Après le Venezuela, le Groenland ? // After Venezuela, will Greenland be next ?

Le Groenland et le Danemark ont ​​exprimé leur mécontentement le 4 janvier 2026 après la publication par Katie Miller, épouse du conseiller le plus influent du président Trump, d’une photo du Groenland aux couleurs du drapeau américain. Elle a partagé cette image sur son compte X après l’opération militaire américaine contre le Venezuela. Sa publication était accompagnée du simple mot « Bientôt ».
Le Premier ministre groenlandais a qualifié la publication de « manque de respect ». Il a toutefois ajouté : « Il n’y a ni raison de paniquer ni de s’inquiéter. Notre pays n’est pas à vendre et notre avenir ne se décide pas sur les réseaux sociaux.»
Trump a maintes fois affirmé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis. Les initiatives de son gouvernement s’inscrivant dans cette perspective, notamment la nomination d’un envoyé spécial auprès du territoire danois (voir ma note du 27 décembre 2025), ont suscité la colère de Copenhague et de l’Union européenne.
Trump a prétendu que l’annexion du Groenland servirait les intérêts de sécurité nationale des États-Unis, compte tenu de sa position stratégique dans l’Arctique. Le Groenland est également riche en terres rares utilisés dans les secteurs de haute technologie.

Source : Médias d’information internationaux.

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Greenland and Denmark on January 4, 2026 expressed their discontent after Katie Miller, the wife of President Trump’s most influential aide posted a social media picture of Greenland painted in the colours of the US flag. She put the image on her X feed after the US military operation against Venezuela. Her post had a single word above it: « SOON ».

Greenland’s Prime Minister called the post « disrespectful ». But he also said that « there is neither reason for panic nor for concern. Our country is not for sale, and our future is not decided by social media posts ».

Trump has repeatedly made clear that he wants Greenland to become an annexed part of the United States. Moves edging towards that goal by his government – including his appointment of an envoy to the Danish territory (see my post of 27 December 2025) – have drawn the ire of both Copenhagen and the European Union.

Trump has claimed that making the Danish territory part of the United States would serve US national security interests, given its strategic location on the Arctic. Greenland is also rich in key critical minerals used in high-tech sectors.

Source : International news media.

Groenland : Trump remet ça ! // Greenland : Trump is doing it again !

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a ravivé son intérêt de longue date pour le Groenland, invoquant sa position stratégique et ses richesses minières. Il a également désigné explicitement les navires chinois et russes comme des menaces potentielles dans les eaux arctiques. Il a refusé d’exclure le recours à la force pour s’assurer le contrôle de l’île, une position qui a choqué le Danemark, allié de l’OTAN et traditionnellement proche de Washington.

