Les prévisions des poulpes de l’Ouest Antarctique // The predictions of West Antarctica’s octopuses

Rappelez-vous : Paul le Poulpe était une pieuvre conservée dans l’aquarium Sea Life d’Oberhausen (Allemagne). L’animal a connu son heure de gloire en 2010 car il était censé pronostiquer les résultats des matches de la Coupe du monde qui avaient lieu cette année-là. Quelques prévisions exactes lui ont valu le titre honorifique d’oracle animalier. Les gardiens de l’aquarium lui présentaient deux boîtes contenant de la nourriture, décorées avec les drapeaux des équipes opposées lors d’un match. La boîte choisie par Paul en premier désignait la vainqueur futur de la partie.

Aujourd’hui, on nous raconte une autre histoire sur les poulpes en Antarctique. De petits céphalopodes, les poulpes de Turquet, se déplacent au fond de l’océan qui entoure ce continent depuis environ quatre millions d’années. Des chercheurs ont récemment découvert que l’ADN de ces créatures de 15 centimètres de long (sans les tentacules) pourrait aider à résoudre un très vieux mystère scientifique : quand la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a disparu pour la dernière fois. Les résultats de leur étude ont été publiés en décembre 2023 dans la revue Science.

La calotte glaciaire de l’Antarctique occidental contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 5 mètres dans le monde si elle fondait entièrement. Un tel événement inonderait de nombreuses villes côtières. Ces dernières années, le réchauffement des océans, causé par les émissions de gaz à effet de serre dus à la combustion de combustibles fossiles, a provoqué la fonte de la calotte glaciaire antarctique qui se trouve aujourd’hui dans une situation précaire. Une étude parue en octobre 2023 a révélé que dans les scénarios d’émissions les plus optimistes, la fonte de cette calotte glaciaire est inévitable. Mieux connaître son passé pourrait nous aider à comprendre ce qui nous attend. Un chercheur a déclaré : « Comprendre quel aspect avait la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental dans un passé récent, lorsque la température de la planète était similaire à celle d’aujourd’hui, pourrait nous aider à mieux prévoir l’élévation future du niveau de la mer. »
Les scientifiques se sont donc tournés vers les pieuvres de Turquet (Pareledone turqueti) pour obtenir des réponses. Ces animaux vivent tout autour du continent antarctique, mais leurs populations dans la mer de Ross et la mer de Weddell sont séparées par l’infranchissable barrière constituée par la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental et, de ce fait, ils s’éloignent rarement de leur lieu de résidence. Les chercheurs pensent que s’ils pouvaient parvenir à déterminer à quel moment les deux populations se sont croisées, cela pourrait donner des indications sur la dernière fonte de la calotte glaciaire.
L’équipe scientifique a séquencé l’ADN de 96 poulpes de Turquet en provenance de tout le continent, capturés accidentellement par des pêcheurs ou conservés dans des collections de musées. Bien que le spécimen le plus ancien date des années 1990, les chercheurs étaient persuadés que l’analyse génétique pourrait donner un aperçu de l’arbre généalogique des poulpes il y a des millions d’années.
Cette analyse génétique a révélé que les poulpes de la mer de Weddell et de la mer de Ross se sont croisés il y a 54 000 à 139 000 ans, au cours de la dernière période interglaciaire. La conclusion de l’analyse correspond aux soupçons des scientifiques selon lesquels une disparition de la calotte ouest antarctique s’est produite pendant cette période.
La température moyenne de notre planète est actuellement supérieure d’environ 1,2 °C à la moyenne préindustrielle. Au cours de la dernière période interglaciaire, la température de la Terre était d’environ 0,5 à 1,5°C supérieure à cette même moyenne préindustrielle, mais le niveau de la mer était environ 5 à 10 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Bien qu’on ne sache toujours pas exactement quand la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a fondu, ni combien de temps cela a pris, les scientifiques affirment que le phénomène pourrait se reproduire et leur étude constitue un sérieux avertissement pour la planète.
Source : Médias d’information internationaux.

