Calbuco (Chili)

Alors que le Calbuco semble s’être calmé et que les Chiliens s’affairent à déblayer la cendre du volcan, voici quelques réflexions personnelles qui m’ont été demandées par Rozenn Le Carboulec, journaliste au Nouvel Observateur:

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1358472-photos-le-volcan-calbuco-en-eruption-au-chili-la-prevision-parfaite-reste-compliquee.html

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Le panache éruptif du Calbuco le 23 avril 2015 (Crédit photo: D.MAIN/SIPA)

 

Albay (Philippines): Un exemple de prévention volcanique? // Albay (Philippines): An example of volcanic prevention?

drapeau francaisComme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, il se pourrait bien que le Mayon montre en ce moment les signes d’une éruption majeure à court terme. Afin d’éviter le pire, les autorités locales et les responsables de la Protection Civile ont commencé dès le mois de septembre à déplacer vers des centres d’évacuation plus de 57.000 personnes dans 40 villages situés dans une zone de danger de huit kilomètres autour du volcan.
La province d’Albay, à environ 300 kilomètres de Manille, a connu beaucoup de catastrophes naturelles au cours des dernières années : inondations, typhons, séismes et éruptions volcaniques. Une telle exposition aux risques a également conduit à une meilleure préparation pour les affronter. En 10 ans, la province n’a pas subi un seul décès, en dépit de catastrophes naturelles à répétition.  La province d’Albay s’est taillée une réputation à travers les Philippines pour sa politique « zéro victime» lors des catastrophes naturelles. Aujourd’hui, presque tous les gouvernements provinciaux des Philippines s’efforcent d’imiter Albay dans ce domaine.
Selon les autorités locales, la politique « zéro victime » suppose la mise en place d’un large éventail de stratégies telles que la cartographie des zones à risques, des plans détaillés d’utilisation des terres, des systèmes d’alerte précoce, des plans d’évacuation et des évacuations préventives comme celle en cours avec le Mayon.

D’autres éléments clés de la stratégie préventive consistent notamment à assurer un financement adéquat, un bon système de communication avec les médias et le public, des efforts pour donner aux responsables locaux la capacité de faire face aux risques naturels, et l’introduction de la gestion des risques dans le système éducatif de la province. Une bonne prévention suppose également le déploiement de personnel qualifié, des patrouilles militaires et la distribution de colis alimentaires pour les personnes les plus affectées. Une mesure supplémentaire pour inciter les familles à évacuer consiste à donner à chacune un sac de 5 kilos de riz. Comme on vient de le voir, l’éducation joue un rôle important dans la stratégie de prévention de la province d’Albay. Par exemple, on enseigne aux enfants dès l’âge de cinq ans des notions de préparation aux catastrophes et de sensibilisation sur le changement climatique.
Les autorités, en collaboration avec le PHILVOCS, surveillent étroitement l’activité actuelle du Mayon et s’assurent que personne ne se trouve sous la menace du volcan. Les militaires patrouillent régulièrement la zone de danger de six kilomètres en vérifiant qu’aucun habitant n’est resté dans ce périmètre. Tirant les enseignements des éruptions passées, comme celle de 1993 avec plus de 70 victimes qui avaient refusé de quitter leurs maisons à l’intérieur de la zone de danger, les autorités locales ont décidé que, cette fois-ci, les habitants resteront dans les centres d’évacuation pendant des mois, même après l’éruption du Mayon, afin d’éviter le risque de coulées de boue.
Les autorités envisagent également de reloger de façon définitive les 2989 familles vivant dans la zone de danger de six kilomètres autour du volcan. Cela évitera de soumettre ces familles à des évacuations trop fréquentes.
La semaine dernière, 540 000 colis alimentaires ont été distribués dans 48 centres d’évacuation et le gouvernement est en train de construire au moins 327 toilettes pour les personnes évacuées.
Source: Thomson Reuters Foundation.

Cet article est fort intéressant. J’aimerais toutefois apporter un bémol à l’optimisme des autorités philippines et leur rappeler que le 7 mai 2013, 7 randonneurs ont été tués lors d’un accès de colère du Mayon. On avait alors pu se rendre compte de certains dysfonctionnements au niveau des guides locaux dont la compétence avait alors été mise en doute.

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drapeau anglaisAs I put it before, Mayon volcano may be showing signs of a major eruption in the short term. However, local officials and civil disaster authorities as early as last month began moving more than 57,000 people in 40 villages located within an eight-kilometre danger zone to evacuation centres.

Albay province, about 300 kilometres away from Manila, has had to face quite a lot of natural disasters over the years, such as flooding, typhoons, earthquakes and volcanic eruptions. But such exposure to risks has also led to better preparedness to deal with them. In 10 years, the province has not suffered a single disaster death despite dealing with multiple natural crises.

The province is now well known across the Philippines for its effective disaster response and preparedness management with a “zero casualty” approach during disasters. Today nearly all the provincial governments in the Philippines aim to replicate Albay’s successes in disaster management.

According to the province’s authorities, ensuring “zero casualties” during disasters involves using a wide range of strategies, including risk mapping, comprehensive land use plans, early warning systems, evacuation planning and pre-emptive evacuations – such as that currently happening with Mayon. Other key parts of the strategy include ensuring adequate funding, good lines of communication with the media and the public, efforts to give local officials the capacity to deal with disaster risk, and introducing disaster risk management into the province’s education system. Key parts of Albay province’s success in preventing disaster deaths also include the deployment of trained disaster personnel, military patrolling, early warning systems, evacuation, and distribution of food packs to the affected people in the communities. An added incentive for families to evacuate is a 5 kilo bag of rice each.

