Le mystère volcanique de la grotte Chauvet (Ardèche)

En décembre 1994, une semaine avant Noël, trois spéléologues amateurs ont fait en Ardèche une découverte extraordinaire : une somptueuse grotte ornée, plus ancienne encore que celle de Lascaux en Dordogne. Elle va devenir la grotte Chauvet, la plus ancienne et la plus belle grotte ornée au monde. Elle est dans un état de conservation exceptionnel. Datée d’il y a 36 000 ans, elle est 18 000 ans plus ancienne que Lascaux.

De nombreuses questions se posent encore aujourd’hui sur la signification des gravures qui ornent les parois des grottes préhistoriques. De nombreux paléontologues expliquent que l’art pariétal est probablement dicté par un besoin impérieux de communiquer. Il transmet des messages symboliques qui restent néanmoins difficilement interprétables par les préhistoriens. Les dessins sur les parois des cavernes resteront à jamais baignés de mystère. Selon le Muséum d’Histoire Naturelle, « l’art des grottes n’est pas plus décoratif qu’il n’est une reproduction du réel. Il transmet des messages symboliques, communique des idées intelligibles par la société qui les conçoit. Mais ces symboles sont si codifiés qu’ils résistent aux interprétations des préhistoriens. »

C’est ainsi qu’il est très difficile d’affirmer que les gerbes rouges qui éclaboussent le « Sacré-Cœur », un des panneaux ornés de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc, ou encore d’autres marques de doigts qui dessinent des faisceaux sur les parois tendres de la grotte ardéchoise, représentent des éruptions des volcans tout proches du Bas-Vivarais.

Bien que volcanophile, je ne vois pas, comme certains, des volcans partout! Il faut vraiment se gratter la tête pour reconnaître des gerbes éruptives sur le panneau du « Sacré-Cœur, » d’autant plus qu’aucun profil de volcan n’est représenté. Quand on connaît le doigté, voire la perfection, avec lesquels les hommes préhistoriques réalisaient leurs bestiaires, on a du mal à croire qu’ils aient pu représenter des éruptions de manière aussi grossière et approximative. Et puis, quel sens faut-il donner à la croix qui surmonte l’esquisse rouge?

J’ai rédigé une note à ce sujet le 11 janvier 2016 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/11/des-volcans-dans-la-grotte-chauvet-ardeche/

Personnellement, je persiste à croire que les représentations d’éléments naturels autres que les animaux sont tellement rares qu’il ne faut pas leur accorder une trop grande importance. Je ne suis pas du tout certain que les hommes qui vivaient il y a 36 000 ans aient eu envie de reproduire les gerbes de lave projetées par les volcans du Vivarais.

J’ai tendance à me rallier à l’opinion du généticien Axel Kahn, aujourd’hui disparu. Alors que nous siégions côte à côte à un Salon du Livre à Le Blanc dans l’Indre et que je lui demandais pourquoi on ne voyait pas de volcans ou d’éléments naturels autres que les animaux dans les grottes, il m’a répondu que les hommes préhistoriques n’ont pas représenté de scènes de paysages et de volcans parce que c’était pour eux une évidence. Cette nature était leur environnement quotidien et ils ne ressentaient pas le besoin de la faire apparaître sur les parois des cavernes. Les animaux revêtaient une plus grande importance dans leur vie, voire leur survie.

Pas de feu rouge clignotant sur le vélo !

Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’un poisson d’avril en décembre, mais une vérification approfondie semble confirmer qu’il ne s’agit pas d’une blague. En tout cas, elle me conforte dans l’idée que nos décideurs sont vraiment à côté de leurs pompes !

Le 29 novembre 2024, le décret n° 2024-1074 a modifié plusieurs articles du Code de la route dont un qui n’a pas manqué de faire bondir les cyclos dont je fais partie : il est désormais interdit de faire clignoter, de jour comme de nuit, son feu rouge à l’arrière de sa bicyclette ! (amende de 11 euros si infraction).

Nombreux sont les cyclos dont les montures sont équipées de ces feux – non obligatoires au vu de la loi – qu’ils font clignoter pour être mieux vus dans la circulation. Le législateur, toujours aussi intelligent dans son appartement parisien, estime que ces loupiotes, mises en mode clignotant, peuvent éblouir les autres usagers de la route. Un raisonnement stupide qui confirme que nos politiques n’ont rien compris à la vie de leurs chers compatriotes.

