El Chichon (Mexique) a-t-il provoqué aussi l’ « Age des Ténèbres » ? // Did El Chichon also trigger the « Dark Ages » ?

drapeau-francaisDans ma note précédente, j’ai expliqué qu’une éruption du volcan El Chichon (Mexique) en l’an 540 de notre ère a pu contribuer à l’effondrement de la civilisation maya. Un pic de soufre dans des carottes glace prélevées aux pôles indique qu’il y a deux signatures éruptives très proches l’une de l’autre, respectivement en 536 et en 540. Par ailleurs, les analyses de cernes d’arbres en Europe du Nord révèlent un très fort refroidissement du climat.
Dans une étude publiée dans la revue Climate Change, un chercheur allemand au Centre GEOMAR pour la Recherche Océanique à Kiel pense que les deux éruptions – en 536 et 540 – « représentent probablement l’événement volcanique qui a le plus affecté le climat de l’hémisphère nord au cours des 1500 dernières années. » Comme je l’ai écrit auparavant, l’impact combiné des deux éruptions a fait chuter la température de deux degrés Celsius au cours de ce qui fut probablement la décennie la plus froide des deux derniers millénaires.
Cette baisse soudaine de la température, causée par l’écran des particules de soufre dans la stratosphère, a eu un impact dévastateur sur l’agriculture, avec une famine dans une grande partie de l’Europe et même au-delà. La première épidémie de peste sur le continent a eu lieu un an après la deuxième éruption, mais on ne sait pas si l’hiver volcanique a joué un rôle direct dans la propagation de la maladie. A une plus grande échelle, la double éruption a marqué la transition entre les dernières années de l’Antiquité et l’ « Age des Ténèbres », période agitée qui s’étire entre la chute de Rome en 476 et la renaissance carolingienne des 8ème et 9ème siècles.
Source: Phys.org (http://phys.org/)

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drapeau-anglaisIn my preceding note, I explained that an eruption of El Chichon volcano (Mexico) in 540 may have contributed to the collapse of the Mayan civilisation. A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there are two closely spaced signatures in the ice record, with the first one occurring in AD 536 and another one in AD 540. Besides, tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling.

In a study released in the journal Climate Change, a German researcher at the GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research in Kiel thinks that the two eruptions – in 536 and 540 – « were likely the most powerful volcanic event affecting the northern hemisphere climate over at least the past 1,500 years. »  As I put it before, their combined impact lowered temperatures by two degree Celsius during what is probably the coldest decade in the last two millennia.

This sudden drop, caused by a sun-blocking blanket of sulphur particles in the stratosphere, had a devastating impact on agriculture, provoking famine throughout much of Europe and beyond. The continent’s first pandemic plague occurred one year after the second blast, though it is not known whether the volcanic winter played a direct role in the disease’s spread. More broadly, the twin blasts marked the pivot between the waning years of Antiquity and the prolonged period of social decline and turmoil known as the Dark Ages.

Source : Phys.org (http://phys.org/)

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El Chichon après la dernière éruption de 1982 (Crédit photo: Wikipedia)

L’éruption du Calbuco et l’éclipse de lune // The Calbuco eruption and the lunar eclipse

drapeau-francaisSouvenez-vous: Le volcan Calbuco (Chili) est entré en éruption le 23 avril 2015 et a expédié dans l’atmosphère un panache de cendre d’une hauteur de 15 kilomètres. Selon certains scientifiques atmosphériques, l’éclipse lunaire de la semaine dernière a révélé un léger effet de refroidissement global dû à la cendre volcanique.
La plupart des observateurs ont remarqué que l’éclipse du 27 septembre n’était pas aussi lumineuse que les précédentes. Les astronomes de sept pays ont même indiqué que la perte de luminosité atteignait 33%. Ils pensent que le phénomène doit être attribué à la cendre volcanique encore présente dans l’atmosphère après l’éruption du volcan Calbuco.
Selon eux, le refroidissement serait facile à expliquer: Cette poussière volcanique a tendance à réfléchir la lumière du soleil, entraînant le refroidissement de la Terre. Dans le cas présent, la cendre serait responsable d’un très léger refroidissement global d’environ 0,04 ° C. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a confirmé les effets de l’éruption sur l’éclipse.
Les scientifiques rappellent au public que les grandes éruptions volcaniques du passé ont entraîné une baisse des températures, comme «l’année sans été» de 1816 suite à l’éruption du Tambora en 1815. Plus récemment, l’éruption du Pinatubo en1991 a entraîné une chute de température de 0,6°C et a probablement été responsable des chutes de neige exceptionnelles en juillet dans les Montagnes Rocheuses du Colorado.
Cependant, le refroidissement actuel – s’il existe – pourrait être largement compensé par l’effet de réchauffement d’El Niño qui s’est établi dans le Pacifique.
Sources: NASA & Spaceweather.com.

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drapeau-anglaisRemember : Chile’s Calbuco volcano erupted on April 23rd 2015, sending a plume of ash 15 kilometres into the atmosphere. According to some atmospheric scientists, last week’s lunar eclipse revealed a slight global cooling effect from volcanic ash.
Observers could notice that the September 27th eclipse was not as bright as other recent eclipses. Astronomers in seven countries reported that it was about 33% less bright. They think the dimming was the result of volcanic ash still in the atmosphere after the eruption of Chile’s Calbuco volcano in April.
The cooling would be easy to explain: The dust tends to reflect sunlight, cooling the Earth. In this case, the ash may be responsible for very slight global cooling of about 0.04°C.The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) also noted the effects of the eruption on the eclipse.
The scientists remind the public that major volcanic eruptions in the past have triggered cooler weather, like the “year without a summer” in 1816 following the 1815 eruption of Mount Tambora. More recently, the 1991 eruption of Mt Pinatubo caused 0.6 degrees of cooling and was likely responsible for rare July snows in the Colorado Rocky Mountains.
However, the current possible cooling might be completely offset by the warming effects of El Niño now underway in the Pacific.
Sources: NASA & Spaceweather.com.

