Week-end à Fay-sur-Lignon (Haute-Loire)

Après la Haute-Marne et le Festival de Montier-en-Der, j’ai passé ce dernier week-end en Haute- Loire, à Fay-sur-Lignon, où le Centre Haroun Tazieff – présidé par le fils du célèbre volcanologue – organisait un stage intitulé « VOLCANS, le patrimoine scientifique Tazieff à portée de tous ».

Plusieurs intervenants étaient au programme. C’est ainsi que François Le Guern a fait revivre la catastrophe du lac Nyos (Cameroun en 1986) et rappelé les différentes théories qui se sont affrontées – et s’affrontent encore – pour expliquer la coulée de gaz carbonique qui s’était échappée du lac. De la même façon, Thierry del Rosso a essayé de démontrer – preuves à l’appui – que le lac Pavin était un volcan actif. Marcel Bof a expliqué l’importance du magnétisme terrestre dans la recherche volcanologique. Jean-Christophe Sabroux  s’est attardé sur les gaz et panaches volcaniques et sur le rôle du volcanisme dans le bilan des gaz à effet de serre. Une visite sur le terrain a permis d’admirer une fois encore les superbes paysages du Vivarais décrits avec brio et passion par Emanuelle Defive.

Les deux images ci-dessous illustrent les aspects théorique et pratique de ce week-end couvert par FR3 Auvergne qui devrait en rendre compte dans ses prochains journaux.

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De plus en plus de CO2 sur le Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

Il y a quelques jours, suite à ma note sur la fonte des neiges du Kilimandjaro, un internaute me demandait – dans un commentaire à droite de ce blog – de ne pas prendre position sur le réchauffement climatique, sous prétexte que c’est un sujet que je ne maîtrise pas. Je lui ai répondu en privé que je ne connaissais peut-être rien au réchauffement climatique mais que les observations que j’ai pu faire en différents points de la planète me conduisaient à affirmer, preuves à l’appui, que la fonte des glaces était bien réelle.

S’agissant des causes de ce réchauffement, les points de vue divergent, certains scientifiques allant jusqu’à affirmer que les activités humaines ne sont pas responsables ; ils préfèrent  s’appuyer sur la théorie des cycles climatiques qui a elle aussi ses détracteurs. Pourtant, les derniers chiffres publiés par l’Observatoire du Mauna Loa à Hawaii sont inquiétants. Au cours de l’automne 2009, les concentrations de CO2 avoisinent les 380 ppm (parts per million) et atteindront très probablement 390 ppm au cours du premier semestre 2010. Les scientifiques aimeraient que les participants au prochain sommet de Copenhague prennent ces chiffres en compte et annoncent des mesures qui empêcheront d’assister aux pires désastres climatiques si les concentrations de CO2 atteignent 450 ppm, ce qui devrait se produire inévitablement dans une trentaine d’années, au train où vont les choses. Le pire des scénarii prévoit pour la fin du 21ème siècle une hausse globale des températures entre 2,4 et 6,4°C., qui viendrait s’ajouter à la hausse de 0,6°C observée le siècle dernier. Les conséquences sont connues depuis longtemps : modification des tendances climatiques, extension de la sécheresse et des inondations à des zones jusqu’alors épargnées, hausse du niveau des océans, etc. 

Je le répète, cette note n’est pas une prise de position, même si j’ai le droit de penser que les chiffres publiés par le MLO sont alarmants. Lors de mon dernier séjour à Hawaii en  2007, j’ai eu l’occasion de visiter cet observatoire dont les murs montrent les dernières mesures effectuées par les instruments installés sur la terrasse du bâtiment. Le scientifique qui m’a accueilli a attiré mon attention sur la courbe ascendante du CO2, ainsi que  sur l’influence des éruptions volcaniques sur l’ensoleillement (voir graphique ci-dessous).

