Glaciers du Kilimandjaro (Tanzanie) : c’est presque la fin // About to disappear

Will Gadd est un grimpeur canadien spécialiste de l’ascension des cascades de glace. Il a parcouru de nombreux glaciers dans le monde pour assouvir sa passion et s’est rendu compte de la vitesse de leur fonte. Aujourd’hui, il essaye d’attirer l’attention du public sue la catastrophe qui se profile à l’horizon.

Sa dernière expédition visait le sommet du Kilimandjaro, le plus haut sommet de l’Afrique, qui domine le continent de ses 5895 mètres. Gadd avait déjà visité le volcan en 2014 et avait réalisé l’ascension de plusieurs tours de glace.

Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, ces tours disparaissent et les célèbres « neiges du Kilimandjaro » ne seront bientôt plus qu’un souvenir.

Début 2020, Will Gadd est revenu au même endroit afin de tenter une dernière ascension. Avec les photos de 2014 sous le bras, le grimpeur a tenté de retrouver les paysages d’alors, mais la glace a sévèrement reculé. En un siècle, près de 90% de la glace du Kilimandjaro a disparu. A certains endroits, la perte de masse des glaciers au sommet de la montagne atteint 70% entre 2014 et 2020. Six ans seulement ! Les pans de glace qu’il avait observés il y a 6 ans ne sont plus que des fines lames. Un scientifique américain, spécialiste du Kilimandjaro, explique que les évolutions du climat ont réduit la couverture nuageuse sur le volcan africain. En conséquence, le soleil n’a plus de filtre et réchauffe bien plus les glaciers.

Source : Altitude.

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Will Gadd is a Canadian climber specializing in climbing ice waterfalls. He travelled to many glaciers around the world to satisfy his passion and realized how quickly they were melting. Today, he tries to get public attention on the disaster that looms on the horizon.
His latest expedition was aimed at the summit of Kilimanjaro, Africa’s highest peak, which towers over the continent at 5,895 meters. Gadd had previously visited the volcano in 2014 and had climbed several towers of ice.
Today, with global warming, these towers are disappearing and the famous « snows of Kilimanjaro » will soon be a memory.
At the start of 2020, Will Gadd returned to the same place to attempt a final ascent. With the 2014 photos under his arm, the climber tried to find the landscapes of the time, but the ice had severely receded. In a century, nearly 90% of the ice on Kilimanjaro has disappeared. In some places, the mass loss of glaciers at the top of the mountain has reached 70% between 2014 and 2020. Only six years! The sections of ice that he observed 6 years ago are nothing more than thin blades. An American scientist, a specialist in Kilimanjaro, explains that changes in the climate have reduced cloud cover on the African volcano. As a result, the sun no longer has a filter and warms the glaciers much more.
Source: Altitude.

Ces trois images satellites de la NASA (1993, 2000, 2012) montrent la rapidité de la fonte de la glace au sommet du Kilimandjaro.

Les glaciers à Le Blanc (Indre) le 5 octobre 2020 !

Après une longue pause due aux misères causées par la Covid-19, mes conférences vont reprendre, avec les précautions sanitaires imposées par les autorités.

Je présenterai le lundi 5 octore 2020 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’UIPB de LE BLANC (Indre). Elle aura lieu à 18 heures à la Salle Carnot.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon dernier ouvrage « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos. Prix de vente : 10 euros.

Photo : C. Grandpey

L’agonie des glaciers alpins : de la Mer de Glace (France) au Pasterze (Autriche) [7ème partie]

Le Pasterze est le plus grand glacier d’Autriche, au cœur du massif des Hohe Tauern dominées par le Grossglockner (3797 m), point culminant du pays. Il est possible d’admirer le Pasterze et le Grossglockner en voiture, en empruntant une route à péage, la Grossglockner Hochalpenstrasse, qui conduit au Kaiser Franz-Josefs Höhe. De là, on surplombe le glacier – ou ce qu’il en reste – et on bénéficie d’une vue magnifique sur la montagne. Le site est un haut lieu touristique, avec un immense parking à étages qui gâche un peu le paysage.
Un funiculaire permettait de descendre sur le glacier au moment de sa mise en service en 1963. La surface de la glace était alors au niveau de la station inférieure du funiculaire. Le problème, c’est que le glacier a perdu de la hauteur et a considérablement reculé depuis cette époque. De nos jours, il faut continuer de descendre à pied un dénivelé aussi important que celui franchi par la remontée mécanique. Une bonne condition physique est nécessaire car il faut remonter et l’altitude se fait sentir !

La zone d’accumulation qui donne naissance au Pasterze se trouve à 3 453 m d’altitude, mais on se rend très vite compte qu’elle ne réussit plus à nourrir le glacier qui ne cesse de reculer. Comme pour la Mer de Glace ou le glacier du Rhône, les images d’archives exposées sur la terrasse d’observation montrent la vitesse de recul du glacier. Au train où vont les choses, il aura disparu bien avant la fin du 21ème siècle.

