Réchauffement climatique : L’érosion littorale en France

Par sa violence, l’ouragan Ian a remodelé la côte occidentale de la Floride. Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, c’est au moment des tempêtes, surtout lorsque celles-ci se produisent au moment des grandes marées que les côtes sont les plus menacées. On se rend alors compte de l’impact de la hausse du niveau des océans à cause du réchauffement climatique. La France est bien sûr concernée par cette menace littorale. Il suffit de voir les enrochements mis en place dans de nombreux secteurs de nos côtes pour s’en rendre compte, comme ici à Lacanau (Gironde).

Photo: C. Grandpey

Le nouvel atlas publié par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) montre le changement du littoral français et les effets de l’érosion qui ne cesse de s’accélérer. La mer gagne chaque année du terrain. En 50 ans, elle a grignoté 30 km2 de littoral. Vue du ciel, la France rétrécit, de la Manche à la Méditerranée, en passant par l’Atlantique.

Le gouvernement a dressé une liste de 126 communes particulièrement exposées à l’érosion côtière. On a beaucoup parlé de Soulac-sur-Mer (Gironde) où l’océan a gagné 250 mètres en moins d’un siècle, soit quasiment quatre mètres par an. La montée des eaux a entraîné l’évacuation de la résidence « Le Signal » qui est en passe d’être démolie.

Photo: C. Grandpey

La Tranche-sur-Mer (Vendée) est l’une des communes les plus exposées de France. Les habitants, impuissants, voient la plage disparaître peu à peu. Les digues en bois, autrefois efficaces, ne suffisent plus. C’est pourquoi la municipalité a investi plus de 100 000 euros dans des barrages plus robustes, pour repousser les vagues, mais on sait d’avance qu’ils ne résisteront pas aux tempêtes les plus puissantes. Il suffit de voir la position inconfortable des blockhaus, vestiges de la Seconde Guerre mondiale, pour se rendre compte de la puissance de l’océan.

 

Photo: C. Grandpey

Les médias montrent souvent les falaises d’Étretat pour attirer l’attention sur l’érosion littorale. Elles reculent en moyenne de 20 centimètres par an. Il s’agit d’un phénomène inquiétant et aggravé par le réchauffement climatique. Le 1er janvier 2022, un témoin a filmé un nouvel éboulement spectaculaire Un phénomène impressionnant mais naturel. La côte normande, longue d’environ 150 kilomètres, est victime de l’érosion. De plus en plus visible, elle ronge la terre inexorablement. Les falaises d’Étretat, hautes de 100 mètres en moyenne, sont composées de calcaire. Elles reculent de 20 centimètres, en moyenne, par an. Aujourd’hui, elles sont étudiées de près par les scientifiques, qui analysent les phénomènes liés à l’érosion. Nombre de maisons et de jardins sont désormais trop proches du précipice. Certains logements devront être détruits dans les mois à venir.

Falaises d’ Étretat : Aiguille et Porte d´Aval (Crédit photo: Wikipedia)

Source: IGN, France Info.

Eté météorologique 2022 : le 2ème plus chaud en France

L’été météorologique se termine officiellement le 31 août 2022, mais Météo France est déjà en mesure d’annonce que l’été 2022 en France a été le deuxième plus chaud après 2003, avec des pics de chaleur « exceptionnels ». On remarquera que les 10 étés les plus chaud figurent tous dans les deux décennies écoulées. C’est assez logique étant donné que le réchauffement climatique tel que nous les connaissons à l’heure actuel a commencé vers 1975.

Durant cet été météorologique, on a enregistré une température moyenne de 22,67°C, contre 23,10°C lors de l’été 2003.

L’été 2022 a été marqué par plusieurs records de température. Les 42 degrés Celsius ont été atteints à Nantes le 18 juillet, un record absolu. De plus, il n’y a pas eu de journées fraîches depuis début juillet

La mer a, bien sûr, subi les effets de ces fortes chaleurs. Ainsi, la température de la Méditerranée a enregistré une hausse de l’ordre de « 4 à 5 degrés » par rapport aux normales saisonnières.

On va maintenant attendre le bilan d’agences comme la NASA, la NOAA et ERA5 pour savoir comment s’est comporté l’été 2022 à l’échelle de la planète.

Source: Météo France.

Les vagues de chaleur en France depuis 1947. 2022 n’y figure pas encore. (Source: Météo France)

Juillet 2022 : Trop chaud, trop sec ! // July 2022 : Too hot and too dry !