En tant qu’automobiliste, j’apprécie ces feux rouges clignotants à l’arrière des vélos. Ils attirent immédiatement l’attention. Le clignotement évite la confusion avec les deux roues motorisées. Il permet également, en cas de brouillard ou temps de pluie, de rendre les cyclistes plus visibles.

Nos décideurs politiques chipotent sur un feu rouge qui clignote, mais il ne disent rien concernant le port du casque qui, il faut le rappeler, n’est obligatoire sur un vélo que jusqu’à douze ans. Il est bien évident qu’à partir de cet âge on ne risque pas se fracasser le crâne au cours d’une chute ! Il y a probablement des décideurs dont les épouses refusent de porter un casque de peur qu’il soit un obstacle à leur chignon…

Il serait souhaitable que le gouvernement rappelle un peu plus souvent (en fait, il ne le fait jamais) que le port d’un gilet rétro-réfléchissant certifié est obligatoire pour tout cycliste circulant hors agglomération (pourquoi cette restriction?) la nuit, ou lorsque la visibilité est insuffisante. Je peste en permanence contre les cyclos qui portent des vêtement sombres, voire carrément noirs, difficilement discernables quand le temps s’assombrit, à l’approche du soir en particulier. J’ai toujours plaidé pour le port obligatoire d’une chasuble de couleur jaune sur le vélo. Il en existe de très légères, à manches courtes, facilement ajustables à la tenue cycliste, y compris en hiver. J’en porte une et j’en suis ravi.

Alors, chers décideurs politiques, mettez vous un peu de plomb dans la cervelle. Prenez les mesures qui s’imposent et retirez celles qui relèvent de la stupidité.

Manque de neige naturelle et recours à la neige de culture

Ça devient une habitude. Avec le réchauffement climatique, le manque de neige se fait de plus en plus sentir dans les Alpes et les Pyrénées en basse et moyenne altitude. Les stations de haute altitude s’en tirent mieux, mais pour combien de temps ? Quand on voit la vitesse à laquelle les températures globales grimpent, on est en droit de se poser des questions sur l’organisation des Jeux Olympiques d’Hiver en 2030 dans notre pays.

En ce moment, c’est au Grand Bornand, à 1000 mètres d’altitude, que le bât blesse. Alors que la Coupe du monde de biathlon fait étape dans la station de Haute-Savoie du19 décembre au 22 décembre 2024, le neige fait cruellement défaut. 75 000 spectateurs sont attendus sur les quatre jours de compétition, avec un enjeu économique évident autour de cet événement,. Alors il faut absolument se débrouiller pour qu’il ait lieu.

Comme il y a deux ans, la neige n’est pas suffisamment tombée sur le Grand-Bornand. Une large bande blanche serpente dans la vallée en guise de piste, mais autour l’herbe est bien visible. Sans apport de neige, il serait impossible d’organiser cette Coupe du monde. Les organisateurs ont donc dû préparer la piste avec de la neige de culture ou stockée, quitte à en faire venir une partie par camions, ce qui, une nouvelle fois, a créé la polémique. Quand on se promène dans des sites de ski de fond comme Le Grand Bornand (Haute-Savoie) ou Bessans (Savoie) en été, on peut voir d’énormes monticules de sciure sous laquelle est stockée la neige de l’hiver précédent pour le cas où elle manquerait l’hiver suivant. Cela montre bien à quel point la pénurie de neige naturelle est sévère aujourd’hui dans les Alpes.

Stockage de la neige sous la sciure à Bessans et au Grand Bornand (Photos: C. Grandpey)

La neige apportée au Grand Bornand est de la neige qui a été travaillée. Elle a été fabriquée en altitude et elle est descendue par douze camions entiers qui ont multiplié les allers-retours durant trois jours. Il y a aussi de la neige naturelle qui a été mêlée. Le comité d’organisation se justifie en déclarant qu' »aujourd’hui, pour faire des pistes de haut niveau, il faut bien comprendre qu’il faut une qualité de neige requise, que seule la neige de culture permet. » Comme je l’ai signalé dans une note précédente, il faut aussi savoir que ce recours à la neige de culture, plus compacte, est imposé par les instances du biathlon et fait partie des clauses d’organisation des Jeux d’Hiver. .

Pour Simon Fourcade, l’un des entraîneurs de l’équipe de France, des questions se posent pour l’avenir du biathlon. La station du Grand Bornand va de nouveau porter sa candidature pour organiser la Coupe du monde jusqu’aux Jeux olympiques d’hiver de 2030, en proposant de la déplacer en janvier pour bénéficier d’un enneigement plus abondant. Les organisateurs réfléchissent aussi à stocker de la neige uniquement sur le site du biathlon, et non plus à des kilomètres pour éviter le transport par camions.

