Petite éruption à White Island (Nouvelle Zélande) // Small eruption at White Island (New Zealand)

drapeau francaisUn petit événement éruptif s’est produit à White Island le 27 avril 2016 entre 21h30 et 23 heures. L’événement s’est accompagné d’une hausse modérée de l’activité sismique. La situation semble redevenue normale. L’explosion a déposé des matériaux dans la partie nord du plancher du cratère. Les scientifiques néo-zélandais vont les analyser pour savoir s’il s’agit de cendre et autres matériaux d’origine volcanique.

Suite à cette éruption, le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 3 et l’alerte aérienne est passée à la couleur Orange.

Source : GNS Science

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drapeau-anglaisA small eruptive event occurred at White Island volcano on April 27th 2016 between 9:30 p.m. and 11:00 p.m. The eruption was accompanied by moderately elevated seismic activity, which is now back to normal. It deposited material over the north side of the crater floor, and up onto the crater wall. GNS scientists are investigating whether White Island has thrown out any volcanic material or ash.

As a consequence, the Volcanic Level Alert has been raised to level three, and aviation colour code to Orange.

Source: GNS Science.

White-Island-lac

Vue du lac de cratère de White Island (Photo: C. Grandpey)

Rangitoto (Nouvelle Zélande / New Zealand)

drapeau-francaisDans plusieurs notes rédigées entre 2012 et 2016, j’ai attiré l’attention du public sur le champ volcanique d’Auckland et surtout sur Rangitoto, l’île la plus emblématique avec son cône symétrique qui dresse ses 260 mètres au-dessus du golfe d’Hauraki. Elle est beaucoup plus grande que les autres volcans que l’on peut observer sur le site d’Auckland et représente entre le tiers et la moitié de tout le magma émis par les volcans de la région.
Au cours des dernières années, plusieurs études ont expliqué que Rangitoto n’était peut-être pas un très vieux volcan et que de nouvelles éruptions ne devraient pas être exclues.

En 2013, une étude a révélé que, contrairement à ce que l’on pensait depuis de nombreuses années, Rangitoto s’était formé il y a 700 ans et avait connu seulement deux éruptions. Le volcan aurait connu une activité intermittente jusqu’à il y a 500 ans.
En 2014, un important forage a pénétré sur plusieurs dizaines de mètres à l’intérieur du volcan pour récupérer des dizaines de carottes et établir une image plus précise de son histoire éruptive.
En 2016, après un autre forage à 150 mètres de profondeur pendant l’été 2015, une équipe de l’Université d’Auckland a conclu que le volcan est entré en éruption il y a environ 6000 ans et est probablement constitué de plusieurs cônes. Cela signifie qu’il est resté actif par intermittence sur une période beaucoup plus longue ; il a donc grandi au fil du temps et ne s’est pas formé d’un seul coup.
La nouvelle étude a été publiée dans le Geological Society of America Bulletin. Elle explique que l’activité du Rangitoto a continué pendant des milliers d’années, ce qui pousse les scientifiques à se demander si l’activité future restera concentrée dans le secteur de Rangitoto. Il est important de savoir 1) si les éruptions futures peuvent se produire uniquement au niveau du Rangitoto et 2) si un nouveau volcan apparaît, il est important de savoir qu’il est susceptible de rester actif pendant une très longue période, des centaines ou des milliers d’années. Cela signifie que la population devrait s’adapter à cette nouvelle activité volcanique continue, comme c’est le cas à Hawaii ou en Islande.
Source: New Zealand Herald.

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drapeau-anglaisIn several posts written between 2012 and 2016, I have drawn public attention to the Auckland volcanic field and especially Rangitoto, the region’s most iconic island, with its distinctive symmetrical cone that rises 260 metres out of the Hauraki Gulf. It is unusually large compared with other Auckland volcanoes. It represents a third to a half of all magma erupted over the entire history of the region.

In the past years several studies explained Rangitoto might not be very old so that new eruptions should not be excluded.

In 2013, a study suggested that, contrary to the long-held belief Rangitoto formed 700 years ago and had erupted only twice, there might have actually been intermittent activity until 500 years ago.

In 2014, a major drilling project probed tens of metres into the volcano to recover dozens of core samples and build a more accurate picture of the volcano’s eruptive history.

In 2016, after another big drill 150 metres below the volcano’s surface in the summer 2015, an Auckland University team concluded the volcano began erupting about 6000 years ago and may even be a cluster of volcanoes. This suggests the volcano was intermittently active over a much longer period and grew over time rather than forming in one short burst.

