Yellowstone bientôt sur votre smartphone! // Yellowstone soon on your smartphone!

drapeau francaisJe n’ai pas un smartphone et je n’en ai pas besoin. Je peux parfaitement m’en passer. Un simple téléphone portable me suffit. Cependant, ceux qui possèdent cet appareil pourront bientôt être informés des horaires d’éruption du Vieux Fidèle (Old Faithful) et d’autres geysers dont les manifestations sont prévisibles dans le Parc National de Yellowstone. En effet, le National Park Service (NPS) va dépenser 41 125 dollars (environ 30 000 euros) pour mettre en place une application qui donnera aux visiteurs réels et virtuels les horaires de ces événements populaires. Le NPS indique qu’il collaborera avec l’Université de l’État de Washington « pour établir un contact avec les visiteurs virtuels et ceux qui se trouvent dans le parc en communiquant avec précision et en temps réel les horaires des éruptions tout en fournissant un contenu interactif et informatif  » une fois que la première version de l’application sera disponible.
Le Vieux Fidèle est connu pour ses éruptions prévisibles qui se produisent toutes les 60 à 110 minutes, en fonction de la durée de l’éruption précédente.
A mes yeux, cette nouvelle application est plus un gadget qu’une nécessité. En effet, lorsque vous êtes à Yellowstone, il vous suffit de visiter le Visitor Center du parc où un écran LCD donne les horaires d’éruption des geysers. Vous pourrez également pénétrer à l’intérieur du magnifique Old Faithful Inn pour obtenir ces informations. L’architecture de la plus grande structure de bois au monde est beaucoup plus esthétique que le petit écran d’un smartphone !
Jusqu’à maintenant, le National Park Service avait un flux Twitter qui donnait les heures d’éruption du Vieux Fidèle et un numéro de téléphone pour connaître les horaires d’éruption d’autres geysers de Yellowstone. Il y a aussi une webcam qui permet de suivre en streaming l’activité du Vieux Fidèle :

http://www.yellowstone.co/oldfaithfulstreamingcam.htm

La première version de l’application ne donnera que les horaires des éruptions des geysers. Ultérieurement, une version plus élaborée donnera accès à la webcam et à une fonction de « chat » afin que les gens puissent discuter de l’éruption qu’ils sont en train de regarder. Il y aura aussi une fonction qui permettra aux gens de prendre des photos personnalisées du Parc et d’avoir un accès RSS à Twitter et Facebook.
Le gestionnaire du projet estime que l’investissement que nécessite la nouvelle application est justifié car cette technologie permettra de profiter encore mieux du Parc de Yellowstone.

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drapeau anglaisI do not have a smartphone and I do not need one. I can perfectly do without it. However, those who own this device will soon be able to be informed of the « scheduled eruption times for Old Faithful and other predictable geysers” in Yellowstone National Park. Indeed, the National Park Service (NPS) is spending $41,125 on a mobile application that will give visitors and virtual visitors advance notice of these popular events. NPS indicates that it will collaborate with Washington State University « to reach virtual and in-park visitors by communicating accurate eruption schedules in real time as well as provide interactive, informational, and interpretive content » after the first version of the app is released.

Old Faithful is known for its predictable eruptions, which occur every 60 to 110 minutes  depending on the duration of the previous eruption.

To me, the application is more a gadget than a necessity. Indeed, when you are at Yellowstone, you just need to visit the Park’s Visitor Center where an LCD screen gives the eruption times of the geysers. You can also walk into the splendid Old Faithful Inn to know the eruption times. The architecture of the largest log structure in the world is far more aesthetic than the small screen of a smartphone!

Up to now, the National Park Service had a Twitter feed that gave the times of eruption for Old Faithful and a phone number to find out eruption times for other Yellowstone geysers. There is also an Old Faithful Geyser Live video webcam which can be reached at this address:

http://www.yellowstone.co/oldfaithfulstreamingcam.htm

After the development of the first version of the app, with just the times of eruption, there will eventually be access to the live webcam and a chat feature so people can discuss the eruption as they watch. There will also be a feature that lets people take customized pictures at the park and access existing Twitter and Facebook feeds.