————————————————

Just remember : Paul the Octopus was a common octopus kept in the Sea Life aquarium of Oberhausen (Germany). The animal was supposed to predict the results of World Cup matches in 2010. A few accurate predictions brought him worldwide attention as an animal oracle. Paul’s keepers would present him with two food-containing boxes decorated with the flags of the teams in an upcoming match. Whichever box Paul ate from first was considered his prediction for which team would win the match.

Today, there is another story about octopuses in Antarctica. In the sea surrounding this continent, small cephalopods called Turquet’s octopuses have been crawling along the ocean floor for some four million years. Researchers have recently discovered that the DNA of the 15-centimeter-long creatures (excluding arms) may help solve a longstanding scientific mystery: When did the West Antarctic Ice Sheet last collapse?  The results of their study was published in December 2023 in the journal Science.

The West Antarctic Ice Sheet (WAIS) holds enough water to raise global sea levels by more than 5 meters if it were to melt entirely, an inundation that would flood many coastal cities around the world. In recent years, global ocean warming fueled by high levels of greenhouse gas emissions from burning fossil fuels has left the ice sheet in a precarious situation. An October study found that even under best-case emissions scenarios, the sheet’s melting is inevitable. Still, learning more about its past could help us understand what’s to come. Said one reseracher : “Understanding how the WAIS was configured in the recent past when global temperatures were similar to today will help us improve future sea-level rise projections.”

So, the scientists turned to the Turquet’s octopus (Pareledone turqueti) for answers. While these animals live all around the icy continent, their populations in the Ross Sea and Weddell Sea are separated by the impassable WAIS and rarely move far from where they live. If researchers could determine how recently the two populations interbred, that might give some clues to when the ice sheet last melted.

The scientific team sequenced the DNA of 96 Turquet’s octopuses from all around the continent that were either accidentally caught by fishers or stored in museum collections. Though their oldest specimen was from the 1990s, genetic analysis could provide a glimpse millions of years back in the octopus family tree.

The genetic analysis revealed that the Weddell Sea and Ross Sea octopuses interbred between about 54,000 and 139,000 years ago, during a period known as the Last Interglacial. The conclusion matched with scientists’ suspicions that a collapse had occurred during that time.

Global average temperatures currently hover around 1.2°C higher than pre-industrial averages. During the Last Interglacial, the Earth was about 0.5 to 1.5°C warmer than pre-industrial averages, yet sea levels were about 5 to 10 meters higher than they are now. While it is still unclear exactly when the WAIS melted, or how long it took, scientists say the study is a stark warning for the planet.

Source : International news media.

Carte de l’Antarctique, avec la partie occidentale où la calotte glaciaire constitue une barrière entre les mers de Weddell au nord et de Ross au sud (Source: BAS)

2023, l’année des records et des inquiétudes // 2023, the year of records and concerns

L’année 2023 n’est pas encore terminée, mais nous savons déjà qu’elle sera remarquable en termes de réchauffement climatique. En plus d’être probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire moderne, elle a été marquée par plusieurs événements inquiétants décrits ci-dessous. Des records ont été battus ; ils ne sont qu’un début si l’humanité ne change pas de cap et ne prend pas les mesures nécessaires pour faire face au réchauffement de la planète.

2023 a enregistré le mois le plus chaud.
Juillet 2023 a été déclaré le mois le plus chaud jamais enregistré par le Copernicus Climate Change Service. La température moyenne de ce mois a battu tous les records. Avec +0,892°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, elle est supérieure au précédent record établi en 2019.
Ces records ont des conséquences désastreuses à la fois sur les populations et sur la planète qui est exposée à des événements extrêmes de plus en plus fréquents et intenses. Selon Copernicus, les températures élevées sont une combinaison du réchauffement climatique anthropique et du phénomène météorologique El Niño. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est plus urgente que jamais. L’action climatique n’est pas un luxe mais une nécessité ».

