De puissantes éruptions volcaniques sur Io, la lune de Jupiter // Powerful eruptions on Jupiter’s Io

drapeau francaisDes chercheurs d’Université de Californie à Berkeley ont observé trois importantes éruptions volcaniques sur Io, la lune de Jupiter, en l’espace de deux semaines au cours du mois d’août 2013. Les astronomes pensent que ces éruptions, qui peuvent envoyer des matériaux à des centaines de kilomètres de hauteur, sont probablement beaucoup plus fréquentes qu’on le pensait jusqu’à présent.
Io présente un diamètre d’environ 3700 km ; c’est la lune ou la planète la plus active du système solaire d’un point de vue volcanique. C’est également le seul corps du système solaire en dehors de la Terre à posséder des volcans qui produisent de la lave extrêmement chaude. En raison de la faible gravité de Io, de grandes éruptions volcaniques envoient des matériaux à une très grande hauteur dans l’espace. Selon les chercheurs, la quantité d’énergie émise par ces éruptions fait naître des fontaines de lave qui jaillissent en produisant un très grand volume de lave par seconde et des coulées qui se propagent rapidement à la surface de Io.
Les trois événements observés, y compris l’éruption la plus puissante du 29 août, présentaient probablement des « rideaux de feu » émis par des fissures de plusieurs kilomètres de long.
Les deux premières éruptions ont été découvertes le 15 août 2013 au moyen de l’un des deux télescopes de 10 mètres exploités par l’observatoire Keck à Hawaï. On pense que l’éruption la plus intense, dans la caldeira Rarog Patera, a produit une coulée de lave de 130 km2 et de 9 mètres d’épaisseur, tandis que l’autre, à proximité du cratère Heno Patera, a généré des coulées couvrant 320 km2. Les deux éruptions ont eu lieu dans l’hémisphère sud de Io et avaient pratiquement disparues au moment des observations effectuées cinq jours plus tard.
La troisième éruption, l’une des plus intenses jamais observées sur Io, a eu lieu le 29 août 2013 et a été observée par le télescope Gemini Nord sur le Mauna Kea. Au moment de l’observation, la source thermique avait une superficie de 83 km2. La température de la lave, telle qu’elle a été modélisée, a révélé qu’elle avait à peine le temps de refroidir, ce qui suggère que des fontaines de lave ont dominé l’événement.
L’équipe scientifique a observé la chaleur émise par la troisième éruption pendant près de deux semaines après sa découverte afin de comprendre comment les volcans impactent l’atmosphère de Io et quelle influence ces éruptions peuvent avoir sur la couche de gaz ionisé – le tore de plasma – qui entoure Jupiter près de l’orbite de Io. Ces observations ont été programmées pour coïncider avec les observations du tore de plasma par la sonde japonaise Hisaki afin de corréler les différents ensembles de données.
Sources: Sites web Space.com & Astronomy.

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drapeau anglaisResearchers from the University of California at Berkeley observed three massive volcanic eruptions on Jupiter’s moon Io in August 2013 within a two-week period. Astronomers think that these events, which can send material hundreds of kilometres above the surface, might be much more common than previously thought.

Io is about 3,700 kilometres across and the most volcanically active moon or planet in our solar system. It also is the only body in the solar system with volcanoes erupting extremely hot lava other than Earth. Because of Io’s low gravity, large volcanic eruptions send debris high into space. According to the researchers, the amount of energy being emitted by these eruptions implies lava fountains gushing out of fissures at a very large volume per second, forming lava flows that quickly spread over the surface of Io.

The three events, including the most powerful eruption on August 29th, were likely characterized by “curtains of fire,” as lava blasted out of fissures perhaps several kilometres long.

The first two massive eruptions were discovered on August 15th 2013, using one of two 10-metre telescopes operated by the Keck Observatory in Hawaii. The brightest eruption, at a caldera named Rarog Patera, was calculated to have produced a 130-square-km, 9-metre-thick lava flow, while the other, near a caldera called Heno Patera, produced flows covering 320 square km. Both were in Io’s southern hemisphere and were nearly gone when imaged five days later.

