Spectaculaire glissement de terrain dans le Parc National de Glacier Bay (Alaska) // Massive landslide in Glacier Bay National Park (Alaska)

drapeau francaisUn spectaculaire glissement de terrain s’est produit dans le Glacier Bay National Park en Alaska le 28 juin 2016, avec l’effondrement du pan d’une montagne haute de 1200 mètres. Les débris se sont étalés sur plusieurs kilomètres à la surface du glacier Lamplugh. A noter que ce glacier présente une longueur de 13 km et avance à une vitesse moyenne de 300 mètres par an. Son front a une cinquantaine de mètres de hauteur et l’eau y sculpte des grottes (voir image ci-dessous). Le glacier Lamplugh se termine dans le Johns Hopkins Inlet, petit fjord qui est une destination très prisée des navires de croisière. Un effondrement semblable en 2015 avait fini sa course dans le Taan Fiord, provoquant un important tsunami. Des événements tels que celui du 28 juin se produisent trois à cinq fois par an dans le monde, en particulier dans le SE de l’Alaska.

Une première analyse du glissement de Glacier Bay – qui a déclenché un séisme local de M 5.2 – laisse supposer que l’événement a commencé à 8h21 (heure locale) le 28 juin quand une paroi rocheuse d’une surface estimée à environ 1,3 kilomètres carrés s’est effondrée dans la partie haute de la montagne. Une fois sur le glacier Lamplugh Glacier, les matériaux ont continué à glisser, emportant avec eux  la glace et la neige. Un pilote, avec lequel j’ai déjà fait plusieurs survols de la région, a atterri près de l’extrémité de l’éboulement, à environ 10 km du site de l’effondrement. Il a indiqué que l’épaisseur des matériaux atteignait environ 4 mètres. Leur poids global est estimé à environ 120 millions de tonnes.
Lorsque les scientifiques ont regardé de plus près les images du Lamplugh Glacier et les parois des montagnes qui entourent cette partie de Glacier Bay, ils ont remarqué des signes d’autres glissements de terrain dans la région. Ces signes sont visibles dans le Taan Fiord. Si un tel événement se produisait un peu plus loin, près du front de vêlage, ce serait sûrement un problème pour les bateaux de croisière qui transportent des touristes dans ce secteur.
Les scientifiques ne savent pas trop ce qui déclenche ces glissements de terrain spectaculaires. Les statistiques montrent qu’ils se produisent davantage pendant les mois les plus chauds. Il se peut donc qu’ils soient liés au réchauffement de la température ou à l’eau de fonte. Ce sont quelques-unes des hypothèses que les chercheurs devront prendre en compte au cours de leur travail dans le Taan Fiord cette année. Ils ont déjà étudié la géologie du fjord et la ligne le long de laquelle la vague du tsunami a renversé les arbres comme des allumettes. Ils recherchent d’autres aspects du phénomène, comme les types de sédiments transportés par la vague et l’influence de la forme du fjord en dessous de la ligne d’eau
Glacier Bay a connu d’autres glissements de terrain spectaculaires, dont un en 2014 sur le Johns Hopkins Glacier. Selon les archives de l’USGS, un puissant séisme en 1958 a déclenché un glissement de terrain dans Lituya Bay, sur la côte. Il a généré un tsunami qui a tué deux personnes qui se trouvaient dans un bateau de pêche. En cliquant sur ce lien, vous trouverez un document du National Geographic qui explique cet événement: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM
Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

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drapeau anglaisA massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016, when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. The glacier is 13 km long and moves forward at an average rate of 300 metres per year. Its front is about 50 metres high and the water carves caves in it (see image below). The Lamplugh glacier ends in Johns Hopkins Inlet, a popular tourist stop for cruise ships. A similar sized event in 2015 landed directly in Alaska’s remote Taan Fiord, creating a massive tsunami wave. Events such as the last one happen three to five times per year around the world, and Southeast Alaska is the global hotspot.

