Martin Fourcade retire sa candidature à la présidence des Jeux d’hiver 2030

Le sextuple champion olympique Martin Fourcade a retiré sa candidature à la présidence des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en raison de « désaccords ». L’écologie semble clairement être au cœur de sa décision. Dans une lettre, il précise : « ces Jeux doivent être en phase avec leur époque, pleinement conscients des enjeux écologiques et ancrés dans la réalité économique de notre pays »

La décision de Martin Fourcade n’est pas vraiment une surprise. Il y a 3 ans, lors des JO d’hiver de Chine, il s’était élevé contre l’utilisation à 100% de neige artificielle. On lui avait alors fait vertement remarquer que l’écologie n’était pas un sujet d’actualité.

La décision de la France d’accepter l’organisation des Jeux d’Hiver 2030 a soulevé de nombreuses critiques. Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, il n’est pas du tout certain que la neige naturelle sera au rendez-vous, au moins sur les sites de moyenne altitude.

Il est utile de rappeler le discours de Michel Barnier, alors Premier Ministre, en octobre 2024 dans le Rhône : «  La France hexagonale se prépare désormais, d’ici à la fin du siècle, à un réchauffement de +4°C, à côté de +3°C en moyenne à l’échelle mondiale. Le calendrier de hausse de la température prévoit +2°C en 2030, et +2,7°C en 2050. Selon cette trajectoire de réchauffement climatique, les glaciers alpins situés en France auront disparu d’ici 2100. »

De toute évidence, la vision écologiste des Jeux de Martin Fourcade n’est pas partagée par tous. Il aurait souhaité envisager les JO d’hiver 2030 en tenant pleinement compte de la crise écologique mondiale mais aussi des réalités économiques de la France. L’équilibre financier du projet nécessiterait en effet le soutien des pouvoirs publics.

Ce n’est pas la première fois qu’un skieur français s’élève contre des décisions qui vont à l’encontre de l’environnement. En novembre 2023, Alexis Pinturault avait critiqué le massacre du glacier Theodul en Suisse. Les pelleteuses étaient à l’œuvre sur le glacier pour préparer les pistes de la Coupe du monde de ski les 11 et 12 novembre 2023.
Les écologistes ont critiqué les organisateurs pour avoir saccagé le glacier avec les pelleteuses. En 2022, la même compétition avait été annulée faute de neige. En 2023, une pétition a été lancée, appelant la fédération de ski à donner l’exemple en matière de climat.
Alexis Pinturault, le skieur français triple champion du monde, s’est dit consterné et a déclaré : «Notre sport est l’un des plus touchés par le réchauffement climatique et, au lieu de changer notre système, de nous adapter, nous faisons le contraire. Cette compétition, à ce moment de l’année, n’a pas de sens. Cela choque tout le monde. » Ce n’est pas la première fois que Pinturault proteste contre la politique menée par la Fédération Internationale de Ski.

Réchauffement climatique : le Vendée Globe et les icebergs

Charlie Dalin est le vainqueur du Vendée Globe 2025, la course autour du monde à la voile,sans escale et sans assistance. Sur le site web de la course, on peut lire un article fort intéressant qui nous explique qu’en parcourant la planète à la voile, les marins du Vendée Globe mettent en lumière la fragilité de notre océan face au réchauffement climatique. Ils sont les témoins directs des changements en cours, notamment autour de l’Antarctique, une région particulièrement menacée.

On apprend que trois skippers ont croisé des icebergs dès le début de l’année 2025, dans les mers du Sud, malgré l’instauration d’une zone de sécurité. Une première depuis 2008.

Pour ces hommes, la surprise de rencontrer ces énormes blocs de glace fut aussi belle qu’inquiétante. Belle car il reste rare de pouvoir observer des icebergs au milieu de l’océan. Mais inquiétante surtout, tant pour l’état de la planète et de ses pôles, que pour les skippers et leurs bateaux.