The third and even brighter eruption (one of the brightest ever seen on Io) occurred on August 29th and was observed from the Gemini North telescope on Mauna Kea. At the time of the observation, the thermal source had an area of up to 83 square km. The modeled temperature of the lava indicated it barely had time to cool, suggesting that lava fountains dominated the event.

The team tracked the heat of the third outburst for almost two weeks after its discovery to investigate how volcanoes influence Io’s atmosphere and how these eruptions feed a layer of ionized gas – the Io plasma torus – that surrounds Jupiter near Io’s orbit. The observations were timed to coincide with observations of the plasma torus by the Japanese Hisaki spacecraft in order to correlate the different data sets.

Sources: Space.com & Astronomy websites.

Io-blog

L’éruption du 29 août 2013 sur Io (Crédit photo:  NSF/NASA/JPL-Caltech//UC Berkeley/Gemini Observatory)

De gigantesques geysers à la surface d’Europe (Jupiter) // Gigantic vapour jets at the surface of Europa (Jupiter)

drapeau francaisLes réunions de l’American Geophysical Union sont toujours l’occasion d’entendre parler de découvertes surprenantes et intéressantes. Au cours de la dernière d’entre elles à San Francisco cet automne, des scientifiques du Southwest Research Institute de San Antonio ont révélé que des panaches de vapeur d’eau de 150 kilomètres de hauteur avaient probablement été détectés en train de percer la surface glacée d’Europe, l’une des lunes de Jupiter, dont la température varie entre -160 et -220 ° C. Ils pensent avoir observé deux geysers pendant sept heures d’affilée.
Si elles sont confirmées, ces observations prouveraient que l’eau qui se cache sous la glace de d’Europe peut facilement atteindre la surface, ce qui aurait des implications importantes pour les futures missions spatiales. De nombreux experts estiment que l’océan qui se cache autour d’Europe, réchauffé par les forces de marée puissantes provoquées par la gravité de Jupiter, pourrait présenter des conditions favorables à la vie.
Les scientifiques ont utilisé des images du télescope spatial Hubble pour identifier les «jets» d’hydrogène et d’oxygène dans deux régions distinctes de l’hémisphère sud de la lune. Ils les ont observés pendant sept heures chaque fois, à un moment où Europe était sur le point le plus éloigné de son orbite par rapport à Jupiter qui disparaissait tandis que la lune se rapprochait.
Des panaches semblables ont déjà été aperçus sur Encélade, l’une des lunes de Saturne.
Source : Presse scientifique.

drapeau anglaisThe meetings of the American Geophysical Union are always the occasion to hear surprising and interesting discoveries. During the autumn meeting in San Francisco, scientists from the Southwest Research Institute of San Antonio revealed that plumes of water vapour 150 kilometres high may have been spotted bursting out of the icy surface of Jupiter’s moon Europa whose temperatures range from -160 to -220°C. They believe they detected two geysers shooting into space for seven hours at a time.

If confirmed, the observations prove that water from the moon’s ice-covered ocean can easily reach the surface, which has important implications for future space missions. Many experts believe the hidden ocean surrounding Europa, warmed by powerful tidal forces caused by Jupiter’s gravity, may have conditions favourable to life.

Scientists used images from the Hubble Space Telescope to identify “spikes” of hydrogen and oxygen in two distinct regions of the moon’s southern hemisphere. They were observed for just seven hours at a time when Europa was at the furthest point of its orbit away from Jupiter, vanishing as the moon got closer.

Similar plumes have previously been seen on one of Saturn’s moons, Enceladus.

Source: Scientific press.

Eruption volcanique sur Io

drapeau francaisLe télescope Keck II sur le Mauna Kea à Hawaii a permis d’observer sur Io, l’une des lunes de Jupiter, l’une des plus importantes éruptions volcaniques du système solaire.

