2023 : température record en novembre et on va frôler 1,5°C de hausse pour l’année ! // 2023 : record temperature in November and we will approach the 1.5°C rise for the year !

La série continue. ERA5 nous apprend qu’avec +1.092°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de novembre 2023 vient d’établir un nouveau record de chaleur. Le précédent record de 2020 (+0.775°C) est dépassé de 0.32°C. L’anomalie de +1.092°C observée au mois de novembre 2023 par rapport à 1981-2010 correspond à +1.83°C au-dessus de la période 1850-1900.

L’année 2023 sera la plus chaude jamais observée et on va frôler, voire atteindre, sur la moyenne annuelle le seuil de 1.5°C au-dessus de la température préindustrielle.

Après juin, juillet, août, septembre et octobre, novembre est le 6ème mois d’affilée marqué par un record de chaleur.

Pour rappel, le 17 novembre 2023, la Terre a dépassé les +2°C de réchauffement pendant une journée. En juillet déjà, les températures moyennes à l’échelle de la planète affichaient 1,5°C au-dessus de leur niveau moyen de l’ère préindustrielle. Selon l’OMM, un record battu pendant une seule journée n’est pas significatif, mais cela a tout de même de quoi alerter. Si ,comme c’est prévu ci-dessus, 2023 atteint 1,5°C de réchauffement, ce ne sera, certes, que pour une année, mais au train où vont les choses, il se pourrait tout à fait que ce soit le début d’une courbe ascendante qui aurait des conséquences catastrophiques. Quoi qu’il en soit, le seuil fixé par la COP 21 est très sérieusement menacé.

Certains diront que les conditions El Niño actuellement présentes favorisent la hausse des températures qui devrait se renforcer au cours de l’hiver 2023-24. C’est vrai, mais on pourrait rétorquer que les années précédentes qui étaient sous l’influence du phénomène de refroidissement El Niña n’ont pas été accompagnées d’une baisse des températures. En effet, les dix dernières années figurent toutes dans le top 10 des années les plus chaudes.

Le graphique ci-dessous (Source : ERA5) montre les 10 anomalies globales les plus élevées jamais observées en novembre.

Source : global-climat.

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The series continues. ERA5 is telling us today that with +1,092°C above the 1981-2010 average, the month of November 2023 has just established a new heat record. The previous record of 2020 (+0.775°C) is exceeded by 0.32°C. The anomaly of +1.092°C observed in November 2023 compared to 1981-2010 corresponds to +1.83°C above the period 1850-1900.
The year 2023 will be the hottest ever observed and the threshold of 1.5°C above the pre-industrial temperature might be reached on the annual average.
After June, July, August, September and October, November is the 6th month in a row marked by record heat.

As a reminder, on November 17th, 2023, the Earth exceeded +2°C of warming for one day. Already in July, average temperatures across the planet were 1.5°C above their pre-industrial average level. According to the WMO, a record broken for a single day is not significant, but it is still a cause for alarm. If, as predicted above, 2023 reaches 1.5°C of warming, it will, of course, only be for one year, but at the rate things are going, it could very well be the start of an upward curve which would have catastrophic consequences. In any case, the threshold set by COP 21 is very seriously threatened.
Some will say that the El Niño conditions currently favor rising temperatures which are expected to increase during the winter of 2023-24. This is true, but one could argue that previous years that were influenced by the El Niña cooling phenomenon were not accompanied by a drop in temperatures. In fact, the last ten years all appear in the top 10 hottest years.
The chart below (Source: ERA5) shows the 10 highest global anomalies ever observed in November.

 

Source : global-climat.

Bilan des premières journées de la COP 28

On le savait d’avance : la COP 28 ne décidera rien de concret pour réduire l’accélération du réchauffement climatique. Comme lors des conférences précédentes, les annonces sont, pour beaucoup, des engagements volontaires, mais non contraignants.