The preliminary analysis of the Glacier Bay landslide, which triggered an M 5.2 local earthquake, suggests the collapse started at 08:21 (local time) on June 28th when a rock face estimated to have been about 1.3 square kilometres in size collapsed on a high, steep slope. Once it hit the ice of Lamplugh Glacier, the debris kept sliding, pushing up snow and ice as it moved. A pilot, with whom I flew several times in Alaska, landed near the end of the landslide, about 10 km from the collapse site. He found that the thickness of the debris there was about 4 metres. The weight of the landslide is estimated at about 120 million tons.

As the scientists zoomed in on images of Lamplugh Glacier and the inlet walls around Glacier Bay, they pointed out signs of past landslides there. Such signs were detected at Taan Fiord too. They noticed that if such an event happened a bit further over, near the calving front, that would be a very bad thing as cruise ships bring tourists in that part of the inlet.

What triggers giant landslides often isn’t clear. Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Those are some of the questions scientists hope to start answering through their work in Taan Fiord this year. The scientists have been studying the geology of the fiord and measuring the trim line along the edges where the tsunami wave stripped away the trees and scattered them like match sticks. They are looking at other aspects, including the types of sediment carried by the tsunami wave and the influence of the shape of the fiord below the water line

Glacier Bay has had other spectacular landslides, including one in 2014 on Johns Hopkins Glacier. According to USGS reports, a large earthquake in 1958 triggered a landslide in Lituya Bay, on the coast, which generated a tsunami that killed two people in a fishing boat. By clicking on this link, you will find a National Geographic document explaining this event: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM

Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

Lamplugh collapse

Crédit photo: Paul Swanstrom, remarquable pilote, que je salue ici.

Lamplugh collapse 2

Grotte dans le front du Lamplugh Glacier (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

 

Modification du comportement des ours polaires dans la Mer de Beaufort // Changes in the behaviour of polar bears in the Beaufort Sea

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude effectuée sur le long terme par des scientifiques de l’USGS, du Fish and Wildlife Service et de deux universités, les ours polaires passent maintenant plus de temps sur terre dans l’Arctique à cause de la fonte de la glace. Dans la partie méridionale de la Mer de Beaufort ils sont maintenant beaucoup plus susceptibles de venir vivre sur la terre ferme en été et à l’automne qu’au milieu des années 1980. L’évolution a surtout eu lieu au cours des quinze dernières années, période au cours de laquelle on a observé un important déclin de la glace au cours de cette période de l’année.

Depuis la fin des années 1990, la période pendant laquelle la mer n’est pas recouverte de glace dans le sud de la Mer de Beaufort a augmenté en moyenne de 36 jours. Depuis cette époque, les ours polaires qui nagent vers le rivage y passent 31 jours de plus. L’étude s’appuie sur les déplacements de 228 femelles adultes qui, entre 1986 et 2014, ont été équipées de colliers émetteurs. Seules les femelles adultes peuvent porter les colliers car le cou des mâles est trop volumineux pour que ces colliers restent en place. L’étude utilise également les données provenant de relevés aériens effectués entre 2010 et 2013. Ces observations concernent tous les ours polaires, mâles ou femelles, adultes ou jeunes.
Pour le moment, les ours qui viennent à terre ne représentent qu’une minorité de la population. Ils semblent être attirés par les accumulations d’os chargés des viande et de graisse laissés sur le rivage par les chasseurs de baleines Inupiat à la fin de la saison de chasse. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus en automne des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Les os de baleines et la viande qui y subsiste constituent pour les ours une source de nourriture riche en graisse qui fait défaut sur la banquise. Toutefois, les chercheurs ne savent pas quels seront les effets à long terme de cette dépendance des os de baleines boréales. Qu’arrivera-t-il si ces restes de baleines ne sont plus suffisants pour nourrir tous les ours ? Cela pourrait mettre la population locale en danger. Déjà, les habitants de Kaktovik organisent des patrouilles pendant la période où les ours polaires se rassemblent autour des tas d’os.
En dépit de leur accès aux restes de baleines boréales chaque automne, les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort montrent davantage de problèmes que d’autres populations. Leur nombre a chuté de 40 pour cent au cours de la première décennie du 21ème siècle, avec peu de survie chez les oursons. Les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort présentent un déficit de poids et un état corporel moins satisfaisant que leurs homologues de la Mer des Tchouktches. De plus, ils souffrent d’un mal récurrent qui leur fait perdre la couche de poils assurant leur isolation thermique.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new long-term study by scientists from the U.S. Geological Survey, the U.S. Fish and Wildlife Service and two universities, polar bears are spending more time on land because of the dwindling ice in the Arctic. Polar bears in the southern Beaufort Sea are now three times as likely to come ashore in summer and fall as they were in the mid-1980s. The big changes have happened over the past decade and a half, which corresponds to big reductions in summer and fall sea ice.