Trump vient de déclencher une nouvelle polémique avec le Danemark après avoir nommé un envoyé spécial au Groenland. L’envoyé en question est Jeff Landry, gouverneur républicain de la Louisiane. Les envoyés spéciaux sont des nominations informelles et, contrairement aux diplomates officiels, n’ont pas à être approuvés par le pays hôte.
La nomination d’un envoyé spécial au Groenland a provoqué la colère de Copenhague, qui a annoncé qu’elle demanderait des explications à l’ambassadeur américain. Le ministre danois des Affaires étrangères a qualifié la nomination de Landry de « profondément gênante » et a demandé à Washington de respecter la souveraineté danoise. Il a ajouté : « Tant que nous aurons un royaume composé du Danemark, des îles Féroé et du Groenland, nous ne pourrons accepter aucune action portant atteinte à notre intégrité territoriale. » Le Premier ministre groenlandais a déclaré que l’île devait « décider de son propre avenir » et que son « intégrité territoriale devait être respectée ». Le Groenland, qui compte environ 57 000 habitants, bénéficie d’une large autonomie depuis 1979, bien que la défense et la politique étrangère restent sous la juridiction danoise. Si la plupart des Groenlandais sont favorables à une indépendance future du Danemark, les sondages d’opinion révèlent une opposition massive à une intégration aux États-Unis. De don côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré dans un message publié sur X que l’UE est « pleinement solidaire du Danemark et du peuple groenlandais ».
Malgré tout, cette nomination démontre que l’ambition de Trump de contrôler le Groenland demeure intacte. À l’instar de son agression militaire et verbale envers le Venezuela, elle indique que le président américain est déterminé à étendre son emprise sur ce que sa récente stratégie de sécurité nationale a appelé « l’hémisphère occidental », une sphère d’influence qu’il espère étendre à l’ensemble des Amériques.
Landry a déjà exprimé son opinion sur le Groenland et écrit sur son compte X en janvier : « Le président Donald J. Trump a tout à fait raison ! Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les États-Unis. Ce serait formidable pour eux, formidable pour nous ! » « Faisons-le ! »
Landry est un ancien militaire et policier, qui a été membre du Congrès américain et procureur général de la Louisiane avant d’être élu gouverneur en 2023.
La controverse autour de sa nomination survient alors que la concurrence stratégique dans l’Arctique s’intensifie. Comme je l’ai écrit précédemment, la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l’accès à de précieuses ressources minérales.
Le Groenland est situé dans l’Arctique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, ce qui en fait un élément central en matière de planification de la sécurité des États-Unis et de l’OTAN.
Les États-Unis maintiennent une base au Groenland depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient établi des postes militaires et radio suite à l’occupation du Danemark par les nazis pendant le conflit. À noter que la base militaire de Camp Century a été abandonnée dans les années 1960, mais aujourd’hui, le réchauffement climatique pourrait faire remonter à la surface des déchets toxiques, supposément enfouis à jamais sous la calotte glaciaire. L’ancienne base et sa radioactivité pourraient devenir un problème majeur pour Donald Trump si le président américain persiste dans son désir de prendre le contrôle du Groenland.
Le vice-président J.D. Vance s’est rendu sur la base en mars 2025 et a demandé à la population groenlandaise de « conclure un accord avec les États-Unis ». Il a reçu un accueil glacial, contrairement au président Macron quelques semaines plus tard.
Les États-Unis ont rouvert un consulat à Nuuk, capitale du Groenland, en 2020 – durant le premier mandat de Trump – après l’avoir fermé en 1953. Plusieurs pays européens, ainsi que le Canada, disposent de consulats généraux honoraires au Groenland.

Source : BBC News.

Je me pose la question suivante : que se passera-t-il le jour où ce que j’appelle ‘le clan des abrutis’ (Trump, Vance, Landry) décidera de s’approprier le Groenland ? Comment réagiront les pays de l’OTAN ? Comment réagiront la Russie et la Chine ? À mon avis, il y aura un grand remue-ménage diplomatique. Trump entendra des mots doux et se fera tirer les oreilles de toutes parts, mais aucune menace, militaire en particulier, ne sera dirigée à l’encontre des États Unis. La Chine et la Russie ne bougeront pas (Poutine s’y connaît en matière d’invasion). Ces deux pays ont tout à gagner d’un point de vue économique avec l’ouverture de l’océan Arctique à la navigation et le Groenland servira de superbe tremplin stratégique. Le Danemark piquera une colère noire. L’Union Européenne et la France ne feront rien et se contenteront de dire à Trump que c’est très mal et tout rentrera dans l’ordre. Il suffira de quelques démarches républicaines au niveau du Congrès américain pour que le Groenland devienne le 51ème État de l’Union. J’espère me tromper, mais j’ai peur que la réalité me donne raison.

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Since returning to the White House, Donald Trump has revived his long-standing interest in Greenland, citing its strategic location and mineral wealth. He also specifically mentioned Chinese and Russian ships as potential threats in the nearby seas. He has refused to rule out using force to secure control of the island, a stance that has shocked Denmark, a Nato ally that has traditionally enjoyed close relations with Washington.

Trump has just sparked a fresh row with Denmark after appointing a special envoy to Greenland. The envoy is Jeff Landry, the Republican governor of Louisiana. Envoys are informal appointments and unlike official diplomats, do not have to be approved by the host country.