The new study was published in the Geological Society of America Bulletin. It explains that activity at Rangitoto continued for thousands of years, leading scientists to consider whether future activity will also occur in the general area of Rangitoto. It is important to consider that future eruptions could occur at the volcano or if a new volcano forms, it could be active for a very long time such as hundreds or thousands of years. That could mean people having to adapt to living with continuing volcanic activity as they do in Hawaii or Iceland.

Source: New Zealand Herald.

Rangitoto

Crédit photo: Wikipedia

Etude de l’Orakei Basin à Auckland (Nouvelle Zélande) // Study of Orakei Basin in Auckland (New Zealand)

drapeau-francaisEn Nouvelle-Zélande, la ville d’Auckland a été construite sur un champ volcanique potentiellement actif. L’Orakei Basin (voir image satellite ci-dessous) est aujourd’hui un endroit très prisé des amateurs de sports nautiques dont beaucoup ignorent probablement qu’il s’agit de l’un des volcans de l’Auckland Volcanic Field. . Il présente un cratère d’explosion d’environ 700 mètres de diamètre, bordé d’un anneau de tuf. Après une éruption il y a environ 85 000 ans, le cratère s’est rempli d’un lac d’eau douce dont le déversoir se situait dans les environs du pont actuel sur Orakei Road. Lorsque le niveau de la mer s’est élevé au terme de la dernière période glaciaire, le lac, qui était alors devenu un marécage, a été envahi par la mer et est devenu le lagon que nous connaissons aujourd’hui.
Les scientifiques ont foré jusqu’à plus de 100 mètres sous l’Orakei Basin afin de mettre à jour l’histoire éruptive de l’ancien site d’Auckland. Les échantillons récemment extraits d’anciens dépôts de sédiments lacustres donneront des détails sur les éruptions volcaniques qui ont secoué la région sur une période qui remonte probablement à 140 000 ans. L’activité éruptive des 53 volcans de l’Auckland Volcanic Field remonte à quelque 250 000 ans, avec les événements les plus récents à Rangitoto il y a entre 550 et 600 ans. Nous savons déjà beaucoup de choses sur la région, en particulier sur les 50 000 dernières années, mais nos connaissances sont très réduites sur les périodes éruptives précédentes. .
Bien qu’il soit devenu un estuaire peu profond suite à l’activité explosive qui l’a formé, l’Orakei Basin a surtout été, au cours de son histoire, un lac d’eau douce profond au fond duquel se sont accumulés des sédiments, des cendres volcaniques et des vestiges biotiques, autrement dit les restes d’interactions du vivant sur le vivant dans cet écosystème. Les sédiments lacustres se sont, pour la plupart, déposés en fines couches et joueront un rôle essentiel dans la compréhension de l’histoire des éruptions passées dans et autour de la ville d’Auckland. .
Tout en permettant une meilleure compréhension des risques volcaniques à Auckland, les échantillons permettront également aux scientifiques de reconstituer le climat de la région au cours des 100 000 dernières années. Ils pourront ainsi établir une comparaison avec des échantillons correspondants recueillis sous la glace de l’Antarctique et ailleurs sur la planète, à une époque où on essaye de tirer des leçons de périodes plus chaudes du passé de la Terre.
Source: New Zealand Herald.

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drapeau anglaisIn New Zealand, Auckland was built on a potentially active volcanic field. A popular place for watersports today is the Orakei Basin (see satellite image below). It is one of the volcanoes in an area known as the Auckland Volcanic Field. It has an explosion crater around 700 metres wide, with a surrounding tuff ring. After an eruption that occurred about 85,000 years ago, it became a freshwater lake that had an overflow stream in the vicinity of present Orakei Road bridge. As sea level rose after the end of the Last Ice Age, the lake, which by then had shallowed to a swamp, was breached by the sea and has been a lagoon ever since.
Scientists have probed more than 100 metres beneath Orakei Basin in order to reveal the explosive history of ancient Auckland. The samples they have just retrieved from ancient deposits of lake sediment will detail volcanic eruptions that have taken place in the region over a period potentially stretching back 140,000 years. Eruptive activity among the 53 volcanoes of the Auckland Volcanic Field went back some 250,000 years – and most recently, at Rangitoto, between 550 and 600 years ago. We know quite a lot, especially about the last 50,000 years, but prior to that, we have very little understanding of the eruptive events.
Although it’s now a shallow estuary, following the volcanic explosion that formed it, the Orakei Basin was for most of its history a deep freshwater lake collecting sediment, volcanic ash and biotic remains. These lake sediments were mostly very finely layered and would be crucial in compiling the most detailed history of past eruptions in and around the city area.
Along with a better understanding of Auckland’s volcanic risks, the samples might also help scientists reconstruct the region’s climate over the past 100,000 years. These would provide a comparison to corresponding records recovered from deep below the ice in Antarctica and elsewhere on the planet, at a time scientists are racing to learn lessons from warmer periods in the Earth’s past.
Source : New Zealand Herald.

