White Island (Nouvelle Zélande) : Une histoire de greffes de peau // A story of skin grafts

Comme je l’ai écrit précédemment, les victimes de l’éruption de White Island (Nouvelle-Zélande) ont dû recevoir des greffes de peau. Il a fallu importer des tissus cutanés de l’étranger car les réserves néo-zélandaises n’étaient pas suffisantes.
Les brûlures sont assez fréquentes sur les volcans actifs. Plusieurs de mes amis ont été sérieusement brûlés lorsqu’ils sont tombés dans des marmites de boue en Islande et en Nouvelle-Zélande. D’autres ont subi des brûlures à Hawaï lorsque le sol s’est dérobé sous leurs pieds qui ont plongé dans la lave à plus de 1000 degrés..
Dans la vie domestique, la plupart des brûlures surviennent en été lorsque les gens utilisent des barbecues et à la fin de l’automne lorsqu’ils commencent à faire du feu dans les poêles et cheminées.
Peu de temps après l’éruption de White Island le 9 décembre 2019, les Community Tissue Services basés à Kettering (Ohio) ont reçu une demande urgente de tissus pour effectuer des greffes de peau sur les personnes victimes de la tragédie.
Le 11 décembre 2019, les hôpitaux néo-zélandais disposaient de 120 mètres carrés de peau pour traiter les patients blessés lors de l’éruption. Les Community Tissue Services de l’Ohio avaient déjà fourni environ le quart de ce besoin. La structure américaine compte 615 employés aux États-Unis et gère également des centres de distribution en Californie, au Texas, au Tennessee, en Pennsylvanie et en Oregon, ainsi que deux bureaux satellites en Idaho et en Oregon. L’une des fonctions de la banque de tissus consiste à prélever la peau des donneurs, à la préparer pour les chirurgiens et à l’expédier vers des hôpitaux à travers les Etats-Unis et le monde en général.
En lisant le Dayton Daily News, on apprend qu’un donneur peut être en mesure de fournir en moyenne 0,46 mètre carré de peau. Des tests microbiologiques permettent de déterminer si la personne peut être donneuse ; environ 12% à 15% des donneurs potentiels ne sont pas en mesure de fournir de la peau.
La peau peut être utilisée comme pansement naturel pour les personnes gravement brûlées. Celles souffrant de brûlures superficielles mineures peuvent guérir seules. En revanche, s’il s’agit de plus graves brûlures, les patients vont bénéficier d’une chirurgie de greffe de peau pour une guérison rapide et une meilleure cicatrisation. Un patient peut avoir besoin de plusieurs interventions s’il / elle souffre d’une brûlure importante.
La peau n’est pas seulement une enveloppe d’organe ; c’est aussi un organe important en soi et les greffes peuvent sauver des vies. En effet, lorsque des personnes sont gravement brûlées, elles n’ont plus aucun contrôle de leur température, car c’est la peau qui assure cette fonction. De plus, la peau retient également le fluide et donc l’humidité du corps ; par conséquent, lorsque les médecins recouvrent le corps d’une peau en provenance de donneurs, elle devient une barrière qui aide le fluide à s’équilibrer. Elle représente aussi un obstacle à la contamination bactérienne.
Les greffes de peau préparent également la personne à recevoir les greffes avec sa propre peau. Si quelqu’un a été brûlé à plusieurs degrés, il a d’abord besoin des greffons en provenance de donneurs ; cela provoque une réaction immunitaire du corps et stimule la régénérescences des vaisseaux sanguins. Une fois que les vaisseaux sanguins fonctionnent à nouveau correctement, les médecins commencent à effectuer des greffes avec la propre peau de la personne.
Source: Dayton Daily News, Community Tissue Services.

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As I put it before, the victims of the White Island eruption (New Zealand) had to receive skin grafts. Skin tissues had to be imported from abroad as the NZ reserves were not sufficient.

Burns are quite frequent on active volcanoes. Friends of mine received serious burns when they fell into mudpots in Iceland and New Zealand. Others were burnt in Hawaii when the soil collapsed and their feet plunged into red-hot lava.

In domestic life, most burn injuries occur in the summer when people use barbecues and during late autumn when they start turning their home furnaces on.

Shortly after the White Island eruption on December 9th, 2019, the Community Tissue Services in Kettering (Ohio) received a call for skin grafts that were needed urgently to aid burn victims in the wake of the tragedy.

As of Dec. 11th, 2019, New Zealand providers had 120 square metres of skin to treat patients injured in the eruption and at that point Community Tissue Service has provided about one quarter of that need. The structure has 615 employees in the U.S. and also operates distribution centres in California, Texas, Tennessee, Pennsylvania, and Oregon, and two satellite offices in Idaho and Oregon. One of the tissue bank’s services is harvesting the skin from donors, preparing it for surgeons and shipping it off to everywhere from local hospitals to facilities in other countries.

