Séisme en Nouvelle Zélande // An earthquake in New Zealand

drapeau francaisCe n’est pas volcanique mais ça s’est passé dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande où les volcans ne sont jamais très loin. Un séisme de M 6,2 a frappé la partie sud de l’île hier après-midi, près de la petite ville d’Eketahuna. On ne déplore aucune victime mais une série de dégâts matériels: chutes de bibelots, étagères qui lâchent prise et coupures de courant.

La partie centrale de l’île a subi une série de répliques aujourd’hui. L’événement le plus significatif avait une magnitude de 4,2, à une dizaine de kilomètres au NO de Castle point.

drapeau anglaisIt is not volcanic but it took place in New Zealand’s North Island where volcanoes are never far away. An M 6.2 earthquake struck the lower part of the island yesterday in the afternoon near Eketahuna. There were no casualties but quite a lot of broken ornaments, collapsed shelves and power outages.

The central North Island continues to be shaken with a series of aftershocks. The largest was a M 4.2 event, located 10 kilometres north-west of Castlepoint.

Séismes et volcans de boue // Earthquakes and mud volcanoes

drapeau francaisUne nouvelle île a émergé au large de la ville de Gwadar, au Pakistan, après un fort séisme de magnitude 7,7 qui a secoué le pays le 24 septembre 2013. L’édifice semble avoir une hauteur de 6 à 12 mètres et un diamètre d’une trentaine de mètres. Il se trouve à environ 100 mètres de la côte.
Les scientifiques sont encore loin d’un consensus. Les deux possibilités les plus probables sont un glissement de terrain ou un volcan de boue.
Le volcan de boue est une  hypothèse plausible car la côte de Gwadar en possède déjà plusieurs, à la fois sur terre et en mer. L’un d’eux a soudain surgi en formant une île à un endroit où le fond de la mer était de 30 à 60 mètres de profondeur le 26 novembre 2010. Par ailleurs, en 1945, le séisme de M 8.1 à Makran a provoqué la formation de volcans de boue au large de Gwadar. Une étude récente dans la revue Nature Geoscience révèle par ailleurs que ce séisme a provoqué la libération de tonnes de méthane du fond marin.

Cet événement fait évidemment penser à Lusi, le volcan de boue indonésien qui, selon certains scientifiques, aurait été provoqué par un séisme à 250 km de distance.

Source : Live Science.

 

drapeau anglaisA new island emerged from the ocean offshore of the city of Gwadar, Pakistan, after a strong magnitude-7.7 earthquake shook the country on September 24th 2013. The mound appears to be 6 to 12 metres high and 30 metres wide. It rose out of the sea about 100 metres from the coast.

Scientists are still far from consensus. The two most likely possibilities are a landslide or a mud volcano.

A mud volcano is a likely possibility because Gwadar’s coastline already has several of these, both onshore and at sea. One suddenly popped up where sea level was 30 to 60 metres deep on November 26th, 2010, creating an island. Besides, in 1945, the M 8.1 Makran earthquake triggered the formation of mud volcanoes offshore of Gwadar. A recent study in the journal Nature Geoscience also suggests the 1945 earthquake released tons of methane from the seafloor.

This event reminds us of Lusi, the Indonesian mud volcano which, according to some scientists, might have benne caused by an earthquake 250 km away.

Source: Live Science.

Maccalube

A plus petite échelle, les Maccalube di Aragona en Sicile sont de superbes volcans de boue. (Photo:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska ! (3) // From Alaska with love ! (3)

L’étape suivante du voyage me conduit à Valdez, au bord du Prince William Sound. Le port a été rendu célèbre par le séisme du 27 mars 1964 (M 9,2 sur l’échelle de Richter)dont l’épicentre se trouvait à 90 km de cette localité. Le séisme a provoqué un glissement de terrain et un tsunami qui ont anéanti la ville. Cette dernière a été reconstruite à quelques kilomètres de distance sur un terrain apparemment moins fragile.
En mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s’échouait à proximité de Valdez suite à une grossière erreur de pilotage du capitaine qui avait, semble-t-il abusé du whisky. La conséquence fut une gigantesque marée noire qui vint souiller les côtes intactes du Prince William Sound. Aujourd’hui, on ne décèle aucune trace apparente de la catastrophe, mais il est fort à parier que les fonds marins portent encore les stigmates de cette pollution.
Vladez est un haut lieu de la pêche au saumon et les Américains viennent ici faire des provisions pour l’hiver. Les camping-cars repartent avec les glacières remplies de filets de saumons qui ont éré congelés ultra rapidement dans le port. Inutile de dire que les ours rodent dans le coin en quête d’une nourriture facile !
Valdez permet aussi d’atteindre les glaciers qui viennent finir leur course dans le Prince William Sound. Comme ailleurs dans le monde, leur recul est spectaculaire. Il y a 4 ans, lors de mon dernier passage à Valdez, le bateau s’arrêtait au milieu des icebergs à environ 5 km du front de glace du Columbia Glacier. Cette année, le bateau fait une halte à seulement 2 km et ne s’approche pas davantage pour des raisons de sécurité. On voit fréquemment des pans de glace s’écrouler et provoquer de spectaculaires vagues qui seraient capables de secouer sérieusement notre bateau. Du grand spectacle! TVB.

Glacier 1

Glacier 2

Le Columbia Glacier

Ours noir

Oursons

C’est en famille que les ours noirs viennent rendre visite aux saumons…

(Photos:  C. Grandpey)

Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

Lusi-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)