La fonte des glaciers et de la banquise fait se déplacer l’axe de la Terre ! The melting of glaciers and ice sheets shifts Earth’s axis

Une étude publiée en mars 2021 nous apprend que la fonte de la banquise au niveau des pôles a fait se déplacer l’axe de rotation de la Terre, ce qui a donc modifié la position des pôles nord et sud. L’axe de rotation de la Terre est la ligne invisible autour de laquelle tourne notre planète, avec les pôles nord et sud à ses extrémités. L’axe et ses pôles se déplacent en fonction de la répartition des masses à la surface de la Terre. La fonte des glaciers a suffisamment modifié cette répartition au cours des 25 dernières années pour faire de déplacer la Terre sur son axe. Ainsi, depuis 1980, les pôles nord et sud ont chacun dérivé d’environ 4 mètres.

La conclusion de l’étude intitulée ”Polar Drift in the 1990s Explained by Terrestrial Water Storage Changes” [«La dérive polaire dans les années 1990 expliquée par les changements de stockage de l’eau sur Terre»] nous apprend que l’axe de rotation de la Terre a commencé à se déplacer rapidement en 1995, à tel point que la direction de cette dérive polaire a changé et s’est considérablement accélérée. C’est la fonte de la glace qui est responsable de ce changement. En effet, la fonte des glaces modifie la répartition du poids de la Terre.

On peut imaginer que la Terre tourne comme une toupie. Si le poids de la toupie est uniformément réparti, elle tourne parfaitement sur elle-même. En revanche, si une partie du poids se déplace d’un côté ou de l’autre, le centre de masse se trouve modifié, de même que l’axe de rotation de la toupie, ce qui la pousse à pencher vers le côté le plus lourd lorsqu’elle tourne. C’est la même chose pour la Terre lorsque la masse se déplace d’une zone vers une autre.

Parfois, les changements peuvent être provoqués par la répartition de la roche fondue dans le noyau externe de la Terre. Cela peut modifier la répartition de la masse de la planète. La façon dont l’eau est répartie à la surface de la Terre joue également un rôle important. Donc, si la glace stockée dans les glaciers et la banquise des régions polaires fond et devient de l’eau qui se jette dans l’océan, le poids de cette eau se déplace dans une zone différente.

Les auteurs de l’étude expliquent que la nouvelle répartition des masses est le principal moteur de la dérive polaire observée au cours des dernières décennies. La tendance a commencé vers 1995. Avant le milieu des années 1990, les données satellitaires montraient que les pôles se déplaçaient lentement vers le sud. Ensuite, ils ont tourné à gauche et ont commencé à se déplacer vers l’est à un rythme accéléré, à raison d’environ 2,5 millimètres par an. La vitesse moyenne de dérive des pôles entre 1995 et 2020 a été 17 fois plus rapide qu’entre 1981 et 1995. Cette accélération est parfaitement parallèle à l’accélération de la fonte de la glace au niveau des pôles nord et sud, provoquée par la hausse des températures à la surface des océans de la planète. La masse de glace perdue par le Groenland depuis 1992 a fait monter le niveau global de la mer d’un centimètre. La vitesse de la fonte de la glace a été multipliée par sept ; elle est passée de 36 milliards de tonnes par an dans les années 90 à 280 milliards de tonnes par an au cours de la dernière décennie. La fonte des glaciers de l’Antarctique s’accélère elle aussi. Dans les années 1980, l’Antarctique a perdu 40 milliards de tonnes de glace par an alors que dans la dernière décennie on est passé à une moyenne de 252 milliards de tonnes par an.

La nouvelle étude montre que les changements dans la quantité d’eau douce stockée sous terre affectent également la dérive polaire. Une fois que ces eaux souterraines sont pompées vers la surface pour être utilisées comme eau potable ou pour l’agriculture, elles finissent par s’écouler dans les rivières et les océans, ce qui redistribue ce poids d’eau à la surface de la Terre.