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L’éruption du Calbuco vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

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L’éclipse du 27 septembre (Photo: C. Grandpey)

Volcans et refroidissement de la planète // Volcanoes and cooling of the planet

drapeau francaisEn visitant le site web LiveScience (http://www.livescience.com/), j’ai lu un article très intéressant expliquant que le refroidissement global causé par certaines éruptions volcaniques historiques n’était pas aussi extrême que les climatologues le pensaient jusqu’à présent. Les scientifiques sont arrivés à cette conclusion en étudiant de récentes carottes de glace prélevées en Antarctique.
On sait depuis longtemps que les éruptions volcaniques envoient du SO2 dans la stratosphère où il se transforme en minuscules particules appelées aérosols sulfatés qui renvoient l’énergie solaire et contribuent donc au refroidissement de la planète. La neige qui tombe en Antarctique enregistre les niveaux de sulfate dans l’air au moment des éruptions. Cette neige devient ensuite la glace forée par les chercheurs et prélevée en longues carottes tubulaires.
Les scientifiques ont mesuré les concentrations de sulfate dans 26 carottes de glace prélevées dans 19 endroits différents de l’Antarctique et couvrant les 2000 dernières années de l’histoire de la Terre. Ils ont comparé ces niveaux de sulfate avec des carottes de glace retirées du Groenland afin de vérifier si les éruptions avaient véritablement eu un effet à l’échelle mondiale.
Tout en découvrant dans les carottes de glace des éruptions volcaniques jusqu’alors inconnues avant l’an 500, les chercheurs ont réalisé que certaines éruptions historiques n’avaient pas eu pour la planète des effets aussi sévères que l’avaient laissé entendre les modèles climatiques antérieurs.
L’équipe scientifique a identifié 116 éruptions volcaniques dans les carottes de glace prélevées sur les 19 sites couvrant les 2000 dernières années, y compris des événements historiques tels que le Tambora en 1815, le Kuwae en 1458 et le Rinjani en 1257. La totalité de ces 116 éruptions n’a pas été enregistrée dans les carottes de glace du Groenland, mais pour leur prochain projet, les chercheurs envisagent d’évaluer les niveaux de sulfate dans les carottes de l’île danoise.

Les dernières carottes de glace révèlent que le 13ème siècle a été marquée par un grand nombre d’éruptions sous les tropiques, comme la grande éruption du Rinjani en 1257. Certains chercheurs pensent que ces éruptions ont déclenché le Petit Age Glaciaire, épisode de refroidissement climatique qui a duré jusqu’aux années 1850.
Il s’avère que le Kuwae (Vanuatu) et le Rinjani (Indonésie), deux des plus grandes éruptions volcaniques tropicales observées dans les carottes de glace, ont déposé de 30 à 35 pour cent moins de sulfate dans l’Antarctique que l’avaient révélé les calculs antérieurs. Les résultats obtenus avec des dernières carottes de glace sont plus précis que par le passé et ils couvrent une plus grande surface de l’Antarctique, de sorte que les chercheurs peuvent mieux estimer la quantité de sulfate qui s’est déposée sur ce continent.

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drapeau anglaisWhile visiting the LiveScience website (http://www.livescience.com/), I read a very interesting article explaining that global cooling caused by some historic volcanic eruptions wasn’t as extreme as climate scientists recently thought, according to newly revised ice core records from Antarctica.

It is well known that volcanic eruptions send SO2 into the stratosphere, where it turns into tiny particles called sulfate aerosols that reflect the sun’s energy and cool the Earth. Snow falling in Antarctica records the levels of sulfate in the air at the time, and it eventually becomes ice drilled by researchers in long, tubular cores.

Researchers have measured sulfate concentrations in 26 ice cores from 19 different locations in Antarctica that cover the last 2,000 years of Earth’s history. They synchronized the sulfate records with ice cores from Greenland, to determine if the eruptions had a truly global effect.

Along with finding previously unknown volcanic eruptions in the ice cores from before A.D. 500, the researchers discovered that some historic eruptions weren’t as hard on the planet as earlier climate models suggested.

The team identified 116 volcanic eruptions in the ice cores from the 19 sites covering the past 2,000 years, including historic events such as Tambora in 1815, Kuwae in 1458 and  Rinjani in 1257. Not all of these 116 eruptions are recorded in Greenland’s ice cores, but for their next project, the researchers are planning to assess sulfate levels in the Greenland cores.

The new ice-core record reveals that the 13th century was marked by an onslaught of tropical eruptions, such as the massive 1257 eruption of Mount Rinjani. Some researchers think these eruptions triggered the start of the Little Ice Age, an episode of global cooling that lasted until the 1850s.

It turns out that Indonesia’s Kuwae and Rinjani, two of the largest tropical volcanic eruptions in the ice core record, deposited 30 to 35 percent less sulfate in Antarctica than previously had been calculated. The new ice core records are more detailed than before, and cover a greater area of Antarctica, so the researchers can better estimate how much sulfate was deposited across the continent.

Rinjani-blog

Vue de la caldeira du Rinjani  (Crédit photo:  Wikipedia)