Orakei Basin

Image satellite de l’Orakei Basin (Source: Google maps)

Détresse sur le Ruapehu (Nouvelle Zélande) // Surviving Ruapehu (New Zealand)

drapeau-francaisS’ils pouvaient parler, certains volcans de notre planète auraient des histoires à raconter, certaines drôles, d’autres dramatiques. J’ai relaté certaines dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé. Voici le récit d’une situation particulièrement difficile vécue par deux jeunes Néo-Zélandais sur le Ruapehu…

Le Ruapehu, l’un des volcans les plus actifs de Nouvelle Zélande, est entré en éruption le 25 septembre 2007 à 20h26, en générant deux lahars et une colonne de cendre et autres matériaux qui est montée jusqu’à environ 4.500 mètres de hauteur, avec des retombées sur tout le sommet du volcan. L’événement explosif s’est accompagné d’une séquence sismique qui a duré 8 minutes. Il a été précédé d’une activité sismique mineure d’environ 10 minutes, beaucoup trop faible et de trop courte durée pour avertir de l’imminence de l’éruption.
Le 25 septembre 2007, William Pike et son ami, James Christie, avaient escaladé le Ruapehu et ils avaient décidé de faire une halte sur le chemin du retour dans le Shelter Dome, un petit refuge édifié en cas d’urgence près du lac de cratère.
A 8h26, le volcan est entré en éruption. Le premier signe de cet événement ressenti par les deux hommes fut une énorme « vague de pression » – autrement dit une onde de choc – dont le souffle fit ouvrir la porte du refuge. Encore enfoui dans son sac de couchage, William Pike s’avança afin de jeter un coup d’œil à l’extérieur. Horrifié, il assista au spectacle de la montagne qui commençait à cracher des pierres, avant de recevoir de plein fouet un lahar de boue, d’eau et de débris. La coulée de boue le projeta contre le mur du fond du refuge où il se retrouva en position assise, tandis que la boue formait comme un ciment autour de lui. Sa jambe droite avait été horriblement brisée et restait prisonnière de l’amas de matériaux.
Les deux hommes ont fait tout ce qui était possible pendant une quinzaine de minutes pour libérer William Pike, mais leurs efforts sont restés vains car la jambe était coincée dans l’amas de débris. Il fallait donc que James Christie parcoure la pente du volcan pour demander de l’aide. Vêtu seulement de sous-vêtements thermiques, il réussit à extraire ses chaussures de la boue, ainsi que la veste de Pike, une lampe frontale et un piolet, mais il ne put récupérer des crampons ou des chaussettes pour les chaussures de montagne.
Environ une demi-heure après le départ de James Christie, Pike perdit conscience, convaincu qu’il allait mourir. Lorsque les secouristes sont arrivés au refuge vers une heure du matin, il était en état d’hypothermie avancée, avec une température de 25 degrés Celsius. Il fut finalement héliporté vers l’hôpital de Waikato où il arriva vers 4h du matin. L’un des médecins dit plus tard que la première chose qu’il observa au moment de l’arrivée de Pike aux urgences fut une « puanteur de soufre ».
Quand William Pike sortit de son coma un jour plus tard, son père était à ses côtés et il lui a dit tout de suite que sa jambe droite avait été amputée au-dessous du genou pour lui sauver la vie.
Pike est sorti de l’hôpital au bout de neuf semaines. Après s’être d’abord déplacé sur des béquilles, il reçut sa première prothèse de jambe en février 2008. Il est retourné enseigner à l’école primaire Murrays Bay du North Shore d’Auckland seulement six mois après l’accident, avec un emploi à temps partiel.
Fin 2008, William Pike a effectué sa première marche en pleine nature.
En 2009, le directeur adjoint de l’Hilltop School de Taupo et un parent d’élève lui ont demandé de piloter un programme d’éducation en plein air qui a conduit à la création du William Pike Challenge Award, malgré la réticence de Pike à utiliser son nom. Le Prix s’adresse à des collégiens de 11 à 13 ans et vient en complément du Prix Edmund Hillary. Les élèves participent à six activités de plein air durant l’année; ils doivent aussi s’acquitter de 20 heures de service communautaire et passer 20 heures à développer un nouveau hobby.
Aujourd’hui, des milliers de petits Néo-Zélandais participent au programme d’éducation en plein air de William Pike.
Source: Manawatu Evening Standard (http://www.stuff.co.nz/manawatu-standard)