L’axe de rotation de la Terre est différent de ceux de Mercure ou de Jupiter car l’axe de notre planète est incliné à un angle de 23,5 degrés. C’est la raison pour laquelle les hémisphères nord et sud reçoivent des quantités variables de lumière solaire à différentes périodes de l’année, avec pour conséquences des saisons différentes. Le récent changement d’orientation de l’axe de la Terre n’affectera pas notre vie quotidienne, mais il se pourrait qu’il modifie légèrement la durée de nos jours. La Terre met 24 heures pour effectuer une rotation, mais le mouvement de son axe, et donc de ses pôles, pourrait ajouter quelques millisecondes à ce temps de rotation, allongeant ainsi un peu la durée de nos journées !

Source: Business Insider.

Vous pourrez lire l’étude complète en cliquant sur ce lien :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2020GL092114

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A recent study published in March 2021 suggests that melting ice from polar glaciers has shifted Earth’s axis, which means it has changed where the north and south poles are located.

Earth’s axis is the invisible line around which it spins, with the the north and south poles at its ends. The axis, and thus the poles too, shift depending on how weight is distributed across Earth’s surface. Melting glaciers have changed that distribution over the last 25 years, enough to knock Earth off its axis. Since 1980, Earth’s north and south poles have each drifted about 4 metres.

The conclusion of the study entitled ”Polar Drift in the 1990s Explained by Terrestrial Water Storage Changes” tells us that Earth’s axis started shifting so drastically in 1995 that the direction of that polar drift changed and sped up considerably. The culprit behind that shift is the melting glaciers. Indeed, melting ice changes how Earth’s weight is distributed

One can imagine the Earth as a spinning top: If the top’s weight is evenly distributed, it whirls perfectly. But if some of weight happens to shift to one side or the other, this changes the top’s centre of mass and axis of rotation, leading it to lean toward the heavier side as it spins. The same thing happens to the Earth when weight moves from one area to another.

Sometimes, the changes can be caused by the distribution of molten rock in Earth’s outer core. This can alter how the planet’s mass is distributed. The way water is distributed on Earth’s surface also plays a big role. So if water that was frozen in glaciers in the planet’s polar regions melts and joins the ocean, the weight of that water gets spread across a different area.

The authors of the study explain that redistribution is the main driver of the polar drift scientists have observed in the last few decades.

The trend started around 1995. Before the mid-1990s, satellite data showed the poles were moving slowly south. But then they turned left and started shifting to the east at an accelerated rate, moving by about 2.5 millimetres per year. The poles’ average drift speed between 1995 and 2020 was 17 times faster than that from 1981 to 1995.

That acceleration aligns with accelerated melting around the north and south poles, which has been driven by the planet’s rising surface and ocean temperatures. The mass of ice lost by Greenland since 1992 has raised global sea levels by 1 centimetre. The rate of that melt increased seven-fold, from 36 billion tons per year in the 1990s to 280 billion tons per year in the last decade. Antarctica’s glacial melting is also speeding up. In the 1980s, Antarctica lost 40 billion tons of ice annually whereas in the last decade, that number jumped to an average of 252 billion tons per year.

The new study suggests that changes in how much fresh water is stored underground affects polar drift. Once this groundwater is pumped up to the surface for use as drinking water or for agriculture, it eventually flows into rivers and oceans, redistributing that water weight on Earth’s surface

Earth’s axis of rotation is different from the axes of Mercury or Jupiter as our planet’s axis is tilted at an angle of 23.5 degrees. It is the reason why the northern and southern hemispheres get varying amounts of sunlight at different times of the year, which is why we have seasons.

The recent change to Earth’s axis won’t affect our everyday lives, but it could slightly tweak the length of our days. Earth takes 24 hours to complete one rotation. But the movement of its axis, and therefore its poles, could add milliseconds to that spin time, making our days a tiny bit longer.

Source: Business Insider.

You can read the complete study by clicking on this link :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2020GL092114

 

L’angle d’inclinaison de l’axe de la Terre est d’environ 23°4 par rapport à la verticale (Source: Wikipedia). Pour être précis, il est actuellement  de 23,43651°.

