Eruption volcanique sur Io // A volcanic eruption on Io

Les volcans actifs n’existent pas seulement sur Terre. Certains d’entre eux crachent de la lave ou de la glace dans l’espace et peuvent être beaucoup plus volumineux que ceux sur notre planète.
Lors de son 17ème survol de Jupiter, la sonde Juno de la NASA a pu photographier un panache éruptif à la surface de Io, la lune la plus active de la planète d’un point de vue géologique. Le cliché a été réalisé le 21 décembre 2018. Quatre instruments avaient été programmés pour étudier la surface de la lune, en particulier ses régions polaires. Le budget prévoyait une heure de travail et il se trouve qu’une éruption volcanique s’est produite pendant ce laps de temps.

La sonde Galileo de la NASA avait déjà détecté des traces d’activité volcanique sur Io il y a plus de 20 ans (voir photo ci-dessous), et c’est la première fois que Juno fait de semblables observations. Il s’agit d’un événement fortuit mais pas vraiment inattendu. En effet, Io est particulièrement active d’un point de vue volcanique. La surface et les parties internes de la lune sont soumises à l’influence gravitationnelle de Jupiter. Io a plus de 400 volcans actifs et une grande partie de sa surface est recouverte de lave.
La sonde Juno a pris la photo au moment où Io commençait à disparaître dans l’ombre de Jupiter. Bien que la photo soit assez floue, on peut discerner le panache brillant émis par l’éruption à la limite entre le jour et la nuit. Juno se trouvait à environ 300 000 kilomètres d’Io lorsque la photo a été prise.
Quelque 40 minutes plus tard, Io était totalement dans l’ombre de Jupiter. En plus du rayonnement intense de Io, la caméra à bord de Juno a détecté des traces d’activité de plusieurs autres volcans à la surface de Io, signalés par des points chauds sur une autre image (voir ci-dessous).
Grâce à ces données, les scientifiques peuvent étudier la manière dont les autres lunes de Jupiter influent sur l’activité à la surface de Io et comment l’activité volcanique sur Io peut être influencée par Jupiter lors d’une éclipse.
Source: NASA.

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Active volcanoes not only exist on Earth. Some of them spew lava or ice in space and may be much more voluminous.

While performing its 17th flyby of Jupiter, NASA’s Juno spacecraft witnessed a volcanic plume erupting from the surface of Io, the most geologically active moon of the planet. The flyby occurred on December 21st, 2018. Mission controllers had no less than four instruments honed in on Io in an effort to study the moon’s surface, especially its polar regions. An hour was budgeted for the survey, and it just so happened that a volcanic eruption occurred during this time.

NASA’s Galileo probe already captured evidence of volcanic activity on Io over 20 years ago, but this is the first time that Juno has done the same. It was a fortuitous but not unexpected event. Indeed, Io is the most geologically active object in the Solar System, with its surface and interior regions subject to Jupiter’s intense gravitational influence. Io has more than 400 active volcanoes and much of its surface is bathed in lava.

The photo captured by the JunoCam was taken just as Io was beginning to drift into Jupiter’s shadow. Although the snapshot is quite hazy, the bright plume can be discerned along the day-night boundary. Juno was around 300,000 kilometres from Io when the photo was taken.

Some 40 minutes later, Io was totally immersed in Jupiter’s shadow. In addition to detecting Io’s intense radiation signature, the Juno camera caught evidence of activity from several other volcanoes on Io’s surface, corresponding with hot spots on another image.

With this data, scientists can now investigate the possible ways in which Jupiter’s other large moons influence surface activity on Io, and how volcanic activity on Io may be influenced by its host planet during an eclipse.

Source : NASA.

