Islande : des magmas TGV ?

Il y a quelques jours, certains blogonautes ont été surpris par l’expression « magma TGV » que j’utilisais à propos de la lave très chaude et très fluide émise en ce moment par le volcan islandais sur la péninsule de Reykjanes.

Comme je l’expliquais, je ne suis pas l’auteur de cette expression. Elle appartient au regretté Alain de Goër de Herve, de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (France). J’avais entendu Alain parler de « magmas TGV » et « magmas omnibus » au cours de l’une des conférences au cours desquelles il expliquait avec passion le volcanisme des volcans d’Auvergne. Il développe cette idée dans un ouvrage intitulé Volcans d’Auvergne, la menace d’une éruption ?.

On peut lire dans ce ce livre fort intéressant que le magma peut atteindre la surface directement et sa composition initiale est alors respectée. Mais il peut aussi, en cours de route, rencontrer des pièges qui interrompent son transit. Il va alors se stocker provisoirement dans un réservoir où il va subir un processus de cristallisation et de différenciation.

Lorsqu’il reprend son ascension, le magma n’a plus sa composition de départ. Alain de Goër compare ce transit du magma à celui d’un train de voyageurs entre deux villes. Si la liaison est directe (par train à grande vitesse – TGV- , par exemple), ce sont tous les voyageurs qui ont pris le train au départ que l’on retrouve à l’arrivée. En revanche, plus les arrêts intermédiaires sont nombreux et prolongés – trains omnibus – plus la population du train à l’arrivée est différente de celle du départ. Il en va de même avec les magmas.

Celui de l’éruption islandaise, par sa température très élevée (autour de 1200°C) et sa grande fluidité trahit une source très profonde, probablement dans le manteau terrestre. Il débouche en surface sous forme d’une lave qui n’a pas, ou très peu, changé sa composition, comme celle des TGV d’Alain de Goër…