La population de Shishmaref (Alaska) vote pour la relocalisation du village // The population of Shishmaref (Alaska) votes for the relocation of the village

drapeau-francaisShishmaref est un village de la circonscription de Nome, dans la nord de l’Alaska. Il est situé sur l’Ile Sarichef dans la Mer de Tchouktches, juste au nord du Détroit de Béring. L’Ile Sarichef fait partie d’un ruban insulaire de 100 km de long dont l’histoire humaine et environnementale s’étend sur quelque 2000 ans. La population de Shishmaref s’élevait à 563 personnes au dernier recensement de 2010.

Shishmaref est l’exemple même des effets du réchauffement climatique sur les zones côtières. La hausse des températures a entraîné la fonte de la glace de mer qui, autrefois, protégeait le village des assauts de l’océan pendant les tempêtes. De plus, le permafrost sur lequel le village est bâti fond lui aussi, rendant le rivage beaucoup plus vulnérable à l’érosion. Ces dernières années, le rivage a reculé en moyenne de 3 mètres par an, malgré les remparts de roches mis en place par la population locale. Par le passé, certaines maisons ont chuté dans l’eau et d’autres ont dû être déplacées.

Il faudrait déplacer Shishmaref plus au sud, mais Tin Creek, le site initialement prévu ne convient plus, à cause de la fonte du permafrost. On estime à 180 millions de dollars le coût du déplacement du village et l’Administration Obama a déclaré qu’elle n’était pas en mesure de fournir cet argent.

Le 16 août 2016, Shishmaref a demandé par un vote l’avis de ses 169 électeurs sur le déplacement du village. 89 participants ont dit oui (94, selon la radio locale) et 78 ont dit non. Le vote a été serré car cette décision est un crève-cœur pour ce village de pêcheurs et de chasseurs. En fait, le vote est surtout symbolique, car aucun déplacement n’est prévu dans l’immédiat. Les villageois ont simplement décidé qu’ils devraient partir en cas de danger imminent.

Les habitants de Shishmaref ne sont pas les seuls à être confrontés à ce problème. Au total, 31 communes d’Alaska sont menacées par le réchauffement climatique. Alors qu’une douzaine d’entre elles étudient la possibilité d’un déménagement, la plupart ne pourront pas prétendre, à l’image de Shishmaref, à un financement fédéral.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisShishmaref is a village of the Nome census area, in northern Alaska. It is located on Sarichef Island in the Chukchi Sea, just north of the Bering Strait. Sarichef Island is part of an island strip 100 km long where the human and environmental history spans 2,000 years. The population of Shishmaref was 563 in the last 2010 census.
Shishmaref is a perfect example of the effects of global warming on coastal areas. Rising temperatures caused the melting of sea ice that once protected the village from the assaults of the ocean during storms. In addition, the permafrost on which the village is built is melting too, making it much more vulnerable to shoreline erosion. In recent years, the shoreline has receded by an average of 3 metres per year, despite the rock walls set up by the local population. In the past, some homes fell in the water and others were displaced.
Shishmaref should be moved further south to safer land. However, Tin Creek, the initially planned site is no longer appropriate because of melting permafrost. The cost of moving the village has been estimated at $180 million and the Obama administration said it was not able to provide this money.
On 16 August 2016, Shishmaref asked by a vote the opinion of its 169 voters about displacing the village. 89 participants said yes (94, according to a local radio) and 78 said no. The vote was close as this decision is heart-breaking for this village of fishermen and hunters. In fact, the vote is largely symbolic, since no displacement is expected in the immediate future. Villagers have simply decided that they should go in case of imminent danger.
The people of Shishmaref are not the only ones facing this problem. A total of 31 towns in Alaska are threatened by global warming. While a dozen of them are studying the possibility of a move, most will not be eligible, just like Shishmaref, for federal funding.
Source: International news media.

Shishmaref

Shishmaref, village menacé par le réchauffement climatique (Photo: Wikimedia)