Ce n’est pas vraiment une surprise. Selon les Centres d’information sur l’environnement de la NOAA, juillet 2021 a été le mois le plus chaud de tous les temps à l’échelle de la planète.
Partout dans le monde, la température combinée de la surface des terres et des océans a été de 0,93°C supérieure à la moyenne de 15,8°C du 20ème siècle. C’est le mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés il y a 142 ans. Il dépasse de 0,01 °C le précédent record établi en juillet 2016, qui avait ensuite été égalé en 2019 et 2020.
Dans l’hémisphère nord, la température de surface du sol a été la plus élevée jamais enregistrée en juillet, avec 1,54 °C au-dessus de la moyenne, dépassant le précédent record établi en 2012.
En ce qui concerne les régions du monde, l’Asie a connu son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, battant le précédent record établi en 2010. L’Europe a connu son deuxième mois de juillet le plus chaud, à égalité avec juillet 2010 et derrière juillet 2018. L’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océanie se trouvent toutes dans le top 10 des mois de juillet les plus chauds.
Au vu des données du mois dernier, il est très probable que 2022 se classera parmi les 10 années les plus chaudes au monde.
Source : NOAA.

Juillet 2022 restera dans l’Histoire de la météo comme étant le plus sec jamais enregistré en France, ainsi que l’un des plus chauds.

Selon Météo France, le mois de juillet 2022 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré en France. La moyenne des températures a atteint 23,2 °C, comme en 2018. Seuls les mois de juillet 2006 (24,4 °C) et 1983 avaient été plus chauds (23,4 °C).

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It does not really come as a surprise. According to NOAA’s National Centers for Environmental Information, July 2021 was the world’s hottest month ever recorded.

Around the globe, the combined land and ocean-surface temperature was 0.93°C above the 20th-century average 15.8°C, making it the hottest July since records began 142 years ago. It was 0.01°C higher than the previous record set in July 2016, which was then tied in 2019 and 2020.

In the Northern Hemisphere, the land-surface only temperature was the highest ever recorded for July, at an unprecedented 1.54°C above average, surpassing the previous record set in 2012.

As far as the world’s regions are concerned, Asia had its hottest July on record, besting the previous record set in 2010; Europe had its second-hottest July on record, tying with July 2010 and trailing behind July 2018; and North America, South America, Africa and Oceania all had a top-10 warmest July.

With last month’s data, it remains very likely that 2022 will rank among the world’s 10-warmest years on record.

Source: NOAA.

July 2022 will go down in weather history as the driest ever recorded in France, as well as one of the hottest.
According to Météo France, July 2022 was the third hottest July ever recorded in France. The average temperature reached 23.2°C, like in 2018. Only the months of July 2006 (24.4°C) and 1983 were warmer (23.4°C).

Sale temps pour les glaciers, comme ici le Glacier Blanc (Photo: C. Grandpey)

Une pluie…de records de chaleur !

En France, de nombreux records absolus de chaleur ont été battus, voire pulvérisés, le lundi 18 juillet 2022 dans le Sud-Ouest et sur la façade atlantique. La chaleur se décale vers l’est du pays, qui devrait connaître des températures très élevées ce 19 juillet. D’après Météo France, la vague de chaleur pourrait durer une quinzaine de jours car des vigilances canicule sont susceptibles de persister dans le sud du pays, particulièrement autour de la vallée du Rhône.

Météo-France explique que « des hautes pressions ont favorisé en début de semaine dernière un réchauffement progressif de la masse d’air par effet de compression. Une dépression d’altitude située au large de la péninsule ibérique s’est dirigée vers le golfe de Gascogne, favorisant la remontée d’air particulièrement chaud, et a contribué à l’intensification de la vague de chaleur. »

Il n’en reste pas moins que les valeurs observées le 18 juillet dans l’Ouest après les épisodes récents de juin et juillet 2019, puis juin 2022, ne laissent guère de doute sur le rôle joué par le réchauffement climatique dans la multiplication d’événements aussi intenses. Météo France ne pourra pas se contenter éternellement d’invoquer le contexte météorologique et prendre ces canicules à répétition comme des phénomènes isolés!

Selon la NASA, la température globale en 2022 pour l’ensemble de la planète devrait, une fois de plus, figurer parmi les cinq plus élevées depuis les début des relevés.

Indicateur thermique national du 1er janvier au 18 juillet 2022. Source : Infoclimat, via global-climat