The program manager of the project believes the federal funding for the application is justified because of the way mobile technology will improve people’s experience of Yellowstone.

Castle-Geyser

Les horaires du Castle Geyser bientôt sur votre smartphone?

(Photo:  C.  Grandpey)

Yellowstone (Etats Unis): La conférence de Jake Lowenstern

Comme promis, voici une petite synthèse de la conférence donnée par Jake Lowenstern, directeur de l’Observatoire de Yellowstone le 23 janvier 2014 en Californie. Ceux qui comprennent l’anglais pourront voir une rediffusion en cliquant sur ce lien :

http://online.wr.usgs.gov/calendar/2014/jan14.html

Le titre de la conférence était : « Yellowstone : Past, present and future ».

Même s’il n’y a pas eu de scoop, les propos de ce scientifique – géochimiste et spécialiste des systèmes hydrothermaux – ont été fort intéressants.

La conférence a débuté avec un rappel historique du Parc – bien illustré par des photos et autres gravures – et mention des principaux scientifiques qui y ont laissé leur empreinte. Les cartes géologiques ont rappelé les différentes caldeiras qui, avec le déplacement de la plaque américaine vers le sud-ouest, ont existé au cours des millénaires dans ce qui est aujourd’hui la Plaine de la Snake River, avant d’aboutir à la caldeira actuelle.

Une part importante de l’exposé a, bien sûr, été consacrée aux différentes éruptions qui ont secoué Yellowstone dans le passé, avec une place particulière dévolue à celle qui s’est produite il y a 640 000 ans, avec des cendres qui ont atteint le Texas et le Golfe du Mexique.

D’entrée, Jake Lowenstern a mis à mal les articles de presse qui annoncent périodiquement la possibilité d’une super éruption à Yellowstone. Selon le scientifique, les conditions magmatiques ne semblent pas réunies pour qu’un tel événement se produise dans un proche avenir, cette dernière expression s’entendant en terme de milliers d’années.

Jake Lowenstern a confirmé l’augmentation de volume de la chambre magmatique au cours des dernières années, mais la taille de cette chambre reste dans des proportions acceptables par rapport à celle de la caldeira. Si une éruption devait se produire dans le court terme, elle se limiterait probablement à des coulées de lave, comme celles qui ont accompagné les 80 éruptions depuis 640 000ans. Le dernier événement avec coulées de lave remonte à 70 000 ans.

Si un danger existe aujourd’hui à Yellowstone, il faut davantage le chercher dans le système hydrothermal et les explosions qu’il peut déclencher. 5 à 10 événements majeurs ont eu lieu au cours des 14 000 dernières années. Certaines explosions hydrothermales, comme celle de Mary Bay, sont capable d’ouvrir un cratère de 3 km de diamètre.

Une autre partie de la conférence avait pour thème la déformation du sol observée périodiquement à Yellowstone. Là encore, pas d’affolement. Après une phase d’inflation jusque vers 2010, on observe actuellement une tendance au dégonflement de la caldeira.

S’agissant de la sismicité, le scientifique a montré, à travers des schémas et des animations en   3D, la propagation des ondes sismiques en fonction du type de magma. Il a rappelé que les derniers événements majeurs avaient une magnitude de M 6,5 et M 7,5, ce dernier séisme ayant eu lieu en 1959 à l’extérieur de la caldeira. 1900 séismes ont été enregistrés à Yellowstone au cours de l’année 2013.