Certes, il y a eu une avancée – en fait un prolongement de la COP 27 – avec la création d’un fonds « pertes et dommages » pour indemniser les pays vulnérables, victimes du réchauffement climatique sans en être vraiment la cause. Les montants de ce fonds sont toutefois largement inférieurs aux 100  milliards de dollars par an que certains pays en développement ont réclamé. Comme je l’ai indiqué précédemment, le texte «exhorte» simplement – sans obligation définie – les pays développés à débloquer des financements, sur la base du volontariat, sans donner d’objectif chiffré.

Pour le reste, comme lors des COP précédentes, les annonces faites depuis l’ouverture du sommet, sont, pour beaucoup, des engagements vertueux, mais non contraignants. En parallèle de la séance principale se tiennent de laborieuses et cruciales négociations pour obtenir une décision finale qui ait l’autorité d’un consensus entre près de 200 pays, sous l’égide des Nations unies. Il faut à tout prix sauver la face et ne pas donner l’impression que la COP est un échec. Mais personne n’est dupe.

Parmi les engagements – ce ne sont que des promesses – pris à ce stade, une vingtaine de pays, dont les États-Unis, la France, le Japon et les Émirats arabes unis, ont appelé à tripler les capacités de l’énergie nucléaire dans le monde d’ici à 2050, par rapport à 2020. La Chine et la Russie n’ont pas signé.

118 pays ont signé un appel à tripler la capacité des énergies renouvelables, et à doubler le taux annuel d’amélioration de l’efficacité énergétique, de 2 % à 4 %, d’ici à 2030. Toutefois, les grands pays producteurs et consommateurs d’hydrocarbures, dont la Russie, l’Iran ou encore la Chine, n’ont pas rejoint cet appel, contrairement aux Emirats arabes unis, hôtes de la COP 28.

La France, à travers le discours de son Président, a lancé une initiative pour soutenir l’accélération de la sortie du charbon, qui génère encore le tiers de l’électricité mondiale. Mais silence radio sur la sortie du pétrole. Y faire allusion au pays de l’or noir friserait l’incident diplomatique ! Les Etats-Unis ont rejoint la Power Past Coal Alliance, s’engageant à fermer leurs centrales à charbon sans captage de CO2.

S’agissant du méthane, grand ignoré des accords sur le climat jusqu’à présent alors qu’il est responsable de 30% du réchauffement historique, les Etats-Unis ont annoncé que de nouveaux pays, dont le Turkménistan, avaient rejoint une initiative appelée « Global Methane Pledge ». Elle vise à réduire de 30% les émissions de méthane d’ici à 2030, par rapport à leur niveau de 2020. Reste à savoir si cette promesse (« pledge ») sera vraiment tenue…

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A noter que le ciel de Dubaï est obscurci par une brume jugée « malsaine » ce dimanche 3 décembre 2023, alors que des milliers de délégués assistent dans le cadre de la COP28, à une séance consacrée aux effets nocifs de la pollution atmosphérique.
L’indice de qualité de l’air atteint à Dubaï 155 microgrammes de particules fines PM2,5. Ce sont les plus nocives car elles peuvent pénétrer dans la circulation sanguine. Elles proviennent pour la plupart des combustibles fossiles brûlés dans les transports et l’industrie. Quand la qualité de l’air est jugée « malsaine », la population peut commencer à ressentir des effets sur la santé, en particulier les personnes souffrant de problèmes respiratoires. .
Cette brume de pollution est visible à Dubaï depuis le début de la COP28 où le 3 décembre est désigné journée « Santé .» Les sujets abordés incluent la qualité de l’air et les effets néfastes du réchauffement climatique.
La COP 28 se déroule à environ 11 kilomètres du complexe énergétique et de dessalement de Jebel Ali, la plus grande centrale électrique au monde, alimentée au gaz. Parmi les autres pollueurs à proximité figurent le port de Jebel Ali et l’aéroport international d’Al Maktoum, tandis qu’à environ 200 kilomètres à l’ouest se trouve le champ pétrolier Bab d’Abu Dhabi.

Source : France Info et médias internationaux.

Bilan de la première journée de la COP 28

Alors que la COP 28 vient de débuter à Dubaï, les médias nous expliquent que la première journée s’est conclue par un grand événement : la concrétisation du fonds destiné à aider les pays vulnérables à réparer les «pertes et dommages» climatiques qu’ils subissent.

