Lithium, la richesse des salars // Lithium, the salars’ wealth

Au moment où je visitais les Andes chiliennes, boliviennes et argentines en 2004, on craignait que les grandes puissances économiques du monde viennent puiser une ressource précieuse dans le sous-sol sud-américain: le lithium, qui se cache sous la beauté incroyable des salars. En visitant celui d’Uyuni en Bolivie, je me suis dit que des gens normalement intelligents n’oseraient jamais venir souiller l’immensité immaculée de ce salar qui avait intrigué les astronautes américains depuis la Lune.
Les gens avaient raison d’être inquiets. Une grande partie des ressources mondiales en lithium se trouve sur les hauts plateaux andins, et des entreprises du monde entier, en vue d’une demande élevée, viennent prendre pied sur les vastes gisements du Chili, de Bolivie et d’Argentine.
La technique d’extraction du lithium est bien connue. Les eaux de fonte de la neige sur les montagnes environnantes font descendre avec elles du lithium, du sodium et d’autres minéraux en provenance du sol et des sources chaudes. Ces eaux riches en sels s’écoulent vers les zones de plaines au pied des montagnes et y déposent leur contenu, d’où le nom espagnol de salares. Avec le temps et les variations de température saisonnières, le sel forme une croûte, ce qui donne naissance à des paysages magnifiques. C’est sous cette croûte que se dissimulent des concentrations élevées de lithium.
Pour extraire le lithium, la saumure est pompée vers de grands bassins d’évaporation, ce qui entraîne une plus grande concentration de métaux. La saumure est ensuite transportée par camion vers des installations qui extraient le lithium en utilisant des procédés chimiques et métallurgiques. Le carbonate de lithium est vendu aux fabricants de batteries.
La Bolivie possède les plus grandes réserves mondiales de lithium, même si elles restent largement inexploitées. En 2010, le ministère bolivien de l’exploitation minière et de la métallurgie a lancé un projet d’installation pour la fabrication du lithium dans le Salar d’Uyuni. Selon le ministère, le salar de 12 000 kilomètres carrés contient 9 millions de tonnes de réserves de lithium. Le plan du gouvernement était d’extraire du salar  40 tonnes par mois de carbonate de lithium, de sulfate de potassium, ainsi que d’autres produits.
Les plus grandes mines et projets de traitement de la saumure au lithium sont situés dans le Triangle du Lithium délimité par les salars d’Atacama, de Cauchari-Olaroz  et Hombre Muerto.
La production mondiale de lithium est actuellement dominée par quatre entreprises: deux aux États-Unis, une au Chili et une de Chine. Cette dernière se développe très rapidement. L’avantage de la Chine par rapport aux États-Unis est son accès au lithium. Le pays est le quatrième producteur mondial, avec l’extraction de 2 000 tonnes au cours de la seule année 2016. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la Chine est déjà leader mondial dans le domaine des deux-roues électriques et des flottes d’autobus.
Aux Etats Unis, le président Donald Trump a ordonné une révision des normes d’économie de carburant pour les entreprises qui, depuis 1975, prévoyaient une réduction de la consommation des voitures et des camionnettes. L’annulation de ces normes serait une menace pour la demande en véhicules électriques – et donc en lithium – qui sont généralement plus chers. Cependant, comme toutes les nouvelles technologies, les prix vont probablement baisser de façon significative au fil du temps. En 2022, le coût des voitures alimentées par des batteries au lithium devrait être comparable à celui des véhicules équipés d’un moteur à essence. En réaction à la mesure de Trump sur la réglementation de l’économie de carburant, une trentaine de villes américaines, dont New York, Los Angeles et Chicago, envisagent de dépenser jusqu’à 10 milliards de dollars pour s’équiper en véhicules électriques neufs pour la  police, les éboueurs et les balayeurs. Une telle mesure est destinée à montrer aux constructeurs automobiles il y a une demande réelle en véhicules électriques, ce qui est de bonne augure pour le lithium, mais beaucoup moins pour les salars de la Cordillère des Andes. .
Source: Presse internationale.

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While I was visiting the Chilean, Bolivian and Argentine Andes in 2004, there were fears that the world’s major economic powers might come and tap a precious resource in the underground: lithium, which lies hidden beneath the incredible beauty of the salars. While visiting the Salar de Uyuni in Bolivia, I told myself that normally intelligent people would never dare spoil the immaculate immensity of the salar that had intrigued the U.S. astronauts during the missions of the Moon.

People were right to be worried. Much of the world’s lithium supply is on the high Andean plateaus of South America, and companies from around the world, expecting elevated demand, are staking their claims to the vast deposits in Chile, Bolivia and Argentina.