La surveillance scientifique du parc de Yellowstone est assurée par l’Observatoire qui regroupe plusieurs organismes dont l’Université de l’Utah. Les instruments incluent, entre autres, des capteurs sismiques et GPS auxquels viennent s’ajouter les données satellitaires. D’autres capteurs détectent les flux et anomalies thermiques dans le sous-sol. Comme je l’ai indiqué précédemment, le site Internet de l’Observatoire de Yellowstone met à la disposition des internautes une foule d’informations intéressantes. En particulier, on peut se rendre compte en temps réel de l’activité sismique dans le Parc.

N.B. : Vous trouverez dans la colonne de gauche de ce blog les résultats d’une campagne de mesure des températures des sources de Yellowstone à laquelle j’ai participé en juin 2010.

La prochaine conférence organisée par l’USGS aura lieu le 27 février. Elle sera consacrée au puissant séisme de M 9,2 qui a secoué l’Alaska le 27 mars 1964 et dont ce sera le 50ème anniversaire. Le conférencier sera un scientifique de l’USGS qui a participé au travail sur le terrain à cette époque.

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Mammoth Hot Springs, dans la partie nord du Parc de Yellowstone  (Photo:  C. Grandpey)

Conférence sur Yellowstone

drapeau francaisAu cours d’une conférence qui aura lieu jeudi soir à 18 heures (3 heures du matin le vendredi, heure française) en Californie, Jake Lowenstern, responsable de l’Observatoire de Yellowstone, fera part à son auditoire des dernières informations sur l’activité sismique, les déformations du sol et les sources hydrothermales dans le Parc.

Il parlera également de l’histoire géologique du Parc National de Yellowstone et expliquera comment les scientifiques contrôlent la région et les autres volcans afin de prévoir les éruptions.

Vous pourrez assister en direct à cette conférence en cliquant sur ce lien.

http://online.wr.usgs.gov/calendar/live.html

Au cas où vous dormiriez, une rediffusion est prévue avec ce lien:

http://online.wr.usgs.gov/calendar/current.html

J’essaierai de trouver un moment pour me connecter et mettre en ligne un résumé des propos de Jake Lowenstern.

En attendant cette conférence, vous pouvez vous connecter sur le site de l’Observatoire de Yellowstone qui fournit une foule d’informations intéressantes :

http://volcanoes.usgs.gov/observatories/yvo/index.html

drapeau anglaisDuring a talk due to take place at 6 p.m. (3 a.m. French time on Friday) on Thursday night in California, Jake Lowenstern, scientist-in-charge of the Yellowstone Volcano Observatory, will inform the audience about what is happening now with earthquakes, ground uplift and hydrothermal activity in the Park.

He will also talk about the geological history of Yellowstone National Park and how scientists are monitoring the area and other volcanoes in order to forecast future eruptions.

You can live-stream the event by clicking on this link: http://online.wr.usgs.gov/calendar/live.html

If you are sleeping, you will be able to see the talk later on with this link:

 http://online.wr.usgs.gov/calendar/current.html

I’ll try to find a moment to log on and then write a summary of Jake Lowenstern’s talk.

Waiting for the talk, you can log on to the Observatory’s website. You will find a lot of interesting information about the Park.

http://volcanoes.usgs.gov/observatories/yvo/index.html

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Imperial Geyser  (Photo:  C.  Grandpey)