Since the late 1990s, the open-water season in the southern Beaufort Sea has expanded by 36 days on average. Since that time, the polar bears that swim to shore are spending 31 more days a year there. The study uses data from movements of 228 adult female polar bears that, over the period from 1986 to 2014, were fitted with radio collars. Only adult females can wear the tracking collars; males’ necks are too wide to allow collars to stay in place. The study also uses data from aerial surveys conducted from 2010 to 2013. Those surveys tracked all polar bears ; whether male or female, adult or subadult.

The bears that come ashore still make up only a minority of the population, but they may be making the better choice. They seem to be attrracted by piles of meat- and blubber-laden bones left after local Inupiat hunters butcher bowhead whales on the beaches. As I put it in a previous note, the bowhead bone piles near the village of Kaktovik have become autumn gathering spots for polar bears and even some North Slope grizzlies. The piles give the bears a source of high-fat food that the bears on the ice are lacking. However, researchers do not know the long-term effects of the bears’ reliance on the bowhead bone piles. There are some worrisome possibilities, especially if it happens that there are not enough bowhead scraps to go around. This might put local residents at risk. Already, locals in Kaktovik have organized bear patrols to protect villagers in the season when polar bears gather at the bone pile.

Despite their access to bowhead whale scraps each autumn, the southern Beaufort Sea polar bears are showing more trouble signs than several other populations. Numbers dropped by 40 percent in the first decade of the 21st century, with few cubs surviving in many of those years. The southern Beaufort Sea polar bears have lower weight and worse body condition than their Chukchi counterparts, and they have been hit by a recurring disorder that causes them to lose their heat-insulating hair.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

 

Pavlof (Alaska): Hausse de l’activité // Increased activity

drapeau francaisJe viens de recevoir un message de l’AVO indiquant que l’activité sismique s’est accrue sur le Pavlof au cours des dernières 24 heures et de petites émissions de vapeur ont été aperçues ce matin sur les images de la webcam. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune et l’alerte volcanique à Vigilance.

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drapeau anglaisI have just received a message from AVO indicating that seismicity at Pavlof Volcano has increased in the past 24 hours, and minor steam emissions were observed in web camera images this morning. This unrest prompts AVO to raise the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Les ours à la télé !

Le Lundi, mardi, jeudi et vendredi, les antennes de France 3 Aquitaine, France 3 Limousin et France 3 Poitou-Charentes proposent aux téléspectateurs, à partir de 10 heures, une émission intitulée Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Matin à laquelle j’ai été invité à participer au cours de la matinée du jeudi 9 juin. Les animateurs sont Christophe Zirnhelt et Delphine Roux. Je les inviterai à me suivre dans les pas de l’ours…

http://france3-regions.francetvinfo.fr/limousin/emissions/aquitaine-limousin-poitou-charentes-matin/au-programme-d-aquitaine-limousin-poitou-charentes-matin-jeudi-9-juin-10h15-sur-france-3.html

Il y a plusieurs façons de voir l’émission :

TNT

 Si vous l’avez ratée, des rediffusions sont proposées sur cette page :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/limousin/emissions/aquitaine-limousin-poitou-charentes-matin

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