En fait, cette promesse d’aider les pays les plus exposés au réchauffement climatique n’est que la suite de ce qui avait été dit lors de la COP 27 en Egypte (qui ne restera pas dans les annales car rien de vraiment concret n’y a été décidé pour lutter contre les conséquences du réchauffement climatique.)

Au final, la COP 27 avait accouché au forceps d’un texte sur l’aide aux pays pauvres impactés par le réchauffement climatique. Le dossier des « pertes et dommages » climatiques des pays pauvres avait failli faire dérailler la conférence, avant de faire l’objet d’un texte de compromis de dernière minute.

Les pays pauvres, souvent parmi les plus exposés mais qui sont généralement très peu responsables du réchauffement, réclamaient depuis des années un financement des « pertes et dommages » qu’ils subissent. A l’issue de la COP 27, il a été décidé que les détails opérationnels seraient définis pour adoption à la COP, 28.

La COP 28 a donc décidé que le fonds d’aide aux pays vulnérables n’oblige personne mais incite, ce que souhaitaient notamment les Etats-Unis. [NDLR : on reste dans le domaine des décisions non contraignantes des COP !]. Le texte «exhorte» simplement les pays développés à débloquer des financements, sur la base du volontariat, sans donner d’objectif chiffré. Les pays en développement qui le peuvent sont eux aussi «encouragés» à donner. Cela pourrait concerner la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre et deuxième puissance économique mondiale

Reste aussi à décider d’un objectif financier global. Des pays en développement ont réclamé une somme plancher de 100 milliards de dollars annuels (92 milliards d’euros) d’ici à 2030 pour ce nouveau fonds. Mais les besoins estimés sont bien plus importants car les pertes pourraient atteindre 580 milliards de dollars (532 milliards d’euros) par an. Le 30 novembre 2023, les Emirats ont annoncé une contribution de 100 millions de dollars. L’Union européenne devrait donner 225 millions d’euros. La France, la Norvège et le Danemark pourraient aussi annoncer une première mise de départ de quelques centaines de millions de dollars. Les Etats-Unis promettent seulement 17,5 millions de dollars, tandis que le Japon n’est prêt à débourser que 10 millions de dollars. Le Royaume-Uni, de son côté, met 50 millions de dollars sur la table.

Reste à savoir sous quelle forme ces sommes seront attribuées.

Source : presse française.

Automne 2023, le plus chaud en France !

Météo- France indique ce 30 novembre 2023 que l’automne météorologique (septembre-octobre-novembre) 2023 est « le plus chaud » enregistré en France depuis 1900. Toujours en France, l’année 2023 devrait se classer au deuxième rang des années les plus chaudes avec une température moyenne de 14,2 °C. A l’échelle de la planète, il se pourrait que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée. Pour avoir confirmation, il faudra attendre la mi-janvier 2024.

Ce record de chaleur automnal n’est pas vraiment une surprise quand on sait que le mois de septembre a été le plus chaud de l’histoire, le mois d’octobre au 2ème rang et un mois de novembre encore trop doux, même si la fraîcheur des derniers jours peut faire illusion. Toutefois, quatre départements alpins ont été placés en vigilance Orange à la pluie et aux inondations, avec les pluies abondantes et la fonte partielle de la neige présente sur le relief.

2023 reste donc dans la continuité de 2022, année la plus chaude que la France ait connue depuis le début du 20ème siècle. L’anomalie thermique en France sur l’ensemble de l’année devrait se situer autour de + 1,3 °C  par rapport aux normales 1991-2020.

On peut s’attendre à des températures encore hautes pour la saison au cours des prochains mois. En effet, la planète est sous l’effet du phénomène El Niño dans le Pacifique oriental, dont les effets, selon les climatologues, devraient se faire sentir au moins jusqu’au mois d’avril 2024.

Cette année, les arbres tardent à perdre leurs feuilles; les grues sont en retard. Pas de doute, le climat est bien en train de changer… (Photos: C. Grandpey)