Réchauffement climatique et compétitions de ski

Le réchauffement climatique est en train de devenir une menace pour les stations de sports d’hiver et les compétitions de ski, même à des altitudes élevées. Il y a quelques semaines, j’indiquais que le glacier de Tignes, à 3100 mètres d’altitude, ouvrirait avec du retard aux entraînements de l’équipe de France. Les skieurs professionnels se rendent parfaitement compte de la situation. Sur son site web, France Info fait part du cri du cœur posté sur Twitter par la skieuse internationale Anne-Sophie Barthet qui se désole devant le triste spectacle donné par le glacier de Tignes où elle a « l’impression de voir les vestiges de ce qu’était un glacier avant. »

Malgré la rapidité des effets du réchauffement climatique en montagne, le monde du ski essaie de garantir la tenue des compétitions. Aujourd’hui, à Tignes et ailleurs, on se tourne vers les glaciers. Ainsi, la première course de Coupe du monde vient d’avoir lieu à Sölden (Autriche) sur le glacier du Rettenbach, à 3.000 mètres d’altitude. Des températures bien plus élevées que la moyenne depuis le début du mois d’octobre ont obligé les organisateurs à préparer la piste avec de la neige stockée depuis l’hiver dernier.
Comme je le faisais remarquer dans des notes récentes à propos des stations savoyardes de Bessans et du Grand-Bornand, le stockage est l’une des deux réponses au manque d’enneigement avec les enneigeurs, autrement dit les canons à neige artificielle. A côté de ces solutions bien connues, les stations de ski les plus riches comme Val d’Isère investissent dans la technologie. Les pistes sont notamment équipées de capteurs GPS qui indiquent avec précision aux dameuses la hauteur de neige et donc le travail à effectuer sur chaque secteur. Les enneigeurs sont de plus en plus performants, plus économes en énergie et en eau. Le directeur du Club des sports de Val d’Isère se veut optimiste, mais il ne faudrait pas qu’il oublie que la production de neige par les canons suppose des températures suffisamment basses pour que ce type d’équipement puisse fonctionner, ainsi que des réserves suffisantes en eau, ce qui pourrait ne plus être le cas si les épisodes de sécheresse se multiplient.
Le directeur des courses féminines de la Fédération internationale de ski se félicite des progrès du stockage de neige et des canons et affirme que « le réchauffement climatique n’est pas encore un sujet majeur dans nos réflexions sur le calendrier des épreuves de Coupe du monde, mais c’est un sujet qui va devenir de plus en plus important parce que nous observons la tendance d’un hiver de plus en plus tardif dans certains endroits du monde ». Selon ce Norvégien, « les sports de neige seront peut-être différents dans 50 ou dans 100 ans […] et des solutions vont être trouvées. » Il ne peut pas imaginer que le ski disparaisse complètement. Tout le monde dans le monde du ski ne partage pas cet optimisme…

Quelle que soit l’altitude, les canons sont l’une des principales solutions pour pallier le manque de neige (Photos: C. Grandpey)

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