The appointment of an envoy to Greenland has angered Copenhagen, which said it would call the US ambassador for « an explanation ». Denmark’s Foreign Minister described the appointment of Landry as « deeply upsetting » and warned Washington to respect Danish sovereignty. He added : « As long as we have a kingdom consisting of Denmark, the Faroe Islands and Greenland, we cannot accept actions that undermine our territorial integrity.Greenland’s prime minister said the island must « decide our own future » and its « territorial integrity must be respected ». Greenland, home to about 57,000 people, has had extensive self-government since 1979, though defence and foreign policy remain in Danish hands. While most Greenlanders favour eventual independence from Denmark, opinion polls show overwhelming opposition to becoming part of the US. EU Commission President Ursula von der Leyen said in a post on X that the EU stands in « full solidarity with Denmark and the people of Greenland ».

What this appointment shows is that Trump’s ambition to control Greenland remains undimmed. As with his military and rhetorical aggression towards Venezuela, it indicates the US president is determined to gain greater control over what his recent National Security Strategy called « the Western hemisphere », a sphere of influence that he hopes will cover the whole of the Americas.

Landry has previously voiced his opinion on Greenland, writing on his personal X account in January: « President Donald J. Trump is absolutely right! We need to ensure that Greenland joins the United States. GREAT for them, GREAT for us! Let’s get it done! »

Landry is a military veteran and former police officer who was a US Congressman and Louisiana’s attorney general before being elected governor in 2023.

The dispute over his appointment comes as strategic competition in the Arctic grows, with melting ice opening new shipping routes and increasing access to valuable mineral resources.

Greenland is located in the Arctic between North America and Europe, which also makes it central to US and Nato security planning.

The US has maintained a base in Greenland since World War Two, after invading to establish military and radio stations across the territory after the Nazis occupied Denmark during the conflict. The Camp Century military base was abandoned in the 1960s, but today climate change could bring toxic waste, supposedly buried forever beneath the ice sheet, to the surface. The former base and its radioactivity could become a major headache for Donald Trump if the American president persists in his desire to take control of Greenland.

Vice-President JD Vance visited the base in March as he asked Greenland’s people to « cut a deal with the US ». He received a freezing welcome, contrary to President Macron a few weeks later.

The US reopened a consulate in Nuuk, the capital of Greenland, in 2020 – during Trump’s first term – after closing it in 1953. A number of European countries, as well as Canada, have honorary general consulates in Greenland.

Source : BBC News.

I’m asking myself this question: what will happen the day what I call « the clan of idiots » (Trump, Vance, Landry) decides to claim Greenland? How will NATO countries react? How will Russia and China react? In my opinion, there will be a major diplomatic uproar. Trump will hear sweet nothings and be scolded from all sides, but no threats, particularly military ones, will be directed against the United States. China and Russia won’t budge (Putin knows a thing or two about invasions). These two countries have everything to gain economically from the opening of the Arctic Ocean to shipping, and Greenland will serve as a superb strategic springboard. Denmark will fly into a rage. The European Union and France will do nothing and will simply tell Trump that it’s very wrong, and everything will return to normal. A few Republican actions in the US Congress would be enough for Greenland to become the 51st state of the Union. I hope I’m wrong, but I fear reality will prove me right.

Le Groenland n’a pas envie de faire partie des États Unis // Greenland does not want to be part of the United States