Photos : C. Grandpey

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Je suis d’un grand pessimisme quand je constate la situation glaciaire dans les Alpes, tout comme je le suis devant les glaciers d’Alaska. Je fais partie de ceux qui ont connu ces glaciers à une époque où leur masse majestueuse emplissait les vallées ou débordait des flancs de la montagne. Aujourd’hui, c’est fini. Le drame, c’est qu’une grande partie de la population n’a pas conscience de la catastrophe qui nous attend. La haute montagne avec sa neige et ses glaciers est le pivot d’une économie, avec le tourisme et surtout l’alimentation en eau. En observant le jeune Rhône du haut de la falaise du Belvédère au mois de septembre 2020, je me disais que dans un avenir plus proche qu’il y paraît, l’eau ne coulera plus dans la vallée. Suite à l’absence de neige ou de glace, des affluents du Rhône vont se tarir eux aussi, avec des conséquences faciles à imaginer….

L’agonie des glaciers alpins : de la Mer de Glace (France) au Pasterze (Autriche) [6ème partie]

Le glacier du Rhône (Rhonegletscher en allemand), donne naissance au fleuve bien connu des Genevoix et de Lyonnais. Ce n’est pas le plus célèbre des glaciers alpins; il ne saurait rivaliser avec la Mer de Glace et encore moins avec le Glacier d’Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, qui se trouve à quelques kilomètres. Tous ces glaciers ont un point commun : ils fondent à une vitesse incroyable et feront bientôt partie des souvenirs. Je pense que mes petits-enfants vont assister à la disparition pure et simple de certains d’entre eux. Les glaciologues la prévoient pour la fin de 21ème siècle, mais ils sont probablement trop optimistes.

Perché à l’extrémité nord-est de la superbe vallée du Valais suisse, le glacier du Rhône est accessible depuis la montée du Col de la Forclaz qui culmine à 2429 mètres. Ce col est une superbe grimpette pour les cyclos dont je fais partie. Le glacier s’étend en théorie sur une longueur de 8 kilomètres, avec une largeur d’un peu plus de 1 000 mètres. Sa superficie est de 17 km2. J’écris « en théorie » car ces dimensions sont en régression permanente sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Les glaciologues suisses expliquent que le volume du glacier du Rhône aura diminué de moitié en 2050 et qu’il ne sera plus que de 10% en 2100.

Tel un caméléon, l’hôtel Belvédère confond sa masse grisâtre avec l’univers minéral qui l’entoure. Se dressant dans un lacet de la route d’accès au col de la Furka, il est le point de départ d’un sentier (payant) qui conduit au bord du glacier du Rhône et à la grotte de glace signalée par un panneau spectaculaire en aval du parking. Ce sentier offre de belles vues sur le lac qui s’étale devant le front du glacier. Il donne naissance au jeune Rhône qui dévale vigoureusement les premières pentes.

A l’extrémité du sentier, on atteint un univers surréaliste. Au lieu de la masse de glace à laquelle on est en droit de s’attendre, on se trouve face à une immense bâche blanche percée d’une petite ouverture. Quelques planches permettent de pénétrer dans une galerie creusée directement dans la glace. L’appellation « grotte de glace » est un peu osée. En effet, les premières dizaines de mètres font avancer entre deux murs de glace, avec un plafond constitué de la toile blanche qui étonne le visiteur. Si elle n’existait pas, la grotte n’existerait pas elle non plus. Ce n’est qu’au fond du couloir que la voûte apparaît et donne l’aspect d’une cavité creusée dans la glace. On observera au passage les bulles à l’intérieur de la glace ; elles renferment de l’air emprisonné il y a plusieurs décennies. Combien de temps cette « grotte » survivra-t-elle? Probablement pas très longtemps. Au fil des ans, j’ai vu la bâche occuper une surface de plus en plus grande, à tel point qu’elle recouvre aujourd’hui la quasi totalité du front du glacier.

Le long du sentier qui conduit à la grotte de glace, je conseille vivement de faire des haltes pour lire les panneaux explicatifs bilingues (allemand – anglais) judicieusement installés par les autorités suisses et qui évoquent le recul du glacier dans les prochaines décennies

Quand je contemple le glacier du Rhône aujourd’hui depuis l’un des promontoires qui ont été aménagés, j’ai encore en tête l’image de ce même glacier que j’ai découvert pour la première fois au mois d’août 1981. L’impressionnante masse de glace surplombait le vide et servait de toile de fond à l’hôtel Belvédère.

Aussi spectaculaire que fut cette masse glaciaire dans les années 1980, elle avait été largement dépassée par  la taille du glacier du Rhône  au cours des périodes de glaciation. Il recouvrait alors une bonne partie du sud-ouest de la Suisse avec une épaisseur pouvant atteindre 2 000 mètres! Au début du 20ème siècle, il descendait jusqu’au village de Gletsch, situé à environ 1 800 mètres d’altitude. Sa langue se trouvait alors à proximité de l’hôtel du village, un édifice aux allures de caserne militaire. Lorsque l’on grimpe le col de la Forclaz, on voit parfaitement sur la gauche de la route les moraines et les blocs déposés ou rabotées par la masse de glace.

Photos : C. & C. Grandpey