Le 15 août 2013, le télescope a repéré des fontaines de lave qui jaillissaient jusqu’à plusieurs centaines de mètres de hauteur à partir de fractures dans la région de Rarog Patera. La lave a recouvert une surface estimée à 31 km2. Comme Io a une gravité très faible (1,79 m/s2) et pratiquement pas d’atmosphère, les éruptions sont beaucoup plus spectaculaires que celles observées sur Terre. D’après la NASA, cette dernière éruption figure parmi les 10 plus importantes observées par l’Homme sur Io.

S’agissant des missions spatiales, la sonde Galilée qui a tourné autour de Jupiter et de ses lunes entre 1995 et 2003, a été la dernière à fournir des images rapprochées de Io dont la dernière éruption majeure remontait à 2001. Cette année-là, le Keck avait observé une coulée de lave qui s’était épanchée sur plusieurs centaines de kilomètres carrés. En 2007, la sonde New Horizons a également détecté de volumineux panaches émis par le volcan Tvashtar.

Source : The New Scientist.

Pour plus de détails sur Io, vous pouvez consulter cette page de la NASA :

http://www.nasa.gov/topics/solarsystem/features/io-volcanoes-displaced.html

 

drapeau anglaisOne of the most massive volcanic eruptions in the solar system has been spotted on Jupiter’s moon Io – by the Keck II telescope on Mauna Kea in Hawaii.

On August 15th 2013, the telescope recorded fountains of lava gushing from fissures in the Rarog Patera region of Io. The lava fountains spouted molten rock hundreds of metres above Io’s surface, erupting over an area totalling 31 km2. As Io has relatively low gravity (1,79 m/s2) and almost no atmosphere, its volcanic eruptions can spray much higher than those we see today on Earth. NASA says that this event is easily in the top 10 yet seen on Io by humans.

As far as space missions are concerned, the Galileo spacecraft, which toured Jupiter and its moons from 1995 to 2003, was the last one to get a close view of Io.

Io’s biggest eruption so far happened in 2001, when the Keck observatory saw a lava flow that is thought to have spread many hundreds of square kilometres across Io’s surface. And in 2007 the New Horizons probe spotted huge plumes from the Tvashtar volcano.

Source: The New Scientist.

For more details about Io, you can have a look at NASA’s website:

http://www.nasa.gov/topics/solarsystem/features/io-volcanoes-displaced.html

Keck-blog

Au sommet du Mauna Kea, le Keck scrute les tréfonds de notre univers  (Photo: C.  Grandpey)

Les lacs de lave de Io // Io’s lava lakes

drapeau francaisEn tant qu’êtres humains, nous sommes avant tout attirés par les volcans sur Terre, mais nous ne devons pas oublier que le volcanisme existe ou a existé sur d’autres planètes du système solaire. Jupiter et sa lune Io en sont un parfait exemple.