Demokraatik, le parti d’opposition centre-droit, pro-entreprises, a remporté les élections parlementaires qui se sont tenues au Groenland le 11 mars 2025, à l’issue d’un scrutin sur lequel planaient la menace d’annexion de Donald Trump et les appels de plus en plus pressants des habitants à l’indépendance vis-à-vis du Danemark.
Selon les premiers résultats officiels, le parti centre-droit Demokraatik, qui prône une approche plus progressive de l’indépendance, arrive en tête avec 29,9 % des voix, devançant le parti de gauche actuellement au pouvoir, IAInuit Ataqatigiit. Jens-Frederik Nielsen, le chef du parti vainqueur, a déclaré : « Nous ne voulons pas l’indépendance demain, nous voulons des bases solides.» Il va entamer des négociations avec d’autres partis pour tenter de former une coalition gouvernementale.
L’idée de Trump d’annexer le territoire a attiré l’attention internationale sur l’élection et soulevé des questions quant à la sécurité future de l’île, alors que les États-Unis, la Russie et la Chine se disputent l’influence dans l’Arctique.
Le Premier ministre sortant a déclaré dans un communiqué que son parti socialiste démocrate Inuit Ataqatagiit considérait l’indépendance comme un projet à long terme nécessitant des années de négociations avec le Danemark et une amélioration de la situation économique.
Tous les principaux partis au Groenland, territoire autonome danois riche en pétrole et en gaz, s’accordent sur le désir d’indépendance du Danemark. Lors de presque toutes les élections de ces dernières années, les responsables politiques groenlandais ont promis de prendre des mesures pour obtenir l’autonomie de leur territoire, mais aucun n’a proposé de calendrier concret.
L’élection au Groenland a surtout été suivie de près dans le monde entier suite à la volonté de Donald Trump d’annexer ce territoire riche en pétrole, en gaz et en minéraux rares. La fonte de la calotte glaciaire facilite grandement l’accès à ces ressources. Les États-Unis disposent déjà d’une base militaire à l’extrême nord-ouest du Groenland.
Le Danemark a gouverné le Groenland comme s’il s’agissait d’une colonie jusqu’en 1953, date à laquelle l’île a acquis des pouvoirs d’autonomie de plus en plus importants. Mais le Danemark contrôle toujours la sécurité, la défense, la politique étrangère et monétaire. Le Groenland bénéficie également de son adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN.
Bien que les responsables politiques groenlandais aient indiqué à plusieurs reprises qu’ils n’étaient pas intéressés par l’annexion de leur territoire par les États Unis, ils sont ouverts à des accords avec ce pays pour l’extraction de terres rares, le développement du tourisme, le renforcement des relations diplomatiques et d’autres investissements. Un sondage réalisé en janvier 2025, commandé par des journaux danois et groenlandais, a révélé que 85 % des Groenlandais ne souhaitaient pas faire partie des États-Unis. Près de la moitié des personnes interrogées ont estimé que l’intérêt de Trump constituait une menace.
Source : Médias d’information internationaux.

La calotte glaciaire du Groenland cache d’importantes ressources minières (Source: Gouvernement du Danemark)

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Greenland’s pro-business opposition party won the Arctic island’s parliamentary election on held on March 11th, 2025, following a race dominated both by Donald Trump’s annexation threat and growing calls from residents for independence from Denmark.

According to preliminary official results. the center-right Demokraatik party, which advocates for a slower approach to independence, is leading with 29.9% of the vote, overtaking the ruling left-wing party IAInuit Ataqatigiit. Jens-Frederik Nielsen, the leader of the winning party, said : “We don’t want independence tomorrow, we want a good foundation.” He will now hold talks with other parties to try to form a government coalition.

Trump’s idea to annex the territory has thrown an international spotlight on the election and raised questions about the island’s future security as the United States, Russia and China vie for influence in the Arctic.

The incumbent Prime Minister said in a statement that his democratic socialist Inuit Ataqatagiit party views independence as a long-term project requiring years of negotiation with Denmark and further economic improvement.

All the dominant parties in Greenland, a Danish autonomous territory rich in oil and gas, agree on the desire for independence from Denmark. In almost every election in recent years, Greenland’s politicians have promised to take steps to achieve autonomy, but none of them have offered a concrete timeline.

The election in Greenland was closely watched around the world following Donald Trump’s desire to annex the territory which is .rich in oil and gas and rare minerals. The melting of the ice sheet is making access to these ressources much easier. The United States already has a military base in far northwest Greenland.

Denmark ruled Greenland as a colony until 1953, when the island achieved greater powers of self-governance. But Denmark still controls security, defense, foreign and monetary policy. Greenland also benefits from Denmark’s European Union and NATO memberships.

While Greenlandic politicians have repeatedly signaled that they are uninterested in annexation, they are open to deals with the United States for rare earth mining, expanding tourism, stronger diplomatic connections and other investments. A poll in January, commissioned by Danish and Greenlandic newspapers, found that 85% of Greenlanders did not want to become part of the US, with nearly half saying Trump’s interest was a threat.

Source : International news media.