Source : France Info et presse régionale.

Réchauffement climatique : les scientifiques se posent des questions // Global warming : scientists are baffled

Le réchauffement climatique affecte notre planète depuis des décennies (il s’est accéléré dans les années 1970), mais aujourd’hui une poussée de chaleur soudaine et de grande ampleur est en train de propulser le climat de notre planète dans des territoires encore inexplorés, et les scientifiques essayent de comprendre pourquoi.

Au cours des deux dernières années, des records de température ont été battus à plusieurs reprises, bien au-delà des prévisions les plus précises. Les scientifiques s’accordent tous à dire que la combustion des combustibles fossiles est en grande partie responsable du réchauffement climatique sur le long terme, et que la variabilité naturelle du climat peut également influencer les températures d’une année à l’autre. Toutefois, ils se demandent ce qui a pu contribuer à cette poussée de chaleur particulièrement exceptionnelle.

Lorsqu’ils sont brûlés, les combustibles fossiles émettent des gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2) qui emprisonnent la chaleur près de la surface de la Terre. Ces émissions ont atteint des records en 2023 et les températures moyennes à la surface de la mer et dans l’air ont suivi la tendance, comme elles le font depuis des décennies.

 

Parallélisme remarquable entre émissions de CO2 et hausse des températures (Source : NOAA)

La différence, c’est qu’entre juin 2023 et septembre 2024, les températures globales sur Terre ont atteint des sommets encore jamais vus, et pulvérisé des records. La chaleur a été si extrême que 2023 – et aujourd’hui 2024 – sont devenues les années les plus chaudes de l’histoire. Selon un scientifique, « la chaleur record des deux dernières années a propulsé la planète dans un territoire inconnu. Ce qui est en train de se produire est à la limite de ce à quoi on pouvait s’attendre au vu des modèles climatiques existants. Pourtant, la tendance globale au réchauffement à long terme n’est pas surprenante compte tenu de la quantité de combustibles fossiles que nous brûlons. »

Les scientifiques ont déclaré que la variabilité climatique pourrait expliquer en partie ce qui s’est passé. 2023 a été précédée par un épisode La Niña remarquable de trois ans qui a eu un fort effet de refroidissement sur la planète et repoussé l’excès de chaleur dans les profondeurs des océans. [NDLR : À noter toutefois que pendant l’épisode La Niña, les températures sur Terre n’ont pas cessé de croître] Un épisode de réchauffement El Niño a pris le relais de La Niña à la mi-2023, et a fait augmenter les températures globales. La chaleur a persisté bien après le pic d’El Niño en janvier. Les températures n’ont pas baissé aussi vite qu’elles ont augmenté, et novembre 2024 a été le deuxième mois le plus chaud jamais enregistré.

Les climatologues disent qu’ils sont incapables d’expliquer la situation actuelle car ils manquent de recul. « Si les températures ne baissent pas nettement en 2025, nous devrons vraiment nous interroger sur la cause [de leur hausse brutale] ». Les scientifiques cherchent des indices ailleurs. Une théorie est que le passage à des carburants de transport maritime plus propres en 2020 a accéléré le réchauffement de la planète en réduisant les émissions de soufre qui transforment les nuages en miroirs réfléchissant la lumière du soleil. En décembre 2024, une étude a cherché à savoir si une réduction des nuages de basse altitude avait permis à davantage de chaleur d’atteindre la surface de la Terre. Lors de la conférence de l’American Geophysical Union, il a été décidé que les scientifiques devront explorer ces théories et d’autres. Il faudra en particulier savoir si les cycles solaires ou l’activité volcanique peuvent offrir des explications.

En 2024, les scientifiques ont prévenu que les puits de carbone sur Terre, comme les forêts et les océans, qui absorbent le CO2 de l’atmosphère, ont subi un affaiblissement sans précédent en 2023. La NOAA vient d’annoncer que la toundra arctique, après avoir emprisonné du CO2 pendant des millénaires, est en train de devenir une source d’émissions (voir ma note du 14 décembre 2024). Les océans, qui ont agi comme puissant puits de carbone et régulateur climatique, se réchauffent à un rythme que les scientifiques ne peuvent pas vraiment expliquer. Certains scientifiques craignent que cette situation soit un premier signe que notre planète commence à montrer une perte de résilience.