Avec le réchauffement climatique, les icebergs se détachent de plus en plus de l’Antarctique et dérivent, au gré du vent et des courants, dans les mers du Sud. Les icebergs croisés par les concurrents du Vendée Globe l’ont été en dehors de la Zone d’Exclusion Antarctique, une zone mise en place par la course pour éviter que les skippers ne s’approchent de trop du Continent Austral et de ses icebergs. Cette zone est définie par l’entreprise à mission CLS (Collecte Localisation Satellites), partenaire de longue date de la course, qui mobilise ses satellites et ses experts pour une surveillance depuis l’espace.

Malgré cela, les navigateurs peuvent se trouver confrontés à ces blocs de glace. En 2025, ils ont tenté d’anticiper cette rencontre, en s’éloignant de la zone potentielle des icebergs et de leurs growlers, petits blocs de glace difficilement détectables par les radars. “J’allais droit dessus !” explique Sébastien Marsset. “L’alarme s’est mise en route, je pensais que c’était un nuage. Je suis sorti et je l’ai vu tout de suite. C’est impressionnant, j’espère qu’il n’y en a pas d’autres”. Il s’est retrouvé à seulement 4 kilomètres de la partie immergée de l’iceberg. Même inquiétude pour Conrad Colman, dans ses carnets de bord, ou pour Eric Bellion : “J’en frissonne et ce n’est pas seulement le froid, ça fait peur ;”

Source : Site web du Vendée Globe.

Les ‘Imoca’ avant le départ du Vendée Globe 2025 (Photo: C. Grandpey)

Pas de feu rouge clignotant sur le vélo !

Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’un poisson d’avril en décembre, mais une vérification approfondie semble confirmer qu’il ne s’agit pas d’une blague. En tout cas, elle me conforte dans l’idée que nos décideurs sont vraiment à côté de leurs pompes !

Le 29 novembre 2024, le décret n° 2024-1074 a modifié plusieurs articles du Code de la route dont un qui n’a pas manqué de faire bondir les cyclos dont je fais partie : il est désormais interdit de faire clignoter, de jour comme de nuit, son feu rouge à l’arrière de sa bicyclette ! (amende de 11 euros si infraction).

Nombreux sont les cyclos dont les montures sont équipées de ces feux – non obligatoires au vu de la loi – qu’ils font clignoter pour être mieux vus dans la circulation. Le législateur, toujours aussi intelligent dans son appartement parisien, estime que ces loupiotes, mises en mode clignotant, peuvent éblouir les autres usagers de la route. Un raisonnement stupide qui confirme que nos politiques n’ont rien compris à la vie de leurs chers compatriotes.

En tant qu’automobiliste, j’apprécie ces feux rouges clignotants à l’arrière des vélos. Ils attirent immédiatement l’attention. Le clignotement évite la confusion avec les deux roues motorisées. Il permet également, en cas de brouillard ou temps de pluie, de rendre les cyclistes plus visibles.

Nos décideurs politiques chipotent sur un feu rouge qui clignote, mais il ne disent rien concernant le port du casque qui, il faut le rappeler, n’est obligatoire sur un vélo que jusqu’à douze ans. Il est bien évident qu’à partir de cet âge on ne risque pas se fracasser le crâne au cours d’une chute ! Il y a probablement des décideurs dont les épouses refusent de porter un casque de peur qu’il soit un obstacle à leur chignon…

Il serait souhaitable que le gouvernement rappelle un peu plus souvent (en fait, il ne le fait jamais) que le port d’un gilet rétro-réfléchissant certifié est obligatoire pour tout cycliste circulant hors agglomération (pourquoi cette restriction?) la nuit, ou lorsque la visibilité est insuffisante. Je peste en permanence contre les cyclos qui portent des vêtement sombres, voire carrément noirs, difficilement discernables quand le temps s’assombrit, à l’approche du soir en particulier. J’ai toujours plaidé pour le port obligatoire d’une chasuble de couleur jaune sur le vélo. Il en existe de très légères, à manches courtes, facilement ajustables à la tenue cycliste, y compris en hiver. J’en porte une et j’en suis ravi.

Alors, chers décideurs politiques, mettez vous un peu de plomb dans la cervelle. Prenez les mesures qui s’imposent et retirez celles qui relèvent de la stupidité.