The technique to extract lithium is well known. The seasonal meltdown of the snow on the mountains collects lithium, sodium and other minerals from the soil and underwater hot springs, all of which flows down to the flats and settles, hence the Spanish name, salares. Over long periods of time, with seasonal temperature variations, the salt builds a crust on top of the « lake, » making for a stunning landscape. Under the crust are high concentrations of lithium.

To extract lithium, brine is pumped into large evaporation ponds, resulting in a higher concentration of metals. The brine is then trucked to a facility that extracts the lithium using chemical and metallurgical processes. The lithium carbonate or lithium hydroxide is sold to battery manufacturers.

Bolivia has the world’s largest lithium reserves, with nearly 40 per cent of the world’s supply, although the reserves remain unexploited. This is about to change, as the Bolivian Mining and Metallurgy Ministry is preparing a new model facility for lithium manufacturing in the Salar de Uyuni. According to the country’s mining ministry, the 12,000-square-kilometre salar holds nine million tonnes of lithium reserves. The government’s plan is to obtain 40 tonnes per month of lithium carbonate, potassium sulphate, as well as other products.

The largest brine lithium mines and projects in the world are located in salars in the Lithium Triangle including Atacama Salar, Cauchari-Olaroz Salar and Hombre Muerto Salar.

World lithium production is currently dominated by four companies: Two from the U.S., one from Chile and one from China which is developing very rapidly. The greatest advantage of China over the U.S. is its access to lithium. The Asian country is the fourth-largest producer, having mined 2,000 metric tons in 2016 alone. According to the International Energy Agency, China already leads the world in the number of electric two-wheelers and bus fleets.

Meanwhile, President Donald Trump has ordered a review of corporate average fuel economy standards, which have mandated gradual increases in the fuel economy of cars and light trucks since 1975.  Overturning these standards would mean automakers could produce vehicles with a lower fuel economy, for a lot less than hybrids and BEVs. This is a threat to BEV demand-and ultimately lithium, since they’re typically more expensive. However, like all new tech, prices will likely drop significantly over time. By 2022, the cost of battery-powered cars is expected to be comparable to those with an internal combustion engine.

In response to Trump’s opposition to fuel economy regulation, about 30 U.S. cities, including New York, Los Angeles and Chicago, are reportedly planning to spend as much as $10 billion on new electric vehicles for police cruisers, trash haulers, street sweepers and more. Such a move is intended to show automakers there’s demand for BEVs, which also bodes well for lithium. This good news for the lithium companies, but a real threat to the salars of the South American Andes

Source : International press.

Photos: C. Grandpey

Soulèvement de la Laguna del Maule (Chili) // Uplift of the Laguna del Maule (Chile)

drapeau-anglaisLa Smithsonian Institution explique que la Laguna del Maule (dans la partie centrale du Chili, près de la frontière avec l’Argentine) est une caldeira de 15 x 25 km qui contient un groupe de petits stratovolcans, de dômes de lave et de cônes pyroclastiques datant du Pleistocène à l’Holocène. La caldeira se trouve principalement sur le côté chilien de la frontière, mais a aussi une partie en Argentine. Au cours de l’Holocène, la dernière activité a produit un cratère d’explosion sur le côté est du lac et une série de dômes de lave rhyolitique et de coulées de blocs qui entourent la Laguna del Maule. La région n’a pas eu d’activité éruptive récente.
La Laguna del Maule intrigue actuellement la communauté scientifique car elle s’est soulevée d’environ deux mètres depuis 2007, à une vitesse et une régularité encore jamais observées. Cela signifie probablement que le magma exerce une pression sur la croûte terrestre dans une zone où l’on a relevé des indices montrant que des éruptions explosives se sont produites à plusieurs reprises au cours des derniers millénaires. Si une telle éruption devait se produire à Maule aujourd’hui, elle serait susceptible de réduire à néant les projets hydroélectriques à proximité, émettre des cendres qui pourraient détruire les récoltes dans les pampas de l’Argentine et sévèrement perturber le trafic aérien.
Les scientifiques soulignent qu’il n’est pas possible de savoir si Maule entrera à nouveau en éruption, ni à quel moment, ni quelle sera l’importance de l’éruption. Il n’y a aucune raison de paniquer, mais il est certain que le volcan montre des signes de réactivation.
L’Argentine et le Chili s’efforcent de contrôler de plus en plus étroitement la chaîne volcanique des Andes qui s’étire le long de leur frontière commune. La plupart des volcans sont situés du côté chilien, mais les vents envoient souvent les nuages de cendre vers l’Argentine.
Le complexe Laguna del Maule entoure un beau lac bleu du même nom et présente des terres volcaniques arides. Les villes les plus proches sont San Clemente au Chili, à environ 122 kilomètres, et la Malargue, un peu plus proche, du côté argentin. La capitale du Chili, Santiago, se trouve à environ 300 kilomètres au nord.
Près de 2 400 personnes vivent ou travaillent dans les environs, et la vallée du Maule fournit environ 25% de l’énergie du Chili via 14 centrales hydroélectriques.
Située sur la trajectoire potentielle d’une éruption, Los Condores est une centrale hydroélectrique en construction qui utilisera l’eau du lac. Enel Generacion a investi quelque 660 millions de dollars dans le projet, qui devrait être opérationnel en 2018.
Source: Agence Reuters.