L’éruption du 21 décembre 2018 photographiée par la sonde Juno

Anomalies thermiques à la surface de Io le 21 décembre 2018

 

Eruption photographiée par la sonde Galileo dans les années 1990

(Source: NASA)

Image satellite du nouvel Anak Krakatau (Indonésie) // Satellite image of the new Anak Krakatau (Indonesia)

Jusqu’à présent, les mauvaises conditions météorologiques empêchaient les satellites survolant de Détroit de la Sonde d’observer correctement l’Anak Krakatau après l’effondrement du 22 décembre 2018 qui a déclenché un tsunami meurtrier. En ce début d’année 2019, les satellites Dove et SkySat de la plateforme d’observation Planet permettent enfin d’apprécier l’ampleur de l’effondrement du cône volcanique. Ce qui était autrefois un cratère au sommet de l’édifice s’est complètement éventré pour former une petite baie.
La société Planet en charge de d’observation de la Terre est basée à San Francisco. Elle exploite l’une des plus grandes constellations de satellites au monde. Le satellite Dove est capable d’observer des détails de 3 mètres au sol tandis que SkySat possède une résolution encore plus fine et détecte des détails de 72 centimètres.
La photo ci-dessous a été prise le 1er janvier 2019.

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Up to now, poor weather conditions  prevented satellites from getting good views of Anak Krakatau after the 22 December 2018 collapse that triggered a tsunami. Finally, Planet’s Dove and SkySat platforms allow to appreciate the extent of the volcanic cone’s collapse. What was once a crater at the summit of the edifice has been completely broken open to form a small bay.

Earth observation company Planet, which is based in San Francisco, operates one of the world’s largest satellite constellations.The Dove spacecraft can capture 3-metre details on the ground while SkySat platforms have a high-resolution capability, capturing 72-centimetre details.

The photo below was taken on New Year’s Day.

Le Festival de Montier-en-Der 2018: Un bon cru !

Comme tous les ans, je me suis rendu à Montier-en-Der, petite localité de la Haute-Marne, où se tient le 3ème week-end de novembre le Festival International de la Photo Animalière et de Nature. En 2018, il s’agissait de la 22ème édition. La fréquentation a été perturbée par les manifestations des « gilets jaunes » et beaucoup d’amoureux de la Nature avaient annulé leur venue. Les accès au festival restaient toutefois possibles grâce à la compréhension des manifestants qui filtraient les passages au niveau de certains ronds-points. J’avais personnellement apposé le macaron du festival sur mon pare-brise, ce qui a beaucoup facilité les choses.

Cela étant dit, j’ai trouvé que, globalement, les expositions étaient de très bonne qualité. Cette année, le fil rouge du festival était le thème de l’eau et des océans, avec de superbes images des fonds marins et des êtres qui y vivent. Dans la hall d’exposition principal, Laurent Ballesta montrait 700 requins dans la nuit, tandis qu’Alexis Rosenfeld faisait plonger le public sur les récifs coralliens, un enjeu pour l’humanité. Philippe Bourseiller, que je connaissais avec le regretté Jacques Durieux dans le domaine des volcans, faisait voyager dans les superbes lumières de l’Arctique et de l’Antarctique. Ce fut un réel plaisir de pouvoir converser à nouveau avec ces deux photographes. De nombreuses autres expositions décoraient les murs des différents sites de Montier et des alentours.

Beaucoup de visiteurs viennent aussi à Montier pour aller observer les grues dans le secteur du Lac du Der. Il est toujours intéressant de voir ces grands migrateurs faire le plein de nourriture dans les champs autour du lac et d’assister à leur retour vers le plan d’eau où elles viennent passer la nuit. Dans quelques jours, elles continueront de voler en V au-dessus de ma maison qui se trouve au coeur d’un couloir de migration vers les terres du sud où les températures sont plus clémentes.

Petite remarque à l’attention des « gilets jaunes » : Je sais que les nuits sont froides dans l’est de la France, mais il est malgré tout regrettable de voir la pollution générée par la combustion des pneumatiques au niveau des ronds-points et ailleurs. Si les manifestants pouvaient se réchauffer par d’autres moyens, la Nature leur serait forcément reconnaissante !

Photos: C. Grandpey

 

Pas d’éruption sur la planète Mars! // No eruption on Mars !