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Un forage en Campanie (Italie)

En décembre ou janvier prochain devrait voir le début du « Campi Flegrei Deep Drilling Project » qui consistera à forer jusqu ‘à près de 4 kilomètres de profondeur afin d’essayer de savoir si une éruption se profile à l’horizon dans cette région de la Campanie. Bien que les scientifiques pensent que cette initiative ne présente pas vraiment de risques, le projet est critiqué par certaines personnes qui affirment que nous ne connaissons rien à l’intérieur de la terre et que le forage pourrait déclencher une éruption majeure. Ils citent l’exemple de l’Islande en 2005 où le « Icelandic Deep Drilling Project (IDDP) » avait été interrompu car le forage géothermique avait provoqué une explosion. Les chercheurs répondent à cela qu’un forage à 4 km de profondeur dans les Champs Phlégréens n’est pas dangereux car c’est à peine la moitié de la distance nécessaire pour atteindre le réservoir magmatique

On ne sait que très peu de choses sur l’histoire géologique de ce volcan qui a produit une grosse éruption il y a 39 000 ans en laissant une caldeira de près de 15 kilomètres de largeur. Si une éruption semblable se reproduisait, nul doute qu’elle aurait des conséquences désastreuses à l’échelle européenne. La dernière éruption connue remonte à 1538.

En pénétrant à l’intérieur du volcan, les chercheurs espèrent pouvoir localiser les zones de fractures et les chambres magmatiques, ce qu’ils ne savent pas faire avec les techniques actuelles. De plus, des échantillons de roches pourront être testés sous de très fortes pressions en laboratoire, ce qui permettra de modéliser les déformations du sol avant une éruption. Ce denier point est particulièrement important quand ont sait que le sol de la région de Pouzzoles est le siège de phénomènes bradisismiques (Voir ci-dessous le temple de Sérapis à Pouzzoles, dont le bas des colonnes est incrusté de coquillages, restes d’une époque où la mer montait jusqu’à cet endroit).  

Source : New Scientist.

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Bas de colonne du temple de Sérapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

Bientôt un nouvel océan en Ethiopie?

Une étude récente sur le rift africain vient de confirmer l’hypothèse déjà émise par Haroun Tazieff dans les années 1950 : si le rift qui déchire l’Afar continue à s’élargir, il y a de fortes chances pour qu’un nouvel océan naisse dans cette partie du monde.

 

En septembre 2005, une nouvelle fracture s’est ouverte dans l’Afar, accompagnée par l’éruption avortée du volcan Dabbahu, à l’extrémité nord du rift. En effet, le magma n’a pas atteint la surface pour jaillir en fontaines de lave. Au lieu de cela, il s’est refroidi et solidifié en profondeur pour former une structure en forme de dyke dont le soulèvement a fracturé la surface et donné naissance à une faille de 500 mètres de long et 60 mètres de profondeur.

 

En analysant la séquence d’événements sismiques qui a accompagné la naissance de cette faille, des chercheurs américains et éthiopiens ont apporté une nouvelle preuve de la formation d’un rift continental généré par l’écartement des plaques arabique et africaine. Ils ont montré en particulier que la naissance d’un rift ne s’étalait pas forcément sur une très longue période comme en Islande. Leur étude révèle que la formation de dykes peut s’effectuer sur des étendues plus grandes et sur des périodes beaucoup plus courtes.

 

Même si le rift du Mont Dabbahu se situe encore à des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres, il n’est pas impossible qu’il continue à s’élargir et à s’étirer. Avec l’écartement des plaques arabique et africaine, il finira par ressembler à la morphologie de la Mer Rouge. Au final, lorsque le rift atteindra la côte orientale de l’Ethiopie, il sera envahi par la mer. Même si ce processus est  plus rapide que dans d’autres parties du monde, les chercheurs éthiopiens et américains pensent qu’il prendra au moins 4 millions d’années dans cette région. Toutefois, il ne faut pas oublier que d’autres zones de l’Afar se trouvent en dessous du niveau de la mer et pourraient être plus rapidement envahies par la mer si une fracturation similaire de l’écorce terrestre s’y produisait.

Source : The New Scientist.