Cette anecdote me rappelle l’histoire poignante que Stanley Williams a racontée dans son livre «Le Cri du Volcan » (« Surviving Galeras » dans la version anglaise). Une équipe de volcanologues été surprise par une explosion soudaine et violente du Galeras en Colombie en 1993. Neuf personnes sont mortes et plusieurs autres, parmi lesquelles Stanley Willimas, ont été grièvement blessées.

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drapeau anglaisIf volcanoes could speak, some of them would have stories to tell. Some of them are funny, others quite tragic. I related some of them in a book entitled Volcanecdotes, unfortunately no longer available. Here is the story of what happened to two young New-Zealanders on Mount Ruapehu…

Mt Ruapehu, one of the most active volcanoes in New Zealand, erupted on September 25th 2007 in the evening at 8:26 pm and produced two lahars, an eruption column to about 4,500 metres, with ash fall and rock falls across the summit of the volcano. The explosive eruption was accompanied by an earthquake that lasted 8 minutes. It was preceded by about 10 minutes of minor earthquake activity. This initial seismic activity was too small and of too short a duration to provide a useful warning of the impending eruption.
On September 25, 2007, William Pike and his friend, James Christie, climbed Mt Ruapehu and had decided to stay in Dome Shelter, near the crater lake, on the way down.
At 8:26 that night, the mountain unexpectedly erupted. The climbers’ first hint of trouble was a huge pressure wave hitting the hut and blowing its door wide open. William Pike pulled himself across the floor in his sleeping bag to peek out of the door, horrified to witness the mountain was beginning to spew rocks onto the hut before a deadly volcanic lahar of mud, water and debris struck. The mudflow rammed him against the hut’s opposite wall in a sitting position before forming like cement around him, his right leg horribly broken and crushed under the floorboards.
The two young men frantically tried to free William Pike for about 15 minutes, but their efforts were useless with his leg firmly stuck in the debris. So they decided James Christie had to run down the volcano’s slopes to seek help. Clad only in thermal underwear, he managed to dig out his boots, Pike’s jacket, a headlamp and an ice axe, but no crampons or socks for his boots.
About half an hour after Christie left, Pike lost consciousness, convinced he would die. By the time rescuers reached him about 1am the next day, he was extremely hypothermic with a temperature of 25 degrees Celsius. He was eventually airlifted to Waikato Hospital, arriving about 4am that day. One of the doctors later told Pike when he walked into the emergency department, all he could smell was the stench of sulphur.
When he awoke from his coma a day later, his dad was there and immediately broke the news that his right leg had been amputated below the knee to save his life.
He was discharged after nine weeks in hospital and after initially managing on crutches, he got his first prosthetic leg in February 2008. And he also returned to primary school teaching only six months after the accident, taking a part-time job at Murrays Bay School on Auckland’s North Shore.
By the end of 2008, William Pike managed his first bush walk.
In 2009, the deputy principal of Taupo’s Hilltop School, along with a parent, asked him to be a role model for an outdoor education programme, which led to the creation of the William Pike Challenge Award, despite Pike’s reluctance to use his name.
The award targets 11 to 13-year-old school kids, dovetailing with the Hillary Award, which runs in high schools. Pupils participate in six outdoor activities at the school during the year, as well as completing 20 hours of community service and 20 hours developing a new hobby.
Today, thousands of Kiwi kids follow William Pike’s inspirational footsteps in his outdoor education programme.
Source : Manawatu Evening Standard (http://www.stuff.co.nz/manawatu-standard)

This story reminds me of the heart-rending story Stanley Williams told in his book “Surviving Galeras”. A team of volcanologists was surprised by a sudden and violent explosion of the Colombian volcano in 1993. Nine people died and several others, among whom Stanley Williams, were seriously injured.

Ruapehu general

Ruapehu sommet

Ruapehu lac

Vues du Ruapehu, de son sommet et du lac de cratère (Photos: C. Grandpey)