sow and its cubs. Attacks may also occur if people walk too close to the bears’ dens.

It should also be noted, as can be read in the article, that global warming is altering the bears’ hibernation. They tend to hibernate later in the year and to come out of hibernation earlier in spring.

2) The article says that the man was checking the couple’s traps and that the baby was wearing an orange fox fur. I’ am sure this will shock many animal lovers. However, these people should know that trapping is part of the Arctic culture and a means of subsistence for remote populations. Trapping and hunting are severely controlled, especially in Alaska. Fur stores can be seen along the streets of Anchorage. Despite this tradition, wild animals are still numerous in the Arctic. Bears, wolves, moose and foxes are not endangered species.

Photo: C. Grandpey

En Alaska, les ours n’hibernent toujours pas ! // In Alaska, bears are not yet hibernating !

Nous sommes presque à la mi-novembre et il semble que les ours – du moins les grizzlys – n’aient pas encore commencé à hiberner en Alaska. Le réchauffement climatique est probablement la principale cause de ce nouveau comportement. Cependant, il y a un autre facteur à prendre en compte: les déchets. Comme je l’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog, les déchets laissés à l’extérieur des maisons attirent les ours. Tant qu’ils sont capables de trouver quelque chose pour se nourrir, ils n’ont pas vraiment envie d’entrer en hibernation. Un habitant d’Eagle River, non loin d’Anchorage, a vu une ourse accompagnée de ses trois oursons en train de fouiller dans une poubelle à l’extérieur du lycée de cette petite ville. Un oursons avait grimpé sur la poubelle et, un peu plus tard, sa mère était debout sur ses pattes de derrière et poussait la poubelle sur le trottoir enneigé.
Mardi dernier, le lycée d’Eagle River a apposé une note mettant en garde sur la présence fréquente d’ours bruns qui sont en train de devenir une préoccupation pour la sécurité publique. Les autorités locales surveillent maintenant la situation de très près et envisagent éventuellement de tuer les ours.

Le Fish and Game Department réitère son message incitant les gens à sécuriser leurs déchets. Si un ours est attiré par des ordures non protégées, le propriétaire peut recevoir une amende de 310 dollars.
Les ours bruns peuvent être agressifs lorsqu’ils défendent leur nourriture, y compris les détritus, et les gens doivent éviter de s’approcher d’eux. Les habitants sont fortement encouragés à entreposer leurs poubelles à l’intérieur des maisons.
Adapté d’un article paru dans Alaska Dispatch News.

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We are nearly at mid November and it looks as if bears – at least brown ones – have not yet started hibernating in Alaska. Climate change and global warming are probably the main cause of this new behaviour. However, there is another factor that should be taken into account: garbage. As I put it in several posts, the garbage left outside the houses attracts the bears. As long as they are able to feed on something, they don’t really felli like going in hibernation. A resident of Eagle River, not far from Anchorage, could see a brown bear sow meddling with a trash can outside Eagle River High School. One of the three cubs had climbed on top of the can and later, the sow was standing up on its hind legs, dragging it down the snowy sidewalk.

Last Tuesday, Eagle River High School sent out an advisory about the lingering brown bears which are becoming a growing public safety concern. Local authorities are now monitoring the situation very closely with an eye toward possibly destroying the bears.

The Fish and Game Department is reiterating its message that people need to secure their trash. If a bear is attracted to unsecured trash, the resident can receive a $310 fine.

Brown bears can be aggressive when defending food sources, including trash, and people should avoid approaching them. Residents are strongly advised to store their garbage cans inside.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Exemple de poubelle anti-ours (Photo: C. Grandpey)

Alaska: Sortie précoce d’hibernation pour les ours // Bears are already out of hibernation

drapeau francaisL’hiver a été très doux dans la partie centrale et méridionale de l’Alaska qui connaît également un printemps précoce. Il n’est donc pas surprenant que des ours soient déjà sortis de l’hibernation avec environ un mois d’avance. D’autres feront de même très bientôt, ce qui a incité l’Alaska Department of Fish and Game à lancer une mise en garde invitant la population à être vigilante.

Les ours errent régulièrement autour de leurs tanières à la sortie de l’hibernation mais ils ne tardent généralement pas à s’en éloigner pour chercher de la nourriture. L’hibernation, ça creuse ! Les graines pour oiseaux, mais aussi les aliments pour les chiens et le bétail sont riches en éléments nutritifs et sont susceptibles d’attirer les ours sur de longues distances. Les ours noirs surtout n’hésitent pas à s’approcher des maisons et à venir se promener jusque sur les balcons. Ils sont attirés par les mangeoires d’oiseaux dans lesquelles les graines sont riches en protéines. Les ordures ménagères, la volaille, les chèvres et les petits animaux attirent aussi des ours affamés. La loi interdit de nourrir les ours, intentionnellement ou non.
En conséquence, il est grand temps que les Alaskiens rentrent les ordures à l’intérieur des garages ou dans un abri solide et qu’ils remettent en route les clôtures électriques autour de leur bétail. C’est aussi le bon moment pour nettoyer le barbecue afin de ne pas être réveillé un matin par un ours venu lécher la graisse qui s’y trouve. Les habitants doivent également s’assurer que les congélateurs sont inaccessibles de manière que les ours ne puissent pas les atteindre. Certains ours qui ont réussi à ouvrir des congélateurs savent à quoi ils ressemblent ; ils connaissent leur contenu et n’hésitent pas à s’aventurer dans les garages laissés ouverts pour venir casser la croûte. Les ours qui font preuve d’une telle audace sont généralement abattus. Vous trouverez une histoire illustrant cette situation dans le livre Dans les pas de l’Ours (Editions Séquoia).

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drapeau anglaisWinter has been very mild in Southcentral Alaska which is also facing an early spring and some bears are already out of hibernation about one month in advance. Others will be out soon, which has the Alaska Department of Fish and Game warning that it’s time to be bear aware.

Bears regularly roam around their dens after first emerging from hibernation but it usually isn’t long after leaving them that they start to range widely in search of food. Bird seed and dog and livestock feed are nutrient-rich foods that can attract bears from long distances and lure them into people’s yards and even onto their decks. Bears are known to show up close to the houses looking for protein-rich bird feeders. Trash, poultry, goats and small livestock also attract hungry bears. Feeding bears, even unintentionally, is illegal and can result in fines

As a consequence, it is high time for Alaskans to move garbage inside the garage or into a sturdy, bear-proof shed and energize electric fences around livestock. Now is also a good time to clean the barbecue to avoid waking some morning to a bear trying to lick the grease off it. Residents should also make sure freezers are secured so bears can’t get at them. Some bears, having once gotten into freezers, know what they look like, understand what they contain and will even venture into open garages to try to grab a snack. Bears that bold usually end up getting shot and killed. You’ll find such a story in the book Dans les pas de l’ours (Sequoia Editions).

Ourse-blog

Les ours noirs sont les plus audacieux et n’hésitent pas à s’approcher très près des maisons…

(Photo:  C.  Grandpey)