Reading the Dayton Daily News, we learn that an individual donor might be able to provide an average of 0.46 square metres of skin. Microbiologic tests help determine if the person can be a donor, with about 12% to 15% of would-be donors not able to be a provider of skin.

Skin can be used as a natural dressing for people with serious burns. Persons with smaller, superficial burns can heal on their own. But if they have larger burn wounds, the patients can benefit from skin graft surgery for quick healing and minimal scarring. A patient might need more than one operation if he/she has a large burn.

Skin is not just an organ casing but is an important organ on its own and grafts can be life saving. Indeed, when people are severely burned, they have no control over their temperature because this is what the skin does. Moreover, the skin also retains all the fluid and moisture in the body, so when doctors put the donors’skin, it becomes a barrier that helps the fluid balance. It is also a barrier to bacterial contamination.

The skin grafts also prepare the person to receive his/her own grafts from his/her own skin. If someone has burned through the entire layer of skin, they first need these donor grafts, which cause the body to react with an immune reaction and stimulates formation of new blood vessels

Once the blood vessels are working again, the doctors start using the person’s own skin.

Source: Dayton Daily News, Community Tissue Services.

Photo: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande) : Le bilan s’alourdit // The death toll rises

Un rapport de police indique qu’une femme originaire d’Atlanta qui avait été gravement blessée lors de l’éruption de White Island est décédée dimanche à l’hôpital, ce qui porte le nombre de morts à 17. Elle est la sixième personne à mourir dans des hôpitaux de Nouvelle-Zélande et d’Australie au cours des deux semaines depuis l’éruption. Au total, 25 personnes restent hospitalisées et leur pronostic vital reste engagé. Deux personnes sont toujours portées disparues et sont très probablement mortes elles aussi.

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 A police report indicates that an Atlanta woman who was seriously injured in the White Island volcano eruption died on Sunday in hospital, bringing the number of fatalities to 17. She is the sixth person to die in hospitals in New Zealand and Australia in the two weeks since the eruption. A total of 25 remain hospitalized in critical condition. Two people remain missing and are presumed dead.

White Island (Nouvelle Zélande): Pas de nouvelle éruption // No new eruption

Depuis l’éruption du 9 décembre 2019, aucune autre activité éruptive n’a été observée à White Island. Le niveau du tremor reste bas. Cependant, des gaz et de la vapeur à haute température (plus de 650°C) s’échappent des bouches actives à l’arrière du cratère. Des niveaux élevés (~ 15 kg /s) de dioxyde de soufre (SO2) continuent d’être rejetés par le volcan. Les valeurs sont toutefois légèrement inférieures à celles (~ 20 kg /s) mesurées le 12 décembre.
Les scientifiques néo-zélandais expliquent que de nouveaux épisodes éruptifs sont peu probables dans les prochains jours. Cependant, une explosion reste possible dans le secteur de la bouche principale. Elle pourrait se produire sans prévenir, surtout s’il y a un effondrement de matériau instable autour de l’une des bouches actives, ou si les émissions de gaz diminuent considérablement, ce qui permettrait à l’eau de pénétrer dans une bouche.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source: GeoNet.

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Since the eruption of December 9th, 2019, no other eruptive activity has occurred at White Island. The level of volcanic tremor remains low. However, very hot gas and steam (more than 650 °C) is being discharged from active vents at the back of the crater. High levels (~15 kg/s) of sulphur dioxide (SO2) continue to be discharged. The values are slightly lower than those (~20 kg/s) measured on December 12th.

NZ scientists explain that more eruptions are unlikely in the next few days. However, an explosive eruption from the main vent area remains possible and could still occur with no precursory activity, especially if there is a collapse of unstable material around one of the vents, or if the gas emission decreases markedly, allowing water to enter the vent.

The volcanic alert level remains at 2 and the aviation colour code is kept at Orange.

Source : GeoNet.

  Image thermique du cratère de White Island (Source : GeoNet)

L’éruption de White Island (suite) // The White Island eruption (continued)