Source : AFP, Yahoo News.

 

Je persiste à le dire : tant que nous ne parviendrons pas à réduire les émissions – et donc les concentrations – de CO2 dans l’atmosphère, notre planète courra à sa perte. Tant que nos dirigeants – par l’intermédiaire des COP – s’obstineront à ne pas vouloir prendre les décisions contraignantes qui s’imposent, les températures continueront de grimper. Les problèmes qui découleront de ce réchauffement rapide vont vite devenir insolubles : élévation du niveau des océans et migrations massives de populations, sans oublier le problème de l’eau qui se posera inévitablement, en particulier en Asie, quand les glaciers de la chaîne himalayenne ne seront plus là pour fournir l’eau indispensable à la vie et à la survie. Ne pas oublier que les problèmes de société sont, eux aussi, à l’origine des guerres.

Certains me reprochent de faire du catastrophisme, mais je ne fais qu’alerter sur des situations que subiront les futures générations si rien n’est fait. Nos gouvernants devraient savoir que la politique de la patate chaude a ses limites.

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With the current global warming, the world has been getting hotter for decades – it became more significant in the 1970s – but a sudden and extraordinary surge in heat has sent the climate deeper into uncharted territory, and scientists are still trying to figure out why. Over the past two years, temperature records have been repeatedly shattered in a way that it has gone beyond the best-available scientific predictions about how the climate functions.

Scientists all agree to say that burning fossil fuels has largely driven long-term global warming, and that natural climate variability can also influence temperatures one year to the next. But they are still debating what might have contributed to this particularly exceptional heat surge.

When burned, fossil fuels emit greenhouse gases like carbon dioxide that trap heat near the Earth’s surface. As these emissions have risen to record highs in 2023, average sea surface and air temperatures have curved upwards in a consistent, decades-long warming trend. But in an unprecedented streak between June 2023 and September 2024, global temperatures were unlike anything seen before, and sometimes by a considerable margin. The heat was so extreme it was enough to make 2023 – and now 2024 – the hottest years in history.

A clipate scientist says that « the record global warmth of the past two years has sent the planet well into uncharted territory. What occurred was at the limit of what we would expect based on existing climate models. However, the overall long-term warming tendency is not unexpected given the amount of fossil fuels being burned. « 

Scientists said that climate variability could go some way to explaining what happened. 2023 was preceded by a rare, three-year La Nina phenomenon that had a strong cooling effect on the planet by pushing excess heat into the deep oceans. This energy was released back to the surface when an opposite, warming El Nino event took over in mid-2023, boosting global temperatures. But the heat has lingered even after El Nino peaked in January. Temperatures have not fallen as fast as they rose, and November was still the second-warmest on record.

Climate scientists say it is difficult to explain the current situation at the moment because we lack a bit of perspective. « If temperatures do not drop more sharply in 2025, we will really have to ask ourselves questions about the cause. »

Scientists are looking for clues elsewhere. One theory is that a global shift to cleaner shipping fuels in 2020 accelerated warming by reducing sulphur emissions that make clouds more mirror-like and reflective of sunlight. In December, another study looked at whether a reduction in low-lying clouds had let more heat reach Earth’s surface. At the American Geophysical Union conference this month, it was said that scientists should explore these theories and others, including whether solar cycles or volcanic activity can offer aexplanations.

In 2024, scientists warned that Earth’s carbon sinks such as the forests and oceans that suck CO2 from the atmosphere had suffered an unprecedented weakening in 2023. NOAA has just said the Arctic tundra, after locking away C02 for millennia, was becoming a net source of emissions.

Oceans, which have acted as a massive carbon sink and climate regulator, are warming at a rate scientists cannot fully explain.

Some scientists fear that this situation could be a first sign that our planet is starting to show a loss of resilience.

Source : AFP, Yahoo News.

I persist in saying taht as long as we fail to reduce emissions – and therefore concentrations – of CO2 in the atmosphere, our planet will be doomed. As long as our leaders – through the COPs – persist in refusing to take the necessary binding decisions, temperatures will continue to rise. The problems that will arise from this rapid warming will quickly become insoluble: rising sea levels and mass migrations of populations, not to mention the water problem that will inevitably arise, particularly in Asia, when the glaciers of the Himalayan range will no longer be able to provide the water essential to life and survival. Let us not forget that societal problems are also at the root of wars.

Some accuse me of being a catastrophist, but I am only warning about situations that future generations will have to face if nothing is done. Our leaders should know that hot potato politics has its limits.