Températures océaniques record.
Le réchauffement climatique a également provoqué un réchauffement sans précédent des océans. Parallèlement à la température de l’air, la température de l’eau a également atteint un niveau record, avec près de 37 degrés Celsius dans certaines régions. Dans les Keys de Floride, la température de l’eau a atteint 38,3°C, ce qui est probablement un nouveau record du monde. Les scientifiques s’attendent à ce que ce record soit à nouveau battu.
La chaleur de l’eau fait des ravages sur les écosystèmes marins, notamment sur les récifs coralliens. On constate un blanchissement à grande échelle des coraux sur les récifs peu profonds de Floride, et de nombreux coraux sont déjà morts.

Couverture de glace la plus faible en Antarctique.
L’hiver dans l’hémisphère sud correspond à la période où la glace de l’Antarctique est censée se former. Cependant, en 2023, la surface de glace de mer a été la plus faible jamais enregistrée. Elle est sans précédent dans les archives satellitaires. Le précédent record datait de 2022, mais en 2023, la superficie de la glace antarctique est inférieure d’environ 1,6 million de kilomètres carrés à celle de 2022. Le système glaciaire antarctique a toujours été très variable, mais le niveau de variation actuel est si extrême que l’on se rend compte qu’un bouleversement s’est produit au cours des deux dernières années, surtout en 2023, par rapport à aux années précédentes remontant à au moins 45 ans de relevés.
Les températures océaniques plus chaudes affectent probablement les eaux de l’Antarctique, empêchant la formation de glace. La fonte de la glace est un facteur clé de l’élévation du niveau de la mer. Cette même glace sert également à réfléchir la lumière du soleil, contribuant ainsi à réguler les températures globales.

Un réchauffement de plus de 2 degrés.
Les Nations Unies ont mis en garde contre les dangers qu’entraînerait une augmentation de la température de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Nous venons d’avoir un véritable avant-goût de cette température. Le 17 novembre 2023, la planète a brièvement dépassé les deux degrés Celsius de réchauffement, le maximum préconisé par les scientifiques. Le dépassement de cette température pendant une seule journée ne signifie pas que tout est perdu, mais cela rappelle que le climat s’aventurerait en terrain inconnu si un tel événement devait se répéter.
La hausse de la température teste les limites des écosystèmes et des infrastructures. Elle exerce une pression sur les réseaux électriques et peut entraîner la mort dans certaines régions ne disposant pas d’accès aux climatiseurs. Des records de chaleur sont battus avec une régularité alarmante. On remarque qu’ils vont de pair avec les émissions de gaz à effet de serre – CO2 en particulier – qui continuent d’augmenter chaque année et conduisent la Terre vers un point de non-retour.
Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.

————————————————-

2023 is not over yet, but we already know it will be remarkable as far as global is warming. Beside being probably the hottest year ever recorded in modern history, it was marked by several alarming events which are described here below. Records have been broken ; they are just a beginning if humanity doesn’t change course and doesn’t take the necessary measures to face the warming of our planet. .

2023 has recorded the hottest month ever.

July 2023 was declared the hottest month on record, according to the Copernicus Climate Change Service. The month’s average temperature smashed all records. With +0.892°C above the 1981-2010 average, it was higher than the previous record set in 2019.

These records have dire consequences for both people and the planet exposed to ever more frequent and intense extreme events. According to Copernicus, the high temperatures are a combination of anthropogenic global warming as well as the El Niño weather phenomenon. The World Meteorological Organization insists that « the need to reduce greenhouse gas emissions is more urgent than ever before, Climate action is not a luxury but a must. »

Hottest ocean temperatures.

Climate change has also caused unprecedented ocean warming. Along with global air temperatures, water temperatures also hit a record high, almost reaching 37 degrees Celsius in some locations. In the Florida Keys, the water temperature hit 38.3°C, which could potentially be a new world record. However, scientists expect that the record will likely be broken again.

The water heat is wreaking havoc on marine ecosystems, including coral reefs. There is widespread coral bleaching at shallow reefs in Florida, and many corals have already died.

Lowest Antarctic ice cover.