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drapeau-anglaisThe Smithsonian Institution explains that the Laguna del Maule (central Chile, near the Argentine border) is a 15 x 25 km wide caldera which contains a cluster of small stratovolcanoes, lava domes, and pyroclastic cones of Pleistocene-to-Holocene age. The caldera lies mostly on the Chilean side of the border, but partially extends into Argentina. The latest activity produced an explosion crater on the east side of the lake and a series of Holocene rhyolitic lava domes and blocky lava flows that surround Laguna del Maule. The region has no recent eruptive activity.

The Laguna del Maule is currently puzzling the scientific community because it has risen by about two meters since 2007, an « uplift » at a rate and consistency that is unprecedented in recent history. This probably means magma is exerting pressure on the Earth’s crust in a zone where evidence indicates that explosive eruptions have happened repeatedly in the last few thousand years. If such an eruption were to happen at Maule today, it would have the potential to devastate nearby hydroelectric projects, and emit ash that could wipe out crops across Argentina’s pampas and severely disrupt global air traffic.

Scientists emphasize that it is impossible to know if or when Maule will erupt again and how large any eruption would be. There is no reason to alarm, but it the volcano showing signs of reactivation.

Argentina and Chile have been working increasingly closely on monitoring the Andes volcanic chain that runs down their shared border. Most of the volcanoes are located on the Chilean side, but winds usually send the ash clouds toward Argentina.

Tne Laguna del Maule complex is centered around a lake of the same name, surrounded by arid volcanic rock. The nearest towns are San Clemente in Chile, around 122 kilometers away, and the slightly closer Malargue on the Argentine side. Chile’s capital Santiago is some 300 kilometers to the north.

About 2,400 people live or work in the nearby area, and the Maule river valley supplies around 25 percent of Chile’s energy via 14 hydroelectric stations.

Right in the potential path of any eruption is Los Condores, a hydroelectric plant under construction that will use water from the lake. Enel Generacion has invested some $660 million in the project, which is due to begin operations in 2018.

Source: Reuters press agency.

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Vue de la Laguna del Maule et de son lac au bleu intense.

(Crédit photo: Wikipedia)

Copahue (Chili / Argentine)

drapeau francaisOn parle peu du Copahue, à la frontière entre le Chili et Argentine, mais le volcan est très actif. Le SERNAGEOMIN indique qu’entre le 16 et le 30 juin, l’éruption se caractérisait par des explosions phréato-magmatiques et une activité strombolienne. Le 4 juillet, le SERNAGEOMIN a mis en ligne sur sa page Facebook des photos prises lors d’un survol du volcan. Les clichés montrent une activité strombolienne dans le cratère El Agrio, au sommet d’un cône pyroclastique qui s’est formé sur le plancher de ce cratère (voir les photos ci-dessous). Au vu des images fournies par les webcams et les satellites, le VAAC de Buenos Aires a indiqué que les 7 et 8 juillet, des panaches diffus de gaz et de vapeur avec un peu de cendre montaient à une altitude de 3 km avant de s’étirer vers l’E et le SE. Le niveau d’alerte est resté à la couleur Jaune. Le SERNAGEOMIN déconseille l’entrée dans une zone à moins de 1,5 km du cratère.
Source: Global Volcanism Network..

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drapeau anglaisLittle is said about Copahue, on the border between Chile and Argentina, but the volcano is quite active. SERNAGEOMIN has reported that between June 16th and 30th, the eruption was characterized by phreato-magmatic explosions and strombolian activity. On July 4th, SERNAGEOMIN posted on their Facebook page photos from an overflight showing strombolian activity from a crater atop of a pyroclastic cone which was forming on the floor of El Agrio crater (see photos below). Based on webcam and satellite views, the Buenos Aires VAAC reported that on July 7th and 8th, diffuse gas-and-steam plumes with minor amounts of ash rose to an altitude of 3 km a.s.l. and drifted E and SE. The Alert Level remained at Yellow. SERNAGEOMIN recommends no entry into a restricted area within 1.5 km of the crater.

Source: Global Volcanism Network.

Copahue

Source: SERNAGEOMIN.