Dans une interview publiée par le New Zealand Herald, un scientifique du GNS (Institut des sciences géologiques et nucléaires) donne plus de détails sur l’éruption de White Island le 9 décembre 2019. Ses propos confirment ce que j’ai écrit dans des notes précédentes. GNS Science pense qu’il s’agit d’une éruption phréatique qui a probablement été causée par une intrusion magmatique à environ 1 km de profondeur sous le volcan au cours des mois qui ont précédé. Le magma a chauffé l’eau du sous-sol et l’a transformée en vapeur. La pression dans le système hydrothermal du volcan a atteint un point critique et provoqué l’éruption. (NDLR : Nous avons ici l’image parfaite de la cocotte-minute qui explose). Le nuage pyroclastique ainsi formé a traversé le cratère pour terminer sa course dans la mer. Il contenait des cendres à très haute température, de la vapeur et du gaz.
Les volcanologues vont analyser des échantillons de cendre pour déterminer si le magma a été directement impliqué dans la phase initiale de l’éruption. Ils pensent que le magma est maintenant proche de la surface, peut-être à quelques dizaines de mètres de profondeur, comme le confirme l’incandescence visible dans la bouche éruptive il y a quelques jours.
En ce qui concerne l’histoire éruptive de White Island, des éruptions mineures ont eu lieu de nuit entre 2012 et 2013 et en 2016. En général, les éruptions se sont produites de différentes manières. La période éruptive de 1970 à 2000 a essentiellement consisté en éruptions magmatiques. Des éruptions accompagnées de panaches de cendre ont également été fréquentes au cours de cette période. Il y a eu plus d’éruptions phréatiques depuis 2011. Cependant, en 2012, un dôme de lave s’est formé suite à un dégazage du magma qui a lentement fait son chemin jusqu’à la surface dans la région du lac de cratère.
Plus récemment, suite à l’éruption du 9 décembre, les scientifiques ont observé une forte hausse du tremor sur une période de deux jours, entre le 11 et le 13 décembre. Le tremor a ensuite connu une chute le 13 décembre et est resté à un niveau relativement bas depuis cette date. Cela est probablement dû au fait qu’une bouche s’est ouverte à l’arrière du cratère. La vapeur et le gaz ont pu s’échapper librement de cette bouche, entraînant une baisse du tremor.
Depuis l’éruption, il y a de fortes émissions de gaz. C’est la raison pour laquelle il n’est pas prévu d’envoyer du personnel de GNS Science sur l’île à court terme. Les prélèvements de gaz se font en toute sécurité depuis les airs.

Dans sa conclusion, le scientifique insiste sur le fait qu’il n’existe pas de corrélation entre l’activité de White Island et les autres volcans néo-zélandais. Bien que tous les volcans actifs de Nouvelle-Zélande soient globalement liés via car ils sont en bordure de la même plaque tectonique, ils sont tous indépendants les uns des autres. On pourrait comparer les volcans de Nouvelle-Zélande à une rue pleine de maisons. La Zone volcanique de Taupo représente la rue et les volcans sont les maisons le long de cette rue. Chaque maison a son propre système de tuyauterie ; si quelqu’un tire la chasse dans les toilettes à l’intérieur d’une maison, cela ne fait pas déborder l’évier dans une autre maison. C’est la même chose pour les volcans.
Source: New Zealand Herald.

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In an interview released by the New Zealand Herald, a GNS scientist gives more details about the White Island eruption on December 9th, 2019. They confirm what I wrote in previous posts. GNS Science believes it was a phreatic eruption that was likely caused by an intrusion of magma at around 1 km depth under the volcano some time in the months prior to the eruption. The magma heated water under the ground, which turned into steam. Pressure in the volcano’s hydrothermal system reached a critical point and erupted, sending a pyroclastic cloud across the crater floor out to sea. The cloud contained super-hot ash, steam, and gas.

Volcanologists will need to test ash samples to determine whether magma was directly involved in the initial phase. They think magma is now close to the surface, maybe a few tens of metres deep, due to the glow that could be seen in the eruptive vent a few days ago.

As far as the volcano’s eruptive history is concerned, smaller-scale eruptions occurred at night between 2012 and 2013 and in 2016. Eruptions at White Island have happened in a number of different ways. The 1970 to 2000 eruptive period contained more magmatic eruptions. Ash eruptions were also common during this period. Since 2011, there have been more phreatic-style eruptions. However, in 2012 a lava dome was produced from degassed magma that slowly made its way to the surface of an active vent in the crater lake area.

More recently, following the December 9th eruption, scientists observed a two-day period of very high volcanic tremor, between December 11th and 13th. This was followed by a sudden large, decrease in tremor on December 13th and has remained at a low level since then. This is probably due to the fact that there is an open vent at the back of the crater basin. Steam and gas can now pass through this vent unrestricted, which probably resulted in the drop in tremor.

Since the eruption, there have been high gas emissions. As the system is now freely degassing, gas emissions remain high. This is the reason why there no plans to send GNS Science staff to the island in the near term. They will take gas through flights a safe distance from the volcano.

As a conclusion, the scientist in the interview insists that people should not be concerned about White Island’s activity having any correlated effect elsewhere. Although all the active volcanoes in New Zealand are linked broadly via the plate boundary, they all stand alone. This means activity at one volcano does not influence any of the others. The best way to think about it is to liken New Zealand volcanoes to a street full of houses. The Taupo Volcano Zone is the street, and the volcanoes are different houses on that street. Each house has its own plumbing system, so someone flushing a toilet in one house does not make the sink overflow in another house. This is the same for volcanoes.

Source: New Zealand Herald.

Photo: C. Grandpey