Winter in the Southern Hemisphere is when Antarctic ice is supposed to form. However, in 2023 the amount of sea ice in the region is hitting a record low by a wide margin. And the Antarctic sea ice extent low is unprecedented in the satellite record. The previous record low was from 2022, but in 2023 the ice level is approximately 1.6 million square kilometers below last year. The Antarctic system has always been highly variable, but the current] level of variation is so extreme that something radical has changed in the past two years, but especially in 2023, relative to all previous years going back at least 45 years.

The warmer ocean temperatures are likely mixing into Antarctic waters, preventing ice from forming. Melting ice is a key factor in sea level rise. Ice also serves to reflect back sunlight, helping to regulate global temperatures.

Passing 2-degree warming.

The United Nations has warned of the dangers of temperatures rising 1.5 degrees Celsius above pre-industrial levels. However, we finally saw a real taste of this temperature. On November 17th, 2023, the planet briefly exceeded two degrees Celsius of warming, the upper maximum of warming cautioned by experts. While exceeding these temperatures by just one day doesn’t mean that all is lost, but it is a reminder that the climate is moving into uncharted territory.

The temperature is testing the limits of ecosystems and infrastructure alike, putting pressure on power grids and making some regions deadly without access to air conditioners. Global temperature records are being broken with alarming regularity, in parallel with greenhouse gas emissions which continue to rise every year and further warming is pushing the planet to several tipping points.

Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.

La grippe aviaire menace l’Antarctique // Bird flu is threatening Antarctica

Un nouveau rapport de l’Antarctic Wildlife Health Network nous apprend que des centaines d’éléphants de mer ont été retrouvés morts en Antarctique. Selon cet organisme, il est probable que l’hécatombe est due à une épidémie de grippe aviaire.
La grippe aviaire a déjà été détectée sur huit sites de test à travers l’Antarctique, et on attend les résultats de vingt autres sites. Des observateurs ont indiqué que les éléphants de mer présentaient des symptômes de la grippe aviaire, avec notamment de la toux, des accumulations de mucus autour du nez et des difficultés respiratoires.

Elephant de mer en Californie

Les oiseaux atteints de grippe aviaire souffrent de spasmes, de léthargie et sont incapables de voler. Le virus a déjà tué plus de 500 000 oiseaux marins et plus de 20 000 otaries au Chili et au Pérou, et les scientifiques craignent que l’épidémie ait un effet catastrophique sur les colonies de manchots en Antarctique, si elle les atteint.
Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’épidémie de grippe aviaire en Antarctique. En octobre 2023, un rapport du British Antarctic Survey a confirmé l’existence de la grippe aviaire sur Bird Island, dans la région de Géorgie du Sud, où elle a touché particulièrement les labbes.

Grzand labbe en Islande

Dans son rapport, le British Antarctic Survey a souligné le risque de contamination pour un large éventail de populations d’oiseaux dans cette région. J’ai développé ce sujet dans une note publiée le 26 octobre 2023 :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/10/26/la-grippe-aviaire-arrive-en-antarctique-avian-flu-has-arrived-in-anatrctica/

Il existe sur certaines îles de l’Antarctique et sur des îles subantarctiques des espèces qui sont propres à ces îles et qui ne sont présentes qu’en petit nombre, avec des centaines ou de milliers d’individus. Si le virus atteint ces populations, elles seront menacées d’extinction.

Dans l’hémisphère Nord, une sombre découverte a été faite dans la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador. Des ornithologues qui observaient des poussins de macareux au cours de l’été 2023 ont découvert que ces oiseaux étaient plus petits que la normale – certains présentaient moins de la moitié de la taille normale pour leur âge – mais également que leur nombre avait considérablement diminué. Un complément d’enquête a révélé que de nombreux macareux étaient morts cette année. Les poussins morts n’avaient que la peau et les os, ce qui signifie qu’ils sont morts de faim.

Macareux moine en Islande

(Photos: C. Grandpey)

Les oiseaux marins peuvent être des indicateurs précieux de la qualité d’un écosystème dans son ensemble. En ce qui concerne les macareux, le problème vient probablement du capelan, qui représente environ 50 % de leur alimentation. Avec le réchauffement climatique, la hausse de température de l’océan a pu contraindre le capelan à se déplacer vers des eaux plus froides en profondeur et hors de portée des macareux. Les biologistes marins ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la mauvaise gestion de la pêcher en mer.
Source : Yahoo News, The Guardian.