Alpes françaises : la mort d’une station de ski // French Alps : the death of a ski resort

Les médias nationaux n’en ont pas beaucoup parlé, mais un événement montre à nouveau l’impact du réchauffement climatique sur les activités en montagne, notamment les stations de ski de basse et moyenne altitude.
Les habitants de Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) ont voté à une écrasante majorité (71 %) la fermeture d’une station de ski en difficulté, en raison de la diminution des chutes de neige, de la baisse de la fréquentation et de l’augmentation de la dette. Le référendum qui a eu lieu le 6 octobre 2024 est considéré comme le premier du genre en France à avoir décrété l’arrêt des activités dans une station de ski.
Le Grand Puy, une station de ski familiale de 13 pistes située entre 1 300 et 1 800 mètres d’altitude, éprouve des difficultés depuis plusieurs années à attirer les visiteurs qui préfèrent se ruer vers les grandes stations alpines situées en haute altitude. Le Grand Puy a débuté ses activités en 1959 et proposait un forfait journalier de 20 €. C’était la troisième station la moins chère d’Europe.
Au fil des ans, le manque de neige a entraîné des pertes annuelles de près de 350 000 euros et trois fois moins de fréquentation au cours de la dernière décennie, selon le maire de Seyne-les-Alpes.
Lors du référendum avec un taux de participation de 58 %, 71 % des votants se sont prononcés en faveur de la fermeture de la station. Les remontées mécaniques cesseront de fonctionner en novembre 2024.
La fermeture du Grand Puy est loin d’être un cas isolé. Plusieurs autres stations de ski ont dû fermer en France cet automne dans des circonstances similaires. L’Alpe du Grand Serre près de Grenoble, dont la fermeture avait également été annoncée, est en sursis grâce notamment aux aides de l’État, mais pour combien de temps ? (voir na note du 5 novembre 2024) Les stations de ski italiennes ont été confrontées à des problèmes identiques.
Le réchauffement climatique a de sévères conséquences pour l’enneigement, et donc pour les sports de montagne. De nombreuses destinations de ski parmi les plus importantes d’Europe risquent de ne plus être viables d’ici 2060.
Les dangers qui pèsent sur l’avenir des sports de montagne affectent également les États-Unis, où le manque de neige frappe durement l’économie des stations de montagne.
En Europe, de nombreuses destinations de montagne suivent l’exemple de Grand Puy en fermant leurs portes ou en se reconvertissant dans d’autres activités comme la randonnée.
Source : Yahoo News et presse régionale.

 

Le Grand Puy : souvenir d’une station de ski familiale (document station)

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Not much has been said in the media about an event that shows the impact of global warming on activities in the mountains, especially the ski resorts in low ansd medium altitude.

The residents of Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) overwhelmingly (71%) voted to close down a struggling ski resort in the wake of dwindling snowfall, fewer visitors, and rising debts.

The referendum which took place on October 6th, 2024 is believed to be the first of its kind in France to shutter ski operations of a mountain.

Grand Puy, a 13-run ski resort between 1,300 and 1,800 meters above sea level, tailored to families, has been struggling for years to attract visitors flocking to bigger high altitude mountains in the Alps. Built in 1959, the mountain’s €20 day pass cost makes it the third-cheapest resort in all of Europe.

Still, a consistent lack of snow has led to annual losses of almost €350,000 and a nearly threefold drop in visitors over the last decade, according to the mayor of Seyne-les-Alpes.

In the referendum, 71% of the vote was to shut down the resort, with a 58% turnout which was expected to be higher. With that, the 65-year-old ski mountain is done. The skilifts will stop working in November 2024.

The Grand Puy’s closure is far from an isolated incident. Several other ski resorts were forced to shut down in France this autumn alone under similar circumstances.The Alpe du Grand Serre near Grenoble, whose closure had also been announced, is on a reprieve thanks to state aid in particular, but for how long? Ski mountains in Italy have battled similar problems.

The warming of the planet is affecting snowfall, with alarming impact on mountain sports. Many of Europe’s biggest skiing destinations are in peril of not being viable by 2060.

The dangers to the future of mountain sports extend to the United States as well, with limited snowfall hitting the economies of mountain resort towns particularly hard.

Lots of mountain destinations are following Grand Puy’s example in either shutting down or rebranding to other activities like hiking.

Source : Yahoo News and regional news media.