As I put it before, education plays an important part in the prevention strategy. For instance, children as young as five years old are taught of disaster preparedness and climate change awareness as part of the curriculum.

Authorities are closely monitoring Mount Mayon’s current activity and are making sure that nobody is under the threat of the volcano. Military officials regularly patrol a six-kilometre danger zone, making sure no residents remain. Drawing on lessons from past eruptions, such as in 1993 when more than 70 people were killed as they refused to leave their homes inside the danger zone, local authorities make sure residents this time will remain in evacuation centres for months even after the eruption to avoid danger from subsequent mud flows.

They are also looking into construction of permanent relocation housing for 2,989 families living within a six-kilometre zone around the volcano, to try to avoid subjecting families to frequent evacuations.

Last week, a total of 540,000 food packs were distributed to 48 evacuation centres. The government is now constructing at least 327 toilets for the evacuees.

Source: Thomson Reuters Foundation

This article is quite interesting. However, I’d like to temper the optimism of the local authorities and remind them that on May 7th 2013, five mountain climbers were killed during a sudden explosion of Mount Mayon. It was then clear there had been some dysfunctioning, especially among the guides whose competence was criticized.

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La prochaine éruption du Mayon montrera-t-elle l’efficacité de la politique de prévention?

(Crédit photo:  Wikipedia)

L’électronique fait son entrée sur le Tongariro Alpine Crossing (Nouvelle Zélande) // Electronics enters the Tongariro Alpine Crossing (New Zealand) !

drapeau francaisL’électronique fait partie de notre vie quotidienne, jusque sur les sentiers des zones volcaniques ! C’est ainsi que de nouveaux panneaux électroniques ont été installés sur le Tongariro Alpine Crossing (TAC) afin de mettre les visiteurs à l’abri des risques volcaniques. Si une information en provenance de GeoNet, de GNS Science ou du nouveau Système de Détection d’Eruption du Tongariro (TEDS) prévient que le volcan devient plus actif ou est entré en éruption, on peut faire passer immédiatement les feux de signalisation du vert à l’orange ou au rouge, ce qui indique l’imminence d’un danger ou la fermeture du sentier. Des feux tricolores (rouge, orange et vert) ont été placés sur les parkings de Mangatepopo et Ketetahi à l’entrée du Tongariro Crossing. Le Vert signifie que le risque volcanique est normal (pas nul toutefois), tandis que l’Orange indique que le risque est élevé. Rouge signifie que le risque est maximum, que la piste est fermée et que les gens doivent faire demi-tour et quitter la zone.
Ces signaux électroniques sont alimentés par des petits panneaux solaires et des batteries. De plus, des informations sur les couleurs en cours sont affichées sur la page web : http://www.doc.govt.nz/volcanicrisk

Il est important de signaler que ces feux n’ont rien à voir avec la météo. La piste n’est jamais ouverte ou fermée en raison des conditions météorologiques ou de la neige. Les gens doivent se tenir informés des prévisions météorologiques et du risque d’avalanches avant de partir en randonnée. Ils doivent décider eux-mêmes s’ils peuvent emprunter la piste quand les conditions sont difficiles ou incertaines.
Des systèmes lumineux semblables ont été installés sur certains volcans actifs ailleurs dans le monde où un grand nombre de visiteurs ou d’habitants sont exposés à des risques importants. Le volcan Aso au Japon est un bon exemple. Des milliers de touristes accèdent en téléphérique à la lèvre du cratère actif chaque jour. Les feux tricolores installés à la station inférieure du téléphérique et sur le bord du cratère indiquent aux visiteurs la quantité de dioxyde de soufre présente dans l’air.

Source : Presse néo-zélandaise.

 

drapeau anglaisElectronics is everywhere today, even along footpaths in volcanic areas! New electronic signs have been installed on the Tongariro Alpine Crossing (TAC)in order to help reduce people’s exposure to volcanic hazards along the track. If information is received from GeoNet, GNS Science or the new Tongariro Eruption Detection System (TEDS) indicating the volcano is becoming more active or has erupted, the lights can immediately be changed from green to orange or red,  indicating increasing danger or track closure. They have been located in the Mangatepopo and Ketetahi car parks at the entrances to the Crossing. Green means the volcanic risk is normal (not zero), and orange indicates the risk is elevated. Red means the risk is high, the track is closed and people should turn around and leave the area.

The electronic lights are powered by small solar panels and batteries, and information on the lights status is posted on the webpage www.doc.govt.nz/volcanicrisk.

An important note is these lights have nothing to do with the weather. The track is never opened or closed due to weather or snow conditions. People are aware of the weather and can get weather and avalanche forecasts. Therefore they must decide by themselves if they can walk the track if alpine conditions are too harsh or uncertain.

Similar light sign systems are in place on a few active volcanoes elsewhere in the world where large numbers of visitors or residents are at significant risk. One notable example is Aso volcano in Japan where thousands of tourists travel in a gondola to the rim of the active vent each day. The lights in the gondola base station and on the crater rim advise people of the amount of sulphur dioxide gas in the air.

Source : New Zealand press.

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Le Tongariro Alpine Crossing: Une randonnée longue mais pas très technique…

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…avec de superbes paysages, comme les Emerald Lakes.

(Photos:  C.  Grandpey)