—————————————————-

A new Antarctic Wildlife Health Network report reveals that hundreds of elephants seals have been found dead in Antarctica. According to the Antarctic Wildlife Health Network, there is a likely chance it could be avian influenza, » better known as bird flu.

Avian flu has already been confirmed at eight testing sites across the Antarctic, with twenty other site results still pending. Observers in the Antarctic have reported elephant seals displaying avian flu symptoms including coughing, mucus accumulations around their noses and breathing difficulties.

Birds with avian flu suffer from spasms, lethargy and an inability to fly. The virus has already killed over 500,000 seabirds and over 20,000 sea lions in Chile and Peru, and experts are concerned that it could have a catastrophic effect on Antarctic penguin colonies if it reaches them.

This is not the first sign that avian flu is going to reach Antarctica. In October a report by the British Antarctic Survey confirmed the avian flu’s existence near Antarctica on Bird Island in the South Georgia region, particularly afflicting the brown skua. In their report, the British Antarctic Survey highlighted the risk to a wide range of local bird populations. I developed this topic in my post of October 26th, 2023 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/10/26/la-grippe-aviaire-arrive-en-antarctique-avian-flu-has-arrived-in-anatrctica/

There are species on some of the Antarctic islands and sub-Antarctic islands that are unique to those islands, and only occur in small numbers, in hundreds or thousands. If the virus reaches those populations, they are in threat of extinction.

In the Northern Hemisphere, a grim discovrery was made in the Canadian province of Newfoundland and Labrador. Volunteer rescuers observing puffin chicks during the summer 2023 found that the chicks, also known as pufflings, were smaller than normal – some less than half the normal size for their age – but also limited in number. This led to further investigation that revealed many of this year’s pufflings had died. The observation of the dead chicks revealed that were just skin and bones, which means they died of starvation.

Seabirds can be an indicator of how well an ecosystem is doing as a whole. As far as puffins are concerned, the problem probably lies with capelin which is around 50% of a puffin’s diet. Unfortunately, warmer ocean temperatures can cause the capelin to move to cooler waters below and out of the reach of the puffins. Marine biologists have also raised concerns that humans are mismanaging the harvesting of the fish.

Source : The Guardian.

Une autre nouvelle inquiétante de l’Antarctique // Other concerning news from Antarctica