La semaine dernière, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a publié une photo prise par le Mars Express Orbiter. On peut y voir un nuage blanc, long de près de 1 600 kilomètres, qui semble sortir d’un immense volcan. En regardant ce nuage qui s’étire d’est en ouest près d’Arsia Mons, on peut se demander si le volcan, censé être en sommeil depuis environ 50 millions d’années, n’est pas en train d’entrer en éruption. Les astrophysiciens expliquent qu’il n’en est rien! Ce que l’on voit sur la photo n’est qu’un simple nuage météorologique.
Arsia Mons a une hauteur d’environ 20 kilomètres et une largeur de 430 kilomètres. A côté, le Mauna Loa (Hawaii), le plus grand volcan de la planète, a des allures de nain avec ses 10 km de hauteur et 120 km de large, immergés en grande partie sous l’eau de l’Océan Pacifique. Cependant, Arsia Mons n’est pas le plus grand volcan de la planète Mars. Il est dépassé en taille par Olympus Mons et ses quelque 21 km de hauteur qui en font le plus grand édifice du système solaire.
On peut affirmer que le nuage sur la photo n’est pas d’origine volcanique car un engin spatial aurait détecté une augmentation des émissions de méthane, de dioxyde de soufre et d’autres gaz émis pendant les éruptions. On a un exemple de l’influence de la topographie sur les conditions météorologiques. Les météorologues ont baptisé ce phénomène nuage orographique. On en observe souvent sur Terre, comme lors des fréquentes tempêtes dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie.
Ces nuages ​​se forment lorsque l’air chargé d’eau est soulevé au contact d’une montagne. L’air plus froid et moins épais ne peut pas retenir autant d’eau, ce qui pousse une partie de l’humidité à se condenser et à geler, formant ainsi des nuages. L’air sur Mars est beaucoup plus ténu que sur Terre, mais les règles de la physique météorologique s’y appliquent également.
Ce n’est pas la première fois que le phénomène est observé. En Inde, le Mars Orbiter a photographié un nuage semblable en 2015. Le mois dernier, la NASA a publié une image en fausses couleurs basée sur les données du Mars Odyssey ; elle révélait davantage de détails dans les nuages chargés de glace qui soufflent sur Arsia Mons.
Sources: ESA, New York Times.

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Last week, the European Space Agency (ESA) released a picture taken by its Mars Express Orbiter. It shows a long, white wisp, close to 1,600 kilometres long, spilling out of a giant volcano. Looking at the image of the cloud, stretching from east to west near Arsia Mons, one might wonder whether the volcano, thought to be dormant for some 50 million years, is about to erupt. Planetary scientists say it won’t ! What can be seen on the photo is just a cloud

Arsia Mons is about 20 kilometres high and 430 kilometres wide, dwarfing Mauna Loa, Earth’s largest volcano, which is only 10 km high and 120 km wide, and mostly underwater. Howecer, Aesia Mons is not the biggest volcano on Mars. Olympus Mons, is nearly 21 km tall and the largest in the solar system.

The cloud on the photo was clearly not a volcanic event, because spacecraft would have detected a rise in methane, sulphur dioxide and other gases that spill out of eruptions. Instead, this is an example of how topography affects weather. Meteorologists even have a term to describe this phenomenon: orographic lifting. “It happens on Earth a lot, like during storms that frequently break out in the Sierra Nevada mountains in California.

The clouds form when water-laden air is pushed upward along a mountain. Cooler, thinner air cannot hold as much water, causing some of the moisture to condense and freeze, forming clouds. The air on Mars is much thinner than on Earth, but the rules of weather physics also apply there.

This is not a novel occurrence. India’s Mars Orbiter captured a picture of a similar cloud in 2015. Last month, NASA released a false-color image based on data from the Mars Odyssey orbiter that captured more details in the ice-rich clouds blowing over Arsia Mons.

Sources : ESA, The New York Times.

Crédit photo: ESA