Des chercheurs de l’Université Brigham Young dans l’Utah ont examiné des photos prises par la sonde spatiale Cassini et ils ont fait des descriptions détaillées de trois des points chauds de Io: Pillan, Wayland Patera et Loki Patera. Ils ont constaté que chacun a son propre style éruptif. Les travaux des chercheurs nous aideront à comprendre ce qui se passe exactement sur Io, mais ils pourraient également offrir un aperçu de ce qu’était le volcanisme de la Terre à ses origines.
Io effectue une orbite ovale autour de Jupiter et, de ce fait, elle subit différentes forces gravitationnelles qui compriment périodiquement son intérieur rocheux. Ce phénomène génère tellement de chaleur que Io est, d’un point de vue géologique, l’objet le plus actif de tout le système solaire.
Cette trajectoire est peut-être aussi la raison pour laquelle les sondes qui ont été envoyés vers Jupiter ont recueilli si peu d’images. Dans les années 1970, les sondes spatiales Pioneer et Voyager n’ont pu prendre que quelques photos avant de filer dans l’espace. La sonde Galileo a visité Jupiter entre 1995 et 2003, tandis que Cassini a seulement effectué une brève visite au début des années 2000 alors qu’elle se dirigeait vers Saturne.
En examinant les photos, les chercheurs de l’Utah a accordé une attention particulière au flux de chaleur dégagé par les volcans. A partir de la température des lacs de lave, ils ont pu déterminer quel type de lave était le plus répandu et ils ont conclu qu’il s’agissait probablement de basalte. L’équipe a également essayé de voir comment l’émission de chaleur a évolué avec le temps, ce qui a révélé une personnalité unique pour chaque lac de lave.
Il semble que «Pillan soit l’architecte des trois». Les sondes précédentes l’ont vu entrer en éruption en 1997et émettre suffisamment de lave pour couvrir 5600 kilomètres carrés. Les relevés de température de Cassini suggèrent qu’il est maintenant entouré par une masse considérable de roches en voie de refroidissement qui s’est construite autour du lac de lave.
Wayland Patera, qui a environ 95 kilomètres de diamètre, semble être soit une coulée de lave en train de refroidir, soit un lac de lave qui connaît une période de faible activité.
Loki Patera s’étend sur 200 kilomètres et émet environ 13 pour cent de toute la chaleur de Io. Sa morphologie varie au fil du temps. Elle peut prendre l’aspect d’une croûte solide, ou bien cette croûte va se rompre et donner naissance à des fontaines de lave.
Comme souvent dans l’espace, l’échelle n’a rien à voir avec ce qui se passe sur Terre. L’Erta Ale en Ethiopie, le Kilauea à Hawaii et le mont Erebus en Antarctique sont beaucoup plus petits que leurs homologues sur Io.
Toutefois, de telles éruptions gigantesques ont eu lieu sur la Terre dans le passé et étudier celles qui se produisent sur Io peut donner des indices sur nos origines.

Source : The New Scientist.

 

drapeau anglaisAs humans, we mainly concentrate on volcanoes on Earth but we should not forget that volcanism exists or existed on other planets of the solar system. Jupiter and its moon Io are a perfect example of this volcanism.

Researchers at Brigham Young University in Utah have examined snapshots taken by the Cassini space probe and made detailed descriptions of three of Io’s hotspots: Pillan, Wayland Patera and Loki Patera. They found that each one has its own eruption style. The scientists’ work will help us understand what exactly happens on Io but it could also offer a glimpse of what the early, highly volcanic Earth was like.

Io traces an oval-shaped orbit around Jupiter, so it experiences varying gravitational forces that periodically squeeze its rocky interior. This generates so much heat that Io is  the most geologically active object in the solar system.

This may be the reason why the probes that were sent to Jupiter collected so few images. In the 1970s, the Pioneer and Voyager space probes could only take a few pictures before flying away into space. The Galileo spacecraft visited Jupiter between 1995 and 2003 while Cassini only paid a brief visit in the early 2000s on its way to Saturn.

While examining the pictures, the Utah researchers paid a particular attention to the volcanoes’heat flow. From the temperature of the lakes, they were able to determine what type of lava was most common and concluded that it was most likely molten basalt. The team also tried to see how heat emission changed over time, which revealed the lava lakes’ unique personalities.

It seems « Pillan is the architect of the three ». Previous probes saw it erupt in 1997, emitting enough lava to cover 5600 square kilometres. Cassini’s temperature readings suggest it is now surrounded by a relatively huge mass of cooling rock that has built up around the lava lake.

Wayland Patera, which is roughly 95 kilometres across, appears to be either a cooling lava flow or a lava lake during a period of low activity.

Loki Patera spans 200 kilometres and emits around 13 per cent of all the heat from Io. Its morphology varies over time. You may find a solid crust, or the crust will break and sometimes give way to lava fountains.

As often in space the scale has nothing to do with what happens on Earth. Erta Ale in Ethiopia, Kilauea in Hawaii and Mount Erebus in Antarctica are much smaller than their counterparts on IO.

However, such massive eruptions have occurred on Earth in the past and studying Io may give clues to our origins.

Source: The New Scientist.