Eruptions super volcaniques

drapeau francaisUne équipe de géologues suisses, français et britanniques a tenté de comprendre ce qui peut provoquer les éruptions des super volcans.
Le résultat de leur étude, publié dans la revue Nature Geoscience , montre que la flottabilité et la poussée du magma constituent la principale explication du réveil de ces monstres de feu.
Afin d’essayer de comprendre pourquoi les super volcans comme Yellowstone sont si différents des volcans classiques, l’équipe a procédé à une modélisation informatique de l’activité volcanique en basant l’âge des éruptions sur un minéral témoin, le zircon, que l’on trouve dans les roches volcaniques.
Par ailleurs, une équipe de l’Institut Fédéral Suisse de Technologie de Zurich a utilisé une installation à rayons X de haute technologie (le synchrotron européen) pour étudier la densité de la roche en fusion qui sommeille sous les super volcans. La densité est un facteur important: Comme le magma dans la chambre est moins dense que la roche encaissante, il exerce une poussée sur le toit de cette même chambre.
Dans les volcans classiques, l’activité est déterminée par la taille de la chambre magmatique. Relativement faible en volume, elle est alimentée par des montées régulières de magma qui est expulsé ensuite en quantités modérées lorsque la pression devient trop élevée.
En revanche, s’agissant des super volcans, la chambre magmatique est trop volumineuse pour être mise sous pression par les seules injections de magma. Ce qui se passe, c’est qu’un magma moins dense et donc plus léger s’accumule régulièrement dans la chambre. Au début, cette dernière est assez forte pour résister à la pression, mais elle finit par céder et provoque une libération cataclysmale de matériaux.
L’équipe de géologues suisses, français et britanniques a calculé que l’éruption volcanique la plus intense impliquerait une libération de magma comprise entre 3500 et 7000 kilomètres cubes. C’est la première fois qu’un plafond est défini pour une telle éruption volcanique.
Les auteurs espèrent que les deux études fourniront des indications utiles quant à la fréquence des événements provoqués par les super volcans. A ce jour, on ne sait presque rien sur la vitesse de remplissage et l’explosion de la chambre magmatique. Seules 23 éruptions de ce type se sont produites au cours des 32 derniers millions d’années.

Source : Presse britannique.

Voici un lien vers un communiqué de presse du CNRS qui donne plus d’explications sur « les conditions d’éruption d’un super volcan » : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3375.htm

A noter que l’article paru dans GeoScience a provoqué un certain nombre de réactions. Un volcanologue néo-zélandais a fait remarquer que l’étude française sur les super volcans n’apportait rien de vraiment nouveau. Il a ajouté que la modélisation informatique avait ses limites. Comme il n’y avait pas d’humains pour assister aux éruptions des super volcans dans les temps préhistoriques, les scientifiques doivent se rabattre sur l’examen des matériaux expulsés pendant les éruptions pour trouver des indices.

drapeau anglaisA team of geologists from Switzerland, France and Britain has tried to understand what may cause super volcanoes to erupt.

The result of their study, published in the journal Nature Geoscience, shows that the buoyancy of magma is the key explanation as to why these monsters come to life

Seeking to understand why super volcanoes like Yellowstone can be so different from conventional ones, the team built a computer model of volcanic activity, basing the age of eruptions on a telltale mineral, zircon, found in volcanic rocks.

Separately, a team from the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich used a hi-tech X-ray facility to study the density of molten rock below super-volcanoes. Density is important: As magma in the chamber is less dense than solid rock, it pushes on the roof of the chamber

In conventional volcanoes, activity is determined by the size of the magma chamber. Relatively small in volume, it is replenished by regular ascents of magma which is expelled in moderate amounts when the pressure becomes too high.

Differently, in super volcanoes, the magma chamber is too big to be pressurised by magma injections alone. What happens is that a buoyant kind of magma steadily accumulates in the chamber. At the beginning, the chamber is strong enough to resist the pressure but it eventually breaks apart in a cataclysmic discharge.

The Swiss-French-British team calculated that the maximum volcanic eruption would entail a release of between 3,500 and 7,000 cubic kilometres of magma; this is the first time an upper limit has ever been established for a volcano.

The authors hope the two studies will provide useful pointers as to the frequency of super-volcano events. Almost nothing is known about how fast these volcanoes recharge with magma and blow up. Only 23 such eruptions have occurred in the last 32 million years.

Source: British press.

The GeoScience article has triggered some reactions. Among them, a New Zealand volcanologist said the new French research on super-volcanoes does not offer anything new.

He added that computer modelling has a limited value, and as there were no humans around to see super-volcanoes erupting in prehistoric times, scientists have to examine the debris from eruptions for clues.

Yellowstone-blog

(Photo:  C. Grandpey)