En raison du réchauffement climatique, la fonte des glaciers s’accélère en Antarctique, où la glace de mer a battu des records de faible surface en 2023. La nouvelle victime de cette situation inquiétante est le glacier Cadman, sur la côte ouest de la Péninsule Antarctique. D’immenses glaciers comme le Thwaites et le Pine Island sont retenus par des plates-formes glaciaires dans l’Ouest Antarctique. Si ces plates-formes devaient disparaître, ces glaciers gigantesques (le Thwaites a un front de 120 km de large) se retrouveraient dans l’océan et contribueraient fortement à la hausse du niveau des mers dans le monde.
En utilisant des images satellitaires et des mesures in situ pour suivre le comportement du glacier Cadman pendant plus de trois décennies, une équipe scientifique a observé un recul spectaculaire de 8 kilomètres en seulement 2 ans et demi, entre novembre 2018 et mai 2021. Suite à ce recul, la plate-forme glaciaire qui retenait ce glacier tout en restant ancrée à la terre s’est effondrée dans l’océan.
Le glacier Cadman s’était aminci depuis le début des années 2000, peut -être même dès les années 1970, et l’équipe scientifique pense que les températures océaniques plus chaudes que la normale en 2018 et 2019 (exacerbées par le réchauffement climatique d’origine anthropique) ont probablement accéléré le processus, affaiblissant la plate-forme glaciaire jusqu’à son effondrement.
Étant donné que les plates-formes glaciaires retiennent la partie terrestre d’un glacier, on s’attend maintenant à ce que le glacier Cadman fonde et perde de l’eau plus rapidement. Actuellement, il déverse par vêlage chaque année quelque 2,16 milliards de tonnes de glace dans l’océan, et ce débit va probablement augmenter. Un tel déversement glaciaire contribue directement à l’élévation du niveau de la mer, menaçant les régions côtières dans le monde
Les scientifiques ont été surpris de constater que les glaciers voisins dans cette partie de la Péninsule Antarctique occidentale n’ont pas réagi au comportement du Cadman, même si l’on pense que ces glaciers sont interconnectés. Cette situation pourrait être riche d’enseignements sur la manière dont le réchauffement climatique affectera cette région très sensible à la hausse des températures.
Selon les chercheurs, il se pourrait que des crêtes sous-marines agissent comme des barrières défensives pour les glaciers voisins et les protègent du réchauffement de la mer, du moins pour le moment. Avec la hausse ininterrompue de la température de l’océan, la géologie sous-marine pourrait ne plus être en mesure de protéger les glaciers très longtemps. De cette façon, la fonte du glacier Cadman pourrait représenter un point de non-retour montrant ce qui attend ses voisins.
Cette nouvelle étude montre que des glaciers apparemment stables peuvent devenir instables rapidement, sans prévenir, puis s’amincir et reculer très fortement. Cela souligne la nécessité d’un réseau d’observation à grande échelle des océans autour de l’Antarctique, en particulier dans les régions proches des glaciers où il est particulièrement difficile d’effectuer des mesures.
Source : space.com.

Ces images fournies par le satellite Copernicus Sentinel-2 montrent le recul du glacier Cadman et l’effondrement de la plate-forme glaciaire qui le retenait. L’image de gauche date de 2017 et celle de droite de 2023.

—————————————————–

Because of global warming, glacier melting is accelerating in Antarctica where sea ice broke low surface records in 2023. Today’s casualty is Cadman Glacier, located on the western coast of the Antarctic Peninsula. Huge glaciers like Thwaites and Pine Island are buttressed by ice shelves in West Antarctica. Should these shelves collapse, the massive glaciers (Thwaites’ front is 120 km wide) would end up in the ocean and strongly contribute to sea rise around the world.

Using satellite images and in-situ measurements to track Cadman Glacier for more than three decades, a team of scientists has reported a dramatic glacial retreat of 8 kilometers during only 2.5 years between November 2018 and May 2021. Following that retreat, the tidewater glacier’s ice shelf – the part of the glacier that floats on the surface of the ocean, but still remains anchored to land – completely collapsed.

Though Cadman Glacier has been thinning since the early 2000s, or possibly even as far back as the 1970s, the scientific team suggests that warmer-than-normal ocean temperatures in 2018 and 2019 (exacerbated by human-driven global warming) likely accelerated the process, weakening the ice shelf to the point of collapse.

Because ice shelves buttress the land-based part of a glacier, it is now expected that Cadman Glacier will lose water more rapidly. Currently, it drains some 2.16 billion tonnes of ice into the ocean annually, and that rate of flow will likely increase. Such glacial draining directly contributes to sea level rise, threatening coastal regions across the globe.

What was also curious about Cadman Glacier was that the neighboring glaciers on this part of the West Antarctic Peninsula did not react in the same way, althou these glaciers are thought to be interconnected. This situation may hold important lessons for the way climate change will continue to affect this important and sensitive region.

The researchers hypothesize that underwater ridges are acting as defensive barriers for nearby glaciers, protecting them from the warming sea, at least for the moment. With ocean temperatures continuing to rise, subsea geology might not be able to protect the glaciers for much longer. As such, Cadman Glacier might be a « glaciological tipping point » indicating the future for its neighbors.

This new research shows that apparently stable glaciers can switch very rapidly, becoming unstable almost without warning, and then thinning and retreating very strongly. This emphasizes the need for a comprehensive ocean observing network around Antarctica, especially in regions close to glaciers where it is especially difficult to make measurements.

Source : space.com